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ARD: MISE AU POINT FACE À UNE DANGEREUSE FUITE EN AVANT (02/03/14)

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ARD: MISE AU POINT FACE À UNE DANGEREUSE FUITE EN AVANT (02/03/14)

2 mars 2014 Published by: ard

Djibouti, le 02 mars 2014

Mise au point: Dangereuse fuite en avant !

Les propos tenus par Mr Arnaoud ce 1er mars ne nous étonnent pas. Il incarne à lui seul la double crise politique dans laquelle se débat notre pays depuis douze ans. Il était membre de la commission » réformes démocratiques » lors des négociations de Paix et membre de l’assemblée nationale qui a violé un Accord de Paix ayant mis fin à dix ans de conflit armé, et donc responsable de la grave situation de ni guerre ni paix qui s’en est suivie et à laquelle ces législatives se proposaient de mettre fin. Il se prétend aujourd’hui, président d’une introuvable assemblée, cause de la crise post-électorale…

Plus surprenant et inadmissible est le discours tenu par le premier ministre.

– Il n’y a pas, jusqu’à l’ exposé d’improbables preuves et la démonstration du contraire, de complot islamiste à Djibouti. Il n’y a aucune référence religieuse dans les statuts déposés par le Model ni aucune justification dans le refus opposé au RADD, vainqueur des Régionales 2012, de se constituer en parti politique. L’A.R.D. n’acceptera jamais que soient pointés du doigt, jetés en prison ou en pâture à la suspicion et la vindicte d’une coalition en guerre contre le terrorisme islamiste, de pacifiques citoyens (hier choyés par le pouvoir pour certains d’entre eux) et devenus terroristes au lendemain d’une déroute électorale de la coalition au pouvoir.

– S’agissant du prisonnier Mohamed Ahmed dit « Jabha », arrêté et torturé depuis l’été 2010, il incarne lui aussi la profondeur de la crise qui secoue Djibouti depuis deux décennies. C’est un citoyen Djiboutien, démobilisé du Frud-armé en juin 2001 à Waddi. C’est une des (plusieurs centaines) victimes de la violation de l’Accord de paix (art 6 : Intégration, réintégration, indemnisation et réinsertion) qui errent désœuvrés, dans les banlieues de la capitale et dans l’arrière-pays. Il est subitement devenu ce 1er mars, « un mercenaire érythréen d’origine éthiopienne » dans un contexte de chasse aux sorcières et de déchéance de nationalité. Rappelons que le refus d’octroi de la nationalité à une principale composante de la communauté nationale a constitué une des causes du conflit armé.

L’Accord de Paix Définitif stipulant pour la traiter en son article 10 : « Les personnes dont l’appartenance à la communauté djiboutienne est vérifiable par tous les moyens peuvent prétendre à la citoyenneté djiboutienne. Pour ce faire, les deux parties s’engagent à mettre en place une commission ad hoc chargée d’accélérer la délivrance des cartes nationales d’identité à ces personnes ».
Tout le reste du discours gouvernemental n’est que mensonge officiel impudent et permanent ainsi que prétextes fallacieux. Constatant que :

-Cette volte-face gouvernementale a eu lieu lors d’une cérémonie officielle devant un parterre de représentants étrangers, au lendemain de la signature d’un accord de défense avec la Chine populaire dont personne ne connait la teneur et à la veille de meetings de l’opposition…

– Rien dans les propos (belliqueux), les manœuvres (dilatoires) et la posture (monologue d’autiste) du gouvernement, ne laisse présager une quelconque disposition à une solution négociée à la crise post-électorale.
Prenant à témoins les communautés nationale et internationale, l’A.R.D. tiendra le gouvernement pour unique responsable du risque d’escalade préjudiciable à la Paix civile que constitue cette fuite en avant.

M.A.A.
Secrétaire à la communication et porte-parole de l’A.R.D.

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Meilleurs voeux de l’ARD à l’occasion de l’Aïd el Fitr

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L’Alliance républicaine pour le développement (ARD) souhaite à tous les musulmans dans le monde entier ainsi qu’à toutes les Djiboutiennes et tous les Djiboutiens ses meilleurs voeux de paix et de réussite à l’occasion de la fête de l’Aïd el Fitr.

Cette nouvelle ère nous importe de continuer notre combat pour l’avènement de la démocratie et de la liberté à Djibouti.

Amin

La Rédaction 

Communiqués Dernières éditions Journal Réalité

Listes des candidats des différents partis (USN, CDU, UMP) aux élections législatives du 22 février 2013 (11/02/13)

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Listes des candidats des différents partis (USN, CDU, UMP)

I. LISTES DES CANDIDATS TITULAIRES ET SUPPLEANTS PRESENTEES PAR LE GROUPEMENT DES PARTIS POLITIQUES DENOMME UNION POUR LE SALUT NATIONAL (U.S.N.)

a) Listes de candidats titulaires et suppléants présentées pour la circonscription électorale de la Préfecture de Djibouti-ville :

N° NOMS DES CANDIDATS TITULAIRES
     NOMS DES CANDIDATS SUPPLEANTS

1 ISMAEL GUEDI HARED
SAID  HOUSSEIN ROBLEH

2 ADAN MOHAMED ABDOU
AICHA MOHAMED DATO

3 ADEN ROBLEH AWALEH
KASSIM MOHAMOUD AHMED

4 MOHAMED DAOUD CHEHEM
MOHAMED DAOUD MOHAMED

5 ABDILLAHI FARAH LODON
AHMED ALI IGUE

6 ABATE EBO ADOU
HAMADOU ABDALLAH MOUSSA

7 ZAKARIA ABDILLAHI ALI
MOHAMED HOUSSEIN BILEH

8 SOUGUEH AHMED ROBLEH
ISMAIL AHMED WABERI

9 FARAH ABADID HILDID
HOUSSEIN AHMED FARAH

10 HOUMED YOUSSOUF HOUMED
AHMED MOUSSA ADEN

11 MOHAMED GARAD HOUMED
HOUMED GARAD DABALEH

12 AHMED WALIYEH SAMATAR
AHMED ISMAIL AWALEH

13 KADAR ABDI IBRAHIM
ADEN HOUSSEIN WABERI

14 MOHAMED ISMAEL ADEN
MOHAMED IDRISS MOHAMED

15 IBRAHIM MOHAMED ALI
HOUSSEIN HASSAN RIRACHE

16 OMAR YOUSSOUF MOUTENA
MOHAMED AHMED HOUMED

17 DJIRDEH DJAMA HACHI
MOHAMED HASSAN DOUALEH

18 SAADA AHMED HOUSSEIN
NIMA MOUSSA ASSOWEH

19 IFRAH HASSAN AHMED
SAHRA AHMED ALI

20 HAMAD HALOITA MOHAMED
IDRISS BARAGOITA ABDALLAH

21 MOUSSA HOUSSEIN ABDI
AHMED ALI OMAR

22 FATHI KADIRI ABDOURAHMAN
MOHAMED ALI GOURADI

23 AHMED SAID AWAD
MOHAMED KAMIL ADEN

24 FATHI MOHAMED GUELLEH
MOHAMED ISSE ABSIEH

25 AHMED HOCHE GUEDI
DARAR ISMAEL GUEDI

26 ABDI HOUSSEIN ADEN
DAOUD IBRAHIM MOHAMED

27 GUIRREH BOUH ALI
MOHAMED OMAR WABERI

28 DIRIR SAID IYEH
DIRIEH SAID DIRIEH

29 IDRISS ADEN OSMAN
KHADIR BARKAD WABERI

30 GUIRREH MEIDAL GUELLEH
KADAR ABDI OMAR

31 OMAR ABDILLAHI GUEDI
SALEBAN ALI MIGUIL

32 ALI OMAR ALI
HASSAN KAMIL MOHAMED

33 FATOUMA OMAR YOUSSOUF
RODA ABDOURAHMAN ASSOWEH

34 SAADA FARA BADAR
MOHAMED AMOUD SAMATAR

35 HASSAN HAMID HASSAN
MOHAMED ADABO ALI

b) Listes de candidats titulaires et suppléants présentées pour la circonscription électorale de la Préfecture d’AIi-Sabieh:

N° NOMS DES CANDIDATS TITULAIRES
      NOMS DES CANDIDATS SUPPLEANTS

1 DOUALEH EGUEH OFLE
ADEN GUEDI DIDEH

2 OMAR MOUSSA ADEN
AWAD ALI NOUR

3 ABDILLAHI DJAMA GUIREH
MOUMIN GOUMANEH GUIREH

4 MAHDI ALI WABERI
ALI SALER BARRE

5 ABDOURAHMAN ABDILLAHI ELMI
OMAR ABDILLAHI DARAR

6 ABDI SAMIREH BOUH
IBRAHIM DIRIR FARAH

c) Listes de candidats titulaires et suppléants présentées pour la circonscription électorale de la Préfecture d’Arta:

N° NOMS DES CANDIDATS TITULAIRES
   NOMS DES CANDIDATS SUPPLEANTS

1 ISMAIL AHMED ASSOWEH
HOUSSEIN ROBLEH WAIS

2 SABOUDO RAGUEH AYDAHIS
MOUSSA OMAR WAHITO

3 AHMED SALEH YOUSSOUF
IBRAHIM ROBLEH HARED

d) Listes de candidats titulaires et suppléants présentées pour la circonscription électorale de la Préfecture de Dikhil:

N° NOMS DES CANDIDATS TITULAIRES
  NOMS DES CANDIDATS SUPPLEANTS

1 FARADA WITTI MOHAMED
ABDALLAH HOUMED ABDALLAH

2 DJAMA HOUSSEIN ROBLEH
ABDILLAHI WAIS MIGUIL

3 AREYTA MAHISSO LOUBACK
SAADYA MOHAMED SOUGUEH

4 ISMAIL HAMADOU HOUSSEIN
YOUSSOUF ALI EBO

5 HOUSSEIN BOGOREH BOUH
YACIN ABDI BOULHAN

6 ASIA OUDOUM HOUMED
ABYAZID IBRAHIM MAHAMAKE

7 ABOUBAKER DAHER AWALEH
HABIBA ALI DIRIEH

8 ARADO HAMAD NINA
ALI MOHAMED OMAR

9 IBRAHIM HASSAN ABDI
MOHAMED ABDILLAHI MOUSSA

10 FATOUMA MOHAMED WITTI
ALI MOHAMED HASSAN

11 ALI GOURO MOHAMED
ABDOULKADER OBOKAR FARAH

e) Listes de candidats titulaires et suppléants présentées pour la circonscription électorale de la Préfecture d’Obock:

N° NOMS DES CANDIDATS TITULAIRES
    NOMS DES CANDIDATSSUPPLEANTS

1 KASSIM ALI DINI
DAOUD AHMED ALI

2 AHMED ALI MOHAMED
KAMIL MOLA ALI

3 OMAR MOHAMED KAMIL
AHMED ALI OMAR

4 BOURHAN ABDALLAH BOURHAN
ALI OBAKAR ISMAIL

f) Listes de candidats titulaires et suppléants présentées pour la circonscription électorale de la Préfecture de Tadjourah:

N° NOMS DES CANDIDATS TITULAIRES
     NOMS DES CANDIDATSSUPPLEANTS

1 YOUSSOUF AMBASSA MOHAMED
AMBASSA MOHAMED IBRAHIM

2 MARIAM MOHAMED IBRAHIM
MOHAMED IBRAHIM MAKI

3 MOHAMED CHEHEM KAMIL
MOHAMED ALI AHMED

4 MOHAMED ALI AHMED HEBANO
AHMED BOHA ALI

5 WAHIB MOHAMED SALEM
ABOUBAKER ADAKE MOHAMED

6 HASSAN HAMAD ALI
ABDALLAH HABIB ABDALLAH

II. LISTES DES CANDIDATS TITULAIRES ET SUPPLEANTS PRESENTEES PAR LE GROUPEMENT DES PARTIS POLITIQUES DENOMME UNION POUR LA MAJORITE PRESIDENTIELLE (U.M.P.)

a) Listes de candidats titulaires et suppléants présentées pour la circonscription électorale de la Préfecture de Djibouti-ville:

N° NOMS DES CANDIDATS TITULAIRES
     NOMS DES CANDIDATS SUPPLEANTS

1 ILYAS MOUSSA DAWALEH
NIMA BOULHAN HOUSSEIN

2 ABDOULKADER KAMIL MOHAMED
ABDOU KAMIL MOHAMED

3 IDRISS ARNAHOUD ALI
NOUH WARSAMA MIREH

4 DILEITA MOHAMED DILEITA
MOHAMED HASSAN HOUMED

5 ALI MOHAMED DAOUD
DINI ALI MAHAMADE

6 ILMI MOUSSA HASSAN
MOUSSA OSMAN OMAR

7 MOHAMED ALI FOULIEH
ABDILLAHI BARREH BOCK

8 OUMMA MOHAMED HAMID
AICHA IBRAHIM LOUBACK

9 HASSAN SAID GOUMANEH
IDLEH SAID DOUALEH

10 ABDO SIKIEH DIRIEH
IBRAHIM OMAR AHMED

11 ALI ABDI FARAH
YOUSSOUF ABDI DJAMA

12 MOHAMED BARKAT ABDILLAHI
HASSAN DAHER HAD

13 CHARMARKE MOUSSA ARREH
FARAH MOHAMED OSMAN

14 IBRAHIM SOULTAN ABDILLAHI
MOHAMED ADOCH KAIRDON

15 ABDOURAHMAN HASSAN RAYALEH
DJIBRIL OMAR MOHAMOUD

16 DARAR ALI AMIRI
SOULEIMAN ABDOULAZIZ HASSAN

17 ALI SOUBANEH ATTEYEH
KADIRA OMAR SAID

18 MOHAMED ABDOURAHMAN ABDILLAHI
AHMED ABDILLAHI ELMI

19 MOHAMED YOUSSOUF GOUMANEH
KADIJA ALI ELMI

20 YOUSSOUF MOUTOUNA ABAKARI
HOUMED ISMAIL MOUSSA

21 OMAR ADEN SAID
IBRAHIM MIRGAN BARKAT

22 NOUH HASSAN GOULED
MOHAMED ABDALLAH AU

23 ABDILLAHI BILAL KIDAR
SAID OMAR ADEN

24 AHMED HASSAN MOHAMED
ALI MOHAMED HOUMED

25 SAFIA ELMI DJIBRIL
SAADA AHMED DJAMA

26 HOUSSEIN ALI WARSAME
ISMAIL AHMED ABDILLAHI

27 MAHDI MOUMIN HADI
MOHAMED ABDILLAHI MAHAMOUD

28 WAHIB AHMED BENT AHMED
OUBAD NASSER AHMED

29 IBRAHIM CHEHEM DAOUD
BARAGOITA MOHAMED BARAGOITA

30 OMAR ABDI SAID
YOUSSOUF ADAWEH LADIEH

31 ABDILLAHI ALI BOURALEH
MOHAMED ADEN WABERI

32 BOURHAN MOHAMED ALI
MOHAMED OMAR DATO

33 ANTOINE MICHEL BARTHELEMY
MOHOUMED MOHAMED HOUSSEIN

34 HASSAN MOHAMED FARAH
SIAD MOUMIN ABDI

35 ABDOULKADER HASSAN MOHAMED BOKO
HOUMED LOITA OUGOUREH

b) Listes de candidats titulaires et suppléants présentées pour la circonscription électorale de la Préfecture d’Ali-Sabieh:

