Dernières éditions

Compte-rendu de la Conférence-débat du dimanche 2 Juillet 2017 à Paris – Intervention de Mohamed Kadami – Document 4 (03/08/17)

Published by:

Compte-rendu de la Conférence-débat du dimanche 2 Juillet 2017 à Paris – Intervention de Mohamed Kadami – Document 4

Compte-rendu de la Conférence-débat du dimanche 2 Juillet 2017 à Paris

Intervention Mohamed Kadami, Président du Frud – Document 4

Je remercie les organisateurs d’avoir pensé à marquer le 40e anniversaire de la république de Djibouti. Ce n’est pas à la RTD que l’on attendra ce qui s’est passé pendant ces 40 ans, toute cette répression. Je suis très heureux d’être à côté de Mahdi God.

Non seulement il est resté constant dans ses positions, et qui continue encore malgré les difficultés qu’il a eus. Je pense qu’il faut souligner parce que c’est tellement rare en Afrique de constater une telle constance dans la lutte pour la liberté et la démocratie, parce que, on le sait, en Afrique, à Djibouti aussi, il y a des cimetières d’opposants.

Par le harcèlement pécuniaire ou en les asphyxiant économiquement, les opposants se rendent ou deviennent dépressifs, ou meurent sur le champ d’honneur. Nous ici avons une certaine chance d’avoir échappé à ce rouleau compresseur.

A l’indépendance, comme l’a dit comme camarade Mahdi, des conceptions se sont affrontées au sommet de l’État dès l’indépendance, entre le premier ministre de l’époque et le président de l’époque. Le président de l’époque pensait que toutes les prérogatives de l’État devaient aller aux clans, aux tributs. C’était la thèse soutenue par Hassan Gouled.

Monsieur Ahmed Dini, premier ministre de l’époque, a dit non ! Qu’il faut asseoir cette république sur la citoyenneté et qu’il faut transcender ce clivage ethnique, comme seule solution.

Mais c’est la première thèse qui a prévalu, c’est à dire, de vouloir donner toutes les prérogatives aux clans, finalement, et  la situation actuelle est la conséquence de cette option qui a prévalu.

Cette thèse dit quoi ? D’abord, qu’il faut éliminer la différence. C’est-à-dire qu’il faut éliminer ceux qui ne parlent pas la langue du clan au pouvoir. Après, une fois cette hypothèque passée, on est revenu au sein des gens qui parlaient somalien, et il fallait éliminer, marginaliser certains clans.

C’était déjà une théorie des colonialistes français lorsqu’il y a eu la guerre d’Algérie, ce qu’ils ont appelé l’ennemi intérieur. Et cette thèse a été reprise par certains nouveaux dirigeants africains.

Ce ne s’est pas seulement passé à Djibouti, cela s’est passé aussi ailleurs. Le cas du Tchad est tellement significatif. Tout ce qui était vu comme ennemi intérieur devait être marginalisé, et ne leur donner aucune occasion économique.

Et en même temps,  cela représente un non sens économique parce qu’il s’agit d’un empêchement pour le pays de développer les ressources disponibles sur l’ensemble du territoire.

A Djibouti, toute une région du pays a été empêchée de se développer. Et quelle perte pour la république de Djibouti, que les 2/3 du pays ne puissent pas se développer !

Tout cela va déboucher sur le massacre de Bouldhouqo en décembre 2015, où 70 personnes seront tuées par les forces de l’ordre, parce qu’ils étaient d’un autre clan, autre que celui du président. Il ne s’agissait même pas d’une manifestation politique mais religieuse et culturelle, parce que, à un moment donné, Ismaël Omar Guelleh pensait que ce groupe allait devenir dangereux.

C’est pourquoi cette notion d’ennemi intérieur est très élastique. Et aujourd’hui on est réduit à ce qu’on appelle un pouvoir familial, comme en Tunisie à une époque récente.

