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Djibouti : Ismaïl Omar Guelleh reste hors de contrôle malgré la surveillance internationale (Affaires internationales, 30/08/16)

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30 août 2016

 Réélu pour un quatrième mandat début avril dernier, Ismaïl Omar Guelleh est depuis plusieurs mois dans le viseur de la justice internationale. Coupable de graves actes de répression pendant sa campagne électorale, le président djiboutien a également refusé d’appliquer le mandat d’arrêt contre son homologue soudanais Omar El Béchir.

Condamné à deux reprises par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l’Humanité, crimes de guerre et génocides, Omar El Béchir a pu se rendre sans difficulté à Djibouti le 8 mai dernier pour une cérémonie célébrant la réélection d’IOG à la présidence de la république djiboutienne. Le 11 mai, le président du Soudan a ensuite rendu visite à Yoweri Museveni, lui aussi réélu à la tête de l’Ouganda trois mois plus tôt. Pour avoir failli à exécuter le mandat d’arrêt international à son encontre, les chefs d’État djiboutien et ougandais ont été signalés par la CPI au conseil de sécurité de l’Organisation des nations-unies (ONU), qui doit maintenant prendre les mesures nécessaires, selon le tribunal basé à La Haye.

L’insoumission d’IOG et ses dérives autoritaires

Pour justifier son inaction, Djibouti a fait savoir qu’il ne disposait pas « des procédures nationales requises » afin d’appréhender et de remettre le suspect à la CPI, que le président El Béchir avait une immunité de chef d’État, que Djibouti « devait respecter la décision » de l’Union africaine de ne pas appliquer les mandats d’arrêt de la CPI pour le président soudanais et que le pays était impliqué dans le processus de paix au Soudan et au Sud-Soudan, d’après un article de l’agence de presse ghanéenne (GNA). Les autorités ougandaises ont, quant à elles, simplement prétexté vouloir conserver de bonnes relations avec tous les pays de la région pour maintenir la paix et la sécurité, selon la GNA.

Au pouvoir depuis respectivement 17 et 40 ans, IOG et Yoweri Museveni ne semblent pas vraiment craindre de sanction internationale suite à leur refus d’appliquer la décision du tribunal basé à La Haye. Le premier est pourtant depuis plusieurs mois sous l’étroite surveillance de Fatou Bensouda, procureure de la CPI, alertée par les atteintes répétées aux droits de l’Homme et à la liberté de la presse à Djibouti. Après avoir fait modifier la Constitution en 2010 pour pouvoir briguer un troisième puis un quatrième mandat, IOG a procédé à de nombreuses arrestations injustifiées parmi les membres de l’opposition et de la presse à l’approche des élections présidentielles d’avril 2016. Il s’en est aussi pris à la population lors d’une manifestation pacifiste le 21 décembre 2015 en périphérie de la capitale, où entre 9 et 34 civils ont été tués par les forces de l’ordre. Malgré ces bavures, auxquelles s’ajoute un taux de pauvreté supérieur à 70 %, le chef de l’État a été reconduit dans sa fonction avec 86,68 % des voix moins de cinq mois plus tard.

La protection tacite des grandes puissances

Si le président djiboutien jouit d’une telle impunité, c’est qu’il bénéficie de la protection tacite de grandes puissances mondiales comme les États-Unis, la France, le Japon et la Chine, qui possèdent des bases militaires sur ce « porte avion mondial » qu’est devenu Djibouti, comme le décrit un opposant au régime. Niché dans la corne de l’Afrique, le petit État de moins d’un million d’habitants tire profit d’un « positionnement géographique sans équivalent […] à la jonction du golfe d’Aden et de la mer Rouge, où transite 40 % du trafic maritime mondial », comme l’explique un récent article de JolPress. « L’emplacement géographique du pays est également stratégique sur le plan mondial pour la lutte contre le terrorisme et la piraterie. La location des bases militaires est l’une des principales sources de revenus du pays, qui sait tirer profit des conflits armés opposant ses voisins et des intérêts géostratégique des puissances étrangères. »

Après avoir ouverts ses ports à Dubaï en 2006, Djibouti est à présent tourné vers la Chine, qui a installé sa première base militaire début 2016. Selon JolPress, cette présence « aura surtout pour fonction de sécuriser la nouvelle « route de la soie » maritime et de permettre à Pékin d’accomplir un pas important vers son objectif de devenir une puissance maritime internationale ». Alors que l’industrie et l’agriculture nationales sont en berne, les combines d’IOG suffisent à assurer au pays une croissance attendue à 7,4 % cette année. C’est visiblement suffisant pour acheter le silence de la communauté internationale.

