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Compte rendu de la rencontre djiboutienne du 11 août 2015 à Paris avec la direction de l’USN

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L’USN France a invité le président de l’USN, Monsieur Ahmed Youssouf, le délégué de l’USN aux relations extérieures, Monsieur Djama Amareh Meidal et l’adjoint au représentant itinérant aux relations extérieures de l’USN à l’étranger, Monsieur Mahdi Ibrahim God, pour une rencontre avec des militants et sympathisants de l’USN en France.

Étaient présents en qualité de coorganisateurs de la rencontre Monsieur Hachin Loita Ahmed, représentant de l’UDJ en France et porte-parole et Monsieur Elmi Diraneh, représentant du RADD en France.

Monsieur Djama Amareh Meidal a introduit la rencontre en présentant la situation générale qui prévaut dans le pays depuis l’accord cadre du 30 décembre 2014 entre l’USN et le gouvernent djiboutien.

Alors que le gouvernement feint de poursuivre le dialogue politique, les exactions n’ont jamais cessé.
« Le gouvernement est malmené de par les coups qu’il reçoit à l’intérieur du pays ou depuis l’extérieur par la diaspora. Nous sommes convaincus d’être à un tournant décisif de l’histoire de notre pays ».

Djibouti n’est pas une République où nous pouvons lutter pour notre droit en toute légalité, mais un pays où nous sommes condamnés à lutter pour la survie même de ce pays, compte tenu de la politique menée par le régime de réduire à néant le peuple djiboutien.

Ismaël Omar Guelleh projette de faire de Djibouti une province éthiopienne, le premier ministre éthiopien ayant déjà déclaré à l’Assemblée nationale qu’il ne restait à accomplir que l’intégration politique à réaliser dans cette perspective. Cela relève typiquement du « après moi le déluge » que nous vivons déjà au quotidien.

S’agissant du dialogue politique, un accord a bien été signé le 30 décembre dernier. Dans la conduite du dialogue, certains points ont pu paraître incompris par certains. Nous comprenons très bien les critiques et les reproches qui nous sont faits. Mais pour porter des jugements pertinents, il est important de disposer de tous les éléments d’information nécessaires.

Nous savons bien qu’IOG veut faire subir à cet accord le même sort qu’aux accords passés. Mais cela n’arrivera pas, puisque nous nous sommes inspirés des leçons du passé. A force d’observation et de consignation de tous les actes accomplis par IOG, nous avons la preuve de l’absence totale de volonté d’appliquer l’accord.

Pour IOG il s’agit d’un jeu pour tirer les ficelles et il avait commencé par renier tout statut légal à l’USN, jusqu’à la signature de l’accord qui engendre la reconnaissance légale de l’USN.

Au lendemain du 22 février 2013, si ce n’était la présence des bases occidentales, IOG aurait été sur le point de demander à la Garde républicaine de raser la ville de Djibouti. Notre conviction est que nous arriverons de toutes les façons à sauver notre pays du plan machiavélique pensé par ce régime.

Et La diaspora a une place à part dans le changement et la préservation de l’existence de notre pays, et nous sommes convaincus qu’elle ne faillira pas à son rôle.

Mahdi Ibrahim God

M. Djama Amareh a brossé le schéma général. Je reviendrai plus particulièrement sur la situation de la diaspora djiboutienne, dont certains membres se trompent de combat en remettant en cause la légitimité de la direction de l’USN à Djibouti. Chaque avancée est toujours accompagnée par des imputations de suspicion de la part d’une certaine diaspora.

La diaspora serait mieux inspirée de s’interroger sur la raison de son exil, chacun ayant ses raisons, mais le point commun demeurant la défaillance constatée dans tel ou tel domaine. C’est pourquoi le combat commun devrait être de dénoncer la situation qui prévaut à Djibouti en fonction des domaines de défaillance vécus ou identifiés.

Soit un appui physique en termes de disponibilité, soit un appui matériel en terme logistique ou financier doit être apporté pour épauler son frère de lutte. Ce sont les deux aspects dont la lutte a grandement besoin. Depuis 2013, à chaque venue du dictateur Guelleh dans un pays d’Europe, il a été accueilli par une dénonciation en règle pilotée par la diaspora. L’euphorie née des élections a mobilisé énormément la diaspora et a permis de chasser et pourchasser le dictateur à chaque déplacement en Europe ou en Amérique.