Il y a eu pas mal de tentatives de tourner la page de cette politique. Il y a eu des manifestations, il y a eu des tracts, il y a même eu des élections. En 1999, des dirigeants très connus ont créé le Parti populaire djiboutien. Le candidat de l’opposition démocratique à l’époque est Moussa Ahmed Idriss, une figure de la lutte pour l’indépendance à l’époque coloniale, ainsi que Ahmed Dini qui était une figure emblématique, sans parler de Mohamed Issa cheikho qui était la cheville ouvrière de la lutte qui avait unifié cette lutte pour l’indépendance de Djibouti, aidé par la Somalie.

Ces opposants ont été arrêtés 4 ans après l’indépendance et c’est alors que le parti unique a été imposé.

Ainsi la lutte pacifique était très difficile à Djibouti, et cela a été la dernière tentative pour créer un parti politique pour amorcer la lutte pour la démocratie. A partir de là, il y avait déjà eu une première tentative de lutte armée, dès 1977, avec toutes les difficultés régionales et stratégiques de Djibouti. Les responsables de la lutte politique à cette époque là, j’en fais partie, les créateurs du FDLD, sont revenus dans la capitale, et n’avaient même pas la possibilité de travailler. Si bien que, sept ans après, la lutte armée a été re-déclenchée.

Nous sommes conscients à Djibouti, que nous appartenons à deux mondes. Au monde de la Corne de l’Afrique, où l’Éthiopie est le premier pays en Afrique où la Klashnikov est arrivée, par ceux qui luttaient contre Menguisto à cette époque. On appelle parfois la région de la Corne de l’Afrique, la région des 100 millions des Kalashnikov. Mais on appartient aussi au monde francophone, on lit Jeune Afrique, on écoute RFI, on a donc aussi cette culture de conférence nationale souveraine.

La lutte à Djibouti est une synthèse entre la lutte armée et cette culture de la conférence nationale souveraine, mais en face, le gouvernement, est constitué de gens qui ne croient qu’à la violence. Et il faut savoir que l’intégrisme clanique est pire que l’intégrisme religieux, car l’intégrisme religieux peut accepter que l’on change de religion et être accepté, alors que pour l’intégrisme clanique, on ne peut pas changer son clan d’origine. Aussi l’entourage du président actuel, refuse toute ouverture et tout amendement.

C’était donc en 1991 que la lutte armée a débuté, deux accords de paix ont été signés, mais les dirigeants ont été incapables d’appliquer ces accords. On aurait pu changer de régime en 2003, puis en 2013, puisque chaque fois l’opposition avait gagné les élections législatives. Et déjà en 1999, Ismaël Omar Guelleh a été battu à plates coutures à l’élection présidentielle. C’est pourquoi l’alternance par les urnes est très difficile pour ne pas dire impossible car à chaque fois c’est la magie des fraudes qui l’a emporté.

Je vous remercie.

Dernières éditions

Compte-rendu de la Conférence-débat du dimanche 2 Juillet 2017 à Paris – Intervention Maître Mzamba – Document 3 (02/08/17)

Published by:

Compte-rendu de la Conférence-débat du dimanche 2 Juillet 2017 à Paris – Intervention Maître Mzamba – Document 3

Compte-rendu de la Conférence-débat du dimanche 2 Juillet 2017 à Paris –

Intervention Maître Mzamba – Document 3

Maitre Brice Mzamba, avocat spécialiste du droit d’asile, exerçant en cabinet parisien.

Maître Brice Mzamba introduit le thème du droit des étrangers applicable aux demandeurs d’asile en France. Remerciant le collectif d’organisation de la conférence pour lui permettre de participer à informer sur la sécurité juridique des exilés politiques Djiboutiens ici en France.

La France est signataire avec d’autres États de conventions qui assurent la protection de personnes réfugiées qui craignent des persécutions dans leur pays.

