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ABDOURAHMAN BARKAT GOD: Comment s’opposer ? (08/04/15)

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Abdourahman Barkat God

Comment s’opposer ?

S’opposer, c’est d’abord faire un état de lieux relatif à une gestion politique donnée. C’est en fait poser le bon diagnostic comme un médecin qui, à l’aide des investigations pointues, s’acharne sur la découverte des véritables raisons d’une pathologie. Il ne s’agit pas de traiter les symptômes mais de tuer le mal à la racine. De la même manière, contrer un projet politique par un autre plus performant exige la maîtrise de ce qui a provoqué sa sclérose. Sinon, s’opposer pour s’opposer n’est q’une démarche aporétique.

S’opposer, c’est ensuite manifester une force mentale et spirituelle permettant de relevertous les défis. Certes, désavouer une mauvaise gouvernanceimplique dès le départ une résistance et une confiance en soi afin de sortir indemne des épreuves. La grandeur de la personnalité fait la différence entre les hommes.En clair, la ténacité finit toujours par payer.

S’opposer, c’estaussi concevoir un projet politique qui répond réellement aux besoins des citoyens. Pas des promesses électorales sans lendemain. Il faut un projet d’alternance marquant la rupture avec le passé. Sans objectif précis, rester dans le flou est la caractéristique d’une opposition molle. En revanche, décider et agir sans tergiverser donne de l’âme à ceux qui ont fait de l’alternance une option. Attendre que les choses s’arrangent par elles-mêmes relève d’un miracle.

S’opposer, c’est encore avoir des leaders qui servent de locomotive au projet et à l’ensemble des sympathisants. En réalité, un groupement d’hommes, surtout à caractère politique, doit absolumentêtre mené par des dirigeants qui ont une idée précise de la situation, qui prennent les bonnes décisions, qui agissent en fonction du futur et qui sauvegardent les intérêts de toute la société. A posteriori,la politique, exercice naturellement complexe, fait appel à des hommes complexes.

S’opposer, c’est également garder le contact avecle public par le biais des médias. C’est en fait orienter son choix et influencer positivement sa manière de penser. Tout changement se passe d’abord dans la tête. L’acte n’est que le reflet de ce que l’individu intériorise intellectuellement. D’où l’intérêt considérable que les grands pays accordent à la communication. Miser surla conquête des idées avant la conquête territoriale était depuis toujours la méthode du colonisateur.

S’opposer, c’est enfin être sans relâche sur le terrain et au milieu de la population. C’est en conséquence essayer d’incarner ses souffrances et cela ne devient possible que par une politique sociale. On incarne mieux quand on connaît mieux.

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Le Sheikh de service, par Kadar Abdi Ibrahim, enseignant de mathématiques à l’université de Djibouti (07/04/15)

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Le Sheikh de service
De Kadar Abdi Ibrahim, enseignant de mathématiques à l’université de Djibouti

De tout temps et sous toute dictature cinq personnages ont joué ou jouent encore un rôle essentiel : le bouffon, le sage, le souffre-douleur appelé aussi tête-de-turc, le chambellan et les oulémas du pouvoir (علماء السلطة). A chacun une partition sur mesure lui est dévolue.

Le bouffon, grande-gueule, souvent au physique disgracieux, amuse, fait rire le dictateur et sa cour par ses lazzis et pitreries burlesques, provoquant ainsi l’hilarité générale, suscitant tout autant l’allégresse de son maître que l’aversion profonde de l’ensemble des courtisans qu’il rabaisse dans son storytelling.

Le sage, homme d’âge avancé, représenté dans la plupart des cas par un chef coutumier, sert, lui, de conseiller. Il coordonne généralement la relation entre la cour et les structures traditionnelles, tient particulièrement un discours élogieux sur le souverain et sur la conjoncture, qui allie à la fois force de conviction et de persuasion, héritage de son vécu. Discours qui se focalise généralement sur l’unité nationale mais dont l’influence réelle accentue l’émiettement du tissu social.

Le souffre-douleur est quant à lui le préposé aux fureurs du tyran. Victime expiatoire aux colères fulgurantes du despote, aux gifles, aux insultes et autres, il répond toujours tête baissée par le silence. A lui est déchue la rude tâche de boire jusqu’à la lie les rots présidentiels.

Le chambellan, grand officier, l’un des personnages le plus important de l’Etat au 16e siècle, qui, avec le temps passant, n’est devenu qu’un titre honorifique, prend l’appellation contemporaine d’aide de camp du chef et/ou dans certaines mesures de Général de la garde républicaine.