Nous devons continuer à nous mobiliser et à ne pas faillir dans cette mobilisation. Un soutien financier et un soutien physique sont nécessaires pour faire vivre les comités de soutien de l’USN à l’étranger. En France notamment où beaucoup de Djiboutiens résident et qui doit constitue un point pivot.

Nous souhaitons que vous mettiez en place votre comité de soutien France pour vous retrouver et dégager une plate forme ainsi qu’une équipe pour le diriger. S’il y a anarchie ici, l’USN à Djibouti n’aura pas d’interlocuteurs fiables avec qui travailler. De l’Amérique à l’Europe, on doit pouvoir réussir la mise en place de cette diaspora.

Ahmed Youssouf Houmed

Aujourd’hui, au-delà de la lutte pour la démocratie, c’est la lutte pour la survie de Djibouti et de l’avenir des Djiboutiens qui est en cause. En tant Djiboutiens, vous connaissez suffisamment la situation malgré votre éloignement géographique. Si Djibouti existe encore aujourd’hui, la gravité est telle qu’on se demande sérieusement si demain, en tant qu’État et même en tant qu’entité nationale, nous existerons.

Économiquement, nous sommes absorbés par la Chine qui achète à grands frais les infrastructures de Djibouti comme le port qui passe désormais de Doubaï à la Chine.

Dès l’arrivée de l’actuel président Guelleh, le chemin de fer a été abandonné et remplacé par la route de Galafi empruntée par des camions souvent propriétés des amis de ce président.

Nous avons la conscience d’exister encore, mais des accords secrets semblent avoir fait que l’eau et l’électricité nous viennent de l’Éthiopie dont Djibouti est présenté comme un prolongement naturel.

La base militaire française a permis de préserver l’intégrité de la république de Djibouti face aux velléités de l’Éthiopie et de la Somalie lors de l’accession à l’indépendance. De nouveau, l’existence de Djibouti en tant qu’entité indépendante de l’Éthiopie est aujourd’hui en jeu.

La politique de l’USN consiste à sauver Djibouti de sa dissolution dans l’Éthiopie. Il est urgent que le pays soit préservé de cette intégration alors que le pouvoir en place travaille à brader le territoire et ses infrastructures pour un intérêt privé et tente de même de se débarrasse des Djiboutiens en les harcelant et en les poussant à fuir le pays.

La création de l’USN a été une grande surprise pour le pouvoir tout comme sa participation aux élections législatives de février 2013. Le régime n’a pas accepté de reconnaitre sa défaite aux élections et pour punir l’USN de cette participation, la caution des députés USN n’a été remboursée que tout dernièrement.

Depuis l’avènement de l’USN, nous avons essayé de rétablir les règles du jeu. Auparavant, M. Guelleh avait l’habitude de gagner avec 70% à 80 % des voix. Deux jours avant les élections de 2013, celui-ci ne reconnaissait même pas l’USN et disait ne leur accorder que 10% de siège. Or nous avons rassemblé 80 % des votes grâce au ras le bol de la population, et cela fut le début de la mort du régime.

Une mobilisation importante s’en est suivie, que vous connaissez, certains l’ayant payé de leurs vies, d’autres ayant été emprisonnés, nous avons été traités de terroristes ; puis une grave crise politique est née de cette situation faisant suite à la belle lutte menée par tous les Djiboutiens.

C’est pourquoi le régime a fini par accepter l’ouverture d’un dialogue sur proposition de l’USN. Le régime avait exigé au préalable que pour dialoguer il fallait intégrer les 10 sièges de l’Assemblée, chose inacceptable pour la population. Le président proposait alors en contrepartie de prendre l’engagement de veiller à l’application de cet accord, mais il n’en sera rien.
Aujourd’hui nous sommes plus forts que lors des élections de 2013 et ce dialogue ne nous a pas été imposé. Nous l’avons voulu pour sauver le pays et nous avons toujours voulu l’application de l’accord dans la paix et l’unité. C’est le cheval de bataille de l’USN. Les Djiboutiens ont suffisamment souffert, on ne peut pas leur imposer d’autres luttes. Si on sait où cela commence, on ne sait pas où cela s’arrêtera.

Nous prenons à témoins les Djiboutiens et les membres de la communauté internationale présents à Djibouti. Nous voulons réussir ce dialogue dans la paix et l’unité. Djibouti est une plate forme pour la paix dans le monde. Nous demandons une compréhension de la part de nos concitoyens pour orienter leurs actions dans le sens de l’unité et l’action pacifique, et d’agir en responsables pour la survie de notre pays.