Des structures facilitent d’engager une procédure de demande de statut de réfugié pour un pays comme Djibouti où la liberté est réduite face aux abus. Les intérêts de la France font qu’il est difficile pour un opposant de trouver l’asile en France par crainte de représailles diplomatiques.

Des structures accompagnent ces personnes à leur arrivée en France. Une procédure est mise en place pour éviter les abus pour qu’on puisse juger des récits présentés et selon leur véracité et un statut est offert au demandeur. Djibouti est un pays au système politique répressif où il n’est pas aisé de s’exprimer librement ou d’exercer des libertés telles qu’on les connait ici. La liberté politique est restreinte à Djibouti où pour s’engager politiquement on doit dire ce que le pouvoir veut faire dire.

La France a ses intérêts géostratégiques très importants à Djibouti. Quand on a été un opposant à Djibouti avec un discours pointu, et contre une certaine politique de la France à Djibouti, cela peut être dur quand on arrive ici de pouvoir bénéficier facilement de ces structures. Parce que, il ne faut pas être naïf, il peut arriver que si la France accorde le statut de réfugié à cet opposant, on peut avoir des problèmes diplomatiques avec le régime qui est en place à Djibouti parce que l’octroi du statut politique reconnait que le système politique de ce pays est répressif, n’est pas un pays sûr.

A son arrivée en France, il faut prendre attache avec des associations pour avoir une domiciliation administrative et peut être un endroit où se loger. Ensuite l’OFPRA décide de la demande d’asile. Un avocat est recommandé pour aider à donner un cadre cohérent à son récit et préparer un dossier avec des preuves de la répression subie.

Les allégations qui ne sont étayées d’aucun élément objectif ne permettent pas d’obtenir la reconnaissance par l’OFPRA. Il faut mettre en avant la vraisemblance, il faut rassembler tous les éléments de témoignage d’autrui sur la répression subie. Le récit ne doit pas rester général mais circonstancié. Ainsi on augmente ses chances devant l’OFPRA.

C’est la première étape. Il peut arriver après que l’OFPRA rejette votre demande d’asile. Le raisonnement tenu dans le rejet par l’OFPRA évoque souvent un récit non circonstancié. A partir de là, il faut se rapprocher d’un professionnel pour former un recours devant la CNDA, Cour nationale du droit d’asile, pour contester le rejet de l’OFPRA, en faisant la démonstration que cette décision n’est pas fondée en droit.

Maître Mzamba conseille aux réfugiés et demandeurs d’asile de créer des associations afin d’élaborer et partager un cadre construit pour défendre les dossiers de demande d’asile.

Maître Mzamba

Paris, le 2 juillet 2017

Dernières éditions

Compte-rendu de la Conférence-débat du dimanche 2 juillet 2017 à Paris en commémoration des 40 ans de répression à Djibouti depuis le 27 juin 1977 (Document 2) 02/08/17

Published by:

Compte-rendu de la Conférence-débat du dimanche 2 juillet 2017 à Paris en commémoration des 40 ans de répression à Djibouti depuis le 27 juin 1977

DOSSIER CONFÉRENCE DU 2 JUILLET 2017 A PARIS / Document 2

La conférence débat et exposition du 2 juillet 2017 tenue à la mairie du 2e arrondissement de Paris commémore les 40 ans de répression perpétrée à Djibouti depuis l’indépendance le 27 juin 1977.

Treize représentants politiques et d’organisations de la société civile djiboutienne, africaine et française participent à la journée de commémoration ainsi que huit débatteurs et auteurs de témoignages.

Huit conférenciers empêchés sont excusés.