Enfin, le Sheikh du pouvoir, indispensable à la dictature, fréquente lui aussi la cour, ses fastes et ses turpitudes, vivote dans les couloirs du palais dans lesquels se trament les intrigues les unes plus diaboliques que les autres. Instrumentalisé par le pouvoir pour justifier sa politique machiavélique, il use et abuse, à l’emporte-pièce, de la parole d’Allah et signe à tout-va des fatwas qui jettent le trouble dans l’esprit de la population déclenchant pour la plupart des vives polémiques.

Mais loin d’un enfermement misonéiste, voilà que sous le régime de Guelleh, les oulémas du pouvoir, discrédités depuis longtemps pour leurs matérialités religieuses, se voient remplacer par un nouvel personnage. Le Sheikh de service ! Un Sheikh du pouvoir en quelque sorte plus nuancé. Un Sheikh d’un nouveau genre, légèrement saupoudré d’une certaine légitimité, empaillé d’une non moindre intégrité et autonomie que lui confère la distance qu’il a su mettre entre lui et le palais. Un Sheikh à mi-chemin entre le Sheikh du palais et le Sheikh de la dignité. Pour bonne ou mauvaise qu’elle soit, la formule dénote, chez ce Sheikh, sa proportion à redistribuer le rapport des oulémas au pouvoir.

Pourquoi est-il sollicité dans les tournées des députés du RPP et du gouvernement dans les différents quartiers de la ville ?

Dans notre subconscient collectif, les oulémas sont par essence les ascètes prodigues dont le dévouement est chevillé au corps. Ils sont avant tout, ceux, qui par leurs paroles ou actes défendent, protègent, construisent et endiguent surtout l’extrémisme et l’intégrisme religieux. L’attitude franche d’un Sheikh tranche particulièrement avec la sournoiserie pratiquée par les politiciens. Cette vision quelque peu idyllique permet d’apporter du crédit moral qui fait tant défaut à la ploutocratie RPPiste. La présence du Sheikh dans ces tournées s’interprète donc, ici, comme une thérapie cognitivo-comportementale de réhabilitation versus RPP. Une façon, en quelque sorte, de se rassurer eux-mêmes et rassurer la population que « la fonction du Sheikh et le Sheikh lui-même » sont toujours de leur côté.

Après plusieurs tentatives de « se rabibocher » par des tournées qui se sont, d’ailleurs, toutes soldées par des échecs, le RPP semble avoir compris que son discours tournait dans le vide et que son système prenait l’eau de toute part. En effet, la langue de Hadraawi n’est pas le point fort des différents responsables politiques du RPP. L’on atteste, la catastrophique et ridicule campagne électorale de février 2013. Désertée depuis par la population, le RPP recherche donc un coryphée, autrement dit une voix qui attire, porte, transcende et galvanise des foules, tout à fait à l’opposé du verbe mou et cotonneux de ses ténors. Dans une telle perspective, le Sheikh de service, à la rhétorique traditionnelle, maniant avec dextérité toutes les tournures et subtilités de la langue, vanté pour son éloquence verbale, devient la clef de voûte de la populace.

La politique du RPP étant le théâtre de toutes les traîtrises, la vérité d’un jour n’est pas forcément celle du lendemain. En est la preuve, Bashir, God et Guirreh, aujourd’hui diabolisés, hier, invités de marque de tous les plateaux de la RTD et vus comme des remparts à l’extrémisme galopant dans la sous région. Chers Sheikhs de service, faites attention à ne pas faire partie de la meute ni de la moutonnaille.

Comme disait George Eliot, « Si vous ne pouvez pas être une étoile au ciel, soyez du moins une lampe à la maison », il en va de votre salut éternel et celui de votre pays.

Mais une question se pose : jusqu’où l’imposture voudra nous faire croire que l’homme « enturbanné » peut réussir à camoufler la forfaiture politicienne ?

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Réunion de travail du CRP-Belgique avec le secrétaire général et le député l’USN (07/03/15)

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Réunion de travail du CRP-Belgique avec le secrétaire général et le député l’USN.

Ce lundi 06 Avril 2015, le CRP-Belgique parailleurs, représentation de l’ USN en Belgique s’est entretenu avec Abdourahman Mohamed Guelleh TX, secrétaire-général de l’ USN, président de RADDE, Maire-élu et légitime de Djibouti-ville lors de son court séjour à Bruxelles.

Etait également présent le député USN et président du PDD:Mohamed Daoud Chehem.

La réunion fut fructueuse et riche en échanges entre l’organe officiel de l’ USN en Belgique et les deux membres du Haut-Conseil.

Parmi les points évoqués lors de cette réunion figuraient l’ accord-cadre du 30/12/2014 dont plusieurs points restent inappliqués et la situation de nos compatriotes en Belgique.

Par ailleurs, le secrétaire-général s’est également entretenu avec des personnalités de l’opposition djiboutienne,de la LDDH et de la société civile.