La séance de questions et réponses a suivi les trois interventions.
Les Djiboutiens présents ont soulevé des questions relatives aux thèmes de l’unité d’action de l’USN, de la situation actuelle du déroulement du dialogue, du projet de participation aux élections présidentielles d’avril 2016, ou encore de la forme de lutte à mener sur le terrain dans le temps à venir.

En réponse, il a été rappelé que l’unité d’action de l’USN devrait être préservée en priorité, car il s’agit du moyen unique d’agir avec efficacité pour gagner contre cette dictature. On ne peut se permettre le luxe de combattre dans le désordre sans tomber dans le jeu du régime.

Le dialogue est dans une impasse depuis plusieurs semaines mais la pression intérieure cumulée avec celle de la communauté internationale sont en passe de produire des résultats, pour preuve le communiqué d’IOG du 27 juillet dernier appelant à la reprise du dialogue au lendemain de sa rencontre avec le ministre français de la Défense Le Drian.

Une question consistait à interroger sur la réalité du 4e mandat pour IOG. La pression sur le régime est telle qu’aujourd’hui, si un 4e mandat devait être envisagé par IOG, il ne pourra le faire sans signer l’accord sur la CENI, faute de quoi il serait confronté à un soulèvement refusant toute mise en place de l’élection présidentielle elle-même.

IOG pourra-t-il utiliser une marionnette pour son 4e mandat ? C’est non, il n’y aura pas plus de place pour la marionnette que pour IOG lui-même. Puisque si « Pas de CENI », alors « Pas d’élection ».

Pour parvenir à mettre fin à ce régime, une mobilisation populaire pacifique par la rue est absolument nécessaire.

Parmi les réflexions avancées, le président du FRUD Monsieur Mohamed Kadami a rendu hommage à l’effort déployé par l’USN depuis février 2013, accompagné d’un hommage appuyé au président de l’USN Ahmed Youssouf qui est dans la lutte politique depuis les années 1970 et à l’activisme et à la constance de Monsieur Ismaël Guedi Hared aujourd’hui en convalescence.
« Il faut tenir compte des luttes des autres, l’USN est une avancé considérable. Il faut préserver cet outil, même si on peut critiquer l’accord cadre du 30 décembre qui est un accord du fort au faible, ce qui fait qu’il ne comporte pas de garantie ».

Monsieur Kadami s’est dit solidaire de l’USN, « même si les actions de l’USN sont limitées et c’est pourquoi certains luttent les armes à la main ». « Une offensive militaire est en cours dans le nord du district pour pourchasser des combattants. » « Toutes les formes de lutte sont nécessaires pour empêcher le 4e mandat. »
Monsieur Kadami a rappelé enfin que le plus vieux prisonnier politique de Djibouti, Mohamed Ahmed dit Jabha, croupit toujours à la prison de Gabode depuis le 1er mai 2010, sans jugement et sans accès aux soins.

Le président de l’USN de rappeler, qu’on ne pourra jamais étaler le mérite de Monsieur Mohamed Kadami qui a consacré toute sa vie à défendre Djibouti et le peuple de Djibouti. « Nous ne sommes pas loin du dénuement de cette lutte pour tous les citoyens ».

A une question sur une éventuelle évolution de la forme de la lutte de l’USN vers l’action armée, le choix de la lutte pacifique par l’USN a été clairement rappelé, en ajoutant que l’USN n’aurait aucun moyen de s’opposer au peuple djiboutien si celui-ci faisait un jour le choix de la lutte armée.

A une question sur la reprise des manifestations, la direction a rappelé que les Djiboutiens avaient déjà repris le chemin des manifestations de rue et que cela n’ira qu’en s’amplifiant si le dialogue politique n’avançait pas.

Djibouti est un pays fragile, ne serait-ce que par ses maisons en planche où un incendie peut prendre des proportions dramatiques. Cela justifiant pourquoi l’USN appelle instamment à une lutte pacifique qui ne détruise pas ce qui tient encore debout à Djibouti.

Une conférence de presse sera organisée prochainement à Paris pour un point d’étape décisif sur le dialogue politique.

