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Djibouti: l’opposant Jabha reste en prison malgré l’annulation de la procédure (RFI, 14/10/16)

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A Djibouti, la justice a ordonné jeudi 6 octobre la remise en liberté d’un opposant détenu depuis mai 2010. Mais celui-ci reste pourtant en détention. La Chambre d’accusation a en effet annulé l’ensemble de la procédure visant Mohamed Ahmed, dit Jabha, membre du Front pour la restauration de l’unité et de la démocratie (FRUD). Le gouvernement djiboutien l’accuse d’être à la solde de l’Erythrée.

Si son avocat français, maître Bérenger Tourné qualifie cette décision de « bonne nouvelle » après cinq ans de lutte judiciaire, il demande néanmoins aux autorités djiboutiennes la libération de son client.

« Mon correspondant sur place, maître Zakaria, qui a assisté à l’audience, assure que le maintien sur écoute de mon client est toujours en cours, et que sa remise en liberté n’a pas été effective alors même qu’elle a été ordonnée », précise-t-il.

« Plus d’Etat de droit »

« Je demande aux autorités gouvernementales djiboutiennes de revenir à plus d’Etat de droit en donnant l’application à une décision de justice qui s’impose à elle. Je me réserve dans la foulée de demander aux autorités françaises d’enjoindre Djibouti de remettre en liberté monsieur Jabha », ajoute-t-il.

Pour l’avocat, la France, qui conserve des liens avec Djibouti, « ne peut pas tolérer cinq ans de tortures, de procédures vides, de droits de l’homme bafoués ».

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Communiqué de l’ARD : avis aux apprentis sorciers ! (Mohamed Ali Abdou, secrétaire à la communication et porte parole de l’ARD,

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Djibouti, le 10 octobre 2016

COMMUNIQUE

AVIS AUX APPRENTIS SORCIERS

Le règlement par le chef de l’Etat de l’incident qui a eu lieu lors de l’inauguration de la centrale géothermique du Lac Assal ne présage rien de bon pour la cohésion nationale et la concorde civile puisque c’est le préfet de Tadjourah qui a été lésé en étant empêché de prononcer son discours dans la localité du Lac Assal qui reste sous sa juridiction administrative. La R.T.D prenant le relais de cette injustice en diffusant sur ses ondes une interview du préfet d’Arta….
Ce qui nous oblige à rappeler certaines vérités.
Toutes les tentatives par le passé colonial d’intégrer dans le domaine de l’Etat les zones rurales ont conduit à de sanglants soulèvements populaires obligeant l’administration coloniale à renoncer à déstructurer des zones où ne règnent jusqu’à présent qu’ ordre et harmonie. La Fitna qui est tenté en ce moment n’aura pas davantage de succès !

Les termes de la Loi sur la Décentralisation annexée à l’Accord de Paix du mai 2001 prévoyaient : « Les Régions constituent des collectivités décentralisées et conservent les limites territoriales des districts actuels, excepté Djibouti. Ces limites territoriales ne peuvent être modifiées que par la Loi, après Accord à la majorité absolue, des assemblées régionales concernées. Le district et la région d’Arta, dans leurs limites territoriales ne comprennent pas Djibouti-ville qui fera l’objet d’un Statut spécial dont les dispositions seront fixées par la Loi. » Art 4.
Ainsi chaque région se substitue à un district du même nom, dans les limites géographiques, à l’exception de la région d’Arta. Cette dernière voit le jour au sien du district de Djibouti, désormais scindé en deux entités autonomes, à savoir la Région d’Arta et la ville de Djibouti régie par un Statut Spécial.
Pour le reste les limites géographiques sont depuis longtemps fixées.

