Dernières éditions

Note d’information de l’ARD : HALTE A LA TERREUR POLICIERE (ARD, 14-05-2017)

Published by:

HALTE A LA TERREUR POLICIÈRE

L’Alliance Républicaine pour le Développement ayant appelé à un meeting en son annexe d’Arhiba, pour commémorer le 16ème anniversaire de l’Accord de Paix violé par le gouvernement du 12 mai 2001, c’est une foule de militants enthousiaste et déterminée qui a répondu présente au rendez-vous.

Mais peu avant l’arrivée des dirigeants, c’est une dizaine de camions de policiers casqués et plusieurs dizaines en civil mais portant ostensiblement des armes, qui ont envahi les abords de l’annexe. L’ambiance était électrique à l’arrivée des dirigeants de l’A.R.D.

Le capitaine de la police explique au vice-président de l’A.R.D. le député Adan Mohamed Abdou que le ministère de l’intérieur n’ayant pas été averti, ce meeting ne pouvait avoir lieu faute de dispositif de sécurité prévu à cet effet.

Le député répond que si, à un meeting il avait bien été appelé, il était prévu qu’il ait lieu à l’intérieur des locaux de notre annexe et ne nécessitait dès lors aucun dispositif de sécurité assuré par le ministère de l’Intérieur qui n’a pas été averti pour un meeting routinier.

Le capitaine de la police reste intraitable expliquant avoir reçu un ordre formel du ministre de l’intérieur en personne.

Afin d’éviter l’affrontement musclé entre des militants de l’A.R.D. sûrs de leur bon droit et déterminés à le défendre et des forces de police en service commandé, le vice-président de l’A.R.D. après concertation avec les membres du bureau politique présents ordonne aux militants de se disperser et demande aux forces de l’ordre d’évacuer les abords de l’annexe.

Les dirigeants et militants de l’A.R.D partis, des dizaines de policiers en uniformes et d’autres en civil, commandés par le sergent Moussa Mohamed Ali, font intrusion une heure plus tard sans sommation ni mandat de perquisition dans les locaux de l’annexe d’Arhiba qu’ils saccagent, emportant ordinateurs et matériels de sonorisation.

Estimant inutile d’ester en justice en portant plainte auprès d’institutions judiciaires dont les décisions exécutoires ont été à maintes reprises violées et ignorées par l’exécutif et singulièrement par le ministère de l’intérieur et, exigeant la restitution immédiate de son matériel razzié et vraisemblablement recelé dans les locaux de la police, l’Alliance Républicaine pour le Développement :

– Alerte l’opinion internationale sur les risques incalculables que font courir à la Paix civile et la stabilité politique, la terreur policière.

– Condamne les entraves répétées de la police au fonctionnement normal d’un parti légal avec lequel, le chef du gouvernement a signé (et violé) deux Accords (l’un de Paix Définitive en mai 2001 et l’autre de Dialogue en décembre 2014) en l’espace de trois mandats.

– Tenant par conséquent le chef de l’État comme responsable et comptable des agissements des forces de l’ordre, exige que soient immédiatement mis fin aux persécutions et exactions contre d’innocents civils dans le nord ainsi qu’au vandalisme et terrorisme policier dans la capitale.

ARD

Le 14/05/2017

Dernières éditions

En quoi l’organisation de l’anniversaire de l’accord de paix du 12 Mai 2001 gêne le régime djiboutien ? (Ali Obakar, ARD)

Published by:

Pourquoi le régime s’ acharne sur l’ARD en empêchant ses militants de s’ exprimer librement ?

Pour la énième fois depuis le 12 Mai 2014 que des hommes en uniforme au lieu d’assurer la sécurité de nos concitoyens pratiquent la razzia dans nos sièges ARD et confisquent les matériels de sonorisation et informatique.

Voici la liste des matériels de l’ARD confisqué par la police :
– 3 Enceintes sono amplifiée
– 2 Haut parleurs
– 2 Mégaphones
– 1 Ampli de puissance
– 1 Console de mixage
– 1 Micro à file propide
– 1 paire de pied enceinte.
– 2 Ordinateurs fixe et ses accessoires
– 1 Ordinateur portable (Toshiba)
Nous exigeons la restitution de nos matériels et le respect de la liberté d’expression.
Vive ARD et son président Ahmed Yousouf Houmed.

L’image contient peut-être : une personne ou plus, ciel et plein air

Dernières éditions

Pourquoi le régime fuit la réalité du 12 mai 2001 ?

Published by:

Pour la troisième année consécutive le régime policier RPP a perturbé violemment une célébration pacifique de l’anniversaire de l’accord de paix du 12 mai 2001.

Ainsi ce vendredi les forces de sécurité sont venus en surnombre à Arhiba devant le siège de l’ARD en vue de perturber et provoquer.