Fait à Paris, le 12/08/2015

Pour l’USN France
Le Représentant de l’USN
Maki Houmed-Gaba

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Djibouti : les paradoxes du président Ismaël Omar Guelleh, par Paul Laroche, in contrepoints.org (12/08/15)

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Tandis qu’une élection présidentielle est prévue en 2016 à Djibouti, l’actuel chef de l’État, Ismaël Omar Guelleh, laisse toujours planer le doute sur sa candidature. Malgré l’importance qu’il a su donner à son pays sur la scène internationale depuis 1999, son bilan est écorné par de nombreuses atteintes aux droits de l’homme.

Par Paul Laroche.

« Encore deux ans et je m’en irai, mission accomplie ». En avril 2014, c’est l’une des phrases que l’on avait retenues de l’interview du président de la République djiboutien, Ismaël Omar Guelleh (IOG), donnée à l’hebdomadaire français Jeune Afrique. Arrivé au pouvoir en 1999, l’homme fort du pouvoir local n’a cessé d’œuvrer pour que Djibouti, petit État de la Corne de l’Afrique, soit reconnu comme l’un des plus influents sur la scène mondiale. Et vu la concurrence farouche que se livrent les nations afin d’y obtenir une base militaire – le pays se situe à quelques encablures du Yémen et fait la jonction entre le Golfe d’Aden et la Mer Rouge –, on peut dire qu’IOG a réussi son pari. Seulement, plus la prochaine présidentielle approche, et moins l’actuel président semble décidé à partir, qu’importe s’il se contredit.

Un bilan en demi-teinte

Dernier pays à avoir été conquis par ses avantages géostratégiques, la Chine négocie actuellement l’implantation d’une base militaire à Djibouti. « Les discussions sont en cours », a ainsi affirmé IOG, tandis que sur le plan commercial, les relations bilatérales vont bon train. « Les plus grands bateaux de commerce de cette décennie seront chinois. La Chine a donc besoin de protéger leurs intérêts et ils sont les bienvenus », a-t-il ajouté.

En échange, Djibouti a su obtenir de la République populaire de Chine (RPC) « une coopération militaire élargie pour lui permettre de renforcer les capacités opérationnelles de ses forces armées, afin de préserver la sécurité dans le pays et de l’aider à consolider la paix et la sécurité dans la sous-région », d’après Hassan Darar Houffaneh, le ministre djiboutien de la Défense. Preuve qu’IOG sait tirer profit des avantages stratégiques offerts par son pays. La RPC vient en tout cas de s’ajouter au concert des nations présentes dans la Corne de l’Afrique, en tête desquelles se placent la France et les États-Unis.

Mais le Djibouti d’IOG, ce n’est pas seulement le hub régional et la porte ouverte vers l’Orient qu’il est devenu. Fréquemment, le gouvernement est accusé d’avoir recours à des méthodes peu soucieuses des droits de l’homme, au premier rang desquels la liberté de la presse. En février dernier, l’ONG Reporters sans frontières (RSF) publiait son bilan annuel en la matière ; classé 170ème sur 180 pays recensés, Djibouti pâtit des arrestations arbitraires de journalistes pratiquées par les pouvoirs publics. Le cas de Moustapha Abdourahman Houssein, cité par RSF, est de ce point de vue révélateur : arrêté en 2013 parce qu’il couvrait une intervention policière, il avait été relâché avant de se faire de nouveau arrêter le lendemain. D’après l’ONG, qui parle de « harcèlement systématique », « le gouvernement ne se donne même plus la peine de dissimuler son intention de persécuter l’unique média indépendant du pays » – la Voix de Djibouti.

« IOG promet tout mais ne donne rien »

La liberté politique n’est, de son côté, pas mieux assurée. Depuis que l’État a obtenu son indépendance de la France en 1977, la vie politique a toujours reposé sur un système à parti unique. Et ce malgré l’adoption, en 1992, d’une constitution prévoyant un « multipartisme partiel ». En 2013, par exemple, à l’issue des premières élections législatives auxquelles participait l’opposition, une crise a éclaté sur fond de trucage électoral, « bourrage d’urnes » ou encore expulsions des bureaux de votes pour les opposants au président djiboutien.

Durant les manifestations pacifiques qui ont suivi, de nombreuses personnes ont été arrêtées, souvent de manière arbitraire. Aujourd’hui, afin d’exister, les partis d’opposition se sont regroupés au sein d’une même formation : l’Union de salut national (USN). Tous reprochent au président IOG sa volonté de s’accrocher au pouvoir, en dépit de ses déclarations de 2014 au média Jeune Afrique ; cela fait plusieurs mois que l’opposition réclame la formation d’une commission électorale nationale indépendante (CENI) à Djibouti, comme c’est le cas au Burundi et au Burkina Faso.