Source : Affaires internationales

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Communiqué de presse relatif à la situation politique qui prévaut à Djibouti Récapitulatif en vue des journées d’été d’ Europe Ecologie Les Verts (EELV)

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Nous, délégation de l’USN, l’Union du Salut National (opposition djiboutienne) composée de :

– Mr Mahdi Ibrahim Ahmed God, Vice président de l’ARD et Représentant Adjoint de l’USN aux relations extérieures ;
– Mr Abdourahman Mohamed Habib dit Amigo, Représentant du parti MODEL en France ;
– Mr Abdoulkader Mohamed Guidar, Représentant de l’ARD en Bretagne ;
– Mr Aidarousse Mohamed Guirreh, Représentant du MRD en Bretagne,

Souhaitons porter à la connaissance de la communauté internationale et particulièrement à nos amis EELV sur les blocages démocratiques qui sont toujours en cours à Djibouti. Il s’agit de :
o Refus de l’application des accords (2001, 2013, 2015) avec l’opposition par le gouvernement ;
o Violation de la constitution :
 Modification de la limitation du mandat présidentiel,
 Déchéance de la nationalité,
 Dissolution des partis politiques et des syndicats légaux ;
o Restriction des libertés publiques :
 Restriction de la liberté d’expression (aucun organe d’expression écrite libre, absence totale de média indépendant),
 Interdiction de la liberté de manifester,
 Restriction de la libre circulation aux militants et responsables des partis politiques de l’opposition pour sortir du pays : confiscation des passeports de Mr Abdourahman Guelleh dit Tx et du Dr Hamoud ;

Ces éléments ont eu comme conséquences :
o Répression musclée des activités de l’opposition civile à Djibouti ;
o Arrestation arbitraire des personnalités issus des partis politiques de l’opposition comme Kadar Abdi Ibrahim coordinateur du journal l’Aurore pas plus tard que le 09 août 2016 ;
o Prisonniers politiques toujours maintenus dans les geôles du régime sans jugement depuis bientôt sept ans à savoir Mr Mohamed Ahmed dit « Jabha » ;
o Absence d’élections électorales indépendantes ;
o Pérennisation d’un régime tribal et autoritaire ;
o Corruption généralisée ;
o Développement économique et social retardé et hypothéqué depuis l’indépendance du pays en 1977 ;
o Risque de recours à la lutte armée et reprise des affrontements notamment à Margoyta dans la région de Tadjourah depuis le 16/08/2016 entre la rébellion du FRUD et les forces armées ;
o Blocus de la population civile dans le Nord du pays, retenue en otage par les forces armées.

Pour débloquer la situation, la coalition de l’opposition djiboutienne, l’USN, préconise l’engagement d’EELV pour :
o Saisir le gouvernement français et les agences européennes et internationales pour qu’ils veillent sur le respect des droits humains à Djibouti ;
o Conditionnent de l’aide au développement et leurs coopérations au respect du processus démocratique et la tenue d’élections électorales anticipées sous la supervision d’observateurs internationaux ;
o Suivre l’état d’avancement des travaux des commissions d’enquête sur les exactions commises à Djibouti et particulièrement sur la commission d’enquête des Nations Unis sur la tuerie du 21 décembre 2015 où EELV a publié un communiqué le 24 décembre 2015.

Lorient, le 26/08/2016

Mahdi Ibrahim Ahmed God

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LA VRAIE PROBLEMATIQUE (ARD)

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Le problème Djiboutien a été identifié comme tel dès le lendemain de la violation d’un Accord de Paix signé avec nous et ayant mis fin à dix ans d’une triste page de notre Histoire. Le président du R.P.P. a ainsi affiché son mépris pour la Paix.

Il a été plus clairement identifié comme tel, lorsqu’Il a enterré un Accord sur le Dialogue et de Réformes, ayant impliqué la plus large coalition politique de l’histoire du pays dirigée par l’A.R.D. Il a ainsi affiché son mépris pour la cohésion nationale…

Inutile donc de nous attarder ici sur le bilan de trois mandats, car il y a plus urgent !