N° NOMS DES CANDIDATS TITULAIRES
     NOMS DES CANDIDATS SUPPLEANTS

1 ELMI OBSIEH WAIS
FARHAN MOUSSA ROBLEH

2 ABDI KHAIREH BOUH
MOUSSA ROBLEH DJILAL

3 MOUSSA YABEH WARSAMA
HASSAN OMAR ABSIEH

4 DEKA AHMED ELMI
AHMED ABDOULKADER OKYEH

5 OMAR ALI WAIS
ABDI DIRIEH SAMOD

6 ISMAIL APTIDON YONIS
MOHAMED ELMI ASSOWEH

c) Listes de candidats titulaires et suppléants présentées pour la circonscription d’Arta:

N° NOMS DES CANDIDATS TITULAIRES
     NOMS DES CANDIDATS SUPPLEANTS

1 OMAR WABERI MALOW
AHMED MOUSSA DABAR

2 DJIBRIL ABDILLAHI MIGANEH
YACIN AHMED MOUSSA

3 ASSIA MOHAMED SANALASSE
ADOU SANALASSE OUDOUM

d) Listes de candidats titulaires et suppléants présentées pour la circonscription de Dikhil:

N° NOMS DES CANDIDATS TITULAIRES
     NOMS DES CANDIDATS SUPPLEANTS

1 OUGOUREH KIFLEH AHMED
MOHAMED SAID MOUSSA

2 MAHAMOUD HASSAN FARAH
HASSAN KAYAD DJAMA

3 MOHAMED ABDOULKADER MOHAMED
ABDALLAH BARKAT IBRAHIM

4 ADEN DARAR MOUSSA
HASSAN MOHAMED GUEDA

5 ABDOULKADER MOHAMED MOUSSA
ABDO MOHAMED ABDO

6 ABDOULWAHAB BARKAT GOURAD
MOHAMED OUDOUM HAMADOU

7 AICHA DABAR GUELLEH
ALI ROBLEH BOUH

8 MOUSSA MOHAMED SAID
ABOUBAKER HACHIM GUELLEH

9 ELAF ALOITA DOUROUY
OUDO ALOITA HARED

10 AHMED MOHAMED ALI
WAIS AHMED MOUSSA

11 DJAMA SAID BOGOREH
FOZIA MOUSSA BOURALEH

e) Listes de candidats titulaires et suppléants présentées pour la circonscription d’Obock:

N° NOMS DES CANDIDATS TITULAIRES
     NOMS DES CANDIDATS SUPPLEANTS

1 ALI HASSAN HOUMED
HOUMED LOUBACK ALI

2 HASNA HOUMED BILIL
FATOUMA ALI ABDALLAH

3 ALI CHEHEM BOURHAN
ISSA MOHAMED OMAR

4 HOUMED MOHAMED DINI
ABDOULKADER DINI MOHAMED

f) Listes de candidats titulaires et suppléants présentées pour la circonscription de Tadjourah:

N° NOMS DES CANDIDATS TITULAIRES
    NOMS DES CANDIDATS SUPPLEANTS

1 HASSAN OMAR MOHAMED
FATOUMA MOHAMED KAMIL

2 MOHAMED ALI HOUMED
HAMADOU MOHAMED ARAMIS

3 HASSAN OMAR MOHAMED KAMIL
ABDOULKADER IBRAHIM CHEHEM

4 ALI ADOYTA IWAD
ABDOURAZAK ISMAIL AHMED

5 ABDOULKADER ALI HOUMED
MOUSSA MOHAMED ALI

6 ISMAIL AHMED ADLAO
MOHAMED MOUSKOULTA ALI

III – LISTES DES CANDIDATS TITULAIRES ET SUPPLEANTS PRESENTEES PAR LE PARTI POLITIQUE DENOMME CENTRE DE DEMOCRATE UNIFIE (C.D.U.)

a) Listes de candidats titulaires et suppléants présentées pour la circonscription électorale de la Préfecture de Djibouti-ville:

N° NOMS DES CANDIDATS TITULAIRES
     NOMS DES CANDIDATS SUPPLEANTS

1 OMAR ELMI KHAIREH
ABDOURAHMAN MOHAMED HASSAN

2 DJIBRIL YOUSSOUF AHMED
HASSAN YOUSOUF

3 MADINA MOHAMED ABDALLAH
KADIGA GOURO ABDALLAH

4 MAKAHIL ABDILLAHI HASSAN
MOHAMED ABDI OMAR

5 ABDILLAH HASSAN ROBLEH
AHMED HASSAN ROBLEH

6 ISMAN MOHAMED MATAN
MOHAMED TAHER ELMI

7 ELEYEH MOUSSA ABSIE
OMAR WAIS ADJEB

8 OSMAN ALI DOUALEH
YONIS ISMAIL ABDILLAHI

9 MAHAMOUD ALI BOULALEH
FAHIYEH AHMED MOHAMED

10 OSMAN IDRISS DABAR
OUBAH ELMI KHAIREH

11 DJAMA KAYAD ALI
ABDILLAHI KAYAD ALI

12 MOHAMED HASSAN MOHAMED
FARDOUSSA MOHAMED HASSAN

13 MOHAMED HASSAN MOUSSA
DAHER OSMAN OMAR

14 ALI ELMI AHMED
MOURAD ELMI AHMED

15 TOLMONE OUSMAN BEDER
OMAR ALI SALLAM

16 ROBLEH HOUSSEIN OKIEH
ABDOULKADER ALI HAMADOU

17 SALAM MAHAMOUD SOULTAN
ABDOURAZACK MOHAMED AMOUD

18 WAHIB DJAMA MAHAMOUD
MOHAMED-ID HACHI DIRIEH

19 ADEN ISMAIL WEIRAH
AHMED ABSIEH BOURALEH

20 ISMAIL MOHAMADE HOUMED
TALEB MOGUEH FARAH

21 AHMED-ILIACE MAHAMOUD HASSAN
MOHAMED FARAH ABSIEH

22 ABDI MAHAMOUD DIRIEH
MOHAMED ELMI BOULALEH

23 MAHAMED AHMED GALEB
ALI-IDE ABDI AHMED

24 AWALEH OSMAN BOURALEH
ABDOURAHMAN OMAR WAIS

25 ALI GOUMANE DJAMA
NASSER ABDOURAHMAN MOHAMED

26 ABDORACHID OMAR ELMI
HASSAN ASKAR AWALEH

27 CHARMARKE WABERI AMARE
IDRISS MOUSSA DJAMA

28 ABDOULKADER MOHAMED BAROUD
MARIAM OFLEH KOCHIN

29 ADEN FARAH SAMATAR
OSMAN HASSAN OMAR

30 HOUSSEIN MOHAMED HOUSSEIN
AHMED MOHAMED YOUSSOUF

31 CHOUKRI OSMAN HASSAN
FATMA ALI DARAR

32 AHMED GASS ALI
ABDALLAH MOHAMED ABDALLAH

33 HASSAN HOUSSEIN WABERI
HASSAN YABEH HOUFFANEH

34 AHMED ABDILLAHI DJAMA
AHMED MOHAMED ABDALLAH

35 SAMIRA MOHAMED YOUSSOUF
YOUSSOUF ALI BARIH

b) Listes de candidats titulaires et suppléants présentées pour la circonscription électorale de la Préfecture d’Ali-Sabieh:

N° NOMS DES CANDIDATS TITULAIRES
     NOMS DES CANDIDATS SUPPLEANTS

1 MOHAMED AHMED ATTEYEH
YONIS YOUSSOUF DALIEH

2 ABDI ABDILLAHI AHMED
HOUSSEIN OMAR DIRIR

3 MAHAMOUD OKIEH HOUSSEIN
IDRISS AHMED HOUSSEIN

4 RACHID HASSAN HERSI
ISMAIL GUIREH WAISS

5 ABDILLAHI OSMAN SAMIRIEH
ABDI ELMI FARAH

6 ZAHRA ABDILLAHI BOULALEH
MOHAMED SAID FARAH

c) Listes de candidats titulaires et suppléants présentées pour la circonscription électorale de la Préfecture de Dikhil:

N° NOMS DES CANDIDATS TITULAIRES
     NOMS DES CANDIDATS SUPPLEANTS

1 MAHAMAD HAMAD MAHAMAD
ABDOULKADER YACOUB MIRGAN

2 HOUSSEIN AHMED FARAH
SALAH HOUSSEIN AHMED

3 HASSAN MOHAMED ABDALLAH
HAMADOU AHMED MOHAMED

4 MOHAMED ALI ADOU
MOHAMED IDRISS ABDALLAH

5 MOHAMED HASSAN MAÏN
HERSI MOHAMED BOUH

6 KIFLEH ISMAIL MOYALEH
MOUSSA WITTI MOUSSA

7 ALI ADEN HASSAN
HABONE ADEN HASSAN

8 ABDALLAH DAOUD ADOU
HOUSSEIN ALI HOUMED

9 HAMAD ALOITA DOUROUY
MAHAMAD ADEN HAMAD

10 AMINA DJAMA GOD
OMAR IDRISS OMAR

11 IBRAHIM LOITA IBRAHIM
MOHAMED MIRGAN ADEN

d) Listes de candidats titulaires et suppléants présentées pour la circonscription électorale de la Préfecture de Tadjourah:

N° NOMS DES CANDIDATS TITULAIRES
      NOMS DES CANDIDATS SUPPLEANTS

1 ALI ADEN ALI
MOHAMED ALI MOHAMED

2 ABDALLAH ALI MOHAMED
AHMED ALI GUEDKALA

3 ADAWA MOHAMED ADAWA
MOHAMED HASSAN ALI

4 KAMISSI ABOUBAKER MOHAMED
MASSO MERITO IBRAHIM

5 ISMAEL HOUMED ISMAEL
MOHAMED AHMED HOUMED

6 ABDALLAH MOHAMED SOUFFAN
ISMAEL

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Liste des publications du journal Réalité de 2002 à 2005

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PUBLICATIONS DU JOURNAL REALITE

DE 2002 A 2005

 

 PUBLICATIONS DE REALITE EN 2005

Réalité n°132 du 30 mars 2005

Réalité n°131 du 23 mars 2005

Réalité n°130 du 16 mars 2005

Réalité n°129 du 9 mars 2005

Réalité n°128 du 2 mars 2005

Réalité n°127 du 23 février 2005

Réalité n°126 du 16 février 2005

Réalité n°125 du 9 février 2005

Réalité n°124 du 2 février 2005

Réalité n°123 du 26 janvier 2005

Réalité n°122 du 19 janvier 2005

Réalité n°121 du 12 janvier 2005

Réalité n°120 du 5 janvier 2005

 PUBLICATIONS DE REALITE EN 2004

Réalité n°119 du 29 décembre 2004

Réalité n°118 du 22 décembre 2004

Réalité n°117 du 15 décembre 2004

Réalité n°116 du 8 décembre 2004

Réalité n°115 du 1 décembre 2004

Réalité n°114 du 24 novembre 2004

Réalité n°113 du 17 novembre 2004

Réalité n°112 du 10 novembre 2004

Réalité n°111 du 3 novembre 2004

Réalité n°110 du 27 octobre 2004

Réalité n°109 du 20 octobre 2004

Réalité n°108 du 13 octobre 2004

Réalité n°107 du 6 octobre 2004

Réalité n°106 du 29 septembre 2004

Réalité n°105 du 22 septembre 2004

Réalité n°104 du 15 septembre 2004

Réalité n°103 du 30 juin 2004

Réalité n°102 du 23 juin 2004

Réalité n°101 du 16 juin 2004

Réalité n°100 du 9 juin 2004

Réalité n°99 du 2 juin 2004

Réalité n°98 du 26 mai 2004

Réalité n°97 du 19 mai 2004

Réalité n°96 du 12 mai 2004

Réalité n°95 du 5 mai 2004

Réalité n°94 du 28 avril 2004

Réalité n°93 du 21 avril 2004

Réalité n°92 du 14 avril 2004

Réalité n°91 du 7 avril 2004

Réalité n°90 du 31 mars 2004

Réalité n°89 du 24 mars 2004

Réalité n°88 du 17 mars 2004

Réalité n°87 du 10 mars 2004

Réalité n°86 du 3 mars 2004

Réalité n°85 du 25 février 2004

Réalité n°84 du 18 février 2004

Réalité n°83 du 11 février 2004

Réalité n°82 du 4 février 2004

Réalité n°81 du 28 janvier 2004

Réalité n°80 du 21 janvier 2004

Réalité n°79 du 14 janvier 2004

Réalité n°78 du 7 janvier 2004

 PUBLICATIONS DE REALITE EN 2003

Réalité n°77 du 31 décembre 2003

Réalité n°76 du 24 décembre 2003

Réalité n°75 du 17 décembre 2003

Réalité n°74 du 10 décembre 2003

Réalité n°73 du 3 décembre 2003

Réalité n°72 du 26 novembre 2003

Réalité n°71 du 19 novembre 2003

Réalité n°70 du 12 novembre 2003

Réalité n°69 du 5 novembre 2003

Réalité n°68 du 29 octobre 2003

Réalité n°67 du 22 octobre 2003

Réalité n°66 du 15 octobre 2003

Réalité n°65 du 8 octobre 2003

Réalité n°64 du 1er octobre 2003

Réalité n°63 du 24 septembre 2003

Réalité n°62 du 17 septembre 2003

Réalité n°61 du 10 septembre 2003  

Réalité n°60 du 16 juillet 2003

Réalité n°59 du 9 juillet 2003

Réalité n°58 du 2 juillet 2003

Réalité n°57 du 25 juin 2003

Réalité n°56 du 18 juin 2003

Réalité n°55 du 11 juin 2003

Réalité n°54 du 4 juin 2003

Réalité n°53 du 28 mai 2003

Réalité n°52 du 21 mai 2003

Réalité n°51 du 14 mai 2003

Réalité n°50 du 7 mai 2003

Réalité n°49 du 30 avril 2003

Réalité n°48 du 23 avril 2003

Réalité n°47 du 16 avril 2003

Réalité n°46 du 9 avril 2003

Réalité n°45 du 2 avril 2003

Réalité n°44 du 26 mars 2003

Réalité n°43 du 19 mars 2003

Réalité n°42 du 12 mars 2003

Réalité n°41 du 5 mars 2003

Réalité n°40 du 26 février 2003

Réalité n°39 du 19 février 2003

 

Les éditions précédentes seront disponibles bientôt sur le site

 

Dernières éditions Journal Réalité

Réalité numéro 132 du mercredi 30 mars 2005

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Réalité numéro 132 du mercredi 30 mars 2005

Sommaire  

Éditorial

Brèves nationales

Courrier des lecteurs

Interview de M. Mahdi Ibrahim

Une catastrophe nommée candidat solitaire

Laa Ilaahah Illallah

 Directeur de Publication : ALI MAHAMADE HOUMED

Codirecteur : MAHDI IBRAHIM A. GOD

Dépôt légal n° : 132

Tirage : 500 exemplaires

Tél : 25.09.19

BP : 1488. Djibouti

Site : www.ard-djibouti.org

Email : realite_djibouti@yahoo.fr

 

Éditorial

 LA PAROLE EST AU PEUPLE :

RÉALITÉ CESSE DE PARAÎTRE

« Il n’y a pire bête que celle qui se tète, ni pire humain que celui qui se vante » dit un proverbe local. A l’heure où notre journal a décidé d’interrompre sa publication la semaine prochaine, ce n’est pas à sa Rédaction d’encenser sa place dans l’ensemble de la presse djiboutienne. Modestie des propos n’étant pas oubli des origines, tout juste devons-nous rappeler ce qu’une telle liberté doit au fracas des armes. Comme il est de notre devoir de ne pas occulter les sacrifices consentis par l’équipe de rédaction : pour avoir bénévolement animé ces colonnes, ces membres ont tous perdu leurs salaires de fonctionnaires depuis mai 2002. Enfin, nos lecteurs savent autant que nous que la meilleure reconnaissance de l’utilité de « Réalité » réside dans l’insulte que nous adresse l’adversaire.

