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Deux associations demandent à l’ONU d’enquêter sur des accusations de viols à Djibouti (Afrique Presse, 24/11/16)

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AP- L’ONG française Femmes Solidaires et le comité des femmes djiboutiennes contre le viol et l’impunité (Cofedvi) ont réclamé jeudi l’ouverture d’une enquête de l’ONU après des accusations de viols commis par l’armée djiboutienne.

Pour l’obtenir, les deux associations ont lancé jeudi une pétition internationale qui sera adressée au futur secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.

Elles ont également adressé cet été des photocopies de plaintes et de certificats médicaux à la commission de l’ONU sur le statut des femmes. Celle-ci a demandé une réponse au gouvernement djiboutien qui n’a toujours pas réagi, selon Femmes Solidaires.

Au printemps, vingt Djiboutiennes avaient mené en France et en Belgique une grève de la faim pour interpeller la communauté internationale.

Cette mobilisation avait débouché sur l’adoption en mai d’une résolution au Parlement européen invitant « les Nations unies à enquêter sur la situation des droits de l’Homme à Djibouti, en particulier la situation des femmes dans ce pays ».

« Nous demandons que cette résolution ne reste pas lettre morte », a déclaré Sabine Salmon, présidente de Femmes Solidaires, lors d’une conférence de presse à Arcueil, en région parisienne. Selon le comité des femmes djiboutiennes, 246 cas de viols par des militaires ont été recensés depuis 1993. « Les derniers datent de mars », a précisé Mme Salmon.

Ces femmes Afar – une ethnie qui vit dans une zone à cheval sur l’Ethiopie, Djibouti et l’Erythrée – accusent les soldats djiboutiens combattant depuis 1991 la rébellion Afar du Front pour la restauration de l’unité et la démocratie (FRUD armé) de se venger sur les populations civiles, notamment par des viols.

« Avec une enquête, le gouvernement djiboutien ne pourra plus dire que ces femmes mentent, qu’elles sont manipulées à des fins politiques », a expliqué Sabine Salmon.

Aïcha Dabalé, porte-parole en Europe du Cofedvi, a dénoncé « le silence complice des États militairement présents » à Djibouti – France, États-Unis, Allemagne, Chine et Japon – qui « ferment les yeux et laissent détruire les femmes » au nom, selon elle, « d’intérêts géostratégiques ».

En avril, un porte-parole du gouvernement de Djibouti avait déclaré à l’AFP que « ces allégations n’avaient aucune crédibilité. Depuis 1991, aucune preuve n’a été fournie aux autorités djiboutiennes pour étayer ces affirmations ».

Source: Afrique Presse, 24/11/2016

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Coopération politique sino-djiboutienne (ARD, 25/11/16)

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La Chine est une nation amie qui a noué des relations bilatérales avec notre pays au lendemain de l’indépendance.

La coopération économique et culturelle s’est développée ces dernières années sans pour autant bénéficier au peuple djiboutien dans son ensemble.

Pour l’heure, seuls le Parti-Etat (de facto) , autrement dit le RPP et ses affidés cueillent les fruits de cette coopération multiforme.

Il est temps que les dirigeants chinois ouvrent les yeux sur les réalités socio-politiques de notre pays.dans l’intérêt bien compris de nos deux peuples…

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Andoli : école buisonnière imposée ? (ARD, 21/11/16)

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La région abandonnée d’Obock se meurt depuis un fameux 21 novembre 1991, date à laquelle toute la population du chef lieu de ce district a été contrainte d’abandonner sa ville pour fuir les exactions de l’armée gouvernementale.

Depuis cette triste date, rares sont les bonnes nouvelles de l’ancienne capitale de notre pays .

Selon des sources crédibles, pour une raison inconnue, l’école primaire d’Andoli, village situé à quelques dizaines de kilomètres au nord d’Obock-ville serait fermée depuis quelques jours.

Est-ce pour inaugurer sa campagne des pseudos élections communales que le régime prive les écoliers d’Andoli d’une scolarité normale ?

Affaire à suivre…

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Communiqué de l’ARD : HALTE A LA DISCORDE ! (Mohamed Ali Abdou, secrétaire à la communication et porte-parole de l’ARD, 24/10/16)

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Djibouti, le 24 octobre 2016

COMMUNIQUE

HALTE A LA DISCORDE !