LA FITNA : Le dernier messager d’Allah a dit dans un hadith authentique au sujet de la Discorde : « Elle sommeille, quiconque la réveille encourt la malédiction d’Allah ! ». Elle étale aujourd’hui  son hideux visage à la veille de Régionales de tous les dangers. Flanqué de ses guerriers d’Ab’a, le président du R.P.P. entend concrétiser la violation de la Décentralisation et imposer sur le terrain la nouvelle délimitation des districts. Ainsi donc, au terme de ces Régionales 2017, le Conseil régional de la « Région » d’Arta ainsi délimitée se verrait confier la gestion de deux ressources économiques subtilisées à la Région de Tadjourah : l’exploitation du Lac Assal ainsi que le port de Dankalélo. Et en prévision des Législatives 2018, ce serait la Région la plus peuplée du pays avec une population fictive de 45000h à en croire les chiffres fournis par le site officiel de la Présidence, pour en toute logique  voir à cette échéance sa représentation parlementaire augmenter en conséquence. Dans le même temps, la Région de Tadjourah voit sa population, décimée par on ne sait quelle épidémie, passer de 89000h au recensement de 2009, à 45OOOh (toujours selon le même site), pour en toute logique, voir sa représentation  parlementaire réduite en conséquence à la même échéance après s’être fait subtiliser la gestion de deux ressources économiques et ses limites territoriales réduites.

L’A.R.D. qui a fait la preuve de son attachement à la cohésion nationale en dirigeant avec succès deux coalitions nationales à deux reprises en dix ans, se fera un devoir de renvoyer cette Discorde nationale qui n’a que trop duré dans le coma profond qui doit être le sien.

Semer la Discorde nationale pour régner ! Tel est pour le court terme, l’agenda officiel, légal et limpide du président du R.P.P. Tout aussi légal et officiel que sans équivoque, nous avons le notre !

LA MOTION WUTA

Ayant fait le choix définitif de la Paix (symbolisé par le bucher du même nom) et du combat démocratique légal, nous ne ferons pas au président du R.P.P. le cadeau d’un autre conflit armé. Parce que ce serait entretenir une discorde qu’il crée pour perdurer. Parce que viendraient aussitôt s’y greffer les intérêts commerciaux et militaires divergents des puissances régionales et internationales. Parce que ce serait aussi offrir un terreau fertile aux fous d’Allah qui sèment la mort sans discernement…Notre pacifique peuple ne mérite pas de connaitre le sort peu enviable de ses frères syrien ou yéménite. 0ù d’ailleurs se réfugierait-il dans ce monde devenu inhospitalier en proie à une islamophobie savamment orchestrée et entretenue ?

Mais notre peuple n’a pas non plus vocation à vivre apatride sur son sol. Ceux qui ont la chance de posséder la nationalité de vivre la peur au ventre, avec la menace permanente de de plus en plus fréquentes déchéances arbitraires de la nationalité par décret présidentiel. De voir ses  démocrates interdits de  voyage. De voir ses jeunes mourir en prison, exécutés par balles, jetés au bagne pour simple dénonciation citoyenne de pénurie d’eau. Ses ressortissants, intellectuels ou manifestants pacifiques  traités de mercenaires étrangers, de comploteurs islamistes ou de pachtoune et le croyant investi pour cinq ans, la prétention à sa succession qui gouverne déjà par procuration se s’autorise avec sa bénédiction à semer en toute impunité une anarchie sans précédent dans l’administration…… la liste est interminable de droits bafoués et de procès en sorcellerie, dénis de justice, d’arbitraires, de deux poids deux mesures qui font de ce pays un baril de poudre…

Déjà retenue comme unique perspective de lutte lors du dernier congrès en cas d’échec des négociations (entamées à l’époque et qui ont abouti à un Accord aussitôt enterré !), l’exigence du départ immédiat du « chef de l’état » s’impose désormais à tous les partis politiques légaux ou pas comme une nécessité vitale !

Cette motion sera immédiatement débattue au grand jour dans toutes les annexes de la capitale et des régions pour être soumise par les signataires de l’Accord de Paix violé, au vote de tous les militants de l’A.R.D. nécessairement unie dans sa riche diversité.