 

Ecrire n’est pas un engagement en soi. Il se peut même, et c’est la mauvaise impression qui nous a souvent hantés, que s’en contenter ou lui accorder une importance narcissique servait à maints égards un régime présentant cette liberté accordée à la presse d’opposition comme la parfaite illustration qu’une réelle démocratie existe à Djibouti. Il fallait vivre avec, jusqu’à ce que les événements commandent de remettre en question le postulat de notre utilité. Ce qui est le cas aujourd’hui : écrire ne suffit plus parce que la mobilisation implique une autre forme d’engagement, physique et plus proche d’un Peuple pour lequel, dans sa grande majorité, ces colonnes peuvent avoir quelque chose d’abscons. Dans sa phase actuelle, le boycott actif peut se passer de ce journal : c’est désormais de vive voix, à pied et dans la rue que le message de l’UAD doit responsabiliser.

 

Dans un premier temps, il s’agira d’expliquer partout la portée historique de la pétition lancée en faveur du boycott. C’est le véritable geste de citoyenneté responsable dont chacun doit être capable. Dans aucune démocratie digne de ce nom, une candidature unique ne saurait être tolérée. Surtout quand aucun moyen public n’est mis à la disposition de l’opposition pour sérieusement expliquer sa position. Si débat clair il y avait eu, c’est aux citoyens et à eux seuls qu’aurait appartenu la décision suprême de juger qui a tort et qui a raison. En toute indépendance.

 

Dans un deuxième temps, c’est en manifestant pacifiquement que nos concitoyens, partout encadrés par des responsables de l’opposition, dénonceront une mascarade électorale qui est la négation de leur citoyenneté, en ce qu’elle leur dénie toute possibilité de choix. Ce n’est pas une telle imposture qui est nouvelle, c’est notre détermination à sanctionner l’illégalité qui l’autorise. L’actuelle posture du candidat solitaire rappelle celle d’un attaquant lorsque la règle ne structure pas le terrain de football.

 

Ici, ce joueur hors-jeu, en embuscade devant la cage adverse et attendant une passe venue de loin pour prendre à défaut un gardien sans défense, un tel joueur a un nom : « Saariq al Gool ». Voleur de but : voilà ce qu’est en réalité le candidat unique. Il faut donc mettre hors-jeu un joueur ne respectant aucune règle de jeu : le meilleur arbitre, c’est le Peuple souverain ! Que la RTD ait censuré les récents événements survenus au Kirghistan, où un despote a été chassé par la pression de la rue, est révélateur de la fragilité du despote local : c’est tout à fait réalisable ici. Et le Peuple djiboutien a droit au changement.

 

Donc, « Réalité » ne sera pas disponible la semaine prochaine. Avec l’ensemble des responsables de l’UAD, sa Rédaction sillonnera l’ensemble du pays à la rencontre de tous nos concitoyens. Naïf est ce régime qui pense qu’une menace suffit à nous dissuader d’être visibles. Car, la vie d’un parti politique ne peut se résumer aux réunions dans les annexes ou aux colonnes dans un journal. Prétendre imposer une telle clandestinité, c’est prendre le risque d’inciter à une autre forme d’expression. De tout cela, et de beaucoup d’autres sujets, il en sera question au grand meeting auquel l’UAD invite tous ses concitoyens, qui se tiendra vendredi prochain à l’avenue Nasser devant le siège de l’UDJ.

 

 

Brèves nationales

 

Dérive d’une campagne insolite :

 

Le temps des griots

 

La fébrilité officielle étant proportionnelle au rejet populaire chaque jour et partout manifesté, le ministre de l’Intérieur multiplie les déclarations en forme de mise en garde à l’opposition, accusée de vouloir troubler l’ordre public. Pendant ce temps, le reste de la troupe présidentielle ne se prive pas non plus de provoquer l’UAD et ses dirigeants. Ainsi, des griots patentés lancent à longueur de journée sur les ondes d’autres défis irresponsables à l’opposition.

 

Parmi ces griots réquisitionnés, le plus ridicule est sans doute cet octogénaire émargeant à la Présidence au titre de chargé de mission. De l’avis général, ses propos indignes d’un vieillard ont choqué l’opinion par leur vulgarité bien au-dessous de la ceinture. Aussi, loin d’améliorer l’image du candidat solitaire, ces individus provocateurs ne font que renforcer le mécontentement populaire contre l’imposture.

 

Par ailleurs, ces griots alimentaires apportent de l’eau au moulin des partisans du boycott et réussissent tout simplement à exacerber le mépris contre la personne de celui qu’ils soutiennent, sans même parler de son bilan.

 

La majorité de nos concitoyens a bien compris que l’UAD a parfaitement raison de refuser un jeu électoral truqué imposé par un régime délinquant et corrompu. Surtout que cela neutralise les insultes officielles.

 

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Ali-Sabieh :

La réalité contre le mensonge officiel

 

Spécialiste des fausses promesses et fomenteur des jalousies sociales, le candidat solitaire a commencé sa campagne officielle dans les districts de l’Intérieur par celui d’Ali-Sabieh. Si les médias publics n’ont pas hésité à glorifier l’événement en exhibant des milliers de badauds pour la plupart convoyés de la Capitale, les habitants de cette ville et de ce district font quant à eux savoir qu’ils boycotteront la mascarade du 8 avril prochain.

 

Comme ailleurs, ils ont été amusés par cet afflux de badauds déplacés par milliers, uniquement pour faire croire que le candidat solitaire attire partout les foules. En fait, cette stratégie qui consiste à exhiber partout les mêmes réquisitionnés, rappelle celle que la tradition locale appelle ici « les renforts du macaque ».

 

Et pour cause : les Assajog sont majoritairement mécontents du mensonge officiel. Mettant en avant le chômage des jeunes, ils rappellent le mirage que s’est révélé n’être l’usine d’Il Jano, souvent en panne et où ne travaillent que quelques jeunes originaires de cette région. Quant aux méga projets annoncés, ils sont loin de faire leur bonheur.

 

Enfin, tous se disent mécontents de la fameuse commission de campagne où figurent, paraît-il, des députés de sinistre mémoire.

 

Pour toutes ces raisons et tant d’autres qu’il partage avec toutes les régions de notre pays, le district assajog n’entend pas devenir le laboratoire des expériences ratées du candidat solitaire.

 

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Cadeau électoral de Melès Zenawi :

Pour un ancien « Diré-Dawa lidj »

 

Le Premier ministre éthiopien a effectué une brève visite dimanche dernier à Djibouti. Il a aussitôt été accueilli seul par le candidat solitaire. Rien n’a filtré de leurs entretiens. Tout ce que l’on sait, c’est que notre puissant voisin ne serait pas venu les mains vides. Outre une importante cargaison de khat, immédiatement convoyée sur Ali-Sabieh, il aurait également offert des milliers de T-shirts et des casquettes couleur verte solitaire.

 

On s’aide comme on peut entre candidats même si, en réalité, on se tire dans les pattes… En fait, le Premier ministre éthiopien ne serait venu que pour conseiller un ancien compatriote qui avait rappelé ses origines, en langue locale, au Parlement éthiopien au début de son dernier mandat.

 

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Arrestation arbitraire d’un opposant :

Houssein Robleh emprisonné pour l’exemple ?

 

Notre camarade Houssein Robleh Dabar, ancien cadre du FRUD-armé et militant actif de l’UDJ, a été arrêté samedi dernier, alors qu’il regardait passer des manifestants lycéens. Aussitôt placé en garde à vue, il a été transféré à la prison de Gabode trois jours après. A travers cette arrestation arbitraire, le régime semble vouloir intimider l’opposition. Peine perdue! Notre cause est juste et notre Peuple nous soutient.

 

L’UAD exige la libération immédiate et sans condition de Houssein Robleh Dabar et dénonce les provocations irresponsables d’un régime aux abois.

 

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Nouvelle étude historique :

Un Djiboutien écrit sur l’Éthiopie

 

Notre confrère Aramis Houmed Souleh, spécialiste de la culture afar, a récemment publié une étude sur la vie de deux sultans d’Awsa, Mohamed Hanfaré dit Illalta (1861-1902) et Ali Mirah, Sultan depuis 1944. Son étude, préfacée par Gérard Prunier, directeur du Centre des Études Éthiopiennes, est une somme de connaissances sur l’Histoire récente de notre région à travers la vie de deux personnages hors du commun.

 

Tous ceux qui s’intéressent à l’Histoire de l’Éthiopie vue sous l’angle de cette composante pourront acquérir cet ouvrage au prix de 3.000 FD à la papeterie Kouros et à Discorama. « Réalité » félicite l’auteur et l’encourage à poursuivre ses travaux historiques dans un domaine exploré que par de rares chercheurs étrangers.

 

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Des militaires non militants :

Le solitaire rogne leurs maigres revenus

 

Des militaires retraités réclament à cor et à cri le versement de leurs arriérés soldes de 1995 et 1997, comme l’indique depuis 2003 le président de leur association, M. Houssein Abdi Egueh. Qui, dans un courrier adressé le 18 février de cette année au ministre des Finance, regrette que les promesses officielles relatives au calcul de l’impôt et versement de onze mois de prime d’alimentation n’aient pas été honorées.

 

Leurs collègues anciens gendarmes dénoncent la suppression des soins médicaux imposée par le candidat unique, prétendument proche des hommes en arme ou l’ayant été. Les militaires en service se plaignent eux des nouveaux barèmes de solde institué par un récent décret présidentiel et revoyant à la baisse le montant de leurs soldes injustement charcutées.

 

Last but not least, les mutilés n’arrivent pas à obtenir une pension d’invalidité conforme au préjudice physique subi dans l’exercice de leurs missions sous les drapeaux.

 

Ainsi, pour ne prendre qu’un seul cas, citons les déboires de l’ex caporal Mohamed Gaditto, retraité depuis 2001 qui, malgré toutes ses démarches, n’a pas pu faire valoir son droit à la révision du taux d’invalidité qui doit être le sien.

 

A l’heure où des militaires favorisés de la garde présidentielle sont présentés comme l’exemple de l’armée de demain, la grande majorité des militaires s’inquiète de l’avenir morose que lui prépare le frileux candidat solitaire, qu’ils ne rééliront pas. Il en va de leur avenir.

 

 

Courrier des lecteurs

Un lecteur d’Obock nous a adressé ce courrier contenant deux brèves informations, disponibles nulle part ailleurs. L’une relate la discourtoisie des autorités djiboutiennes lors d’une réunion mixte prévue à Rahaïta avec la partie érythréenne. La seconde évoque une récente mésaventure d’AIR-FAD, qui a failli tourner au cauchemar.


 

Une maladresse à la mesure de ses auteurs

 

Une fois encore, le gouvernement de Djibouti a démontré avec éclat, le faire -semblant et l’inconsistance qui l’ont toujours caractérisé. Les djiboutiens sont résignés et font avec, du moment qu’ils n’ont jamais participé à la gestion de la chose publique, jamais un haut fonctionnaire et de surcroît un ministre n’ a été inquiété pour une faute qu’il aurait commise dans son département… mais les pauvres djiboutiens espéraient, que l’image sur le plan régional ou international de leur Patrie serait, du moins dans les apparences, ménagée… mais c’était trop attendre des gens qui doivent leurs réussites à des paramètres douteux autres qu’intellectuels.

 

Les relations diplomatiques djibouto-érythréennes viennent justement de subir un coup de froid le jeudi 17 mars 2005 lorsque le gouvernement de Djibouti n’a pas jugé utile d’honorer des engagements antérieurement pris avec l’autre partie. Il s’agit d’une cérémonie de réouverture des frontières entre ces deux états frères. Une réunion mixte au niveau des gouverneurs et des officiers des 2 régions frontalières avait auparavant étudié à Obock les modalités de ce rapprochement (les 9 et 10 février 2005) et le rendez-vous a été pris au 16 mars 2005 à Rahayta au niveau gouvernemental pour officialiser cette opération…

 

Mais c’était sans compter sur le manque de scrupule de la partie djiboutienne qui est persuadée que l’engagement n’engage que ceux qui y croient ! C’est ainsi que le commissaire d’Obock flanqué du commandant du régiment obockois des FAD, s’est retrouvé seul le jour dit face à la partie érythréenne qui, pensant donner à l’opération tout l’honneur qu’elle mérite, était composée des ministres des affaires étrangères, de la défense et de l’Intérieur en plus des responsables locaux des différents départements. L’ambassadeur de Djibouti en Érythrée avait aussi fait le déplacement. Celui-ci s’est d’ailleurs offusqué du comportement ridicule de son gouvernement qui n’a pas été à la hauteur de l’enjeu…

 

« Mais, où est donc passé votre gouvernement ? » lui aurait demandé le chef de la diplomatie érythréenne on peut imaginer le désarroi du commissaire qui ne pouvait qu’endosser la responsabilité de cette GAFFE qui aurait avancé que tout était de sa faute! un oubli ! C’était nier l’évidence, puisque ce même jour ces illustres absents paradaient au palais du peuple pour témoigner leur soutien aveugle au président-candidat-solitaire qui n’en a que faire car c’est plutôt un candidat qu’il lui faut !!!

 

Leur soutien, ça peut attendre. Qui sait ce qu’est devenue cette cérémonie? Aucun écho dans les médias djiboutiens…

 

Un comportement qui conforte les Obockois, de même que leurs concitoyens, dans l’idée qu’ils se sont toujours faite de leurs dirigeants chez qui l’efficacité se mesure plutôt à leur allégeance au chef de l’État et non à la réussite de leur action gouvernementale. Peut-être qu’il n’a jamais existé d’action commune du gouvernement de Djibouti puisque tout aurait été initié par un seuil homme; le Président!