Treize représentants d’organisations politiques et de la société civile présents à la Conférence :

Maitre Brice Mzamba, avocat spécialiste du droit d’asile, exerçant en cabinet parisien

Mohamed Kadami, président du FRUD, le Front pour la restauration de l’unité et la démocratie

Mahdi Ibrahim God, vice-président de l’ARD, l’Alliance républicaine pour le développement

Maki Houmed-Gaba, représentant de l’USN en France, l’Union pour le salut national

Ardiouma Sirima, vice-président de La Plateforme panafricaine, président du Club Unesco à Paris

Raymond Ayivi, président de La Plateforme panafricaine

Kéchéri Doumbia, Vice-président de l’Amicale panafricaine

Raymondo Ela, sec gén du Cored, Coalition restauratrice de l’État démocratique en Guinée Équatoriale

Jean-Loup Schaal, Président de l’Ardhd, Association pour le respect des droits de l’homme à Djibouti

Abdourahman Mohamed Habib, président du Collectif breton pour la démocratie à Djibouti

Hassan Abdillahi Robleh, Président du MJO-Europe, le Mouvement des jeunes de l’opposition

Régis Marzin, journaliste indépendant, Collectif de solidarité avec les luttes politiques en Afrique

Laurence Dawidowic, représentante de l’association Survie

Huit témoins et auteurs de témoignage / révélation / parole vécue sur le contexte de la répression :

Dini Mohamed ; Aïdarous Mohamed Guirreh ; Yassin Ibrahim Youssouf ; Ahmed Djihad ; Ali Sahal ; Naguib Omar Houssein ; Nima Osman ; Fatouma Hamadou.

Dix débatteurs concourent à la série des questions réponses :

Dini Mohamed ; Aïdarous Mohamed Guirreh ; Yassin Ibrahim Youssouf, Rigobert Missinhoum, Patrick Falcou, Claude Koudou, Raymond Ayivi, Régis Essono, Mohamed Kadami

Huit conférenciers empêchés sont excusés :

Abdourahman Waberi (Écrivain), Mohamed Ainaché (premier présentateur RTD), Kadar Abdi Ibrahim (MODEL), Hassan Cher Hared (PADD), Ainan Sougueh (Collectif Bouldhoqo), Seidik Abba (Journaliste Monde Afrique), Florent Geel (FIDH), Abdillahi Iftin (personnalité politique)

Présentation de la journée de commémoration

La journée de commémoration se déroule de 11 heures à 19 heures. Cinq conférences sont réparties sur cinq thèmes abordés successivement. Les débats et conférences sont modérés par le journaliste blogueur Makaëla Nguebla.

Entre 13 h et 13h30, à l’issue de la rencontre autour de Maître Mzamba dédiée aux exilés Djiboutiens, une marche silencieuse démarre à la Place de la Bourse, face au siège de l’AFP, et remonte la rue de la Banque jusqu’à la mairie du 2e arrondissement.

Parallèlement à la conférence et la marche silencieuse, une exposition de photos des victimes de la répression est dévoilée dans la salle des expositions, face à une série de présentoirs destinés à rendre hommage aux organisations de défense des droits de l’homme et à des formations politiques qui ont dénoncé et lutté contre la répression à Djibouti.

Les organisations de promotion des droits des femmes victimes de viols par les militaires dans le pays mettent à disposition des visiteurs une pétition exigeant l’ouverture d’une enquête internationale pour juger de ces crimes. La pétition a recueilli des dizaines de signataires, lesquels seront tenus informés de la suite donnée à cette procédure.

Dernières éditions

JOURNEE-DEBAT-EXPOSITION DU 2 JUILLET 2017 A PARIS EN COMMÉMORATION DES 40 ANS DE RÉPRESSION A DJIBOUTI (Document 1)

Published by:

Compte-rendu de la Conférence-débat du dimanche 2 Juillet 2017 à Paris – Panels des conférences – Document 1

JOURNÉE-DÉBAT-EXPOSITION DU 2 JUILLET 2017 A PARIS

EN COMMÉMORATION DES 40 ANS DE RÉPRESSION A DJIBOUTI

Mairie du 2e arrondissement de Paris, 8, rue de la Banque, 75002 Paris

DOSSIER CONFÉRENCE DU 2 JUILLET 2017 A PARIS / Document 1

Une conférence-débat sur cinq panels, doublée d’une marche silencieuse et d’une exposition de photos des victimes de la répression, s’est tenue face aux présentoirs des organisations de défense des droits de l’homme. Débats modérés par le journaliste blogueur Makaëla Nguebla.