Afin qu’elle soit dans les plus brefs délais assortie d’un projet politique fédérateur et d’un programme  commun d’action, il sera nécessaire et suffisant qu’elle recueille  la plus large adhésion possible au sein de l’opposition. C’est qu’il n’y a pas d’autre alternative lorsque chaque victoire électorale est spoliée et tout Accord politique violé et enterré pour tous ceux qui refusent le suicide anomique vers lequel on se dirige tout droit faute de règles communes appliquées à tous les membres de la société  et à tous ceux qui refusent de se laisser mourir à petit feu…

Aucune crainte à avoir ! Cette mobilisation est le libre exercice du droit constitutionnel de manifester pacifiquement et donc un recours légal !

Ne craignons pas non plus les forces armées. Parce qu « elles n’ont jamais été et ne seront jamais la cible de notre mobilisation. Parce qu’il n’y a pas de précédent dans l’Histoire de forces armées nationales qui aient collectivement consenties à se transformer en garde prétorienne d’un homme et sa famille. Parce qu’enfin y consentiraient-elles, qu’au grand jamais elles ne pourraient obstruer la marche pacifique d’un peuple pour la conquête de ses droits car il est bien et bien révolu le temps des boucheries impunies.

En attendant il nous faut rester vigilant car il y a périls en la demeure qui viennent compliquer la situation nationale :

  • L’Accord de défense signé avec l’Ethiopie, qui n’est pas le premier du genre, a été présenté comme visant à lutter contre l’insécurité (crée et entretenue par ce pouvoir) dans le nord du pays. Les forces armées de ce pays voisin et pour l’instant ami n’ayant reçu aucun mandat pour exercer le rôle de gendarme sur quelque portion que ce soit de notre territoire, ce sont surtout nos forces armées que cet Accord de défense expose dangereusement en les impliquant inutilement dans un conflit qui n’est pas le leur.
  • Toujours au nord, objet de toutes les convoitises au cours de ce mandat, la Chine se prépare à installer un contingent de dix mille hommes avec une base navale. Ce qui n’était pas prévu par les Accords précédents. Cette augmentation aurait été acceptée et négociée suite au retard du paiement de la colossale dette commerciale Nous ne serions donc plus souverains ? INACCEPTABLE !

La diaspora sera amenée à jouer un  rôle prépondérant partout où elle se trouve pour relayer la mobilisation qui se prépare.

Quoiqu’il en soit que nul ne doute de notre détermination. Celle d’un peuple acculé dans ses derniers retranchements !

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DJIBOUTI : ARRESTATION ET DÉTENTION ARBITRAIRE DU JOURNALISTE KADAR ABDI IBRAHIM – LA RÉPRESSION DE LA LIBERTÉ D’OPINION ET D’EXPRESSION SE POURSUIT DANS LE PAYS (Alkarama, 24/08/16)

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24 AOÛ 2016

Le 9 août 2016, Kadar Abdi Ibrahim (قادر عبدي إبراهيم), co-directeur de publication du journal ‘l’Aurore ‘, a été arrêté et détenu arbitrairement pour avoir couvert l’interdiction de quitter le territoire par les autorités djiboutiennes de l’ancien ministre Hamoud Abdi Soulman. Libéré le 11 août 2016, Kadar avait déjà été victime par le passé de harcèlement par les autorités en raison de ses activités de journaliste dans un contexte de répression croissante contre toute personne qui critiquerait le gouvernement. Particulièrement préoccupée par ces événements, Alkarama a saisi le Rapporteur Spécial des Nations Unies sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression (RS LIBX ) du cas de Kadar, pour rappeler aux autorités leurs engagements pris en matière de droits fondamentaux.

