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A QUI PROFITE L’INSECURITE ? (ARD, 7/10/16)

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La propagande officielle dépasse les limites du tolérable lorsque’ elle insinue et accuse les démocrates en recherchant des boucs émissaires aux conséquences des méfaits et fuites en avant du gouvernement. Dans son discours de politique budgétaire lors de la rentrée parlementaire de septembre 2016, le premier ministre se dit scandalisé par « les attaques sanglantes organisées avec le soutien de milices étrangères… qui sont vouées à l’échec…
Le peuple Djiboutien tout entier se dressera contre ces mercenaires qui n’hésitent pas à faire couler le sang de Djiboutiens innocents pour tenter de semer le trouble.. .S’attaquer à des objectifs civils ou à des biens appartenant à la population démontre parfaitement la nature terroriste de cette organisation…Je saisis cette occasion pour condamner une fois de plus ces actions lâches et criminelles et reste désorienté par le silence des responsables de l’opposition qui pourrait correspondre à une complicité tacite. » Le premier ministre a raison. Le silence des responsables de l’opposition pourrait en effet désormais s’apparenter à une complicité…avec la propagande officielle. Maintenant que le voilà rompu, posons-nous la bonne question que doit se poser tout observateur sensé : à qui profite l’insécurité ? Certainement pas à ceux qui, ayant mené une lutte armée chevaleresque ont définitivement opté pour le combat démocratique !

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Communiqué de l’ARD (Mohamed Ali Abdou, secrétaire à la communication et porte parole de l’ARD, 01/10/2016)

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COMMUNIQUE

Le comité exécutif de l’Alliance Républicaine pour le Développement  (A.R.D) s’est réuni vendredi 30 septembre en son annexe du quartier 3. Les débats ont essentiellement porté sur la politique nationale et les voies et moyens de redynamiser le combat démocratique.

Rappelant que deux participations victorieuses aux Législatives de 2003-2013 et la signature d’un Accord politique sur le dialogue signé en décembre 2014 n’ont pas mis fin à l’impasse politique née de la violation de l’Accord de Paix du 12 mai 2001, le comité exécutif a décidé :

Le BOYCOTT des prochaines élections régionales organisées dans le cadre d’une Décentralisation vidée de sa substance et a par conséquent, appelé tous ses militants et sympathisants à la

– MOBILISATION GÉNÉRALE pour le CHANGEMENT

En fin de séance le comité exécutif de l’Alliance Républicaine pour le Développement a souhaité au peuple Djiboutien et aux musulmans du monde entier

– Une bonne et heureuse année 1438 de l’Hégire.

MOHAMED ALI ABDOU
Secrétaire à la communication
Porte-parole de l’A.R.D.

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Djibouti, lentement mais sûrement cédée à la Chine ? (EurasiaTimes, 23/09/16)

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Au croisement de la mer Rouge et du Golfe d’Aden, la République de Djibouti jouit d’une situation stratégique, véritable porte d’entrée vers le canal de Suez et l’une des lignes de trafic maritime les plus empruntées au monde. Un emplacement idéal qui aiguise, depuis plusieurs décennies, les appétits des grandes puissances mondiales. Le petit Etat de la Corne de l’Afrique, dirigé d’une main de fer par Ismaël Omar Guelleh, a bien compris les avantages qu’il pouvait tirer de sa situation géographique, lui qui offre à ses partenaires un modèle de stabilité politique, au sein d’une région dominée par l’instabilité générée par ses grands voisins que sont la Somalie, l’Ethiopie et l’Érythrée. Autant d’arguments que les autorités de Djibouti font valoir, au prix fort, à qui a les moyens de s’offrir une implantation militaire ou économique privilégiée.