1/ Panel de la rencontre dédiée aux réfugiés et exilés Djiboutiens

Intervenant : Maitre Brice Mzamba, avocat spécialiste du droit d’asile, exerçant en cabinet parisien.

Contributeurs et témoins : Dini Mohamed ; Aïdarous Mohamed Guirreh ; Yassin Ibrahim Youssouf ; Ahmed Djihad ; Ali Sahal ; Naguib Omar Houssein ; Nima Osman ; Fatouma Hamadou.

De 13h-13h30 : Marche silencieuse en hommage aux victimes de la répression à Djibouti suivant un itinéraire allant du siège de l’AFP à l’entrée de la mairie du 2e arrondissement de Paris

2/ Panel des formations politiques djiboutiennes, pour une présentation de l’action politique

Intervenants :

Mohamed Kadami, président du Frud

Mahdi Ibrahim God, vice-président de l’ARD

Maki Houmed-Gaba, représentant de l’USN en France

Débatteurs : Dini Mohamed, Rigobert Missinhoum, Patrick Falcou, Yassin Ibrahim Youssouf

3/ Panel des organisations panafricaines, pour une action de solidarité africaine

Intervenants :

Ardiouma SIRIMA, vice-président de La Plateforme panafricaine, président du Club Unesco à Paris

Raymond Ayivi, président de La Plateforme panafricaine

Kéchéri Doumbia, Vice-président de l’Amicale panafricaine

Raymondo Ela, sec. gén. du Cored, Coalition restauratrice de l’État démocratie en Guinée Équatoriale

Débatteurs : Rigobert Missinhoum,  Claude Koudou, Patrick Falcou

4/ Panel des organisations de la société civile, pour une présentation de citoyenne et sociale

Intervenants :

Jean-Loup Schaal, Président de l’Ardhd, Association pour le respect des droits de l’homme à Djibouti

Abdourahman Mohamed Habib, président du Collectif breton pour la démocratie à Djibouti

Hassan Abdillahi Robleh, Président du MJO-Europe, le Mouvement des jeunes de l’opposition

Débatteurs : Rigobert Missinhoum,  Raymond Ayivi, Yassin Ibrahim Youssouf, Claude Koudou

5/ Panel des conférenciers des observateurs, pour une critique de l’action politique et sociale

Intervenants :

Régis Marzin, journaliste indépendant, Collectif de solidarité avec les luttes politiques en Afrique

Laurence Dawidowic, représentante de l’association SURVIE

Débatteurs : Raymond Ayivi, Régis Essono, Mohamed Kadami, Patrick Falcou

Conclusion et perspectives

Mohamed Kadami, Mahdi Ibrahim God, Maki Houmed-Gaba, Abdourahman Mohamed Habib,

Hassan Abdillahi Robleh, Makaëla Nguebla

Fin de la Journée-débat-exposition : 19 heures

Dernières éditions

Double intervention d’Ardiouma SIRIMA et Raymond AYIVI, de la plateforme panafricaine, à la conférence de commémoration des 40 ans de dictature à Djibouti (Paris, le 2-07-17)

Published by:

Double intervention d’Ardiouma SIRIMA et Raymond AYIVI, de la plateforme panafricaine

Ardiouma SIRIMA, vice-président de La Plateforme panafricaine, président du Club Unesco à Paris et Raymond AYIVI, président de la Plateforme panafricaine, ont tout à tour présenté le cadre de la géopolitique djiboutienne.

Djibouti constitue un centre d’action pour la paix dans la région mais en même temps un pays qui profite à des intérêts étrangers à l’Afrique.

Les Djiboutiens présents en France ont apporté leur soutien et participé à la lutte de la diaspora africaine en France à plusieurs reprises, permettant aux autres Africains de découvrir ce pays.