1. District de Djibouti
Le ressort territorial est délimité par la cote sud du golfe de Tadjourah, depuis la frontière de la République de Somalie à Loyada jusqu’à l’embouchure de l’oued Der-Ela( plage d’arta) ; de ce point, par une ligne brisée joignant dans l’ordre les points suivants :
– Cote 650 (5 kilomètres à l’ouest d’arta)
– Cote 780 (mont anod, 6 kilomètres au sud-est de wéa)
– Viaduc de Chebelley
– Cote 209(Goubaad) et prolongé, jusqu’à la frontière du territoire dans l’alignement Guissi-Goubad)
Arrêté n°1185GCG du 30 décembre 1967 article 1er/
Les iles OUARAMOUS, MASKALI et MOUCHA sont rattachés au cercle de DJIBOUTI
Arreté n° 1060 du 31 aout 1945, article 4

2. DISTRICT D’OBOCK
Le cercle d’Obock nouvellement crée aura pour limites administratives les limites de l’ancienne subdivision d’OBOCK
Arrêté n°63-105 du 6 septembre 1963
A l’est de la ligne partant de DADDATO ( ouest Oue’ima) remontant le cours de l’Oued Oue’ima puis Rarri jusqu’au puits de Mandi, joignant en droite ligne ce point au puits de Massaïaïa dans l’oued dalaï, et suivant le cours de cet oued jusqu’à la mer.
Arreté n°1060 du 31 aout 1946, article 4 alinéa 4

3. DISTRICT DE TADJOURAH
1) Limites avec le cercle de DIKHIL
Une ligne brisée partant du fond de l’anse Gabrielle2km nord-ouest de Guinni- Koma, dans le Ghoubet el Kharab joignant dans l’ordre les points suivants :
– Puits de Guiba-Bonie( pointe sud du Lac Assal) cote 990(Ablis Bara)
– Cote 1065( 4 km nord-ouest de la plaine d’Eylou)
– Cote 634 (signal GoumaS.E du Lac Alli) et remontant le cours de l’oued Gouma vers le nord-ouest jusqu’à la frontière.
Arreté n°1060 du 31 aout 1946 article 2 alinéa 2
2) Limites avec le cercle d’OBOCK
Ouest de la ligne partant de DADDATO ouest Oue’ïma remontant le cours des oueds Oue’ïma, puis Rarri jusqu’au puits de Mandi, joignant en droite ligne ce point au puits de Massaïaïa dans l’oued Dalaï, et suivant le cours de cet oued jusqu’à la mer.
Arreté n° 1060 du 31 aout 1946 article 3 alinéa 4
Les iles de Ghoubet-Kharab, des Djeriret, et Peba sont rattachées au cercle de Tadjourah
Arreté n°1060 du 31 aout 1946, article 4

3) DISTRICT DE DIKHIL
1) Limites avec le cercle de Djibouti
Une ligne brisée partant de l’embouchure de l’oued Der-Eyla (plage d’Arta) sur la cote sud du golfe de Tadjourah ( à 6kms de Ras Eiro) joignant dans l’ordre les points :
– Cote 650(5 km à l’ouest d’Arta)
– Cote 780(Mont Anod, 6km sud-est de Wéa)
Arreté n° 1060 du 31 aout 1946 article 2 alinéa 1
2) Limites avec le cercle d’ALI-SABIEH
– Cote 780 (Mont Anod, 6km sud-est de Wéa)
– Cote 783-3(Mont Eyrola)
– Cote 864(Mont Goulemi-Moulélé)
– Cote 615(entrée de la piste d’Ali-Sabieh dans le grand Bara)
– Cote 1003 (Mont Aroa, 7km à l’ouest de Daouanlé) et prolongée en direction de la cote 1954(4km sud de Daouanlé) jusqu’à la frontière.
Jonction de l’arreté 1060 du 31 aout 1946(article 1er, 2alinéas 1.3) et de l’arreté n° 351 du 3 mars 1949 article 1
3) Limites avec le cercle de Tadjourah
Une ligne brisée partant du fond de l’anse Gabrielle(2km nord-ouest de Guinni-Koma, dans le Ghoubet el Kharab) joignant dans l’ordre les points suivants :
– Puits de guiba-Bonie (pointe sud du Lac Assal)
– Cote 990 (Abliss Bara)
– Cote 1065(4km nord-ouesy de la plaine d’Eylou)
– Cote 634( signal Gouma S.E, à l’est du Lac Alli) et remontant le cours de ‘oued Gouma vers le nord-ouest jusqu’à la frontière.
Arrêté n°1060 du 31 aout 1946 article 2 alinéa 2
L’ile des Boutres est rattachée au cercle de Dikhil
Arreté n°1060 du 31 aout 1946 article 4