En tenant compte, également, de la récente élection nigériane, fin mars dernier, qui a porté au pouvoir Muhammadu Buhari et en a écarté Goodluck Jonathan, l’Afrique semble donc connaître un souffle politique nouveau. Le peuple djiboutien, ainsi que l’opposition politique, aimeraient qu’il en soit ainsi dans leur pays. Malgré l’accord-cadre conclu en décembre 2014 entre le parti présidentiel et l’USN, celle-ci estime qu’elle n’a pas les moyens de progresser, IOG promettant tout mais ne donnant rien, selon le mot d’Ahmed Youssouf Houmed, président de l’USN.

Mais qui dit président ne dit pas nécessairement chef incontestable. C’est, en effet, ce qui manque peut-être à l’opposition djiboutienne, aujourd’hui. D’après Jeune Afrique, « même si, dans l’opposition, les volontaires prêts à faire don de leur personne ne sont pas rares, nul n’émerge ni ne rassure vraiment – soit parce qu’ils ne sont pas encore arrivés à maturité, soit parce que leurs alliances potentielles avec les mouvements islamistes inquiètent ».

Seulement, si pour certains le départ d’IOG du pouvoir en 2016 entraînerait un saut dans l’inconnu, la plupart estime que la situation politique interne n’irait qu’en se dégradant si l’actuel président était maintenu dans ses fonctions ou, pire, si l’élection présidentielle n’avait tout simplement pas lieu. Après avoir fait de « son » pays l’un des acteurs les plus importants de la région, IOG le transformerait en poudrière de l’intérieur. Là réside tout le paradoxe de l’homme.

Sources

http://www.jeuneafrique.com/134015/politique/ismael-omar-guelleh-encore-deux-ans-et-je-m-en-irai-mission-accomplie/

http://www.opex360.com/2015/05/11/la-chine-negocie-limplantation-dune-base-militaire-permanente-djibouti/

http://www.opinion-internationale.com/2014/12/22/djibouti-letat-de-non-droit_32247.html

http://www.rfi.fr/afrique/20150608-burundi-election-presidentielle-ceni-sommet-dar-es-salam

http://www.rfi.fr/afrique/20150807-burkina-faso-etude-ceni-candidatures-validation-elections-legislatives

http://www.slateafrique.com/601091/djibouti-lopposition-tape-du-poing-sur-la-table-et-exige-le-respect-des-accords-politiques

Source de cet article : contrepoints.org

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Djibouti : le Comité des droits de l’homme déplore le manque de mesures prises en faveur des droits de l’homme (7/08/15)

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À l’occasion de sa 114ème session en juin et juillet 2015, le Comité des droits de l’hommedes Nations Unies a adopté le rapport du Rapporteur Spécial sur le suivi des observations finales par Djibouti. Cet organe onusien composé d’experts indépendants est garant de la bonne application du Pacte international sur les droits civils et politiques (PIDCP), ratifié par Djibouti en 2002. Les experts, se basant notamment sur un rapport alternatif préparé par Alkarama et l’ODDH, ont constaté que les autorités Djiboutiennes n’avaient pas mis en œuvre les recommandations prioritaires du Comité.

Alors que Djibouti disposait d’une année pour mettre en œuvre ces recommandations, il s’est avéré que le rapport national de suivi des recommandations, soumis en retard, ne contenait pas assez d’informations pour pouvoir véritablement évaluer la réalité sur le terrain. Quant aux informations disponibles, elles ont aussi mis en lumière l’absence de mesures crédibles pour l’amélioration des droits de l’homme dans le pays.

Afin d’évaluer la mise en œuvre des recommandations prioritaires du Comité et objet de ce rapport de suivi, le Comité a mis en place une échelle de notation allant de A (mise en œuvre satisfaisante) à E (pas de changements). Les experts ont donc analysé la mise en œuvre des recommandations par Djibouti sur la base de cette notation.