M. Kadar s’était rendu à l’aéroport international de Djibouti pour documenter l’interdiction de voyager émise par les autorités contre l’ancien ministre des Affaires Musulmanes et des Biens Waqfs, Hamoud Abdi Soulman. Le journaliste a été interdit d’entrée à l’aéroport avant d’être arrêté sans aucun mandat et sans que les raisons de cette arrestation ne lui soient notifiées par des agents de la gendarmerie nationale alors qu’il interviewait l’ancien ministre et prenait des photos. Placé en garde à vue à la brigade de l’aéroport puis au « Service de recherche et de documentation » de Djibouti-ville, il a été interrogé pendant plusieurs heures au sujet de ses activités de journaliste. On lui a aussi confisqué  son Ipad qu’on lui a rendu le 24 Aout 2016 après avoir effacé toutes les photos. il affirme avoir subi de fortes pressions psychologiques pour fournir ses codes d’accès. De plus, pendant ses trois jours de détention, on lui a refusé l’accès à un avocat et à sa famille et il a été privé d’eau et de nourriture.

Ce harcèlement des autorités djiboutiennes à l’encontre de Kadar Abdi Ibrahim n’est pas nouveau : en janvier 2016, Alkarama avait déjà été saisie de son cas suite à la diffusion, dans son édition numéro cin q du journal l’Aurore’, d’une photo d’une fillette de sept ans tuée lors de la violente dispersion d’une cérémonie religieuse par les forces de police et l’armée djiboutienne le 21 décembre 2015 et qui avait entraîné la mort de dizaines de personnes et de très nombreux blessés.

« Les autorités djiboutiennes ont encore une fois montré qu’elles ne tolèrent pas les opinions critiques de journalistes, et cela en violation des engagements que Djibouti a pris en matière de droits fondamentaux, notamment en ratifiant le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) », a observé Simone Di Stefano , responsable juridique de la région Nil à Alkarama. « Ces violations répétées des droits à la liberté d’opinion et d’expression nous inquiètent et constituent désormais un phénomène récurrent, comme le cas récent d’Abdi Aden Cheik Ali le démontre ».

Cette répression systématique de toute voix critique et de la presse constitue une grave violation des droits et libertés fondamentales. Afin de permettre que tout citoyen puisse s’exprimer librement dans le pays, Alkarama a saisi le Rapporteur Spécial de l’ONU sur la Liberté d’Opinion et d’Expression (RS LIBX ) lui demandant d’appeler les autorités djiboutiennes à garantir que tout individu puisse librement, et par le moyen de communication de son choix, exprimer ses opinions sans crainte d’être intimidé ou poursuivi.

Pour plus d’informations ou une interview, veuillez contacter media@alkarama.org (Tél : +41 22 734 1008).

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Communique de la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH) du 21 juillet 2016: le régime djiboutien tente d’enterrer les preuves du massacre de Buldhuqo

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Ligue Djiboutienne des Droits Humains-LDDH

21 juillet 2016 ·

Communiqué de presse du 21 juillet 2016:

Le régime djiboutien tente d’enterrer les preuves du massacre de Buldhuqo

Il y a 8 mois, jour pour jour qu’a eu lieu le massacre du 21 décembre à Buldhuqo, quartier pauvre de Balbal. Ce massacre n’a pas encore été élucidé jusqu’aujourd’hui malgré nos multiples alertes et rapports que nous avons établis des les premières heures sur cette tragédie en tant qu’ONG indépendante dé défense des droits humains active depuis plus de 17 ans à Djibouti.

Et à l’approche de la venue de la Mission d’enquête internationale des Nations Unies à Djibouti prévue le 24 au 28 juillet, le régime dictatorial en place à Djibouti déploie ses grands moyens pour enterrer les preuves du massacre de Buldhuqo .

En effet, depuis ces dernières semaines, le régime en place prépare sa défense en activant son avocat Jean MONTAGNE, ancien bâtonnier, avocat du régime depuis l’indépendance et avocat conseil du Consulat de France à Djibouti. Celui-ci organise le dossier de défense du régime et récolte une série des témoignages des chefs de corps de toutes les forces de sécurité djiboutiennes en tenue d’uniformes dans une chambre de l’Hôtel Palmier en Zinc sur leur version des faits concernant le massacre de Buldhuqo et sur les viols des femmes djiboutiennes.

D’autre part, les familles des victimes sont menacées et les rescapés du massacre de Buldhuqo sont déplacés de maison en maison sous l’œil vigilant des forces de sécurité djiboutiennes dont certains d’eux sont décédés à cause de manque de soins pour leurs blessures par balles et les autres attendent leur mort. Hier, deux blessés graves parmi ont été hospitalisés à l’hôpital Peltier et sont susceptibles d’être évacuer à l’étranger pour les cacher de la Mission d’enquête internationale.