Une rencontre avec l’ensemble de la diaspora est prévue pour sa prochaine venue en Belgique.

Le CRP-Belgique
Représentation de l’ USN en Belgique

 

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Africa n°1: Daher Ahmed Farah invité du JOURNAL DE L’AFRIQUE du 6 avril 2015

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[A écouter] : Daher Ahmed Farah, porte parole de l’USN et président du MRD invité sur Africa1 dans l’émission du « Journal Des Auditeurs » de Stéphanie Hartmann

JDA du Lundi 06 Avril 2015

Aujourd’hui, lundi 6 avril, dans le JDA, l’opposition djiboutienne face à l’échéance 2016…
A Djibouti, L’accord politique passé entre pouvoir et opposition à la fin de l’année dernière, a mis fin à la crise post-électorale, issue des élections législatives de 2013. Sur les sept points prévus par l’accord dans le chapitre relatif aux questions immédiates seul un point a été appliqué… Trois mois après la signature de l’accord. Face à l’instabilité régionale, au Yémen et en Somalie, les autorités djiboutiennes restent les partenaires privilégiés des grandes puissances. D’autant que Djibouti abrite trois bases militaires étrangères. Dans ce contexte, comment pour l’opposition faire entendre sa voix sur la scène internationale ? A une année de l’échéance présidentielle, comment l’opposition djiboutienne prépare-t-elle ce rendez-vous électoral ?

Pour en parler, notre invité sera,
Daher Ahmad Farah, président du MRD( Mouvement pour le renouveau démocratique et le développement)
, député de l’USN, Union pour le salut national, coalition de l’opposition. Ancien candidat à l’élection présidentielle.

Pour participer : jda@africa1.com ou 0033 (0)1 55 07 58 05.

ÉCOUTER L’ÉMISSION jda du lundi 6 avril 2015

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Daher Ahmed Farah invité sur TV5 MONDE (5/04/15)

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Denise Epoté accueille Daher Ahmed Farah, président du MRD et porte parole de l’USN dans son émission hebdomadaire « Et si… vous me disiez toute la vérité » de TV5MONDE.

DAF : » »MERCI infiniment à TV5MONDE de me recevoir, de recevoir le porte-parole de l’USN pour parler de la situation politique à Djibouti. C’est une contribution au recul du silence médiatique qui pèse sur mon pays, Djibouti. A Djibouti, il se passe quelque chose. Merci encore »

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Djibouti: une gestion au bord de la rupture ?

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Djibouti : une gestion au bord de la rupture ?

Ismaïl Omar Guelleh (IOG), président djiboutien, est au pouvoir depuis bientôt seize ans. Il assure que la seule raison qui le pousse à concourir pour un ultime mandat de cinq ans est un certain sens du devoir inaccompli. L’occasion de se lancer dans une politique de grands travaux extravagante, qui pourrait conduire à un endettement record de son pays.

Djibouti Guelleh

L’affaire Boreh relance le débat

Le débat qui entoure le président de Djibouti, Ismaïl Omar Guelleh a été relancé par une décision de la Haute Cour d’Angleterre et du Pays de Galles dans une affaire opposant M. Boreh, homme d’affaires franco-djiboutien et la République de Djibouti. La décision conclut à une « conduite répréhensible » de l’Etat, « indigne d’un Etat souverain », et à une « manipulation des preuves afin de fausser le délibéré de la justice. » Les faits reprochés concernent tant les demandes abusives d’extradition à l’égard de Boreh que l’inculpation frauduleuse pour organisation d’actes terroristes sur le sol de Djibouti – fondée sur une falsification d’écoute téléphonique. De plus, la justice britannique dénonce l’emploi de stratagèmes relevant de « l’application de pressions commerciales illégales » sur M. Boreh.

Ce type d’abus n’est pas sans rappeler les arrestations systématiques de Daher Ahmed Farah. Incarcéré pour la 17ème fois, l’ancien journaliste et porte parole de la coalition d’opposition USN a notamment été maintenu en détention malgré une décision de relaxe du tribunal correctionnel de Djibouti.

M. Boreh, qui était à la tête d’importantes sociétés d’infrastructures et de travaux publics et de l’Autorité des ports et zones franches de Djibouti, a également fait l’objet depuis 2007 de menaces et d’intimidations de la part des autorités djiboutiennes qui l’ont contraint à fuir le pays à l’automne 2008. Son neveu a été retrouvé pendu à son domicile en février 2009, et son cousin est mort après avoir été détenu et torturé à la prison de Gabode où un autre cousin est incarcéré depuis un an. Djibouti a en effet une longue tradition d’abus judiciaires, qui ont connu leur apogée en 1995, avec l’affaire du juge français, Bernard Borrel. Son corps carbonisé avait été retrouvé dans un ravin à Djibouti. La justice djiboutienne avait conclu au suicide. Cette thèse a longtemps été privilégiée par la justice française qui a ensuite retenu celle de l’assassinat, ce qui a contribué à empoisonné les rapports entre les deux pays.