Il ne fait aucun doute qu’après les multiples violations des droits humains de ces derniers mois, le régime et ses collaborateurs craignaient nos dénonciations publiques des exactions en cours contre les civils dans le nord et sud ouest.

Après des altercations musclées avec nos militants déterminés à leur résister, la milice du régime s’est retirée vers 17h.

Mais vers 18h après l’évacuation des lieux, des vandales en uniforme ont fracassé les portes et ont emporté les matériels de sonorisation, cette affaire n’en restera pas là et nous connaissons les noms des policiers pilleurs et leurs commanditaires qui n’en sont pas à leurs premiers forfaits.

Merci aux dirigeants du parti frère UDJ légitime comme notre vieux compagnon de lutte Houssein Robleh qui ont été à nos côtés en cet après midi mouvementé à Arhiba le 12 mai 2017.

La lutte continue. Nous vaincrons.

Aucun texte alternatif disponible.

 

L’image contient peut-être : une personne ou plus et plein air

L’image contient peut-être : une personne ou plus, personnes qui marchent, ciel et plein air

L’image contient peut-être : une personne ou plus et plein air

 

Dernières éditions

DJIBOUTI – Liberté de la presse: quel bilan dresser de la presse Djiboutienne ? (Kadar Abdi Ibrahim, Alwihda.info)

Published by:

Le 3 mai, correspond à la journée mondiale de la liberté de la presse. Djibouti célèbre et célébrera comme partout dans le monde et comme toute « journée internationale de … » avec fracas, grandeur et apparat. Un regard s’impose.

Le 3 mai, correspond la journée mondiale de la liberté de la presse. Djibouti célèbre et célébrera comme partout dans le monde et comme toute « journée internationale de … » avec fracas, grandeur et apparat. Un regard s’impose.

1. Presse privée : inexistante! « La notion de médias indépendants est étrangère au pays. (…) Les quelques journaux d’opposition ont disparu du paysage médiatique au fil des ans ». « Une voix en exil, sinon rien ». C’est par cette note succincte et assassine, dans son rapport annuel de février 2017, que Reporter sans frontières brosse la situation du paysage médiatique de notre pays et met en lumière la singularité qui distingue Djibouti des autres pays d’Afrique, en général, et des pays voisins, en particulier, où pullulent la presse écrite et audio-visuelle.

Un seul journal. Une seule radio. Une seule télévision. L’exception Djiboutienne, dans toute sa dissymétrie saisissante.

Pourtant, la fin des années 80 et le début des années nonante voient éclore plusieurs titres éphémères de quelques feuillets souvent bimensuels : Le Combat, Horizons, Le Démocrate, la lettre de la coordination, Le Salut, Renouveau, Réalité, Le Républicain…

Mais, depuis bientôt une quinzaine d’années, la presse privée dite « indépendante » appartenant à l’élite politique, utilisée comme instrument de contre-pouvoir qui influence et modèle les esprits, subit un acharnement qui l’a encalminé, de la part d’un pouvoir fragile, se sentant menacé comme s’il avait le « trouillomètre » à zéro, concevant toute critique n’allant pas dans le sens de sa volonté, aussi constructive soit-elle, comme une attaque et surtout conscient du pouvoir potentiel d’une presse libre lui échappant.

C’est pourquoi, une telle presse, vue comme une grenade dégoupillée et la revendication d’un desideratum, est interdite. Impossible dès lors pour elle, de se mettre en place,  de se déployer et de durer.Les méthodes utilisées restent les mêmes. Inquiéter. Intimider. Terroriser. Confisquer. Emprisonner. Le moindre article pointant du doigt les errements du gouvernement provoque l’ire du pouvoir, mettant en route toute une mécanique bien huilée et se transforme en un prétexte dont le purgatoire reste la prison de Gabode, en passant entre autres,  par le bureau du procureur de la république. Depuis, diverses allégations fallacieuses et toute une kyrielle de charges (diffamation, propagation de fausses informations,…) ont été utilisées pour mettre hors de champ et légitimer l’interdiction de publication.

D’autre part, en ne dédouanant pas le régime, il faut reconnaître que la presse non officielle appartient aux partis politiques et non à des groupes de presse. De facto, il s’agit d’une presse d’opinion et par conséquent militante dirigée par des politiciens sans formation journalistique, sans un plan de financement, sans perspective tracée, défrichant sur le tas le métier, ses us et coutumes, son environnement, à l’exception de Daher Ahmed Farah au temps du Renouveau, et dont les parutions ressemblent davantage à des scribouillards qu’une vraie édition de professionnels.

Cela va sans dire que tout l’objectif de cette presse porte le sceau de la voix d’une tranche de la population et se focalise en la diffusion d’un message mobilisateur qui la rend indubitablement guindée. Ce qui explique, en partie, aussi, sa disparition, privant par conséquent des Djiboutiens d’une information pluraliste.