4) DISTRICT D’ALI-SABIEH
1) Les limites du cercle d’Ali-Sabieh demeurent les memes que celles attribuées à l’article 3 de l’arrêté susvisé (Arrêté n° 1060 du 31 aout 1946) au poste administratif d’Ali-Sabieh
Arrêté n°351 du 3 mars 1949. Article 1er.
Le cercle de Djibouti englobe le poste administratif d’Ali-Sabieh
Arrêté n° 1060 du 31 aout 1946 article 1er.
Ali-Sabieh : toute la partie du cercle de Djibouti se trouvant au sud de la ligne joignant les points :
– Cote 780(Mont Anod), viaduc de Chebelley
– Signal cote 194(Guissi)
– Cote 209(Goubad) et prolongée jusqu’à la frontière dans l’alignement Guissi-Goubad
Arreté n° 1060 du 31 aout 1946 article 3 alinéa 1er
2) Limites avec le District de DIKHIL
– Cote 780 (Mont Anod, 6 km au sud-est de Wéa
– Cote 883-3(Mont Eyrole)
– Cote 864(Mont Goulémi-Moulélé)
– Cote 615(entrée de la piste d’Ali-Sabieh dans le Grand Bara
– Cote 1003 (Mont Aroa, 7km nord-ouest de Daouanlé) et prolongée en direction de la cote 1054(4km sud de Daouanlé) jusqu’à la frontière.
Jonction de l’arreté 1060 du 31 aout 1946(article 1er, 2alinéas 1,3) et de l’arrêté n° 351 du 3 mars 1949, article 1er ;

Le président Dini avait saisi le chef de l’Etat lui demandant d’user de son influence pour qu’en seconde lecture l’assemblée adopte la Loi sur la Décentralisation telle qu’elle avait été signée d’Accord parties et adoptée en conseil des ministres, faute de quoi avait averti Dini toute modification effective des limites territoriales des Districts ou Régions constituerait un Casus Belli qui ouvrirait le droit aux populations concernées, de recourir à la Légitime Défense …
A suivre…

MOHAMED ALI ABDOU
Secrétaire à la communication
Porte-parole de l’A.R.D

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Djibouti : la double erreur de Guelleh (BlogMediaPart, 7/10/16)

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A l’abri des conflits qui déchirent la région, Djibouti était un modèle d’émergence dans une Afrique de l’Est tourmentée. Son potentiel n’avait de cesse de faire des envieux, si bien que son dirigeant se voyait déjà à la tête du Dubaï africain. Pourtant, la gestion calamiteuse du pays l’a fait passer à côté de l’essor que tous prévoyaient.

Surendettement, multiplication d’alliances contradictoires, pauvreté endémique, la république de la corne d’Afrique est en passe de devenir le plus gros gâchis du continent.

Réélu en avril dernier pour un quatrième mandat, alors qu’il avait promis de se retirer à l’issue du troisième, Ismaïl Omar Guelleh (IOG) poursuit sa politique de rente de situation.  Les options étaient limitées dans un petit territoire (23 000 km2) très aride, où l’agriculture est quasi inexistante, les ressources minières limitées et l’industrie peu développée. Ce choix a permis à Djibouti d’afficher une dynamique économique portée par la croissance du PIB et des investissements étrangers. Cependant, malgré une croissance de près de 5 % sur les dernières années, le pays est gangréné par l’extrême pauvreté, qui touche encore 42 % de la population locale. Avec un taux de chômage très important (environ 60 %), de fortes inégalités et un faible niveau d’éducation, le pays n’a pas su transformer l’essai et assurer son essor. Si bien que Djibouti occupe le 170ème rang de l’indice de développement humain des Nations unies.

Afin de pallier cette fragilité de nature, Guelleh a choisi de multiplier les rapprochements stratégiques, dont le dernier avec le géant chinois. Dès février 2014, Djibouti organise un partenariat stratégique avec Pékin. Puis, tout au long de 2015, on a pu voir l’entrisme chinois s’apparenter de plus en plus à de l’emprise. Aujourd’hui, le président djiboutien semble prêt à toutes les concessions pour plaire à son homologue chinois. La signature avec Pékin d’un accord de libre-échange permettant à la Chine d’utiliser ces installations portuaires à Djibouti à des fins de base de transit a consacré l’assise géographique de son allié, alors que la mise en place d’un cadre légal permettant, « l’afflux rapide de banques chinoises à Djibouti », selon le communiqué officiel, consacre son assise économique. Et pour cause. Il prévoit la création d’une chambre de compensation qui permettra de « ne pas perdre de devises dans les échanges avec la Chine », explique la présidence djiboutienne.