 

Bref, la communauté obockoise comptait énormément sur cette opération qui comportait beaucoup d’avantages : les régions d’Obock et d’Assab sont peuplées des mêmes familles qui pourraient facilement se revoir, la Route Nationale Obock/Érythrée constitue un potentiel économique pour tous ces petits villages qui la bordent et dont les habitants savent de quoi ils parlent, …d’autres conventions signées à Obock prévoyaient le développement des coopérations multiples entre les deux régions sœurs.

 

Le voyage de tous les dangers

 

Les passagers « d’Obock Airways » ont vécu un atterrissage mouvementé, le mercredi 16 mars 2005 sur la piste d’Obock. Pardon! c’est plutôt le petit avion de l’armée djiboutienne qui provisoirement désenclave (avec tous les risques) les régions nord du pays. Et ce jour-là les dix sept voyageurs ont frôlé la catastrophe lorsque leur avion a manqué de s’écraser à l’atterrissage à cause de la crevaison de son pneu survenue, heureusement, au moment de l’arrêt de l’appareil. L’accident a fait plus de peur que mal au grand soulagement des passagers mais aussi des parents au sol. La plupart d’entre eux sortent plutôt effrayés. Et si ce pneu avait crevé quelques secondes plutôt au moment du contact de l’avion avec la piste ? Et l’incident a été l’occasion de dire plus haut ce que les autres pensent plus bas à propos de ce voyage aérien miraculeusement apparu ces derniers mois.

 

Et ce jour-là l’inquiétude s’est emparée des autres passagers en partance pour la Capitale. Il s’agit de la quinzaine des jeunes Obockois dépêchés en urgence pour prendre part à la cérémonie du soutien au candidat-président sans adversaire, au nom de la communauté obockoise toute entière. Et l’avion est en mission spéciale. Les avis se sont vite partagés et un groupe des jeunes sympathisants s’est écrié « le soutien certes, mais pas à n’importe quel prix. »

 

Ils refusent de prendre cet avion qui constitue un danger capital (et gratuit). Ils ont préféré la piste en réquisitionnant un véhicule 4×4 de l’ONED en mission dans la région (autre que pour l’eau). Les inconditionnels ont voulu démontrer la limite de leur dévouement et prouver l’ampleur de leur attachement au GUIDE en bravant ce danger et ont décollé après une attente de quatre heures. Le pneu neuf fut ramené de Djibouti par hélicoptère militaire.

 

Et encore une fois rendons grâce au Très Haut, car l’appareil est arrivé à destination sans encombre.

 

Certes, ce ne sera pas la dernière rotation de cet avion sur Obock. Tous conscients du risque que constitue ce voyage, les Obockois (les plus pressés) ont décidé de l’emprunter en attendant que cette route goudronnée et ces bacs japonais promis les délivrent de ces voyages de tous les dangers.

 

Entre le mal et le pire…mais les interrogations qui reviennent sans cesse aux habitants de ce côté du golfe sont d’ordre sécuritaire. Selon quelles normes voyagent-ils par rapport à celles de l’aviation civile ? Les véhicules ainsi que les embarcations maritimes de l’armée sont strictement interdites aux civils. Est-ce faute d’assurance qui restent uniquement pour professionnels ?

 

D’où vient cette exception aérienne ? De quelles informations dispose-t-on sur ces appareils de seconde main rachetés en Afrique du Sud mais jamais destinés au transport civil. Combien d’heures de vol totalisent ces pilotes militaires dont la plupart font leur initiation sous le regard apeuré des passagers qui regrettent l’absence, depuis deux mois, du capitaine HASSAN ancien pilote, actuellement en mission à l’étranger.

 

Les pilotes « bleus » font certainement de leur mieux mais ne peuvent éviter des décollages et des atterrissages agités avec crissement de pneus et tremblement des sièges. D’ailleurs où est donc passée le service de la protection civile qui a pour tâche de veiller à la sécurité des citoyens. Comme pour boucler la boucle, la liste des passagers en provenance d’Obock fait le voyage à bord du même vol que les passagers comme pour ne laisser aucune trace des occupants de l’appareil en cas de drame que personne ne souhaite… Toutes ces questions et bien d’autres restent posées.

 

Un mince espoir subsiste quand même, non dans la réalisation des promesses de désenclavement de la région qui durent depuis trente ans, mais attendu avec la fin très probable de « ce pont aérien » qui devrait intervenir avec la (dés)élection de son concepteur.

 

Car dans cette affaire tout le monde risque sa peau, civils comme militaires.

 

 

Interview de M. Mahdi Ibrahim

Né en 1957 à Djibouti, Mahdi Ibrahim Ahmed God est membre fondateur de l’ARD, dont il siège au Bureau politique, membre du Haut-Conseil de l’UAD et codirecteur de Réalité. démocrate et opposant de toujours, il fait partie de cette génération d’intellectuels qui a tout sacrifié pour l’idéal démocratique. A l’heure où le régime divisionniste exhibe des opposants rachetés et autres intellectuels alimentaires, Réalité présente le témoignage édifiant d’un vrai patriote. Comme un appel à la droiture et à la tolérance.

« L’UAD est l’incarnation de l’intérêt général 

et la seule alternative à l’UMPisme 

qui menace la paix sociale et l’unité nationale. »

Mahdi Ibrahim

 

Réalité : Autrefois symbole d’une jeunesse qui a réussi, vous êtes aujourd’hui un opposant sans ressources. Racontez-nous les conditions de votre engagement politique et les circonstances de votre faillite professionnelle.

Mahdi Ibrahim Ahmed God : Faire l’historique de mon engagement politique et des circonstances de ma faillite professionnelle prendrait beaucoup de temps. Je vais tout de même essayer de résumer ce vécu d’une part et ensuite démontrer le drame que tout djiboutien vit, qui qu’il soit.

Issu d’une famille politisée j’ai vécu dès mon jeune âge dans ce milieu. A neuf ans j’ai vécu l’emprisonnement de mon père lors des évènements de 1967, pour des raisons politiques. J’ai quitté mon pays un an avant l’indépendance pour faire mes études secondaires et universitaires en France. Donc, je faisais partie de cette génération qui rêvait d’apporter un sang nouveau pour le développement national et la coexistence pacifique. C’était mal connaître Djibouti peut-être !

Par conséquent Aimer son pays était et est pour moi s’engager pour l’Aider à sortir de cette situation d’otage. Je me suis donc engagé directement, sans crainte ni remord. Ma faillite professionnelle n’est donc que la conséquence de mon activisme politique et mes idées sont partagées par une majorité de mes compatriotes. Ce qui m’encouragea davantage et me permit de persévérer. Connaissant donc l’aigreur et le cynisme du régime que j’avais décidé de combattre, je devais m’attendre au pire, y compris à sacrifier femme et enfants. Et c’est ce qui s’est passé d’ailleurs, puisqu’ils sont rentrés en France contraints par la mise en faillite d’abord de l’entreprise familiale héritée de mon père, puis de mon Cabinet comptable, mon épouse travaillant avec moi à l’époque.

J’ai vécu l’esprit d’un système abject. Nous vivons sous une dictature que l’on qualifie dans le jargon actuel de Démocrature. Sa politique consiste à faire de n’importe qui un politicien pourvu qu’un représentant (choisi par lui) pour une fraction tribale, une tribu, une ethnie, etc, fasse partie de son gouvernement ou de son assemblée si ce n’est des arcanes du pouvoir. Ceci est vrai pour tout le monde : Issa, Afar, Issak, Gadabourcy, Arabe, Darod et bien d’autres comme les Soudanais par exemple. A l’époque du parti unique, les représentants tribaux étaient de véritables notables, respectés dans leur communauté d’origine. On se souvient par exemple comment le regretté Moussa Bouraleh, dit Irdeh, avait refusé en 1995 la promotion que Gouled tentait de faire pour son neveu chef de cabinet : « Mais c’est un incapable! Je préfère aller voir Guedi, qui sait comment faire fonctionner une administration. »

Réalité : Une telle descente aux enfers aurait normalement dissuadé plus d’un de persévérer dans l’opposition. D’ailleurs, les reconversions du jour au lendemain ne sont pas rares. Pourtant, vous êtes là, inébranlable. Est-ce le régime qui n’a pas tenté de vous racheter et est-ce vous qui avez résisté ? Auquel cas, à quel prix ?

MIAG : Je suis là parce que je crois à l’avenir de mon pays et au rejet de la division fomentée par un système usurpateur qui ignore que le destin de notre pays n’est viable que dans la mesure où chaque communauté est consciente de l’obligation absolue de vivre ensemble. J’ai été souvent menacé, constamment démarché par des émissaires me faisant miroiter une brillante carrière. Je n’ai cédé ni à l’une ni aux autres. L’enrichissement soudain de certains convertis et les difficultés imposées aux opposants servent d’exemples dissuasifs pour recruter au RPP.

Quant au prix payé pour mon opposition au régime, il est à la hauteur de la paupérisation du peuple et des travailleurs djiboutiens, qui ne sont pourtant pas tous opposants.

Réalité : Pour discréditer votre engagement en faveur de la Démocratie et de l’Unité nationale comme il le peut, c’est-à-dire par la calomnie, le régime vous présente souvent comme une sorte de « coopérant tribal » roulant pour d’autres. Sous la bassesse de l’accusation se cache pourtant une question de fond : comment la politique peut-elle s’affranchir des sollicitations tribales ?

MIAG : Les fausses représentations communautaires et leur dosage ethnico-tribal ne peuvent plus lui servir. Sans idées ni projet de société, ce régime est totalement en panne. Il aurait été plus intelligent pour lui, qui est capable de tuer ou d’affamer ses propres communautés, d’oser tenter une certaine démocratie à la base, permettant ainsi à chaque communauté de choisir librement et souverainement ses représentants dans le respect de l’intérêt général. Il se trouve que le régime en place considère cette option comme dangereuse, car il perdrait tout contrôle sur les tribus et les clans. Or, pour moi, si hier il avait diabolisé la lutte du FRUD et refusé d’admettre que son relais politique dans la Capitale le FUOD (formé d’Afar, d’Issa, d’arabe, d’issak et de gadabourcy) pour lui cette union était « contre-nature ». Il y a cette vérité qui est une contrainte naturelle et spatiale : nous tous, sans distinction aucune, nous sommes contraints de vivre ensemble. Si le régime parle de coopérant-tribal, il ne parle que de sa conception de la vie en communauté puisque étant, divisionniste et dangereux, ses représentants communautaires sont pour lui des « coopérants tribaux ». D’ailleurs, un dicton somali dit que « l’éléphant ne voit pas la tique qu’il porte en lui mais celle de l’autre. » Il ne peut le comprendre, vu sa nature. La Démocratie repose sur le choix libre de ses opinions et de ses idées. Mieux encore, on ne choisit pas sa famille mais ses amis.

Réalité : Comme beaucoup de nos compatriotes, vous avez de la famille dans les pays voisins dont vous suivez avec attention l’évolution politique et sociale. Un tel investissement affectif dans des enjeux extérieurs ne masquerait-il pas un désinvestissement par rapport aux urgences spécifiquement djiboutienne ? En d’autres termes, comment construire une Unité djiboutienne dans un tel environnement ?

MIAG : L’avènement d’une véritable unité nationale passe par l’acceptation de l’autre, de la différence. Nous n’avons aucune différence religieuse mais seulement linguistique et a fortiori culturelle entre les trois grandes communautés du pays que sont les somalis, les afars et les arabes. L’absence d’unité nationale est consécutive à la confiscation de tous les pouvoirs par Gouled qui travaillait depuis 1977 pour son neveu. Pour ce régime tout se résume à la mystification à travers ses médias. Djibouti-ville ne fut dans son passé qu’un point de chute du colonialisme, après la ville d’Obock. Personne, je dis bien personne ne peut revendiquer une Capitale que l’on fait passer aujourd’hui comme un pays tout court. Inadmissible est donc cette Cité/État opposée à tout développement des régions de l’Intérieur et des quartiers de la Capitale. Cette gestion catastrophique ciblée en tribu et sous-tribu, en clan et sous clan doit cesser. Issas, Afars, Gadabourcy, Issacs, Arabes, Soudanais, Arméniens, Français, et métisses de tout genre sommes venus ici pour travailler. Nomades ou semi-nomades, pêcheurs ou chasseurs, nous sommes tous ici pour vivre ensemble et en paix

Le petit groupe qui dirige le pays méprise le peuple parce qu’il le croit docile, abruti par le khat et terrorisé par les hommes en armes : « Dad Ma’aha. On peut en faire ce que l’on veut ». Ce qu’il croit être de la docilité est en fait de la sagesse. Près de trente ans après l’Indépendance, débarrassé du carcan du parti unique et libéré des démons de la guerre civile, notre Peuple est aujourd’hui parfaitement mûr. Conscient que la violation de l’accord de paix du 12 mai 2001 conduit le pays à l’explosion, que la survie de Djibouti en tant qu’État dépend de son application intégrale et immédiate, sans devenir une promesse électorale vouée à être trahie. Et, à l’instar des autres peuples, le nôtre fera incessamment sous peu la démonstration éclatante de sa maturité.

Réalité : Pour la première fois dans l’Histoire du pays, l’opposition dans son ensemble a décidé de boycotter une élection présidentielle. Cette unanimité serait donc, selon votre analyse, une évolution positive dans le sens d’une action politique entendue comme défense des intérêts généraux au détriment des égoïsmes communautaires ?

MIAG : En vérité le boycott a existé à Djibouti en 1992, 1993 et en 1997, contre l’imposture et la division du régime. Seulement ces boycotts n’étaient pas suivis par l’ensemble de l’opposition. A l’élection d’avril 1999, toute l’opposition était réunie dernière son candidat unique, qui est pour moi un ami et un père, M. Moussa Ahmed Idriss, face à l’actuel candidat unique. On connaît la suite : après sa spoliation son emprisonnement, sans parler des victimes tombées ou blessées dans la résidence de ce vaillant combattant de l’indépendance de notre pays, un père de la Nation comme Dini.

Ce qui est inédit en 2005 et un motif d’espoir pour le Peuple, c’est tout d’abord cette unité de l’opposition pour un boycott actif qui a rendu le candidat unique, plus solitaire que jamais. En Démocratie il ne peut y avoir un candidat unique comme lors du parti unique. Boycott actif qui est le seul moyen de lui démontrer l’échec de cette politique néfaste. Cette candidature unique ne reflète que son mépris des textes et du Peuple. Les Djiboutiens doivent ensemble mettre fin à cette dictature vieille de 28 ans. L’usurpation, ça suffit !

L’UAD représente l’incarnation de l’intérêt général et la seule alternative à l’UMPisme qui menace la paix sociale et l’unité nationale.