. Rappelant que deux succès électoraux et un Accord sur le dialogue n’ont pas permis de mettre fin à une impasse politique consécutive à la violation de l’Accord de Paix du 12 mai 2001,
. Considérant toute participation aux prochaines Régionales comme une légitimation de la Loi sur la Décentralisation (annexée à l’Accord de Paix du 12 mai 2001 et adoptée telle quelle en conseil des ministres) mais violée, dénaturée, amendée par l’assemblée nationale et portant une nouvelle et inacceptable délimitation des limites géographiques des Régions amputant la Région de Tadjourah du Lac Assal au bénéfice de la Région d’Arta,
. Gravement préoccupée par la situation sécuritaire prévalant dans le nord de la République sous administration militaire depuis une décennie et tenant le gouvernement pour principal responsable et unique bénéficiaire de l’Insécurité qui y règne, l’Alliance Républicaine pour le Développement (A.R.D.),

– Prend à témoins la communauté internationale et attire son attention sur les risques incalculables pour la stabilité politique du pays et de la sous-région que fait courir, le choix gouvernemental de l’option militaire (impliquant de surcroit des civils) pour la résolution d’une crise avant tout politique et née de la violation d’un engagement d’Etat,

– Appelle ses militants, sympathisants et tous les démocrates Djiboutiens épris de Concorde civile au BOYCOTT ACTIF des Régionales 2017 et à la MOBILISATION GENERALE pour une ALTERNANCE PACIFIQUE ET L’INSTAURATION D’UN ETAT DE DROIT.

Mohamed Ali Abdou
Secrétaire à la communication
Et Porte-parole de l’A.R.D.

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Djibouti: l’opposant Jabha reste en prison malgré l’annulation de la procédure (RFI, 14/10/16)

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A Djibouti, la justice a ordonné jeudi 6 octobre la remise en liberté d’un opposant détenu depuis mai 2010. Mais celui-ci reste pourtant en détention. La Chambre d’accusation a en effet annulé l’ensemble de la procédure visant Mohamed Ahmed, dit Jabha, membre du Front pour la restauration de l’unité et de la démocratie (FRUD). Le gouvernement djiboutien l’accuse d’être à la solde de l’Erythrée.

Si son avocat français, maître Bérenger Tourné qualifie cette décision de « bonne nouvelle » après cinq ans de lutte judiciaire, il demande néanmoins aux autorités djiboutiennes la libération de son client.

« Mon correspondant sur place, maître Zakaria, qui a assisté à l’audience, assure que le maintien sur écoute de mon client est toujours en cours, et que sa remise en liberté n’a pas été effective alors même qu’elle a été ordonnée », précise-t-il.

« Plus d’Etat de droit »

« Je demande aux autorités gouvernementales djiboutiennes de revenir à plus d’Etat de droit en donnant l’application à une décision de justice qui s’impose à elle. Je me réserve dans la foulée de demander aux autorités françaises d’enjoindre Djibouti de remettre en liberté monsieur Jabha », ajoute-t-il.

Pour l’avocat, la France, qui conserve des liens avec Djibouti, « ne peut pas tolérer cinq ans de tortures, de procédures vides, de droits de l’homme bafoués ».

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Communiqué de l’ARD : avis aux apprentis sorciers ! (Mohamed Ali Abdou, secrétaire à la communication et porte parole de l’ARD,

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Djibouti, le 10 octobre 2016

COMMUNIQUE

AVIS AUX APPRENTIS SORCIERS

Le règlement par le chef de l’Etat de l’incident qui a eu lieu lors de l’inauguration de la centrale géothermique du Lac Assal ne présage rien de bon pour la cohésion nationale et la concorde civile puisque c’est le préfet de Tadjourah qui a été lésé en étant empêché de prononcer son discours dans la localité du Lac Assal qui reste sous sa juridiction administrative. La R.T.D prenant le relais de cette injustice en diffusant sur ses ondes une interview du préfet d’Arta….
Ce qui nous oblige à rappeler certaines vérités.
Toutes les tentatives par le passé colonial d’intégrer dans le domaine de l’Etat les zones rurales ont conduit à de sanglants soulèvements populaires obligeant l’administration coloniale à renoncer à déstructurer des zones où ne règnent jusqu’à présent qu’ ordre et harmonie. La Fitna qui est tenté en ce moment n’aura pas davantage de succès !