Malgré ces initiatives, Djibouti peine à tirer son épingle du jeu. Les faibles taxes et le recours systématique à une main d’œuvre importée limitent largement les retombées des projets menés au côté de Pékin. De plus, afin de correctement mesurer les montants accordés à titre d’aide au développement par la Chine, il faut également considérer le poids de leur répartition. Au vu des conditions des prêts consentis, on s’explique plus aisément cette économie à deux vitesses, avec une croissance stable mais un taux de pauvreté et de corruption élevé, pour une croissance sans développement. Devant les réticences de sa population et les mises en garde de ses alliés historiques, Guelleh affirme que « la Chine a le droit de défendre ses intérêts comme tout le monde » tout en se félicitant que les Chinois soient leurs « plus grands investisseurs ». Il se vente même d’être la capitale de la « Chinafrique ». Mais quel retour Djibouti obtient-elle en contrepartie de cet accueil ?

Actuellement, les handicaps structurels de son économie ne sont pas soignés mais uniquement compensés à court terme par la « bienveillance » chinoise. Selon les prévisions du FMI, la dette publique extérieure du pays culminera à 79 % du PIB en 2017 et « la ligne fiscale actuelle semble intenable ». Les premières inquiétudes apparaissent alors même que le pays n’a pas débuté le remboursement du capital des principales dettes contractées auprès de l’Exim Bank China, à des taux que les autres pays africains n’acceptent plus – un remboursement prévu en dix ans, sans période de grâce, à un taux d’intérêt supérieur à 5 %. Le surendettement n’est plus une fiction – ni même une menace lointaine. Le port international de Djibouti, poumon de l’économie nationale, a déjà été cédée à hauteur de 23,5 % à la société China Merchants Holdings International.

A cela, il faut ajouter une donne diplomatique de plus en plus complexe. Pour les alliés historiques du pays, l’arrivée à une telle échelle des Chinois dans le jeu régional est un signal très négatif.  Un incident diplomatique avec les Emirats arabes unis a déjà valu à Djibouti de perdre les projets de bases des pays sur son territoire au profit de l’Erythrée, le grand rival. L’Inde, qui caressait elle aussi un projet d’implantation dans le pays s’est finalement tournée vers l’Arabie Saoudite, après l’annonce de l’établissement de près de 10 000 militaires chinois dans une base à Djibouti. Pour leur part, les États-Unis manifestent ces dernières années une volonté croissante de désengagement. Un total désengagement signifierait la perte de la modique somme de 63 millions de dollars par an pour le « loyer » de Camp Lemonnier. En outre, l’allié le plus ancien de Djibouti, la France, a elle-aussi commencé à envisager une rupture.

A ce rythme, Djibouti risque de se retrouver nu et vulnérable plus rapidement que prévu – et le pari de Pékin est sans doute d’isoler son pied à terre afin de s’y rendre indispensable. Avec ça, le risque de vassalité s’accentue encore. Mais au-delà, le rapprochement avec Pékin venait d’un désir de multiplier ses associations. Une dynamique qui aujourd’hui s’inverse clairement. Aussi, si la croissance chinoise continue de ralentir, Djibouti pourrait payer le prix fort du fait de cette dépendance excessive. Au-delà des crises diplomatiques – avérées et à venir – qui le pays traverse, il a vu un nombre croissant d’entreprises occidentales se désengager récemment, en raison de l’autocratisme du régime d’IOG. Une dynamique dangereuse pour un pays qui cherchait justement à diversifier ses partenariats pour sortir du tête-à-tête qu’il a longtemps entretenu avec une poignée de pays.