Le Comité a notamment relevé, concernant la prohibition de la torture et des mauvais traitements, que les autorités continuaient de rejeter les témoignages de torture faits par les victimes et qu’aucune enquête n’a été initiée par la justice contres les auteurs (C2). Alkarama avait souligné dans son rapport de suivi au comité que la torture et les mauvais traitements par les forces de sécurité restaient un phénomène courant à Djibouti. Tout en soulignant l’utilité du guide juridique sur les droits de l’homme élaboré pour les forces de police et de gendarmerie et la formation de deux jours à destination de ces dernières sur les bonnes pratiques à adopter (B2), les experts ont de plus regretté qu’aucun mécanisme indépendant chargé de recevoir et d’enquêter sur des plaintes de victimes d’abus par les forces de sécurité n’ait été créé (D1).

Sur la question de la violence contre les femmes, le Comité a considéré que Djibouti n’avait pas fourni de nouvelles informations et n’avait pas répondu intégralement à sa recommandation (D1). Les experts ont donc reconduit cette recommandation. Enfin, concernant les libertés d’expression, de réunion et d’association, le Comité a noté que les autorités n’avaient pas fourni suffisamment d’informations et n’avaient pris aucune mesure en vue d’une meilleure protection et garantie de ces droits fondamentaux (D1). Il a donc réitéré la nécessité pour les autorités de mettre en œuvre cette recommandation.

Le rapport adopté par le Comité des droits de l’homme des Nations Unies confirme que Djibouti ne se conforme pas à ses obligations internationales en matière de droits de l’homme, au détriment de ses citoyens qui continuent de faire l’objet de violations et de harcèlements constants par les forces de sécurité et ce, en toute impunité. Pour mettre fin à cette situation, Alkarama appelle les autorités Djiboutiennes à mettre en œuvre, en collaboration avec la société civile, l’ensemble des recommandations faites par le Comité. Les autorités doivent notamment mettre un accent sur la prohibition de la torture, mettre fin à l’impunité des auteurs de violations et garantir pleinement les droits civils et politiques de la population Djiboutienne.

Pour plus d’informations ou une interview, veuillez contacter l’équipe média à media@alkarama.org (Dir: +41 22 734 1008)

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AFP: Djibouti, l’opposition tape sur point sur la table et exige le respect des accords politiques (05/08/15)

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Paris (AFP)-De passage à Paris, le chef de l’opposition djiboutienne n’a pas caché sa lassitude face à la crise politique qui s’enlise dans son pays: pour lui, il n’y aura « pas d’élection présidentielle en 2016″ si le pouvoir ne tient pas ses engagements.

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Ahmed Youssouf Houmed, président de l’Union pour le salut national (USN), le 5 août 2015 à Paris

« Pas d’élection sans commission électorale paritaire indépendante », déclare Ahmed Youssouf Houmed, président de l’Union pour le salut national (USN), une coalition de sept partis djiboutiens d’opposition, dans un entretien à l’AFP.

Cela fait des mois que l’opposition réclame la formation d’une commission électorale nationale indépendante (CENI) à Djibouti. Cette revendication constitue l’un des points clés de l’accord-cadre conclu en décembre dernier entre l’opposition et le pouvoir, pour tenter de dénouer la crise politique née de la contestation autour du résultat des législatives de 2013.

Mais sept mois après ce compromis, qui a vu l’opposition accepter 10 sièges de députés contre les 52 qu’elle estime avoir remportés, « la situation est bloquée, on n’avance pas », déplore le président de l’USN.

En 2013, « on a gagné haut la main », avec « 80% des voix », affirme-t-il, contestant la décision du Conseil constitutionnel qui a validé une victoire écrasante de la majorité présidentielle. « On a sacrifié 52 députés, accepté l’inacceptable, pour sauver l’avenir » de Djibouti.

L’accord conclu avec le gouvernement prévoyait une longue liste d’engagements: libération des prisonniers politiques, accès aux médias internationaux dans un pays où la presse est sous le contrôle total du pouvoir, liberté de réunion, reconnaissance d’un statut pour les partis politiques, dont plusieurs ne sont pas autorisés…

« Dans l’application, on est loin de tout ça », relève Ahmed Youssouf, qui évoque de maigres concessions du pouvoir. « Quelques prisonniers ont été libérés. Ils ont arrêté le harcèlement et nous ont permis de nous voir à l’intérieur du pays ».

Mais le chargé des relations extérieures de l’USN, Djama Amareh Meidal, « a été empêché de quitter Djibouti le 25 juillet au soir et s’est vu confisquer son passeport sans aucune raison », déclare le président du mouvement.