Les termes de la Loi sur la Décentralisation annexée à l’Accord de Paix du mai 2001 prévoyaient : « Les Régions constituent des collectivités décentralisées et conservent les limites territoriales des districts actuels, excepté Djibouti. Ces limites territoriales ne peuvent être modifiées que par la Loi, après Accord à la majorité absolue, des assemblées régionales concernées. Le district et la région d’Arta, dans leurs limites territoriales ne comprennent pas Djibouti-ville qui fera l’objet d’un Statut spécial dont les dispositions seront fixées par la Loi. » Art 4.
Ainsi chaque région se substitue à un district du même nom, dans les limites géographiques, à l’exception de la région d’Arta. Cette dernière voit le jour au sien du district de Djibouti, désormais scindé en deux entités autonomes, à savoir la Région d’Arta et la ville de Djibouti régie par un Statut Spécial.
Pour le reste les limites géographiques sont depuis longtemps fixées.

1. District de Djibouti
Le ressort territorial est délimité par la cote sud du golfe de Tadjourah, depuis la frontière de la République de Somalie à Loyada jusqu’à l’embouchure de l’oued Der-Ela( plage d’arta) ; de ce point, par une ligne brisée joignant dans l’ordre les points suivants :
– Cote 650 (5 kilomètres à l’ouest d’arta)
– Cote 780 (mont anod, 6 kilomètres au sud-est de wéa)
– Viaduc de Chebelley
– Cote 209(Goubaad) et prolongé, jusqu’à la frontière du territoire dans l’alignement Guissi-Goubad)
Arrêté n°1185GCG du 30 décembre 1967 article 1er/
Les iles OUARAMOUS, MASKALI et MOUCHA sont rattachés au cercle de DJIBOUTI
Arreté n° 1060 du 31 aout 1945, article 4

2. DISTRICT D’OBOCK
Le cercle d’Obock nouvellement crée aura pour limites administratives les limites de l’ancienne subdivision d’OBOCK
Arrêté n°63-105 du 6 septembre 1963
A l’est de la ligne partant de DADDATO ( ouest Oue’ima) remontant le cours de l’Oued Oue’ima puis Rarri jusqu’au puits de Mandi, joignant en droite ligne ce point au puits de Massaïaïa dans l’oued dalaï, et suivant le cours de cet oued jusqu’à la mer.
Arreté n°1060 du 31 aout 1946, article 4 alinéa 4

3. DISTRICT DE TADJOURAH
1) Limites avec le cercle de DIKHIL
Une ligne brisée partant du fond de l’anse Gabrielle2km nord-ouest de Guinni- Koma, dans le Ghoubet el Kharab joignant dans l’ordre les points suivants :
– Puits de Guiba-Bonie( pointe sud du Lac Assal) cote 990(Ablis Bara)
– Cote 1065( 4 km nord-ouest de la plaine d’Eylou)
– Cote 634 (signal GoumaS.E du Lac Alli) et remontant le cours de l’oued Gouma vers le nord-ouest jusqu’à la frontière.
Arreté n°1060 du 31 aout 1946 article 2 alinéa 2
2) Limites avec le cercle d’OBOCK
Ouest de la ligne partant de DADDATO ouest Oue’ïma remontant le cours des oueds Oue’ïma, puis Rarri jusqu’au puits de Mandi, joignant en droite ligne ce point au puits de Massaïaïa dans l’oued Dalaï, et suivant le cours de cet oued jusqu’à la mer.
Arreté n° 1060 du 31 aout 1946 article 3 alinéa 4
Les iles de Ghoubet-Kharab, des Djeriret, et Peba sont rattachées au cercle de Tadjourah
Arreté n°1060 du 31 aout 1946, article 4

3) DISTRICT DE DIKHIL
1) Limites avec le cercle de Djibouti
Une ligne brisée partant de l’embouchure de l’oued Der-Eyla (plage d’Arta) sur la cote sud du golfe de Tadjourah ( à 6kms de Ras Eiro) joignant dans l’ordre les points :
– Cote 650(5 km à l’ouest d’Arta)
– Cote 780(Mont Anod, 6km sud-est de Wéa)
Arreté n° 1060 du 31 aout 1946 article 2 alinéa 1
2) Limites avec le cercle d’ALI-SABIEH
– Cote 780 (Mont Anod, 6km sud-est de Wéa)
– Cote 783-3(Mont Eyrola)
– Cote 864(Mont Goulemi-Moulélé)
– Cote 615(entrée de la piste d’Ali-Sabieh dans le grand Bara)
– Cote 1003 (Mont Aroa, 7km à l’ouest de Daouanlé) et prolongée en direction de la cote 1954(4km sud de Daouanlé) jusqu’à la frontière.
Jonction de l’arreté 1060 du 31 aout 1946(article 1er, 2alinéas 1.3) et de l’arreté n° 351 du 3 mars 1949 article 1
3) Limites avec le cercle de Tadjourah
Une ligne brisée partant du fond de l’anse Gabrielle(2km nord-ouest de Guinni-Koma, dans le Ghoubet el Kharab) joignant dans l’ordre les points suivants :
– Puits de guiba-Bonie (pointe sud du Lac Assal)
– Cote 990 (Abliss Bara)
– Cote 1065(4km nord-ouesy de la plaine d’Eylou)
– Cote 634( signal Gouma S.E, à l’est du Lac Alli) et remontant le cours de ‘oued Gouma vers le nord-ouest jusqu’à la frontière.
Arrêté n°1060 du 31 aout 1946 article 2 alinéa 2
L’ile des Boutres est rattachée au cercle de Dikhil
Arreté n°1060 du 31 aout 1946 article 4

