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Compte-rendu de la Conférence-débat du dimanche 2 Juillet 2017 à Paris – Intervention de Kéchéri Doumbia, Amicale Panafricaine – Document 8 (03/08/17)

Compte-rendu de la Conférence-débat du dimanche 2 Juillet 2017 à Paris – Intervention de Kéchéri Doumbia – Document 8

Intervention de Kéchéri Doumbia, Vice-président de l’Amicale panafricaine, Paris, 2/07/2017

Mesdames, Messieurs, Chers frères et sœurs de Djibouti, bonjour,

En cette journée de commémoration, l’Amicale Panafricaine salue la mémoire des combattantes et combattants pour une Afrique souveraine, digne et démocratique, respectueuse de son Peuple et soucieuse de l’avenir de sa Jeunesse.

Notre terre africaine, championne toute catégorie des maux sociaux les uns plus pernicieux que les autres, présente une géopolitique assez invraisemblable. C’est dans notre continent que se concentre la presque totalité des richesses naturelles les plus convoitées au monde, tandis que l’on manque drastiquement des plus petites infrastructures utiles pour leur découverte et encore moins pour leur exploitation au bénéfice de nos populations. C’est également là, où l’on cultive des produits industriels perturbateurs de notre environnement, quand notre économie n’en a nul besoin et ne dispose d’aucune capacité à les exploiter, mais aussi parce que l’on n’a pas pouvoir à fixer pas leur prix de vente en les cédant à tiers.

Dans nos pays, vivent des millions de jeunes gens n’ayant connu, de leur naissance à leur majorité civique, qu’un seul potentat national, souvent relayé ou tenté d’être relayé par un héritier en ligne directe du dirigeant mourant. Ainsi, des millions de jeunes Africains ayant l’âge de Djibouti ne connaissent à la tête de leur État qu’un seul patronyme, une seule et même famille. Ces jeunes subissent l’exclusion du plus grand nombre, la paupérisation de leurs parents et proches, triment à surmonter toutes sortes de difficultés pour accéder à l’éducation et au travail.

C’est également dans notre très chère Afrique que le tripatouillage de la Loi fondamentale a systématiquement cours, aux seules fins de renforcer les pouvoirs claniques d’un président, d’augmenter le nombre de mandats ou d’allonger leur durée au-delà des termes légaux initiaux et en contradiction avec les intérêts du peuple.

Ce fut le cas, au cours de la dernière décennie, dans les pays suivants principalement : Algérie, Bénin, Burkina-Faso, Burundi, Cameroun, Congo, Côte-d’Ivoire, Égypte, Gabon, Guinée Équatoriale, Madagascar, Mali, Niger, Nigeria, République Centrafricaine, République Démocratique du Congo, Rwanda, Sénégal, Tchad, Togo, Zimbabwe, et bien évidemment Djibouti qui nous réunit cet après-midi.

Pourtant, Mesdames, Messieurs, Chers frères et sœurs de Djibouti, c’est seulement à travers un si sombre tableau que l’on pourrait comprendre le sens des luttes panafricaines et mesurer le sacrifice consenti par les Djiboutiennes et Djiboutiens, embastillés sur leur terre, contraints à l’exil ou à la compromission, expatriés d’ici et d’ailleurs.

La vaillance des Djiboutiennes et Djiboutiens, résistants d’hier et d’aujourd’hui, est inversement proportionnelle aux abus de pouvoirs et pratiques tortionnaires, aux sévices infligés aux populations, aux viols perpétrés sur les djiboutiennes, aux silences imposés aux défenseurs des droits et libertés dans la Corne de l’Afrique que toutes les puissances voudraient avoir sur leur énorme tête de prétentieuses. D’où les mille-et-une accointances avec les tenants d’un pouvoir autocratique, familial, crasseux et criminel.

La lutte des Djiboutiennes et Djiboutiens constitue le creuset de notre espérance, que nous nous devons de mettre en œuvre quotidiennement, difficilement certes, mais avec abnégation et conviction, au sein de l’Amicale Panafricaine, en France et sur le continent.

En 2014, l’Amicale Panafricaine, en association avec le FRUD de Djibouti, Massiwa-Mané des Comores, l’UPC du Cameroun, l’UNDR du Tchad, entre autres, a réalisé une pétition physique et numérique portant sur les retouches intempestives de la Constitution en Afrique. Nous y exprimions notre profonde préoccupation concernant les graves violations des règles de gouvernance et d’alternance démocratiques sur notre continent.

Permettez-nous de terminer par le remerciement des initiateurs de la présente rencontre autour du 40ème anniversaire de la République sœur de Djibouti et du combat de ses militants indestructibles.

Que toutes et tous soient assurés de notre plein engagement à vos côtés et de notre fraternité indéfectible.

Vive le Peuple djiboutien en lutte !

Vive le panafricanisme des Peuples !

Paris, 2 juillet 2017

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