– Guelleh ‘promet tout, ne donne rien’ –

Dans ces conditions, pas question pour l’opposition d’accepter la tenue du prochain scrutin prévu en avril 2016, une élection présidentielle où le président Guelleh – au pouvoir depuis 1999 – n’exclut pas de briguer un quatrième mandat. La Constitution, amendée en 2010, ne limite plus depuis le nombre de mandats présidentiels.

« Pour le moment, il n’y aura pas d’élection présidentielle en 2016, sans que les conditions préalables soient remplies », martèle Ahmed Youssouf.

Djibouti, petit Etat de la Corne de l’Afrique, s’est lancé dans de vastes projets d’infrastructures financés par la Chine avec l’ambition de devenir la plateforme commerciale de l’Afrique de l’Est. Près d’un habitant sur quatre (23%) vit dans l’extrême pauvreté, selon des chiffres de la Banque mondiale.

« Nous contenons la population (…) mais il y a un moment où on ne peut plus arrêter la rue », souligne-t-il en rappelant que 70% de la population a moins de 30 ans et que le taux de chômage avoisine les 60%. « Si l’accord n’aboutit pas, on sera dépassé ».

Le vent du printemps arabe avait soufflé sur Djibouti en février 2011. Des milliers de jeunes et d’étudiants protestaient alors contre une troisième candidature d’Ismaël Omar Guelleh à la présidentielle d’avril 2011. Ces manifestations avaient été sévèrement réprimées par les autorités.

L’appel à une relance du dialogue politique lancé fin juillet par le président djiboutien Ismaël Omar Guelleh ne convainc pas le responsable de l’opposition, qui réclame que les engagements pris par le pouvoir soient d’abord « concrétisés ».

« Il dit +reprenez le dialogue+ mais ça, c’est pour l’opinion » internationale, a estimé M. Youssouf, relevant que le courrier du président Guelleh a été expédié le 28 juillet, au lendemain d’une visite du ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian.

« Il promet tout, il ne donne rien », juge le responsable de l’opposition en référence au président Guelleh.

Et Ahmed Youssouf d’en appeler à la communauté internationale: « nous leur demandons de faire ce qui est en leur pouvoir pour sauver Djibouti du chaos, de la dictature qui perdure depuis 38 ans ».

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La tournée hebdomadaire des dirigeants de l’USN s’est tenue ce mercredi 05 août 2015 au siège du parti Model à la cité du progrès (05/08/15)

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Les leaders de l’USN ont largement évoqué la faillite absolue du régime actuel, les risques qui en découlent pour la Nation djiboutienne ainsi que la nécessité absolue d’une mobilisation populaire pour l’avènement d’une alternance politique pacifique.

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RFI: Djibouti: l’opposition dénonce la non-application de l’accord-cadre (03/08/15)

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A Djibouti, un accord-cadre entre le gouvernement et l’opposition a été signé en décembre dernier. L’objectif était de mettre fin à la crise démocratique qui durait depuis les législatives de 2013. Mais l’opposition se plaint d’une situation qui n’avance pas

A Djibouti, l’accord-cadre signé entre le gouvernement et l’opposition en décembre 2014 n’a abouti à rien. C’est ce que dénonce l’opposition. Les deux parties devaient travailler ensemble sur la question des élections présidentielles de 2016 au sein d’une commission paritaire.

Une commission qui n’a jamais vu le jour. L’Union pour le salut national, la coalition des partis d’opposition, dénonce la mauvaise volonté de l’exécutif et la non-application de l’accord-cadre. « Les points essentiels sont largement énumérés. Il y a les questions immédiates, il y a les questions un peu longues : le changement dans les institutions, la décentralisation, les statuts des partis politiques, la garantie des aller-venues et la liberté de s’exprimer dans les médias nationaux, à savoir la télévision, la radio, les journaux, chose dont nous sommes tous privés, tout le temps privés. Il faut faire renaître la confiance entre nous et les pouvoirs, et la paix dans le cœur pour tout le monde, pour aboutir à des élections démocratiques, transparentes et libres », explique le président de la coalition, Ahmed Youssouf.

Ismaïl Omar Guelleh est à la tête de Djibouti depuis 1999. En 2010, une réforme constitutionnelle lui a permis de briguer un troisième mandat. En 2011, il jurait sur Jeune Afrique qu’il passerait le pouvoir en 2016. Mais l’opposition s’inquiète d’un potentiel quatrième mandat.

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