Les pays occidentaux sont ainsi, de longue date, implantés militairement à Djibouti. C’est le cas, bien-sûr, de la France, qui possède une base de 2 700 hommes, héritée de son passé colonial. Les Américains disposent, quant à eux, d’un contingent fort de quelque 4 000 militaires, installés au Camp Lemonnier. C’est depuis cette base, consacrée après le 11 septembre 2001 à la lutte contre le terrorisme, que décollent une grande partie des drones américains envoyés survoler les terrains d’opération du Moyen-Orient. Une présence occidentale qui a un coût : les Etats-Unis reversent ainsi la modique somme de 63 millions de dollars par an à Djibouti pour le « loyer » de Camp Lemonnier. Même le pacifique Japon y a établi une base en 2011, la première à l’étranger depuis la fin de la seconde Guerre mondiale. Dernière arrivée sur ce plateau de Monopoly africain, la Chine a également jeté son dévolu sur la petite république, que son président cède peu à peu au plus offrant.

Le trouble entrisme de la Chine

Tout à son obsession de découpe de son pays au profit de l’étranger, Ismaël Omar Guelleh vient de jeter un pont d’or à Pékin. La nouvelle superpuissance chinoise pourra ainsi compter, à Djibouti, sur une zone franche de 48 kilomètres carrés, véritable « comptoir » avancé facilitant les échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique. Les banques chinoises sont également à l’honneur dans le pays, où une nouvelle chambre de compensation permettra aux échanges financiers entre les deux Etats de ne pas subir de pertes de devises. Mais l’entrisme chinois se manifeste surtout sur le plan militaire : Pékin et Djibouti ont, en effet, officialisé la création, d’ici 2017, de la première base militaire chinoise sur le continent africain. Officiellement, l’objectif est de lutter contre la piraterie, qui sévit depuis les côtes somaliennes. Officieusement, il s’agit bien davantage pour la Chine de pouvoir compter sur un contingent à même de protéger ses intérêts grandissants en Afrique, et d’assurer la sécurité du million de ressortissants chinois qui prospèrent sur le continent – notamment dans la construction d’infrastructures routières ou immobilières.

A terme, ce sont plus de 10 000 militaires chinois qui devraient s’implanter de manière permanente à Djibouti. Un contingent qui fera immanquablement de l’ombre aux bases américaine et française, et pour lequel la Chine devrait s’acquitter d’une ardoise de 100 millions de dollars par an – sans parler des frais de construction de la base. Si certains parlementaires américains se sont émus de cette potentielle menace sur les intérêts des Etats-Unis, il est peu probable que leurs voix parviennent jusqu’aux oreilles de Guelleh, manifestement plus sensible au son de l’argent sonnant et trébuchant qu’à celui des plaintes pour violation des droits de l’homme. L’entreprise publique China Merchants Holdings a ainsi déboursé 185 millions de dollars de participation dans l’immense port de Djibouti, alors qu’une autre entreprise d’Etat, la China State Construction Engeneering Corporation, vient de mettre sur la table 420 millions de dollars pour augmenter les capacités du même port. Les Chinois ont également remporté le chantier stratégique de la ligne de train devant relier Djibouti à l’Éthiopie, évalué à 4 milliards de dollars.

Mais il se pourrait bien que le miracle chinois se retourne contre ceux à qui il profite pour l’instant. Si la croissance chinoise continue de ralentir, c’est toute l’Afrique qui pourrait payer le prix d’une dépendance excessive à l’Empire du Milieu – et Djibouti serait alors aux premières loges. Malgré les révoltes sporadiques, férocement réprimées par les forces d’Ismaël Omar Guelleh, le régime se maintient. La manne chinoise représente un véritable levier pour le pouvoir, qui a vu de nombreuses entreprises occidentales se désengager récemment du pays en raison de l’autocratisme qui y règne.

Après la Chine, au tour de l’Inde ?

Pour l’heure, les critiques internationales semblent glisser sur le sable djiboutien. Et ce d’autant plus qu’un nouveau soupirant pourrait frapper à la porte du pays, et non des moindres : le premier ministre indien, Narendra Modi, vient en effet d’effectuer cet été une tournée africaine, afin de renforcer les liens entre son pays et un continent dont les importations en provenance d’Inde ont augmenté de 100% entre 2008 et 2013. Alors que l’Inde et la Chine se disputent le leadership asiatique, la première considère avec appréhension et envie l’implantation des Chinois en Afrique. La nouvelle base militaire chinoise de Djibouti ne peut qu’accentuer les tensions et rivalités entre les deux superpuissances asiatiques. Nul doute qu’Ismaël Omar Guelleh saura tirer profit de cette situation, qu’il a lui même favorisée. Quant à son peuple, pas certain en revanche qu’il en tire un quelconque avantage.