Le cadre de rencontre et de travail de la Plateforme panafricaine permet de mutualiser les efforts afin de se constituer en force d’action commune et de peser sur le cours de la coopération française avec l’Afrique.

Raymond AYIVI a brossé un tableau de la relation de travail avec l’opposition djiboutienne en France dans le cadre de la Plateforme panafricaine. Raymond AYIVI a expliqué combien mutualiser les efforts et les analyses entre les pays d’Afrique contribue à éclairer le contexte général de l’Afrique.

Ardiouma SIRIMA et Raymond AYIVI

 

 

 

 

Dernières éditions

Intervention de Hassan Abdillahi Robleh, Président du MJO-Europe, le Mouvement des jeunes de l’opposition à la conférence de commémoration des 40 ans de dictature à Djibouti (Paris, le 2-07-17)

Published by:

Intervention de Hassan Abdillahi Robleh, Président du MJO-Europe, le Mouvement des jeunes de l’opposition à la conférence de commémoration des 40 ans de dictature à Djibouti

Paris, le 2 juillet 2017

Hassan Abdillahi, président du Mouvement des jeunes de l’opposition (MJO Europe) a remercié les mouvement de l’opposition qui ont fait le déplacement. Il a observé que la fin du joug colonial est en soi le commencement d’une nouvelle ère a malheureusement laissé la place à 40 année de représailles contre la liberté. Le passage sous parti unique puis sous famille unique a profondément marqué les citoyens en orchestrant la division du pays. Il existe heureusement en face des combattants qui ne comptent pas leurs efforts pour mener la lutte contre ce système.

Bonjours Mesdames et Monsieur chers compatriotes,  honorables invités.

C’est pour moi un grand plaisir de participer à cette commémoration pour parler des 40 ans après l’indépendance. D’abord je tiens à remercier les organisateurs de cette journée historique pour avoir les partis et mouvements qui luttent pour la seconde indépendance.

Comme nous le savions tous, la  nuit du 26 au 27 juin marquait le début d’une nouvelle ère pour le peuple djiboutien car elle mettait un terme au joug colonial de plus d’un siècle. Cette nuit était marquée par une foule en liesse descendant dans les grandes artères du pays pour exprimer leurs soulagement et euphorie pour cette indépendance, amèrement acquise et espérant le début de la fin d’un passé  tragique et pathétique.

C’était le commencement d’une nouvelle ère beaucoup plus prospère et beaucoup plus porteuse  d’espoir pour le peuple djiboutien. Cette commémoration est donc d’abord notre recueillement pour toutes les victimes qui sont tombées avant et après juin 1977.

40 ans après beaucoup de questions restent sans réponses.

Peut-on considérer Djibouti comme une république ? Sommes-nous encore indépendants malgré le drapeau ?

Comment expliquer alors ce gâchis d’un prix fortement payé pour l’acquisition de cette indépendance et les conséquences néfastes qui découlent de cette autocratie clientéliste ?

Le 27 juin 1977,  notre pays accède à l’indépendance. L’accession à l’indépendance avait été confirmée par un référendum d’autodétermination organisé le 8 mai 1977.La France accordait la souveraineté  nationale à l’un de ses dernières colonies. 40 ans après, l’occasion est ainsi offerte au peuple djiboutien de dresser un bilan du parcours étant indépendant, de la marche de souveraineté qui se veut une projection sur l’avenir avec des défis qu’on entend relever.

Si Djibouti est né  officiellement le 27 juin 1977, pour les Djiboutiens c’est le début d’une répression qui dure jusqu’à nos jours. Voila jour pour jour que notre pays existe depuis 40 ans, mais 40 années de lutte, 40 années de représailles et d’étouffement

Peu à peu, nous sommes passés sous la gouvernance du parti unique et celle de la famille unique. Le bilan durant les 40 ans est sans appel,  puisque les Djiboutiens eux même disent que l’actuel président a échoué sur tous les plans, Il a seulement réussi à diviser et cela pour mieux régner.