Fin

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A QUI PROFITE L’INSECURITE ? (ARD, 7/10/16)

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La propagande officielle dépasse les limites du tolérable lorsque’ elle insinue et accuse les démocrates en recherchant des boucs émissaires aux conséquences des méfaits et fuites en avant du gouvernement. Dans son discours de politique budgétaire lors de la rentrée parlementaire de septembre 2016, le premier ministre se dit scandalisé par « les attaques sanglantes organisées avec le soutien de milices étrangères… qui sont vouées à l’échec…
Le peuple Djiboutien tout entier se dressera contre ces mercenaires qui n’hésitent pas à faire couler le sang de Djiboutiens innocents pour tenter de semer le trouble.. .S’attaquer à des objectifs civils ou à des biens appartenant à la population démontre parfaitement la nature terroriste de cette organisation…Je saisis cette occasion pour condamner une fois de plus ces actions lâches et criminelles et reste désorienté par le silence des responsables de l’opposition qui pourrait correspondre à une complicité tacite. » Le premier ministre a raison. Le silence des responsables de l’opposition pourrait en effet désormais s’apparenter à une complicité…avec la propagande officielle. Maintenant que le voilà rompu, posons-nous la bonne question que doit se poser tout observateur sensé : à qui profite l’insécurité ? Certainement pas à ceux qui, ayant mené une lutte armée chevaleresque ont définitivement opté pour le combat démocratique !

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Communiqué de l’ARD (Mohamed Ali Abdou, secrétaire à la communication et porte parole de l’ARD, 01/10/2016)

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COMMUNIQUE

Le comité exécutif de l’Alliance Républicaine pour le Développement  (A.R.D) s’est réuni vendredi 30 septembre en son annexe du quartier 3. Les débats ont essentiellement porté sur la politique nationale et les voies et moyens de redynamiser le combat démocratique.

Rappelant que deux participations victorieuses aux Législatives de 2003-2013 et la signature d’un Accord politique sur le dialogue signé en décembre 2014 n’ont pas mis fin à l’impasse politique née de la violation de l’Accord de Paix du 12 mai 2001, le comité exécutif a décidé :

Le BOYCOTT des prochaines élections régionales organisées dans le cadre d’une Décentralisation vidée de sa substance et a par conséquent, appelé tous ses militants et sympathisants à la

– MOBILISATION GÉNÉRALE pour le CHANGEMENT

En fin de séance le comité exécutif de l’Alliance Républicaine pour le Développement a souhaité au peuple Djiboutien et aux musulmans du monde entier

– Une bonne et heureuse année 1438 de l’Hégire.

MOHAMED ALI ABDOU
Secrétaire à la communication
Porte-parole de l’A.R.D.

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Djibouti, lentement mais sûrement cédée à la Chine ? (EurasiaTimes, 23/09/16)

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Au croisement de la mer Rouge et du Golfe d’Aden, la République de Djibouti jouit d’une situation stratégique, véritable porte d’entrée vers le canal de Suez et l’une des lignes de trafic maritime les plus empruntées au monde. Un emplacement idéal qui aiguise, depuis plusieurs décennies, les appétits des grandes puissances mondiales. Le petit Etat de la Corne de l’Afrique, dirigé d’une main de fer par Ismaël Omar Guelleh, a bien compris les avantages qu’il pouvait tirer de sa situation géographique, lui qui offre à ses partenaires un modèle de stabilité politique, au sein d’une région dominée par l’instabilité générée par ses grands voisins que sont la Somalie, l’Ethiopie et l’Érythrée. Autant d’arguments que les autorités de Djibouti font valoir, au prix fort, à qui a les moyens de s’offrir une implantation militaire ou économique privilégiée.

Les pays occidentaux sont ainsi, de longue date, implantés militairement à Djibouti. C’est le cas, bien-sûr, de la France, qui possède une base de 2 700 hommes, héritée de son passé colonial. Les Américains disposent, quant à eux, d’un contingent fort de quelque 4 000 militaires, installés au Camp Lemonnier. C’est depuis cette base, consacrée après le 11 septembre 2001 à la lutte contre le terrorisme, que décollent une grande partie des drones américains envoyés survoler les terrains d’opération du Moyen-Orient. Une présence occidentale qui a un coût : les Etats-Unis reversent ainsi la modique somme de 63 millions de dollars par an à Djibouti pour le « loyer » de Camp Lemonnier. Même le pacifique Japon y a établi une base en 2011, la première à l’étranger depuis la fin de la seconde Guerre mondiale. Dernière arrivée sur ce plateau de Monopoly africain, la Chine a également jeté son dévolu sur la petite république, que son président cède peu à peu au plus offrant.