Aussi, le régime a envoyé 2 ministres à savoir Djama Elmi Okieh , Ministre de la Santé et Hassan Idriss Samrieh , Ministre de Travail et proche familiale des victimes qui se déplacent ensemble ces derniers jours avec des cylindrées de 14 millions dans les quartier pauvres de Balbala et font les va-et-vient entre la présidence et les familles endeuillées pour soudoyer les proches des victimes décédées et les blessés survivants en leur promettant du miracle.

En même temps, le Parquet général accuse et poursuit 7 personnalités civiles pour le massacre du 21 décembre 2015 à Buldhuqo pour leur imputer ce massacre prémédité et organisé au plus haut de l’Etat.

Il s’agit de 2 personnalités politiques à savoir le Président du RADDE et Maire légitime de Djibouti, Abdourahman Mohamed Guelleh et l’ancien ministre Hamoud Abdi Souldan ainsi que 5 autres responsables de la société civile en l’occurrence Mohamed Abdi Farah, Chirdon Khaireh Chirdon, Abdo Daher Miguil, Abdourahman Houssein Arraleh, Allaleh Osman Absieh.

Faut-il rappeler que ces 7 personnes ont été arrêtées au lendemain du massacre du 21 décembre et ont été libérées 3 jours avant la présidentielle de 08 avril 2016 après 3 mois et demi de détention arbitraire et de traitements inhumains. Malgré le non-lieu du juge d’instruction de l’enquête du 16 avril 2016 invalidé par la Chambre d’accusation le 12 mai 2016 puis de la cassation et l’annulation de l’arrêt de cette dernière par la Cour suprême le 12 juillet 2016, ces 7 personnes sont à la merci d’une Justice aux ordres qui prennent ses décisions selon le tempérament à la présidence.

Par ailleurs, selon des sources recueillies par la LDDH, un camp militaire a été construit sur le site du carnage avec une clôture d’un mur de 4 à 5 mètres de hauteur afin d’empêcher l’inspection du site par la Mission d’enquête internationale au motif que c’est une zone militaire interdite d’accès.

De même, un témoin clé du massacre de Buldhuqo a été remplacé et mis en congé forcé et par le Colonel de la Police, Abdillahi Abdi Farah qui avait ordonné aux agents policiers d’intervenir à l’aube du matin du 21 décembre. Il s’agit du Commandant Elmi Daher Miguil dit Elmi Jess, Chef de la brigade spéciale de la police et responsable d’alors du secteur de Balbala, quartier où a eu lieu le massacre.

C’est dans cette situation de total camouflage que la Mission d’enquête internationale du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme se rendra à Djibouti alors qu’elle avait été programmée premièrement pour le 25 au 31 mars 2016 mais reportée sine die le soir du 24 mars par la Mission permanente de Djibouti à New York dirigé par Mohamed Siad Doualeh élu entre-temps comme Vice-président de l’Assemblée Générale des Nations Unies le 15 juin 2016.

Une porte-parole de la Haute Représentante de l’UE aux affaires étrangères avait affirmé aussi la venue de la Mission du HCDH des Nations Unies à Djibouti dans la semaine qui suivait le jour de l’adoption de la Résolution du Parlement européen du 12 mai 2016 sur la situation des droits humains à Djibouti qui recommandait l’ouverture d’une enquête complète et indépendante sur le massacre de Buldhuqo et sur les viols des femmes ainsi qu’une enquête approfondie sur la mascarade électorale de 08 avril 2016.

En regard de tout cela et devant l’absence de protection et d’assistance de ces victimes et leurs proches, la Ligue Djiboutienne des Droits Humains lance un appel urgent à toutes les organisations internationales de défense des droits de l’homme et à toutes les personnes soucieuses du cas de Djibouti de venir en aide à ces personnes vulnérables et d’apporter une assistance médicale et juridique pour qu’ils puissent être soigner et constituer et déposer leurs plaintes au niveau des juridictions nationales et internationales pour que ces crimes ne soient pas impunis et que l’exemple d’Hissen Habré s’applique à tous.

Le Secrétaire Général de la LDDH :

Said Houssein Robleh

Tél : +32 465 36 11 82

E-mail: saidhoussein2020@gmail.com