Par ailleurs, la mise en place d’un apartheid social a contraint un nombre important des Djiboutiens à l’exil politique. Certes, le pays n’est pas dans une instabilité institutionnelle mais le régime a mis en place un système qui fonctionne comme une monarchie.

La dictature a pu profiter d’un pays ethniquement divisé.

Enfin, nombreux sont ces gens au caractère extraordinaire qui se soucient pour Djibouti malgré le prix à payer, ils n’ont pas besoin d’une médaille ou un titre mais ils veulent juste que les Djiboutiens suivent l’exemple déjà donné. Face à cette dictature, il n’est pas question d’être neutre par ce que chaque décision que chaque djiboutien prendra engagera le pays sur le long terme. Les futures générations doivent vivre pleinement et justement.

Histoire de la résistance – Histoire du MJO

Dans un contexte politique et social difficile est ainsi né le MJO «  Mouvement des jeunes de l’opposition » le 25 janvier 2011, que je représente aujourd’hui, par son fondateur Moustapha ABDOURAHMAN HOUSSEIN.

Le mouvement a su recueillir l’ensemble de la jeunesse djiboutienne dans Le Mouvement des jeunes de l’opposition (MJO), qui est un regroupement des jeunes de la nation née le 25 janvier 2011 en République de Djibouti, plus particulièrement à Balbala, fief de l’opposition,  lors du soulèvement du 18 février 2011.

Elle rassemble tous les jeunes des partis de l’opposition dans l’ancienne bannière de l’Union pour l’Alternance Démocratique et de Développement (UAD), ceux de l’Union pour la Mouvance Démocratique et de Développement, et dernièrement l’Union pour le Salut National (USN). Cela s’ajoute également toutes les forces vives, les collégiens, lycéens, universitaires, tous les chômeurs et les jeunes opprimés, on dénombre aujourd’hui plusieurs centaines de jeunes militants (es) et des milliers de sympathisants (es), etc.

Cette formation de jeunes fondée par des jeunes activistes de différent partis politiques et communautaires, après plusieurs années de boycott électorale, a permis à l’opposition djiboutienne de s’imposer contre le régime en pouvoir. Le MJO, se sont mobilisés par milliers pour prendre les rues. Plusieurs centaines des jeunes ont été arrêtés, battus, torturés puis emprisonnés dans la sinistre prison centrale de Gabode en 2011.

La jeunesse du MJO, s’adapte et continue la lutte presque 2 ans de suite, des manifestations régulières et sporadiques se déclenchent, les activités de la lutte se développent et font des vocations chez les autres jeunes de la nation. Le MJO prend son ampleur après s’être sacrifié pour la patrie, qu’ils soient sur les réseaux sociaux ou sur le terrain. Mais les arrestations se poursuivent et deviennent monnaie courante pour le MJO, et résister le lot quotidien, pour lequel la jeunesse MJO paye le prix fort.

Hassan Abdillahi Robleh

Dernières éditions

Intervention de Régis Marzin, journaliste indépendant, animateur du Collectif de solidarité avec les luttes sociales et politiques des peuples en Afrique, à la Conférence de commémoration des 40 ans de dictature à Djibouti (Paris, 2-07-17)

Published by:

Intervention de Régis Marzin, journaliste indépendant, animateur du Collectif de solidarité avec les luttes sociales et politiques des peuples en Afrique, Paris, le 2 juillet 2017

Je remercie l’Union pour le salut national (USN) et son représentant en France, Maki Houmed-Gaba, qui m’a invité à intervenir à cette conférence de commémoration de la répression de 40 ans à Djibouti.