Source : EurasiaTimes

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Djibouti : Ismaïl Omar Guelleh reste hors de contrôle malgré la surveillance internationale (Affaires internationales, 30/08/16)

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30 août 2016

 Réélu pour un quatrième mandat début avril dernier, Ismaïl Omar Guelleh est depuis plusieurs mois dans le viseur de la justice internationale. Coupable de graves actes de répression pendant sa campagne électorale, le président djiboutien a également refusé d’appliquer le mandat d’arrêt contre son homologue soudanais Omar El Béchir.

Condamné à deux reprises par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l’Humanité, crimes de guerre et génocides, Omar El Béchir a pu se rendre sans difficulté à Djibouti le 8 mai dernier pour une cérémonie célébrant la réélection d’IOG à la présidence de la république djiboutienne. Le 11 mai, le président du Soudan a ensuite rendu visite à Yoweri Museveni, lui aussi réélu à la tête de l’Ouganda trois mois plus tôt. Pour avoir failli à exécuter le mandat d’arrêt international à son encontre, les chefs d’État djiboutien et ougandais ont été signalés par la CPI au conseil de sécurité de l’Organisation des nations-unies (ONU), qui doit maintenant prendre les mesures nécessaires, selon le tribunal basé à La Haye.

L’insoumission d’IOG et ses dérives autoritaires

Pour justifier son inaction, Djibouti a fait savoir qu’il ne disposait pas « des procédures nationales requises » afin d’appréhender et de remettre le suspect à la CPI, que le président El Béchir avait une immunité de chef d’État, que Djibouti « devait respecter la décision » de l’Union africaine de ne pas appliquer les mandats d’arrêt de la CPI pour le président soudanais et que le pays était impliqué dans le processus de paix au Soudan et au Sud-Soudan, d’après un article de l’agence de presse ghanéenne (GNA). Les autorités ougandaises ont, quant à elles, simplement prétexté vouloir conserver de bonnes relations avec tous les pays de la région pour maintenir la paix et la sécurité, selon la GNA.

Au pouvoir depuis respectivement 17 et 40 ans, IOG et Yoweri Museveni ne semblent pas vraiment craindre de sanction internationale suite à leur refus d’appliquer la décision du tribunal basé à La Haye. Le premier est pourtant depuis plusieurs mois sous l’étroite surveillance de Fatou Bensouda, procureure de la CPI, alertée par les atteintes répétées aux droits de l’Homme et à la liberté de la presse à Djibouti. Après avoir fait modifier la Constitution en 2010 pour pouvoir briguer un troisième puis un quatrième mandat, IOG a procédé à de nombreuses arrestations injustifiées parmi les membres de l’opposition et de la presse à l’approche des élections présidentielles d’avril 2016. Il s’en est aussi pris à la population lors d’une manifestation pacifiste le 21 décembre 2015 en périphérie de la capitale, où entre 9 et 34 civils ont été tués par les forces de l’ordre. Malgré ces bavures, auxquelles s’ajoute un taux de pauvreté supérieur à 70 %, le chef de l’État a été reconduit dans sa fonction avec 86,68 % des voix moins de cinq mois plus tard.

La protection tacite des grandes puissances

Si le président djiboutien jouit d’une telle impunité, c’est qu’il bénéficie de la protection tacite de grandes puissances mondiales comme les États-Unis, la France, le Japon et la Chine, qui possèdent des bases militaires sur ce « porte avion mondial » qu’est devenu Djibouti, comme le décrit un opposant au régime. Niché dans la corne de l’Afrique, le petit État de moins d’un million d’habitants tire profit d’un « positionnement géographique sans équivalent […] à la jonction du golfe d’Aden et de la mer Rouge, où transite 40 % du trafic maritime mondial », comme l’explique un récent article de JolPress. « L’emplacement géographique du pays est également stratégique sur le plan mondial pour la lutte contre le terrorisme et la piraterie. La location des bases militaires est l’une des principales sources de revenus du pays, qui sait tirer profit des conflits armés opposant ses voisins et des intérêts géostratégique des puissances étrangères. »