Réalité : Dans un pays où 80% de la population ne sait ni lire ni écrire, le codirecteur de « Réalité » que vous êtes n’est-il pas frustré quelque part ?

MIAG : Loin d’être frustré, j’ai le sentiment du devoir accompli. « Réalité » n’est pas ma première expérience journalistique. Dès octobre 1992, j’ai participé au lancement d’Al Wahda, organe du FUOD. Puis à celui de l’Indépendant et du Temps. Au total, malgré la terrible évidence de l’illettrisme, que vous avez raison de souligner, après trois années de Réalité, je ressens de la fierté. Malgré la concurrence déloyale d’une presse gouvernementale fonctionnant sur deniers publics, notre journal a joué un rôle important dans la conscientisation et la maturation de notre Peuple.

Cela dit, il est clair que notre discours aurait gagné en intensité si nous disposions d’une radio libre. Puisque nous sommes une société où l’impact de l’oral est capital. Malheureusement, le régime nous interdit de facto une telle opportunité. C’est grave lorsque l’on sait, par exemple, que dans un pays aussi pauvre que Haïti, il y a 200 radios libres.

Réalité : Par définition, la Jeunesse est l’avenir du pays. A la lumière de votre propre expérience, quels conseils lui donneriez-vous afin qu’elle tienne dans notre Nation la place qui doit être la sienne ?

MIAG : L’arbitraire doit cesser. L’actuel candidat n’est pas un candide de la politique. En vérité, cela fait plus de dix ans qu’il préside aux destinées de ce pays, soit par procuration soit directement. Il reste l’homme de l’arbitraire, le chef d’orchestre de la division, du sabotage de l’unité nationale, du renforcement de la parcellisation sociale de la communauté nationale, de la stratification tribalo-clanique de la société djiboutienne et enfin de la dramatique paupérisation du peuple. Peuple qui vit aujourd’hui dans la détresse et la dépossession absolues. Et l’avenir de nos enfants est gravement menacé. Pour lutter contre cet arbitraire, il n’y a qu’une seule voie : celle qui consiste à dépasser le faux clivage nourri depuis des années par ce régime affameur.

C’est pour cela que notre jeunesse doit impérativement se lever, dans un élan unitaire à travers tout le pays, pour dire Non à l’arbitraire, refuser la mascarade et s’exprimer autrement en participant massivement, sans crainte aucune et pacifiquement, à la construction d’une vraie République Démocratique, Libre et Unie.

Le 8 Avril 2005 ne laisse qu’un seul choix responsable:

Imposer par le boycott actif l’Alternance pour l’Avènement d’une réelle Démocratie dans l’Unité et la Solidarité et mettre en œuvre une vraie politique au service du développement équitable de toutes les régions et de toutes les composantes de notre pays.

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Propos recueillis par La Rédaction de Réalité

 

 

Une catastrophe nommée candidat solitaire

 

Une contribution de M. Mohamed Daoud Chehem, Président du PDD,

aux Nouvelles d’Addis

 

M. Mohamed Daoud Chehem, a publié le 27 mars dernier un communiqué dans lequel il précise sa position face à l’actuelle impasse politique. Tout en exprimant sa solidarité aux partis de l’UAD engagés dans une action pacifique contre l’imposture. Sa contribution ci-dessous reproduite, parue dans Les Nouvelles d’Addis, est une implacable démystification du bilan de ce mandat présidentiel, pompeusement mis en scène dans un livre vert solitaire. Le journal du RPP en sera certainement gêné aux entournures, lui qui prétendait que, par sa séparation, le PDD aurait affaibli l’UAD. Preuve qu’il n’en est rien : ce document à lire et à méditer.


 

Le vrai bilan du mandat de M. Ismaël Omar Guelleh (IOG)

 

et les fausses perspectives de son éventuel second mandat

 

Par Mohamed Daoud Chehem,

 

Président du Parti djiboutien pour le développement (PDD)

 

(Exclusif)

 

Djibouti, 24 mars 2005.

 

Au moment où IOG présente son faux bilan de son mandat sous forme d’un livre vert, décrivons le vrai bilan dont le peuple djiboutien est témoin.

 

En réalité, c’est à partir de 1996 que l’actuel Président a commencé à avoir le contrôle sur tous les ministères, par décret présidentiel signé par l’ancien Président Hassan Gouled en sa faveur, au détriment de son directeur de cabinet, M. Ismaël Guedi Hared. Dès cette année-là, il a supprimé la police nationale qui portait ombrage à sa police politique, pour la fusionner à la force nationale de sécurité qui se trouvait sous son contrôle par personne interposée. C’est aussi le début de la paupérisation de la population du fait de la réduction importante des salaires, des retraites et de la résiliation des baux de plus de 400 logements de particuliers qui n’avaient que les loyers comme seul revenu. Ces logements n’ont jamais été remis en état par l’administration, passant outre les obligations des contrats qui la liaient aux propriétaires dont certains n’ont pas pu les relouer à cause de leur mauvais état.

 

Élu Président de la République en 1999, M. IOG n’a fait que continuer sur sa lancée de 1996 à savoir :

 

– Destruction de tous les services ou établissements publics qui fonctionnaient normalement. C’est ainsi qu’il a fermé l’Office national d’Approvisionnement et de Commercialisation qui jouait bien son rôle de régulateur du marché des denrées alimentaires avant et après l’indépendance. A suivi la fermeture de l’établissement public des hydrocarbures sans justifications.

 

– Maintien dans la misère la population malgré l’accroissement des ressources financières dû, non pas à sa bonne gestion, mais lié à des facteurs extérieurs qui ont permis la présence des armées étrangères sur notre territoire en plus de celle de la France qui a presque doublé son aide financière. Cet accroissement est de l’ordre de 11,3 milliards FD d’après le budget national qui est passé de 35,2 milliards FD (153,04 millions d’euros) en 1999 à 46,5 milliards FD (202,17 millions d’euros) en 2005. Sur les 11,3 milliards, les recettes du port et de l’aéroport ne sont pas incluses.

 

Malgré cette manne financière, la situation dans le pays n’a pas cessé de se dégrader dans tous les domaines :

 

– Santé : le seul grand hôpital du pays est devenu un mouroir. Tout en sachant son état réel, lors de l’émission Gros plan du 11-03-05, M. IOG s’est permis de dire que la santé va bien, vraiment il n’a aucun respect pour le peuple. Suppression de l’alimentation des malades depuis son arrivée au pouvoir, c’est incroyable mais vrai.

 

– Éducation : les enseignants sont découragés à la base, dès leur formation à l’école normale. C’est ainsi que les salaires des normaliens sont passés de 80.000 FD [350 euros] à 15.000 FD [65 euros] qui ne couvrent même pas leurs frais de transport. Quel résultat à attendre d’un enseignant démoralisé délibérément par le pouvoir ? Aussi la politique de répression contre les enseignants revendiquant leurs droits a fait fuir à l’étranger nos cadres de grande valeur.

 

– Voirie : entre janvier 2003 [3400B] et mars 2005 [3620B], l’État a acheté plus de 200 véhicules immatriculés en série B pour une valeur de plus d’un milliard FD [4.350.000 euros]. Parmi ces 200 véhicules, il n’y a aucun véhicule utilitaire tel que bennes de ramassage des ordures ni ambulances qui font grand défaut dans les districts de l’intérieur. Les rues de la capitale sont bondées d’ordures par manque des camions. Cela nous montre que l’État a démissionné de ses obligations.

 

Contrairement à ce qu’il avance dans son livre, les arriérés de salaires et les créances des fournisseurs ne sont pas réglés à ce jour.

 

Aujourd’hui, IOG ne peut tromper le peuple djboutien qui est témoin de cette dégradation puisqu’il la vit quotidiennement. Enfin, le constat que l’on peut faire de sa gestion des deniers publics est le suivant : plus l’argent rentre, plus la pauvreté augmente sous ce régime.

 

Toutefois, seul projet que l’on peut mettre à son actif, c’est l’usine d’eau minérale d’Ali-Sabieh.

 

REVENONS AU FONCTIONNEMENT DE L’ÉTAT

 

Dès qu’il a été élu en 1999, IOG a continué à détruire :

 

– les institutions républicaines telles que la police, l’armée et la gendarmerie qui était un corps respecté par toute la population, pour créer sa propre garde républicaine qui a juré sur le livre du Coran de défendre sa personne et non les institutions du pays.

 

– l’administration est actuellement inexistante, il n’y a plus d’écrit, tout est devenu verbal.

 

– le service public est aussi inexistant, chacun s’appropriant le domaine dont il est chef.
– la justice est réduite au silence et sous ses ordres.
– le Trésor public est dépoullé de ses fonctions initiales.
– les biens immobiliers de l’État abandonnés tombent en ruine par manque d’entretien.

 

– la Constitution du pays est mise au placard. Toutes les lois sont bafouées. IOG les fait adopter tout juste pour se donner une image à l’extérieur. Par la suite, il n’en respecte aucune.

 

– la démocratie et les droits de l’Homme, il ne les connaît pas. Pour lui, ce sont les affaires des pays occidentaux, il fait ce bon lui semble de son peuple.

 

– les médias sont publics, sur les textes, mais ils restent uniquement au service du parti au pouvoir et de son chef. Ils ne diffusent que les propagandes mensongères du gouvernement. Parfois ils se font les champions des insultes envers l’opposition ou de tout personne critiquant le régime.

 

– le pouvoir législatif est réduit au rôle d’une chambre d’enregistrement.

 

– de plus la corruption est généralisée et l’impunité a atteint tous les niveaux.

 

FAUSSES PERSPECTIVES DE SON EVENTUEL SECOND MANDAT

 

Personne ne peut attendre de ce régime un avenir meilleur pour les raisons suivantes :

 

1. – Monsieur Ismaël Omar Guelleh veut se maintenir au pouvoir par la force. Or, tout le monde est conscient, sauf lui peut-être, qu’un régime se basant sur la force contre la volonté populaire a toujours eu une fin tragique et le sien ne fera pas exception et il connaîtra le même sort. Ce genre de régime peut même conduire à la destruction du pays.

 

2. – Sur le plan social, la loi n°155/AN/02/4L du 31-01-2003, relative à la réduction des pensions de retraite va entrer en vigueur à partir du 01-01-2007. Tous les fonctionnaires, employés, militaires, policiers et gendarmes verront leurs pensions diminuer de moitié. Cela sera la création de nouveaux pauvres qui vont s’ajouter à ceux qui existent aujourd’hui. M. IOG ne sait qu’appauvrir la population dans l’espoir de rester le plus longtemps possible au pouvoir. Déjà, tous les retraités sont victimes de l’arbitraire du pouvoir qui calculent leurs pensions sur l’indice de 1991 qui leur fait perdre ainsi de 500 à 700 points de leurs échelons. En procédant encore à la diminution des pensions, il montre qu’il n’est pas du tout soucieux des autres sauf de ses propres intérêts.

 

3. – Depuis l’année 2000, la gestion du port de Djibouti est confiée au port du Dubaï. Le contrat entre les deux pays est gardé top secret par le signataire. Dans son livre de faux bilan, IOG reconnaît lui-même que le port est bénéficiaire, mais personne ne sait où vont ses recettes puisque aucun sou n’est versé au Trésor public. L’extension du port de Djibouti est, certes, nécessaire et même obligatoire pour accroître sa capacité étroitement liée au développement de l’Éthiopie avec laquelle nous devons renforcer le partenariat dans tous les domaines. Mais malheureusement, le port de Doraleh n’appartient pas à l’État djiboutien. Il est la propriété d’un État tiers qui prendrait aussi, dans quelques mois, notre douane en main. Cela signifie que nous mettons nos ressources financières entre les mains d’un État tiers. Alors que deviendra notre souveraineté nationale et notre État aussi ? Dans ce cas, il est permis de penser que la République de Djibouti deviendrait le 10ème Émirat qui emploierait des travailleurs étrangers sous-payés au détriment des Djiboutiens qui grossiraient le flot des pauvres qui n’a cessé d’augmenter durant le mandat de IOG.

 

Pour garder notre souveraineté nationale qui risque de nous échapper, l’État djiboutien doit construire ce port lui-même en ouvrant son capital aux investisseurs nationaux et étrangers tout en donnant priorité à ceux qui ont des intérêts dans notre pays. Nous entendons souvent dire que Djibouti n’a pas les moyens suffisants. C’est un faux prétexte car l’obtention de financements est toujours liée à la crédibilité d’un gouvernement, c’est ce qui fait défaut aujourd’hui à ce pouvoir. Egalement, nous devons former nos jeunes dans le cadre de l’exploitation du futur port et montrer que nous sommes capables de conduire notre pays vers un avenir meilleur pour notre peuple sans le mettre entre les mains d’un État tiers sous prétexte qu’il sait mieux gérer que nous. Nous disons à Monsieur Ismaël Omar Guelleh que les Djiboutiens ne sont pas des mineurs incapables. Il suffit de savoir les diriger.

 

Nous pourrions donner encore d’autres raisons montrant que les perspectives, projetées par le candidat sortant pour son éventuel second mandat, ne conduisent qu’à un avenir incertain.

 

Au vu de son bilan négatif sur tous les plans, malgré les ressources financières suffisantes, IOG a mis au grand jour son mépris pour le peuple djiboutien, son incompétence à gérer les affaires de l’État.

 

Le journaliste au mensuel Nouvel Afrique-Asie, M. Sy Savané Mamadou Saliou avait publié dans le numéro de mai 1999, un article intitulé « La déraison au pouvoir » et qui se terminait par la question suivante : « Est-ce que l’ancien policier saura devenir chef de l’État ». Aujourd’hui, nous pouvons répondre à cette question sans hésitation. Monsieur Ismaël Omar Guelleh a raté sa transformation du policier à un homme d’État. Donc, le peuple djiboutien, n’ayant rien à attendre de lui, doit lui refuser un nouveau mandat.

 

MDC

 

 

Laa Ilaahah Illallah

Ces quelques lignes, démystifiant l’imposture officielle, doivent surtout se lire comme un mot d’ordre d’incitation du démocrate djiboutien à la résistance et au combat politique pacifique, pour la conquête de la Liberté. Seules la détermination et la persévérance sont payantes. Nasroun min Allah wa fathoun Qariib.


 

Jamais l’embrigadement de la société civile n’a atteint à Djibouti le niveau qui est aujourd’hui le sien. Ni du temps du parti unique, ni durant la guerre civile. Depuis l’accession au pouvoir de l’actuel candidat solitaire, la politique a perdu son caractère tragique qui faisait et fait ailleurs son sérieux et sa noblesse. Un sextennat durant, elle a délibérément été réduite à sa simple expression théâtrale. Les comédiens officiels y jouent des rôles savamment distribués et grassement rétribués. Pas d’improvisation et toute fausse note y est impitoyablement sanctionnée par le chef de la troupe. Ses rôles préférés sont ceux du sorcier et du soldat : ils sont les plus proches des rapprochés de la cour.