2. RTD et La Nation : Dans une logique d’embrigadement et de soumission.  La RTD et La Nation résorbent à eux seules toute l’information et jouent un rôle essentiel pour le gouvernement, qui, ayant compris que la manipulation de l’information est un pouvoir efficace, impose son monopole et l’utilise comme organe de propagande.En effet, les médias officiels, instrumentalisés,  « se font le porte-parole du gouvernement »-dixit le rapport de 2017 de RSF ( Lien : https://rsf.org/fr/djibouti ) – et s’attachent, sans cesse, à escamoter les réalités ou pire à les dénaturer niant les faits et décrivant des situations les plus reluisantes pour orienter, anesthésier la population et rassurer les partenaires étrangers.

Cette presse à la phraséologie gouvernementale dont l’exploitation des moyens technologiques du 21ème siècle avance à la godille, se réduit en un canal de transmission du message étatique, un média de communiqué relayant les déclarations officielles. Pour ainsi dire, elle se contente du factuel en vulgarisant les événements comme les séminaires, les rencontres officielles, les poses de pierre des projets éléphant blanc, qui pour la plupart ne voient jamais le jour, les activités du parti au pouvoir.

En somme une presse inféodée à l’UMP. Pour preuve, la diffusion récemment enlivedu dernier congrès du RPP et la multiple rediffusion dans son intégralité. Pour quel autre parti du pays cela est-il possible ? Une autre critique que l’on peut adresser à l’endroit  tant de la presse écrite qu’audiovisuelle, autre que son contrôle par le pouvoir et son assujettissement est l’inexistence d’un travail d’analyse de fond sur la situation socio-politico-économique du pays. L’on remarque depuis une quinzaine d’année la disparition systématique de toutes les émissions politiques à la RTD.

Les émissions très prisées d’une certaine époque telles que “Maxa Ka Run Ah”, “Kulaan”, “Gros Plan”, “Dhagan iyo Sugaan”, nécessité nationale et épine dorsale de l’intérêt publique ont complètement disparu du paysage audiovisuel de Djibouti (PADD). Idemà La Nation quant aux rubriques “Gor-Gor”,  “Le billet d’Abdallah”, “La page du courrier des lecteurs” qui permettait à beaucoup de Djiboutiens de réagir sur la situation du pays. Autant dire que depuis, c’est le désert total, entrainant un désintéressement du lectorat qui se tourne vers la presse internationale.

Le peu de Djiboutiens qui achètent encore La Nation ne se précipitent-ils pas immédiatement sur la catégorie « Appels d’offres » ? Et que dire  de nos journalistes ? Devant la gestion « hitlérienne » de l’information et le visage marmoréen de leur hiérarchie, les journalistes, impuissants, dans une apathie débonnaire et pusillanime les paralysant, ont, quant à eux, courbé l’échine depuis bien longtemps, et se cantonnent uniquement dans un rôle de panégyriste dont la figure allégorique parsème leur discours mi-chèvre mi-chou dans leur travail que les plus honnêtes d’entre eux considèrent comme des longs pensums.

3. Propositions: Pour un « Printemps» de la presse Djiboutienne Classé 172ème pays sur 180 dans le classement mondiale de la liberté de la presse en 2017, et face à cet anéantissement, la nature ayant horreur du vide, les Djiboutiens se jettent tous sur les réseaux sociaux, « commères des bains de maures » selon l’expression, devenus la première source d’informations où circulent comme une trainée de poudre, pêle-mêle, tous les ragots de radio-trottoir dont il faut passer au peigne fin pour démêler de la vraie fausse information. Devant ce constat pas du tout emballant, il ne s’agit pas de rester dans la ritournelle classique, ni d’ailleurs de « raboter », mais dans un esprit résolument moderniste, il est temps que les journalistes Djiboutiens, maintenus dans une médiocrité profonde et inquiétante, réalisent « le printemps » de la presse Djiboutienne.

Cela passe obligatoirement par entre autres :

– La tenue des Etats généraux de la presse, pas un simulacre de discussions comme cela a été pour l’éducation nationale ;

– En la création d’un observatoire des métiers de la presse ;

– D’une presse privée tant par les partis politiques que des groupes de presse ;

– D’une révision et surtout d’un assouplissement de la loi relative à la liberté de la communication de 1992;

– Renforcer le syndicat des journalistes et cesser de le cloner comme il est d’usage chez nous ;

– Développer l’émergence des médias en ligne…

Chers journalistes, il est temps de laisser sonner les clairons de l’émancipation et de quitter votre position qui vous fait passer pour une horde de naïfs qui braient de complaisance afin de poser les premiers jalons d’un journalisme indépendant et de qualité.

Kadar Abdi Ibrahim