Après avoir ouverts ses ports à Dubaï en 2006, Djibouti est à présent tourné vers la Chine, qui a installé sa première base militaire début 2016. Selon JolPress, cette présence « aura surtout pour fonction de sécuriser la nouvelle « route de la soie » maritime et de permettre à Pékin d’accomplir un pas important vers son objectif de devenir une puissance maritime internationale ». Alors que l’industrie et l’agriculture nationales sont en berne, les combines d’IOG suffisent à assurer au pays une croissance attendue à 7,4 % cette année. C’est visiblement suffisant pour acheter le silence de la communauté internationale.

Source : Affaires internationales

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Communiqué de presse relatif à la situation politique qui prévaut à Djibouti Récapitulatif en vue des journées d’été d’ Europe Ecologie Les Verts (EELV)

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Nous, délégation de l’USN, l’Union du Salut National (opposition djiboutienne) composée de :

– Mr Mahdi Ibrahim Ahmed God, Vice président de l’ARD et Représentant Adjoint de l’USN aux relations extérieures ;
– Mr Abdourahman Mohamed Habib dit Amigo, Représentant du parti MODEL en France ;
– Mr Abdoulkader Mohamed Guidar, Représentant de l’ARD en Bretagne ;
– Mr Aidarousse Mohamed Guirreh, Représentant du MRD en Bretagne,

Souhaitons porter à la connaissance de la communauté internationale et particulièrement à nos amis EELV sur les blocages démocratiques qui sont toujours en cours à Djibouti. Il s’agit de :
o Refus de l’application des accords (2001, 2013, 2015) avec l’opposition par le gouvernement ;
o Violation de la constitution :
 Modification de la limitation du mandat présidentiel,
 Déchéance de la nationalité,
 Dissolution des partis politiques et des syndicats légaux ;
o Restriction des libertés publiques :
 Restriction de la liberté d’expression (aucun organe d’expression écrite libre, absence totale de média indépendant),
 Interdiction de la liberté de manifester,
 Restriction de la libre circulation aux militants et responsables des partis politiques de l’opposition pour sortir du pays : confiscation des passeports de Mr Abdourahman Guelleh dit Tx et du Dr Hamoud ;

Ces éléments ont eu comme conséquences :
o Répression musclée des activités de l’opposition civile à Djibouti ;
o Arrestation arbitraire des personnalités issus des partis politiques de l’opposition comme Kadar Abdi Ibrahim coordinateur du journal l’Aurore pas plus tard que le 09 août 2016 ;
o Prisonniers politiques toujours maintenus dans les geôles du régime sans jugement depuis bientôt sept ans à savoir Mr Mohamed Ahmed dit « Jabha » ;
o Absence d’élections électorales indépendantes ;
o Pérennisation d’un régime tribal et autoritaire ;
o Corruption généralisée ;
o Développement économique et social retardé et hypothéqué depuis l’indépendance du pays en 1977 ;
o Risque de recours à la lutte armée et reprise des affrontements notamment à Margoyta dans la région de Tadjourah depuis le 16/08/2016 entre la rébellion du FRUD et les forces armées ;
o Blocus de la population civile dans le Nord du pays, retenue en otage par les forces armées.

Pour débloquer la situation, la coalition de l’opposition djiboutienne, l’USN, préconise l’engagement d’EELV pour :
o Saisir le gouvernement français et les agences européennes et internationales pour qu’ils veillent sur le respect des droits humains à Djibouti ;
o Conditionnent de l’aide au développement et leurs coopérations au respect du processus démocratique et la tenue d’élections électorales anticipées sous la supervision d’observateurs internationaux ;
o Suivre l’état d’avancement des travaux des commissions d’enquête sur les exactions commises à Djibouti et particulièrement sur la commission d’enquête des Nations Unis sur la tuerie du 21 décembre 2015 où EELV a publié un communiqué le 24 décembre 2015.

Lorient, le 26/08/2016

Mahdi Ibrahim Ahmed God