4) DISTRICT D’ALI-SABIEH
1) Les limites du cercle d’Ali-Sabieh demeurent les memes que celles attribuées à l’article 3 de l’arrêté susvisé (Arrêté n° 1060 du 31 aout 1946) au poste administratif d’Ali-Sabieh
Arrêté n°351 du 3 mars 1949. Article 1er.
Le cercle de Djibouti englobe le poste administratif d’Ali-Sabieh
Arrêté n° 1060 du 31 aout 1946 article 1er.
Ali-Sabieh : toute la partie du cercle de Djibouti se trouvant au sud de la ligne joignant les points :
– Cote 780(Mont Anod), viaduc de Chebelley
– Signal cote 194(Guissi)
– Cote 209(Goubad) et prolongée jusqu’à la frontière dans l’alignement Guissi-Goubad
Arreté n° 1060 du 31 aout 1946 article 3 alinéa 1er
2) Limites avec le District de DIKHIL
– Cote 780 (Mont Anod, 6 km au sud-est de Wéa
– Cote 883-3(Mont Eyrole)
– Cote 864(Mont Goulémi-Moulélé)
– Cote 615(entrée de la piste d’Ali-Sabieh dans le Grand Bara
– Cote 1003 (Mont Aroa, 7km nord-ouest de Daouanlé) et prolongée en direction de la cote 1054(4km sud de Daouanlé) jusqu’à la frontière.
Jonction de l’arreté 1060 du 31 aout 1946(article 1er, 2alinéas 1,3) et de l’arrêté n° 351 du 3 mars 1949, article 1er ;

Le président Dini avait saisi le chef de l’Etat lui demandant d’user de son influence pour qu’en seconde lecture l’assemblée adopte la Loi sur la Décentralisation telle qu’elle avait été signée d’Accord parties et adoptée en conseil des ministres, faute de quoi avait averti Dini toute modification effective des limites territoriales des Districts ou Régions constituerait un Casus Belli qui ouvrirait le droit aux populations concernées, de recourir à la Légitime Défense …
A suivre…

MOHAMED ALI ABDOU
Secrétaire à la communication
Porte-parole de l’A.R.D

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Djibouti : la double erreur de Guelleh (BlogMediaPart, 7/10/16)

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A l’abri des conflits qui déchirent la région, Djibouti était un modèle d’émergence dans une Afrique de l’Est tourmentée. Son potentiel n’avait de cesse de faire des envieux, si bien que son dirigeant se voyait déjà à la tête du Dubaï africain. Pourtant, la gestion calamiteuse du pays l’a fait passer à côté de l’essor que tous prévoyaient.

Surendettement, multiplication d’alliances contradictoires, pauvreté endémique, la république de la corne d’Afrique est en passe de devenir le plus gros gâchis du continent.

Réélu en avril dernier pour un quatrième mandat, alors qu’il avait promis de se retirer à l’issue du troisième, Ismaïl Omar Guelleh (IOG) poursuit sa politique de rente de situation.  Les options étaient limitées dans un petit territoire (23 000 km2) très aride, où l’agriculture est quasi inexistante, les ressources minières limitées et l’industrie peu développée. Ce choix a permis à Djibouti d’afficher une dynamique économique portée par la croissance du PIB et des investissements étrangers. Cependant, malgré une croissance de près de 5 % sur les dernières années, le pays est gangréné par l’extrême pauvreté, qui touche encore 42 % de la population locale. Avec un taux de chômage très important (environ 60 %), de fortes inégalités et un faible niveau d’éducation, le pays n’a pas su transformer l’essai et assurer son essor. Si bien que Djibouti occupe le 170ème rang de l’indice de développement humain des Nations unies.