De plus, il est courant d’entendre des rumeurs affirmant que le régime djiboutien possède des milices composés en grande partie à des jeunes désœuvrés. Elles sont chargées d’intimider ou de faire taire les ennemis du régime. Le 14 Mai 2013 un groupe – dont les membres ont semble-t-il été identifiés comme faisant partie de la milice IOG – de 20 personnes armées de machettes, de couteaux et de gourdins a été filmé lors d’une attaque contre le siège de l’Union pour le salut national (USN – opposition) dans la capitale. Ce groupe réclamait la tête de Maydane Okieh, un militant de l’USN très actif sur les réseaux sociaux.

Un endettement crescendo

Si la gestion civile du pays par IOG est contestable, son bilan économique n’en est pas moins fragile. Pour des motifs électoraux – son ambition d’être reconduit au pouvoir lors de la présidentielle de 2016 – ce dernier s’est lancé dans une politique de grands travaux très onéreuse, contre l’avis du FMI – qui l’a mis en garde contre le risque de surendettement – et de l’UE, dont le représentant à Djibouti, Joseph Silva, a exprimé une inquiétude similaire. En cause : les prêts non concessionnels de l’Exim Bank of China (EBC) inclus dans le financement des grands chantiers d’infrastructures que vont réaliser des firmes chinoises. Ainsi, la construction de la voie ferrée reliant la frontière éthiopienne au port de Doraleh a fait l’objet d’un prêt de 505 millions de dollars – avec un remboursement prévu en dix ans, sans période de grâce, et à un taux d’intérêt supérieur à 5%.

Il faut rappeler que les financements de la Banque mondiale (BM) sont fait à un taux d’intérêt de 2%, avec l’étalement des remboursements sur trente ans et une période de grâce de plusieurs années permettant de ne rembourser le principal qu’une fois le projet réalisé et rentable. Il faut aussi rappeler que la BM est plus regardante sur les projets dans lesquels elle investit. Une telle politique d’endettement est particulièrement irresponsable compte tenue de la situation économique de Djibouti. Il s’agit d’un pays de services (son secteur tertiaire représente 82 % du PIB), très vulnérable car l’État est le principal employeur du pays – dans un pays où 35 % des actifs sont déjà au chômage. Malgré le manque de transparence sur les chiffres réels des comptes publics, l’augmentation du niveau d’endettement est estimée à environ 10 points de PIB par an depuis deux ans. La dette a déjà atteint la limite de soutenabilité – soit 60% du PIB.

Le gouvernement compte peut-être sur un soutien financier français en cas de dépression – comme cela a par exemple été le cas dans le renforcement de l’enseignement et des l’enseignement supérieur à Djibouti. Mais l’économie française est bien mal en point, et au vu des dérives du régime d’IOG, le vent tourne : le report répété de la visite du ministre français de la Défense français, Jean-Yves Le Drian, est éloquent. Ça n’est pas un hasard si Djibouti est la seule base militaire française en Afrique que le ministre n’a pas encore visitée.

Ces observations s’inscrivent de plus dans un contexte humanitaire délicat : un afflux massif des populations qui fuient le conflit entre les rebelles Houtis et la coalition arabe au Yémen se créé vers Djibouti. Le ministre de l’Intérieur Hassan Omar Mohamed a indiqué que Djibouti s’attendait à accueillir 5.000 à 7. 000 réfugiés yéménites dans les jours qui viennent. « Djibouti a toujours été une terre d’accueil et d’hospitalité pour les populations en proie aux conflits armés qui ont régulièrement meurtris les pays de la région. A commencer par les populations issues de la Somalie, mais aussi d’Ethiopie et plus récemment d’Erythrée » expliquait récemment le secrétaire exécutif de l’office national djiboutien d’Assistance aux Réfugiés et Sinistrés (ONARS), Hassan Houssein Darar.

Pourtant, officiellement, le gouvernement ne montre aucun signe d’inquiétude. Cette attitude interloque les diplomates et investisseurs occidentaux, conscients que le pays court le risque de devoir accepter des échanges de créances contre actifss’il ne parvient pas à rembourser à temps. Dans un tel cas, les créanciers chinois récupéreraient les parts de l’Etat djiboutien dans ces joint-ventures en échange de l’effacement des dettes – une situation à laquelle est déjà confrontée la Société publique djiboutienne des chemins de fer qui, faute de liquidités, a dû céder à l’EBC une partie de son capital en décembre dernier.

http://www.ladiplomatie.fr/…/djibouti-une-gestion-au-bord-…/

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