Je replace la situation djiboutienne dans le contexte électoral africain. 2016 a été l’année des coups d’Etat électoraux en Afrique, avec 4 inversions de résultats de présidentielles, au Congo Brazzaville, à Djibouti, au Tchad et au Gabon. L’inversion de résultat à Djibouti est passée inaperçue parce que le processus électoral a été détourné et quasiment détruit en amont. Les djiboutiens ont majoritairement boycotté le scrutin mais celui-ci a tout de même eu son résultat inversé.

Je rappelle la règle : « Il ne s’observe pas de présidentielle correcte en dictature sans une transition vers la démocratie préalable », et il n’y a eu que 3 exceptions, au Ghana en 2000, au Kenya en 2002, deux cas de limitations à 2 mandats acceptées, puis en Gambie fin 2016, grâce à une intervention militaire extérieure.

Depuis 1990, pour 120 élections présidentielles, concernant 70 chefs d’Etat en dictature stable, il y a eu 25 élections boycottées, soit 20,83%, 62 processus détournés en amont sans boycott, soit 51,67%, 10 mascarades le jour du vote, soit 8,33%, et seulement 12 coups d’État électoraux ou inversion de résultat à la compilation des procès-verbaux et à la publication des résultats, soit 10%. L’élection d’avril 2016 à Djibouti fait partie de ces 12 dernières, bien que la destruction en amont du processus électoral ait été beaucoup plus visible.

Je reviens sur les responsabilités internationales, françaises et européennes à partir des législatives de 2013, en résumant mon étude d’analyse du processus électoral djiboutien du 5 juillet 2016, pour arriver au blocage de la situation actuelle dans l’indifférence internationale.

Comme au Congo Brazzaville, le président djiboutien n’a pas essayé de donner l’apparence d’une démocratie formelle, il a voulu montré son mépris de la démocratie, sa capacité à écraser l’opposition et sa capacité à neutraliser les interventions étrangères en faveur de la démocratie. Il a profité de la complicité de l’Union africaine au travers d’une fausse mission d’observation.

Déplaçant le débat sur le plan sécuritaire, Ismaïl Omar Guelleh a utilisé à partir de mi-2015 la mise en concurrence entre français, américains et chinois pour se placer en position d’arbitre pouvant choisir ses partenaires sans subir de pressions. La présence chinoise, nouvelle, introduite juste au bon moment pour faire un effet maximum, lui redonne du souffle.

En décembre 2015, IOG a utilisé l’attentat du Bataclan à Paris pour réprimer juste après son opposition sachant que le gouvernement français tombait dans une obsession sécuritaire. Il a aussi habilement profité que la politique africaine était en France passée des mains du ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, à celles du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

Au niveau européen, il y a des divergences entre le parlement européen qui soutient au maximum les démocrates djiboutiens, le SEAE plus réaliste dans une approche globale équilibrée sur plusieurs pôles, et les dirigeants des États européens. Un processus autour de l’accord de Cotonou n’a pas été enclenché par l’Union européenne. La CPI n’a pas non plus joué son rôle à Djibouti.

Pendant le débat, nous revenons en particulier sur l’Union africaine et l’Union européenne. Un plaidoyer vers l’Ua est sans doute nécessaire, mais il est impossible d’estimer quand il pourrait porter des fruits. La relation entre l’Ue et l’Ua va aussi évoluer, en particulier lors des renégociations sur l’Accord de Cotonou d’ici 2020.

L’année 2016 a été désastreuse au niveau des élections en Afrique. Après les inversions de résultats des présidentielles, les crises électorales perdurent dans l’organisation des législatives, en particulier en Afrique centrale. Une mascarade électorale aura lieu au Congo Brazzaville le 17 juillet, et les législatives djiboutiennes pourraient avoir lieu en février 2018. Dans ces deux pays, le processus de démocratisation est totalement à l’arrêt et les dictateurs ne laissent aucune marge de manœuvre. Le constat est amer mais nécessaire.

Vous pouvez retrouver les articles que j’ai publiés concernant les différentes élections à Djibouti sur

https://regardexcentrique.wordpress.com.

Je vous remercie de votre attention.

Régis Marzin