 

Deux comédiens jouent le rôle de sorcier, l’un au grand jour, l’autre en coulisses. Celui qui se donne en spectacle est interprété par les médias publics. Illusionniste, il est officiellement chargé de jet de la poudre aux yeux du peuple par une mise en scène destinée à lui faire croire qu’il le sert. Ainsi, récemment interrogé par un illusionniste (Gros Plan) sur l’impact de sa politique sur l’opinion publique, le candidat solitaire lui retourne la question :

 

« Mais ça, vous le savez mieux que moi. N’êtes-vous pas les faiseurs d’opinion ? ». Coquin, il sait qu’en le rabâchant sans pudeur ni contradiction à la télé, à la radio et dans la presse écrite, ces sorciers des temps modernes peuvent faire d’un gros mensonge une vérité partagée. Ainsi le font-ils passer pour tout ce qu’il n’est pas : l’homme de la paix, de la bonne gouvernance…

 

Parce que d’autres parvenus avant lui y ont souvent eu recours, nous n’excluons pas le bien fondé d’une rumeur persistante, à savoir son recours en coulisses au sorcier tout court : faal, oracles et autres charlatanismes chargés de le prémunir contre l’adversité.

 

Tout rappel étant utile (peut-être se repentira-t-il pendant qu’il en est encore temps ?), rappelons-lui ce qu’a dit l’Unique en chargeant le prophète Moussa d’une mission chez Pharaon : « LAA YOUFLIHOU SAAHIROU HAYSOU ATAA ».

 

Bien que salutaire et pacifique, toute voix dissonante (la nôtre) toute contradiction n’a évidemment pas droit à la scène, à l’audimat. Dont acte !

 

Quant au soldat, son rôle est lui aussi joué par deux acteurs. Celui essentiel et vital pour le parvenu est interprété par un comédien obligé de juger en public sa fidélité à lui. Si l’on y ajoute le SDS, au budget duquel émargent des milliers de femmes, c’est le comédien le plus choyé. Il doit espionner, tenir à distance et le cas échéant réprimer sans état d’âme toute contestation populaire. Exhibé à chaque occasion, c’est un talisman censé conférer au grand parvenu une sorte d’invulnérabilité. Miskiin !

 

Présenté comme garant de l’ordre républicain, le rôle de l’autre soldat est à ses yeux second. Négligé, humilié, il se cherche encore à Djibouti. Partout ailleurs et récemment, il a retrouvé sa voie à défaut de voix. Nous sommes convaincus que les FAD, la Police et la Gendarmerie joueront, à Djibouti aussi, leur vrai rôle à elles imparti par la Constitution : garantes de l’ordre républicain, par la neutralité.

 

S’enflant d’orgueil, il recrute, gratifie, menace, divise et sanctionne à tours de bras. Tirant parti de la misère : morale des uns, tout court des autres. Et il proclame : « C’est Moi ! J’ai le soutien des femmes, des jeunes, des barbus, des imberbes, des enturbannés. C’est Moi ! ». A d’autres, Pharaon !

 

En effet, même si leur sort est identique, plus qu’à Icare, c’est à Pharaon qu’il fait immanquablement penser. Son comportement outrancier est une sommation. Il cristallise ce faisant ce qu’il y a de plus enfoui en chacun d’entre nous : l’ange ou le démon, c’est selon. Poussant un grand nombre à l’exil, éliminant certains, enrichissant les siens, paupérisant les autres et contraignant la majorité à la résignation… ou au sursaut !

 

Par la voix du comédien chargé de l’Intérieur, il vient d’interdire ce qui est légal, légitime : l’expression pacifique d’opinions autres par une opposition légale. Lequel, s’exprimant lors d’un meeting au Héron samedi 26 mars, déclare : « Nous connaissons les agitateurs. Il s’agit de quatre anciens ministres indépendantistes et de quatre universitaires. Ne les écoutez pas ! » Où était-il quand eux tous militaient pour l’Indépendance ? Et il ose nous interdire de nous exprimer et nous accuser de rage. Trouve-t-il normal, lui le prétendu démocrate, qu’un seul candidat soliloque ?

 

Dos au mur, défié, la balle est dans le camp du démocrate, du Mazloum, du lésé de ses droits, c’est-à-dire de l’écrasante majorité des Djiboutiens.

 

S’il ne reste qu’une poignée à relever le défi et inciter le démocrate djiboutien au combat politique pacifique, nous serons celle-là. Et advienne que Mektoub !

 

KAAM MIN FIATIN QALIILATIN RALABAT FIATIN KATHIIRATIN BI IZNILLAH.

Dernières éditions Journal Réalité

Réalité numéro 131 du mercredi 23 mars 2005

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Réalité numéro 131 du mercredi 23 mars 2005

 

Sommaire

  1. Éditorial
  2. Brèves nationales
  3. Interview du Président de l’UAD
  4. Courrier des lecteurs
  5. Communiqué de l’UAD

Directeur de Publication :

ALI MAHAMADE HOUMED

Codirecteur : MAHDI IBRAHIM A. GOD

Dépôt légal n° : 131

Tirage : 500 exemplaires

Tél : 25.09.19

BP : 1488. Djibouti

Site: www.ard-djibouti.org

Email : realite_djibouti@yahoo.fr


Éditorial

L’ETAT

CONTRE LA SOCIÉTÉ

Une des ruses d’un système despotique consiste à systématiquement cloisonner ses concitoyens et à saboter l’émergence d’une conscience nationale, de sorte qu’une communauté donnée dispose de très peu d’informations sur une autre. Le premier résultat de cette méconnaissance de l’Autre est que chaque communauté, confinée dans son insularité, tend à réduire une oppression collective en expérience tribale : ça nous arrive parce que c’est nous. Pour démanteler ces barbelés cognitifs et combattre le régime qui les a dressés, le démocrate soucieux de rassembler le plus grand nombre, par-delà les origines, doit montrer l’invariance de l’arbitraire sous les manifestations multiformes de l’injustice.

Colonialisme et despotisme ont donc au moins ceci en commun qu’ils fondent leur usurpation sur l’assujettissement des structures traditionnelles. La fonctionnarisation des notabilités ne date pas d’aujourd’hui et certains récalcitrants, drapés dans leur dignité, avaient été déportés à Madagascar. Une récente actualité électorale, exhibant des têtes enturbannées réquisitionnées aux fins de propagande partisane, pose avec urgence la question de la place de la société traditionnelle dans le contexte d’un État postcolonial pluriethnique.

Savez-vous pourquoi les Sultans des Ishaq ou l’Ougas des Gadaboursi n’ont pas été invités à soutenir le candidat solitaire, ni leur allégeance médiatisée ? Parce qu’ils ne sont pas des fonctionnaires payés par l’Etat djiboutien? Pas seulement : la vraie raison est que la définition dominante de la nationalité n’a jamais intégré leur pouvoir à Djibouti.

Certains se demandent, par ailleurs, pourquoi les Issa n’ont plus d’Ougas depuis 1994 ? Cette société s’est pourtant dotée de règles de succession solidement établies. C’est que ce vide profite à une autre succession, par laquelle le neveu a ici remplacé l’oncle. Une telle ingérence n’est pas inédite: nul ne devrait ignorer qu’un Ougas, hostile à la construction du chemin de fer, avait vu son pouvoir décliner après que la puissance coloniale eut suscité l’émergence d’un nouveau notable plus docile.

On apprend, ces jours-ci, que des autorités traditionnelles Afar auraient décidé de soutenir la candidature du premier responsable de ce régime corrompu. Parce que leur mission héréditaire consiste à incarner et à préserver le consensus social, une telle intrusion de la Tradition dans la sphère partisane démontre une chose : c’est qu’en outrepassant les limites de leurs prérogatives, le despotisme du régime RPP a déteint sur la conception du pouvoir de ces autorités traditionnelles.

Parce qu’elles n’ont pas le droit d’afficher leurs préférences partisanes, surtout quand il s’agit de se mettre au service d’un violeur d’accord de paix. Et qu’elles n’ont pas le droit, ce faisant, d’engager la responsabilité de leur Miglis respectif, pas plus que d’influencer les convictions politiques de leurs sujets respectifs.

D’ailleurs, elles ne le pourraient pas ! On se souvient qu’au début du conflit civil, ces mêmes autorités traditionnelles avaient lancé un appel exigeant que les rebelles, c’est-à-dire leurs propres enfants, déposent leurs armes et rentrent à la maison. On connaît la suite…

Von Hayek l’avait déjà énoncé : « L’Histoire est le grand cimetière des aristocraties ». Que celles-ci contribuent à leur propre dépérissement, en cautionnant l’injustice et l’arbitraire comme c’est le cas aujourd’hui, n’en est que plus regrettable. Et le regret n’a jamais été le moteur de l’Histoire. Dans la Décentralisation, telle que nous la concevons, le salaire revalorisé des notables aurait pu être inscrit au budget de la Région : ils auraient ainsi été plus libres de défendre les intérêts des leurs.

Que le premier responsable de ce régime corrompu et corrupteur en soit réduit à les instrumentaliser, en semant la zizanie et en leur conférant des capacités de neutralisation qu’elles ne peuvent absolument pas avoir, prouve toute sa fragilité. Car il n’a jusqu’à présent réussi qu’à exhiber ses propres fonctionnaires, pas le Peuple, qui refuse massivement de retirer les cartes d’électeur. Cette compromission ne pourra éviter l’inévitable : la Victoire de la Liberté.


Brèves nationales

La Paix selon la RTD :

Un pêché de plus

Dans le cadre de la campagne électorale de son patron et candidat unique, la RTD a consacré jeudi dernier une longue rétrospective télévisée à la cérémonie de signature de l’Accord de paix du 12 mais 2001. Empêchant les morts de reposer en paix. Car nul n’ignore à quel point il a été saboté par le candidat solitaire : l’application de cet Accord étant incompatible avec la nature de son régime. Pour donner une plus complète information à ce sujet, relatons le dernier dialogue entre le regretté Ahmed Dini et Ismael Omar Guelleh, dans la matinée du lundi 6 septembre 2004. Cela se déroule dans la chambre de l’Hôpital Bouffard :

Ismael Omar : Hadji, voulez-vous que je mette mon avion à votre disposition pour que vous soyez évacué en France ?

Ahmed Dini : Non, merci. Mais sachez que si je quitte ce lit guéri, je vous combattrai. Et si je le quitte mort, je vous attendrai au Jour du Jugement Dernier, parce qu’en refusant d’appliquer l’accord de paix, vous avez trahi ma confiance et celle du Peuple.

Ismael Omar : Que puis-je faire pour vous satisfaire?

Ahmed Dini : Applique immédiatement l’accord de paix du 12 mai 2001 et restitue à l’UAD les 32.500.000 FD de la caution électorale. C’est tout ce que je demande.

Ismael Omar (probablement convaincu que son interlocuteur ne quitterait pas son lit vivant) : Entendu, Hadji. Pour ce qui est de la caution, je vous l’enverrai ici, donnez-moi deux jours pour prendre les dispositions.

Fin du dialogue. Plus de six mois après cette promesse, l’UAD attend encore que les 32.500.000 FD de caution, déposés lors des législatives du 10 janvier 2003, lui soient restitués. Quant à l’application de l’Accord de paix du 12 mai 2001, inutile d’insister sur la permanence et la systématicité de sa violation.

Nos concitoyens musulmans donneront eux-mêmes un nom au fait de faire des fausses promesses à quelqu’un qui est sur son lit de mort. Tout comme ils avaient condamné le caractère profondément immoral de cette rétrospective de la RTD.

*

Gros Plan sur un présentateur partisan :

L’arroseur arrosé ?

Décidément, certains chiffres ne semblent pas porteurs de bonheur à ce régime d’imposture. Ainsi, la quinzième édition de l’émission « Gros Plan » qui devait être consacrée au Président de l’UAD, a mis à nu la mauvaise foi et la véritable nature du système RPP. Sans revenir sur les raisons de la non participation de M. Ismael Guedi (il s’en explique dans son communiqué et dans son interview) arrêtons-nous sur l’intolérable réaction et la dérive sectaire d’un présentateur connu pour sa couverture partiale de l’affaire Borrel, furieux de constater la faillite de la mise en scène. Pis : cette comédie s’est retournée contre celui qui l’avait préparée, le mettant ainsi dans la ridicule position de l’arroseur arrosé.

De son côté, sûr d’une telle réaction de la part du régime, le Président de l’UAD a choisi de célébrer à sa manière le 19 mars 1967, qu’il a vécu en valeureux partisan indépendantiste, contrairement à l’actuel candidat solitaire en publiant, à l’occasion de l’anniversaire de cette date historique, un communiqué dénonçant la manipulation médiatique. Ce communiqué a donc fait foirer une foire d’empoigne médiatique concoctée par la fourberie officielle.

A malin, malin et demi. La manipulation n’a trompé personne !

*

Le régime commence à sévir :

Une restauratrice bastonnée

Nous avions dénoncé la semaine dernière une mesure injuste et sélective prise à l’encontre de deux cafés populaires de la place du 27 juin. Cette décision du Commissaire chef du district de Djibouti de fermer pour une durée d’un mois deux établissements « pour des questions de sécurité publique» à compter du 15 mars 2005, nous paraissait illégale et injustifiée. La suite est plus brutalement injuste.

Ainsi, jeudi dernier, Mme Waris Mouhoumed, sexagénaire propriétaire d’un de ces établissements, était venue nettoyer son local et le désinfecter pendant quelques dizaines de minutes. Quand soudain, agissant sur ordre verbal, parait-il, du chef de district, des policiers de faction dans les environs, l’ont aussitôt prise à partie et furieusement bastonnée, avant de l’embarquer au commissariat où elle a été détenue durant plusieurs heures, d’où elle a été libérée en fin de journée.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) a élevé une vive protestation contre l’agression sauvage d’une des plus anciennes propriétaires de café populaire de la Capitale. Le temps est venu pour nos concitoyens d’en finir avec l’arnaque et la matraque du RPP.

*

As-Eyla :

Des ânes contre la soif

La localité d’As-Eyla, que la soif tenaille depuis belle lurette, a trouvé une antique méthode pour s’abreuver. Ainsi, l’on a appris cette semaine sans grand étonnement que les habitants d’As-Eyla ont acheté des ânes pour le transport de l’eau potable, uniquement servie par le puits d’eau douce de l’oued Goba’ad, situé à quelques centaine de mètres de ce gros village.

Le forage d’eau saumâtre très éloigné de cette localité ne fonctionne pas, tout comme le réservoir d’eau hors d’usage faute d’entretien. La population s’apprête donc à manifester son mécontentement de la manière la plus éloquente qui soit, à l’occasion de cette pitoyable campagne électorale du candidat solitaire qui n’hésitera pas, encore une fois, à faire des promesses auxquelles ne croiront que les crédules. As-Eyla, comme le reste du pays, veut quitter le chemin du sous-développement tracé par le docteur honoris causa.