Afin de pallier cette fragilité de nature, Guelleh a choisi de multiplier les rapprochements stratégiques, dont le dernier avec le géant chinois. Dès février 2014, Djibouti organise un partenariat stratégique avec Pékin. Puis, tout au long de 2015, on a pu voir l’entrisme chinois s’apparenter de plus en plus à de l’emprise. Aujourd’hui, le président djiboutien semble prêt à toutes les concessions pour plaire à son homologue chinois. La signature avec Pékin d’un accord de libre-échange permettant à la Chine d’utiliser ces installations portuaires à Djibouti à des fins de base de transit a consacré l’assise géographique de son allié, alors que la mise en place d’un cadre légal permettant, « l’afflux rapide de banques chinoises à Djibouti », selon le communiqué officiel, consacre son assise économique. Et pour cause. Il prévoit la création d’une chambre de compensation qui permettra de « ne pas perdre de devises dans les échanges avec la Chine », explique la présidence djiboutienne.

Malgré ces initiatives, Djibouti peine à tirer son épingle du jeu. Les faibles taxes et le recours systématique à une main d’œuvre importée limitent largement les retombées des projets menés au côté de Pékin. De plus, afin de correctement mesurer les montants accordés à titre d’aide au développement par la Chine, il faut également considérer le poids de leur répartition. Au vu des conditions des prêts consentis, on s’explique plus aisément cette économie à deux vitesses, avec une croissance stable mais un taux de pauvreté et de corruption élevé, pour une croissance sans développement. Devant les réticences de sa population et les mises en garde de ses alliés historiques, Guelleh affirme que « la Chine a le droit de défendre ses intérêts comme tout le monde » tout en se félicitant que les Chinois soient leurs « plus grands investisseurs ». Il se vente même d’être la capitale de la « Chinafrique ». Mais quel retour Djibouti obtient-elle en contrepartie de cet accueil ?

Actuellement, les handicaps structurels de son économie ne sont pas soignés mais uniquement compensés à court terme par la « bienveillance » chinoise. Selon les prévisions du FMI, la dette publique extérieure du pays culminera à 79 % du PIB en 2017 et « la ligne fiscale actuelle semble intenable ». Les premières inquiétudes apparaissent alors même que le pays n’a pas débuté le remboursement du capital des principales dettes contractées auprès de l’Exim Bank China, à des taux que les autres pays africains n’acceptent plus – un remboursement prévu en dix ans, sans période de grâce, à un taux d’intérêt supérieur à 5 %. Le surendettement n’est plus une fiction – ni même une menace lointaine. Le port international de Djibouti, poumon de l’économie nationale, a déjà été cédée à hauteur de 23,5 % à la société China Merchants Holdings International.

A cela, il faut ajouter une donne diplomatique de plus en plus complexe. Pour les alliés historiques du pays, l’arrivée à une telle échelle des Chinois dans le jeu régional est un signal très négatif.  Un incident diplomatique avec les Emirats arabes unis a déjà valu à Djibouti de perdre les projets de bases des pays sur son territoire au profit de l’Erythrée, le grand rival. L’Inde, qui caressait elle aussi un projet d’implantation dans le pays s’est finalement tournée vers l’Arabie Saoudite, après l’annonce de l’établissement de près de 10 000 militaires chinois dans une base à Djibouti. Pour leur part, les États-Unis manifestent ces dernières années une volonté croissante de désengagement. Un total désengagement signifierait la perte de la modique somme de 63 millions de dollars par an pour le « loyer » de Camp Lemonnier. En outre, l’allié le plus ancien de Djibouti, la France, a elle-aussi commencé à envisager une rupture.

A ce rythme, Djibouti risque de se retrouver nu et vulnérable plus rapidement que prévu – et le pari de Pékin est sans doute d’isoler son pied à terre afin de s’y rendre indispensable. Avec ça, le risque de vassalité s’accentue encore. Mais au-delà, le rapprochement avec Pékin venait d’un désir de multiplier ses associations. Une dynamique qui aujourd’hui s’inverse clairement. Aussi, si la croissance chinoise continue de ralentir, Djibouti pourrait payer le prix fort du fait de cette dépendance excessive. Au-delà des crises diplomatiques – avérées et à venir – qui le pays traverse, il a vu un nombre croissant d’entreprises occidentales se désengager récemment, en raison de l’autocratisme du régime d’IOG. Une dynamique dangereuse pour un pays qui cherchait justement à diversifier ses partenariats pour sortir du tête-à-tête qu’il a longtemps entretenu avec une poignée de pays.

Fin