Le trouble entrisme de la Chine

Tout à son obsession de découpe de son pays au profit de l’étranger, Ismaël Omar Guelleh vient de jeter un pont d’or à Pékin. La nouvelle superpuissance chinoise pourra ainsi compter, à Djibouti, sur une zone franche de 48 kilomètres carrés, véritable « comptoir » avancé facilitant les échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique. Les banques chinoises sont également à l’honneur dans le pays, où une nouvelle chambre de compensation permettra aux échanges financiers entre les deux Etats de ne pas subir de pertes de devises. Mais l’entrisme chinois se manifeste surtout sur le plan militaire : Pékin et Djibouti ont, en effet, officialisé la création, d’ici 2017, de la première base militaire chinoise sur le continent africain. Officiellement, l’objectif est de lutter contre la piraterie, qui sévit depuis les côtes somaliennes. Officieusement, il s’agit bien davantage pour la Chine de pouvoir compter sur un contingent à même de protéger ses intérêts grandissants en Afrique, et d’assurer la sécurité du million de ressortissants chinois qui prospèrent sur le continent – notamment dans la construction d’infrastructures routières ou immobilières.

A terme, ce sont plus de 10 000 militaires chinois qui devraient s’implanter de manière permanente à Djibouti. Un contingent qui fera immanquablement de l’ombre aux bases américaine et française, et pour lequel la Chine devrait s’acquitter d’une ardoise de 100 millions de dollars par an – sans parler des frais de construction de la base. Si certains parlementaires américains se sont émus de cette potentielle menace sur les intérêts des Etats-Unis, il est peu probable que leurs voix parviennent jusqu’aux oreilles de Guelleh, manifestement plus sensible au son de l’argent sonnant et trébuchant qu’à celui des plaintes pour violation des droits de l’homme. L’entreprise publique China Merchants Holdings a ainsi déboursé 185 millions de dollars de participation dans l’immense port de Djibouti, alors qu’une autre entreprise d’Etat, la China State Construction Engeneering Corporation, vient de mettre sur la table 420 millions de dollars pour augmenter les capacités du même port. Les Chinois ont également remporté le chantier stratégique de la ligne de train devant relier Djibouti à l’Éthiopie, évalué à 4 milliards de dollars.

Mais il se pourrait bien que le miracle chinois se retourne contre ceux à qui il profite pour l’instant. Si la croissance chinoise continue de ralentir, c’est toute l’Afrique qui pourrait payer le prix d’une dépendance excessive à l’Empire du Milieu – et Djibouti serait alors aux premières loges. Malgré les révoltes sporadiques, férocement réprimées par les forces d’Ismaël Omar Guelleh, le régime se maintient. La manne chinoise représente un véritable levier pour le pouvoir, qui a vu de nombreuses entreprises occidentales se désengager récemment du pays en raison de l’autocratisme qui y règne.

Après la Chine, au tour de l’Inde ?

Pour l’heure, les critiques internationales semblent glisser sur le sable djiboutien. Et ce d’autant plus qu’un nouveau soupirant pourrait frapper à la porte du pays, et non des moindres : le premier ministre indien, Narendra Modi, vient en effet d’effectuer cet été une tournée africaine, afin de renforcer les liens entre son pays et un continent dont les importations en provenance d’Inde ont augmenté de 100% entre 2008 et 2013. Alors que l’Inde et la Chine se disputent le leadership asiatique, la première considère avec appréhension et envie l’implantation des Chinois en Afrique. La nouvelle base militaire chinoise de Djibouti ne peut qu’accentuer les tensions et rivalités entre les deux superpuissances asiatiques. Nul doute qu’Ismaël Omar Guelleh saura tirer profit de cette situation, qu’il a lui même favorisée. Quant à son peuple, pas certain en revanche qu’il en tire un quelconque avantage.

Source : EurasiaTimes