*

Sécheresse et campagne électorale :

L’arme de la faim et de la soif

La seule réalisation gouvernementale en matière de décentralisation, c’est la tenue, l’espace d’un mois, des conseils des ministres dans les régions : lancement médiatique de la campagne du candidat solitaire. En marge de celui tenu à Tadjourah, les notables de la région (Moussa Ali, Andaba, Assa-Guela…) lui ont fait part de l’urgence qu’il y avait à assister les populations rurales de ce district en situation de détresse. Dialogue de sourds : le candidat leur faisant des promesses pour son second mandat que les notables accablés par l’urgence n’ont poliment écouté que d’une oreille distraite et dubitative.

Car ce qu’auraient aimé entendre les notables et que le candidat a soigneusement omis de révéler, c’est que ses services ont depuis plus d’un trimestre lancé un S.O.S humanitaire auprès des traditionnels donateurs. Lesquels ont répondu, comme le Japon dont le don de riz connaît le même sort que le riz indien d’il y a deux ans. Le Programme Alimentaire Mondial – PAM qui a l’expérience des S.O.S d’États en périodes électorales a sollicité l’avis d’un expert aussitôt dépêché par le Fonds des Nations Unis pour l’Agriculture et l’Alimentation – F.A.O.

Lequel après avoir sillonné l’arrière pays a conclu à l’état d’urgence. Pour éviter l’irréparable dans l’arrière pays et empêcher que cette aide ne connaisse le même sort que les riz indien et japonais, il serait souhaitable que le PAM distribue lui-même cette aide (comme il le fait en temps ordinaire) aux nécessiteux et véritables destinataires car, si cette distribution échoit à l’État, l’usage partisan qu’en font, en période électorale, les Commissaires désignés par le parti au pouvoir ne fera qu’aggraver la détresse des populations rurales au nom desquelles l’aide est sollicitée. Et leur colère…!

D’autant que cette détresse est générale dans les zones rurales : en effet, depuis plusieurs semaines, un des rares forages fonctionnant convenablement dans le district d’Obock, celui de Lahassa situé à environ 40 km au nord du chef-lieu, est hors d’usage. Dernièrement cinq ânes assoiffés s’y sont noyés empoisonnant cette denrée vitale déjà rare.

Rappelons qu’au forage de Lahassa abreuvent des pasteurs et leur maigre bétail vivant dans un rayon de plus de 20 km à la ronde.

*

Grand markaz de Tadjourah :

Arrêt des travaux ?

Selon des informations concordantes recueillies dans les milieux religieux, le projet du grand markaz (centre), dont les travaux ont débuté il y a plus d’un an au PK9, serait gelé suite à une récente décision des autorités de Djibouti. Rappelons que, depuis quelque temps, la ville de Tadjourah abrite chaque année un grand rassemblement de religieux venus des quatre coins du monde. Organisée par l’Association de l’Appel Islamique, cette cérémonie religieuse annuelle attirait beaucoup de monde, en raison de son caractère pacifique et consensuel.

Les Khourouj djiboutiens qui s’étaient investis corps et biens dans la construction de ce grand centre islamique de Tadjourah au PK9 ne cachent pas leur déception, suite à l’arrêt de ce projet de construction. Le candidat solitaire lâché par tous serait-il tombé sur la tête ou aurait-il peur d’une fatwa ?

*

Campagne insulaire du candidat touriste :

Les rêveries du promeneur solitaire

Après les casernes, le palais du peuple ou encore le siège de l’UNFD, la campagne chaotique du candidat unique semble avoir traversé la mer et quitté le continent pour les îles. Ainsi, c’est médusé que le téléspectateur djiboutien a suivi la pseudo inauguration du centre touristique de l’île Mousha, pourtant ouvert il y a plus d’un an. Vêtu d’une djellaba immaculée, le candidat solitaire se serait rendu vendredi dernier aux îles en compagnie de quelques proches pour y inaugurer un charmant complexe touristique créé sur initiative privée.

Faut-il rappeler que, durant son premier mandat, des gîtes d’étape de l’Office du tourisme ont été fermés sur l’ensemble du territoire national et que, selon nos informations, les employés de cet office accuseraient des retards de salaire impressionnants ?

Sa contribution personnelle au développement du tourisme s’est limitée à la seule privatisation de la forêt du Day, où il a bâti une somptueuse résidence secondaire, certainement aux frais du contribuable.

Pour le reste, cette escapade aux îles était destinée, semble-t-il, à lui donner des forces en prévision de la grande soirée sur « Gros Plan » consacrée au Président de l’UAD. Le solitaire qui soliloque espérait ainsi suivre à partir de Haramous la prestation certainement minée du leader de l’opposition : qui croira qu’il aurait laissé ses médias offrir une tribune à un boycott qu’il avait récemment qualifié de « crime » ?

Malheureusement pour lui, cette énième manipulation médiatique est tombée à l’eau.

Le locataire du palais présidentiel s’est fait avoir comme un bleu. Bleu comme l’eau du lagon de Mousha et Maskali.


Interview du Président de l’UAD

« Nous voulons mettre fin à une intolérable situation d’appauvrissement de notre Peuple,

en redistribuant les richesses de notre pays à tous ses habitants et à toutes ses régions

sur la seule base de l’égalité entre tous. »

Ismael Guedi Hared

Président de l’UAD

Prévue depuis longtemps, l’interview du Président de l’UAD tombe à point nommé. Né en 1939, M. Ismael Guedi Hared est connu pour avoir exercé les fonctions de Directeur de Cabinet du Président Gouled de 1977 à 1996. Dans l’opposition depuis cette date, d’aucuns l’avaient prématurément pressenti comme le candidat naturel de l’UAD, qu’il dirige depuis le décès du regretté Ahmed Dini. Or, prenant acte du refus du régime d’assurer les conditions de transparence électorale qu’elle exige depuis deux ans, l’UAD a décidé de boycotter la prochaine présidentielle. Appelant du même coup ses concitoyens à pacifiquement s’opposer à la mascarade. Sur cette initiative, et sur bien d’autres sujets qu’il aurait volontiers abordés si la RTD avait été plus sérieuse, le Président de l’UAD livre ici son point de vue. Analyses d’un homme politique expérimenté et lucide.


Réalité : Après votre refus de participer à l’émission « Gros Plan », le régime a prétendu que vous aviez fui le débat. Que répondez-vous, Monsieur le Président, à cette accusation grave pour l’UAD et son Président ?

Ismael Guedi Hared : Il est vrai que j’ai refusé de participer à cette émission de la RTD et j’en explique sobrement les raisons dans mon communiqué de presse du 19 mars dernier. Je vous remercie de me permettre de revenir un peu sur cette affaire.

Je commencerai par donner un seul chiffre, pour montrer à quel point la RTD ne remplit pas sa mission de service public : en treize ans, et en dehors des périodes électorales où le régime doit faire semblant, l’opposition dans son ensemble n’a eu droit qu’à quatre heures d’antenne dans ce genre d’émission.

Alors, effectivement, j’avais donné mon accord de principe au présentateur de cette émission, une fois que ce dernier m’ait assuré qu’elle serait réalisée en direct. Malheureusement, une de mes conditions majeures n’a pas été respectée. En un mot, la publicité que j’avais exigée pour 48 heures avant (à la radio et à la télévision) au même titre que le direct n’a pas eu lieu. C’est une question de principe et d’égalité de traitement. Tout ceux qui suivent cette émission savent qu’elle est communiquée sur les ondes de la RTD longtemps à l’avance même quand les invités sont des hauts fonctionnaires de l’administration.

Contrairement à ses promesses le présentateur n’a pas cru bon dans mon cas de médiatiser l’évènement comme de coutume. Devant un tel mépris de l’opposition, j’ai décidé, en accord avec mes amis de l’UAD, d’ignorer cette mascarade médiatique en cours.

D’ailleurs, le fait que la RTD ait malhonnêtement fait croire que j’étais attendu jusqu’à 21 h 25 vendredi soir, alors qu’elle était prévenue 24 heures plus tôt de mon refus de participer à cette interview, démontre la mauvaise foi et la préméditation de la comédie programmée. C’est vous dire l’imposture de ce régime qui n’a que trop duré.

Réalité : D’après le présentateur de cette émission, votre refus de participer serait dû au fait, qu’ayant exercé les plus hautes responsabilités durant vingt ans, vous auriez des « choses à vous reprocher ». Nos concitoyens pensent, par exemple, à la faillite du PK 20 dans les premières années de l’indépendance que l’on impute à votre gestion. Pouvez-vous nous donner des éclaircissements à ce sujet ?

I.G.H : Vous savez, je n’ai jamais tué personne ni donné l’ordre de tuer qui que ce soit ! Pour ce qui est du parti unique, je répondrais que ce n’étais pas moi qui étais le compagnon de lutte du regretté Ahmed Dini : ce n’est donc pas moi qui l’ai trahi ! Enfin, je rappelle qu’en novembre 1992, j’étais favorable à une paix réelle avec le FRUD du regretté Ahmed Dini, contrairement à Ismael Omar, qui avait préféré et obtenu une paix factice et séparée avec une dissidence de cette rébellion.

Cela me fait sourire car j’ai la conscience tranquille…

Réalité : Revenons à la question, si vous voulez bien, et parlez-nous de ce fameux projet du PK20…

I.G.H : Avec plaisir, d’autant que je me suis déjà expliqué dans vos colonnes sur la faillite de cet important projet de développement agricole initié à la fin des années 70. Ce projet de la Présidence partait d’une bonne intention nationale. Il est vrai qu’à l’époque, en tant que jeune Directeur de Cabinet du Président Gouled, j’avais la responsabilité du pilotage de cet important projet. Mais je n’en étais nullement l’unique décideur.

Je vous fais observer que plus de vingt ans après l’échec de ce projet, l’actuel candidat unique s’est même permis, en toute démagogie, de se rendre sur les lieux pour une cérémonie de distribution de lopins de terres à des familles djiboutiennes censées les mettre en valeur. Pourquoi reprendre aujourd’hui ce projet s’il n’avait pas été viable à l’époque ?

Entre temps, une parcelle de ce terrain aurait été mise en valeur par le neveu du Président associé avec des privés Israéliens. Cette culture sous serre aurait brutalement cessé il y a quelque temps. Pourquoi des privés ont-il repris vingt ans après un projet qui a échoué ? Je vous rappellerai aussi qu’un des chefs de projet du PK20 officie aujourd’hui encore à la Présidence : est-ce un hasard ? Enfin, loin de craindre d’être interpellé sur ma gestion passée, j’étais disposé à contre-attaquer en dénonçant la gestion actuelle du candidat officiel sur un point qui me tient particulièrement à cœur et qui m’écœure.

De mon temps, malgré la faillite d’un projet d’État dont je ne suis pas le seul à assumer l’échec, les Djiboutiens vivaient mieux avec un Budget national beaucoup moins important que l’actuel. J’ai laissé une Administration qui marchait parfaitement, car les fonctionnaires devaient obéissance au Parti-Etat et non à une personne, comme c’est devenu la règle depuis 1999. Aujourd’hui, force est de regretter qu’ils vivent mal alors que le pays n’a jamais été aussi riche en terme de rentrées financières.

Je défie donc le candidat unique de prouver que les dividendes du Port, de l’Aéroport, et la manne financière générées par la présence des forces étrangères, profitent réellement à notre Peuple. Si notre pays n’a jamais été aussi riche, notre État n’a jamais été aussi mendiant : et il y a une raison à cette situation : le détournement et la confiscation des richesses nationales par une infime minorité du cercle dirigeant.

Nous voulons mettre fin à une intolérable situation d’appauvrissement de notre Peuple en redistribuant les richesses de notre pays à tous ses habitants et à toutes ses régions sur la seule base de l’égalité entre tous. J’ajouterais, pour terminer sur ce point, même si votre question n’y faisait pas référence, que l’on m’a également accusé d’avoir favorisé certains au niveau d’une banque. Or, à en croire «La Nation » de lundi dernier, l’on ne se bousculerait pas pour adhérer à mon Parti. Ce qui signifie que, soit ces allégations de favoritisme sont fausses et infondées, soit ces favorisés manquent quelque peu de gratitude à mon égard.

Comme quoi rien de durable ne peut être en politique sans justice, et on en tire les leçons qui s’imposent.

Réalité : D’après tous les rapports du système des Nations Unies, le niveau de vie de la population djiboutienne se serait nettement dégradé depuis l’an 2000. Selon vous, quelles en sont les causes et quels remèdes y apporter ?

I.G.H : Durant les six dernières années, le niveau de vie des Djiboutiennes et des Djiboutiens s’est fortement et continuellement dégradé. Une politique de spectacle et de comédie a été menée par le gouvernement et son chef : beaucoup de discours, beaucoup de bruits, beaucoup de projets virtuels, certains diraient même beaucoup de mensonges.

– le chômage frappe plus de la moitié de la population active ;

– le pouvoir d’achat des Djiboutiens n’a cessé de chuter alors que la fiscalité augmente d’année en année ;

– les pensions de retraite sont excessivement ponctionnées;

– le traitement des fonctionnaires et les salaires des travailleurs sont imposés à hauteur de 30%.

Selon un rapport du PNUD du 14 juillet 2004, les deux taux de pauvreté ont pratiquement doublé à Djibouti. Et la pauvreté extrême, qui correspond à moins de 1,8 dollar US par jour, est passée de 9,6% en 1996 à 42,2% en 2002.

La paupérisation qui se généralise en République de Djibouti est due à une mauvaise gouvernance, à un manque réel de projet de développement, mais aussi au fait que l’homme djiboutien n’a jamais été au centre des préoccupations gouvernementales.

Durant la même période, l’équipe gouvernementale a vécu dans le luxe le plus révoltant, grosses 4 x 4, villas de grand standing, voyages à travers le monde aux frais des contribuables djiboutiens, sans se soucier des difficiles conditions d’existence de ceux qu’ils sont censés servir et protéger. La crise économique et financière, ainsi que le sous-développement auxquels notre pays est confronté ces derniers temps sont des problèmes relevant avant tout de la situation politique et de la faiblesse de la démocratie.

Il faut donc une autre politique qui suppose des hommes nouveaux. Il n’y aura aucune amélioration de la gestion de notre pays tant que le despotisme règnera en maître absolu. Le début de l’assainissement doit commencer par la lutte contre la corruption, le népotisme primaire, la gabegie, l’irresponsabilité organisée, et l’incurie sans limite des gouvernants.

Réalité : Après trois années de multipartisme intégral, comment se porte votre parti et l’opposition en général ?

I.G.H : La création de l’Union pour la Démocratie et la Justice est récente comme d’ailleurs celle des autres partis djiboutiens de l’opposition. L’UDJ n’existe que depuis le 22 octobre 2002, c’est peu pour établir un bilan. Malgré sa jeunesse, le travail accompli par l’UDJ, l’ARD et le MRD en faveur de la démocratisation de la vie politique en République de Djibouti est immense.

En dépit des difficultés normales pour tout parti politique, l’UDJ se porte bien. Les pressions et les tracasseries de toutes sortes que subissent nos militants de la part du RPP, les discriminations criantes en matière d’emploi ne découragent pas l’UDJ et ne la dissuadent aucunement.

Au contraire, jour après jour notre sincérité, la justesse de notre politique ainsi que notre fermeté contre le régime dictatorial en place sont de plus en plus appréciés. L’UDJ tient bon et est déterminée à intensifier la lutte pour la démocratie, la défense des libertés individuelles et collectives ainsi que les droits de l’Homme. Pour ce qui est de la représentativité de mon Parti, j’estime qu’elle est plus effective que celle de tel autre, plusieurs fois cloné et actuellement allié du régime, après plusieurs passages dans l’opposition.

Et pour être complet, je tiens à préciser que, contrairement à une pratique courante, je n’ai jamais cherché à recruter des « coopérants tribaux» et ainsi mentir au Peuple : ce qui compte le plus, c’est la pertinence du programme politique qui doit prévaloir.

Car, avec le temps, je suis persuadé que beaucoup de cadres et intellectuels qui se taisent et se terrent découvriront l’utilité et l’importance des partis de l’opposition.

En pleine harmonie avec l’ARD et le MRD, nous libérons notre Peuple de l’oppression et la République de Djibouti de ceux qui l’exploitent à des fins essentiellement personnelles. L’UAD qui est réellement la première force du pays gagnera encore du terrain et contraindra, j’en suis sûr, la dictature en place à capituler très bientôt.

Réalité : Avril 2005 sera votre troisième expérience électorale en tant qu’opposant. Pouvez-vous nous expliquer vos positions successives lors des échéances passées et sur celle-là ?

I.G.H : Depuis que je milite dans l’opposition, j’ai observé plusieurs élections. Je me suis impliqué à fond dans deux d’entre elles, celle de l’élection présidentielle de 1999 avec notre candidat Moussa Ahmed Idriss et les dernières législatives du 10 janvier 2003. Ces élections ont été une véritable mascarade. Tout a été conçu et organisé pour faire gagner le parti au pouvoir le RPP. Ces élections, nous les avons gagnées, nous opposition, mais avons été spoliés de notre victoire par des gens qui recourent à des fraudes massives, à la force et à l’utilisation illimitée de toutes les ressources de l’État.

Le recours en annulation transmis au Conseil Constitutionnel pour les élections législatives avec les preuves de toutes les irrégularités n’a pas abouti. L’UAD a étudié tous les textes en vigueur en matière électorale et nous nous sommes aperçus que, sans modifier certains articles il ne pouvait y avoir des élections transparentes.

C’est pourquoi nous avons arrêté neuf points, neuf conditions susceptibles de mener à des élections honnêtes et transparentes.

Les nombreuses correspondances tant au Président qu’au Ministre de l’Intérieur demeurent sans réponse jusqu’à ce jour. Nous ne comprenons pas ce qui justifie ce silence de mort observé par les plus hautes autorités de notre pays, sinon le non-respect de l’autre et le mépris de l’UAD, de ses dirigeants et, en définitive, du Peuple tout entier.

C’est pourquoi nous avons décidé de boycotter l’élection présidentielle du 8 avril prochain. Le boycott n’est pas, contrairement à ce que certains affirment, une sortie passive du jeu politique. Pour nous, c’est une forme de protestation, une mise en cause de certaines pratiques du temps du parti unique, le refus des règles du jeu. La défection de l’UAD n’est donc pas synonyme de défaitisme ou de démission. Bien au contraire !

Réalité : La paix sociale n’existe donc que parce que l’opposition y a veillé jusqu’à présent. Comment faire pour qu’elle soit préservée ?

I.G.H : La paix, qu’elle soit civile ou sociale, est un bien très précieux pour toute société et pour tout homme. Malheureusement, le RPP et son gouvernement sont inconscients et ne cessent de rogner le pouvoir d’achat et les salaires des travailleurs. Ils ont même osé supprimer le SMIG, le salaire minimum interprofessionnel garanti, qui se montait à 100 $US par mois.

Aujourd’hui, un employeur a le choix de la fixation du montant du salaire d’un ouvrier. Il peut l’engager pour 5000 FD ou 10 000 FD ou même pour 1 000 FD, alors qu’autrefois il était interdit d’embaucher quelqu’un pour moins de 18 000 FD ou 100 $US.

Le code de travail était très intransigeant contre ceux qui violaient les dispositions légales ci-dessus. La paix sociale existe aujourd’hui grâce à la sagesse des responsables de l’UAD , des syndicalistes reconnus internationalement et non les syndicats maisons et surtout à la patience de l’ensemble des travailleurs djiboutiens quelque soit leur niveau de responsabilité.

Mais, à force de porter atteinte au pouvoir d’achat des Djiboutiens et à celui des travailleurs, à force de condamner les jeunes au chômage et en bouchant tout horizon pour les diplômés, en continuant cette politique économique, financière et sociale irresponsable, le RPP et son gouvernement mettent en danger la paix sociale.

Réalité : Dans le contexte actuel, quel message adressez-vous à la Nation Djiboutienne ?

I.G.H : Je dis à mes compatriotes que, dans un monde qui change en permanence sous la pression de la mondialisation, notre pays ne doit pas rester à l’écart de ce mouvement. A l’orée du nouveau millénaire, notre Nation ne doit plus souffrir sous la domination d’une dictature féroce qui a fait main basse sur l’État et ses richesses, qui étouffe systématiquement toute évolution politique et toute ouverture démocratique pour mieux se maintenir au pouvoir.

Les Djiboutiennes et les Djiboutiens, qui ont inlassablement lutté pour l’Indépendance, en y consentant un énorme sacrifice, doivent encore une fois se mobiliser pour un changement radical de régime. Seul un régime démocratique pourra assurer un réel développement car il libère la réflexion, stimule la pensée, dynamise les énergies, consolide l’action et glorifie les aspirations individuelles dans le respect des exigences collectives.

Je dis à mes chers compatriotes que l’aboutissement de notre Combat sera celui de la Paix, de l’Unité nationale, de l’espérance et des droits de l’Homme dans une démocratie véritable.

Avec l’aide d’Allah, cela est possible : il faut le vouloir!

Propos recueillis par Mahdi Ibrahim


Courrier des lecteurs

Un lecteur nous a fait parvenir un message de félicitations à l’UAD, dont le Président a décliné une invitation en forme de piège de la RTD, suivi d’un texte annonçant la création d’une association travaillant à la promotion d’une conscience citoyenne. Nous lui disons merci et courage.


GROUPE D’ACTION CIVIQUE (G – AC)

« J’AI ASSEZ »

Message pour l’UAD

Je vous demande de bien vouloir informer nos concitoyens de la création du G-ac. Vous constaterez que nous contribuons à la lutte pour un avenir meilleur et pour le départ de la démocrature.

Hier soir, j’attendais l’émission «Gros Plan» du RPP et je tiens à féliciter M. Ismael Guedi d’avoir refusé d’y participer. Parce que le RPP et sa RTD ne respectant ni les institutions ni les hommes de ce pays, il faut les ridiculiser, jusqu’à ce que ce régime foutu comprenne que l’imposture ne passe plus.

Les réactions du pigiste ne nous étonnent pas, car il lit les mots de son maître.

Hier soir, j’étais vraiment fier de l’UAD, uniquement parce qu’IOG n’a pas fermé l’oeil.

Merci et bon courage.

………

En ce Mercredi 16 Mars, comme à l’accoutumée, je me suis rendu chez Waris pour prendre mon café noir qui vient lui aussi du plateau de l’Éthiopie et mon hebdomadaire qui m’informe de la réalité et que j’attendais une longue semaine.

Voyant que le restaurant en question vient de subir une fermeture administrative relative à l’élection présidentielle, je suis consterné et meurtri pour la raison que c’était un lieu d’échange, de débat d’idée où nous déposons nos frustrations que cette démocrature nous impose.

Le petit peuple se rencontrait et parlait de la politique et ses dernières évolutions. Nous confrontions nos points de vues et la vérité se manifestait presque sur tous les sujets. Bref nous produisions des idées que chacun emmenait dans son environnement.

Nous savions très bien que le régime en place ne voulant point la vérité, était mécontent des événements qui se déroulaient dans ces deux restaurants et on s’attendait qu’il ferme mais pas aussitôt et jusqu’à trente jours.

Le candidat solitaire persiste et signe à maintenir le peuple sous la peur, la démagogie, le besoin et dans l’ignorance.

Alors qu’il utilise l’argent du peuple, le palais du peuple, les secrétaires généraux, les directeurs, les chefs de services, les chefs des quartiers, les religieux à des fins partisans, il nous empêche d’échanger nos idées.

Aussi il empêche les citoyens de faire leurs commerces. Cette fermeture administrative de ces restaurants obligera à payer aux propriétaires les charges fixes durant ce mois et DIEU seul sait comment ils recouvriront ceci. La raison de la dictature passe avant celle du droit de commercer librement et le droit d’exprimer ses idées politiques, de se réunir et de débattre.

Compte tenu de cette situation, réfléchissons, créons d’autres lieux d’échanges et de débats et changeons ce pays pendant qu’il est encore temps.

Nous avons la foi, le peuple, et nous sommes sur le droit chemin. DIEU est avec les gens saints, avec les patients, donc osons changer et commençons à nous organiser.

Comment ?

Afin d’éviter la fin des haricots il faut se décider à réfléchir et à contrer cette dictature. Pour se faire il faut que les citoyens se mobilisent dans la rue pour dire NON à cette démocrature. Commençons déjà à nous organiser en petit groupe de dix personnes et changeons ce pays.

Chacun doit rassembler neuf autres Djiboutiens majeurs et former une cellule.

Le responsable de cette cellule doit s’inscrire auprès du groupe d’action civique qui lui donnera une référence, des informations, des recommandations voire des instructions.

Il faudra par conséquent adhérer au Groupe d’Action Civique (G – AC = J’ai assez) dont voici les adresses e-mail :

g-ac@hotmail.com ou g-ac@yahoo.fr

Il est très important de donner vos doléances, celles de vos entourages, de vos amis et connaissances, bref ce que vous avez assez de vivre, de faire, de cautionner, ou d’entendre. L’anonymat sera bien sûr assuré pour les intéressés.

DIEU est avec les hommes corrects et un jour nous vaincrons- AMIN.

Responsable de la communication

g-ac@hotmail.com


Communiqué de l’UAD

Union pour l’Alternance Démocratique

– U.A.D –

(A.R.D, U.D.J, M.R.D)

COMMUNIQUE DE PRESSE

Djibouti, le 19 mars 2005

Dans son émission de vendredi 18 mars 2005, le présentateur de « Gros Plan » a prétendu que je n’avais pas osé honorer un engagement que j’aurais pris envers lui. Si l’outrance et le caractère tendancieux des propos de ce « journaliste » ont choqué les téléspectateurs, il est de mon devoir de donner ma version des faits.

Lundi 14 mars dans la soirée, M. Saleh Ismael m’attendait à la sortie de la mosquée pour me proposer d’être l’invité de son émission « Gros Plan » en ma qualité de Président de l’UAD. N’ayant pas l’habitude de me dérober chaque fois qu’il s’est agi de remplir mon devoir de citoyen (j’ai d’ailleurs connu la prison en raison de mes engagements en 1996), et même si la RTD n’a jamais accordé la moindre couverture médiatique aux activités de mon Parti depuis sa création, j’ai donné mon accord de principe pour participer à cette émission. A une condition, sine qua non : qu’elle ait lieu en direct, afin de me prémunir contre toute tentative de manipulation. Car je n’avais pas oublié que, sous prétexte d’impossibilité technique, le direct avait été refusé au regretté Ahmed Dini lors de son passage dans cette émission.

Évoquant encore une fois une impossibilité technique, il m’a quitté en m’assurant qu’il en référerait à sa hiérarchie…

Après deux jours de silence, M. Saleh Ismael est revenu me voir à mon domicile mercredi 16 mars dans l’après-midi, m’annonçant que le direct avait été accepté. Une telle tribune n’étant pratiquement jamais offerte à l’opposition dans son ensemble, il me semblait évident que mon passage à l’émission « Gros Plan » devait être suivi du plus grand nombre de téléspectateurs. C’est pourquoi, j’ai demandé à son présentateur, comme il le fait si bien pour chacun de ses invités, d’annoncer mon intervention sur les ondes de la RTD dès ce mercredi soir. Parce que j’étais intimement persuadé, qu’indépendamment de ma personnalité, à laquelle ce présentateur semble avoir tant à reprocher, le simple besoin citoyen de mieux comprendre les raisons de notre boycott actif rendait impossible tout risque d’audience confidentielle.

Ayant pris acte de ce que mon passage à « Gros Plan » n’avait pas été annoncé comme promis, j’ai contacté le présentateur par téléphone jeudi 17 mars à 22 heures, devant témoins et je lui ai clairement signifié ma ferme décision de me décommander.

Raison pour laquelle, au cours d’un meeting de l’UAD à Hayableh dans l’après-midi du vendredi 18, que la RTD n’a évidemment pas mentionné, j’ai expliqué à nos militants que les conditions de transparence n’ayant pas été respectées, il m’était malheureusement impossible de passer à la télé dans la soirée.

Tenir après cela les téléspectateurs en haleine pour prétendre que je me serais décommandé, en dernière minute sans l’en avertir, dénote de la part de ce présentateur une absence de rigueur déontologique qui n’a certainement pas surpris mes concitoyens. Et si quelqu’un a manqué de respect envers les techniciens mobilisés ce soir-là jusqu’à 21h 25mn, ce ne peut être que le commanditaire de toute cette manipulation de l’opinion, dont l’écrasante majorité du Peuple Djiboutien est écœurée. D’ailleurs, du temps où j’exerçais les fonctions de Directeur de Cabinet de la Présidence, leurs salaires étaient normalement honorés parce que leur travail et leur personne étaient considérés.

Aucune parodie de démocratie ni aucune diffamation ne pourront jamais détourner les responsables de l’UAD, ni leurs concitoyens, de leur combat pour l’avènement d’un État de droit.

La Justice triomphera !

Le Président de l’UAD

Ismael Guedi Hared


* * *

 

Dernières éditions Journal Réalité

Réalité numéro 130 du mercredi 16 mars 2005

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Réalité numéro 130 du mercredi 16 mars 2005

Sommaire

  1. Éditorial
  2. Brèves nationales
  3. L’ARD en tournée dans le Nord
  4. Mémorandum de l’UAD à l’Union Européenne
  5. Syndicat de la Poste contre syndic d’État

Directeur de Publication :

 ALI MAHAMADE HOUMED

Codirecteur : MAHDI IBRAHIM A. GOD

Dépôt légal n° : 130

Tirage : 500 exemplaires

Tél : 25.09.19

BP : 1488. Djibouti

Site : www.ard-djibouti.org

Email : realite_djibouti@yahoo.fr

 


Éditorial

IL FAUT ETRE FOU

POUR PARLER TOUT SEUL

Le peuple du Palais au Palais du Peuple : ainsi pourrait-on résumer le grand show auquel la haute administration djiboutienne a été convoquée par le candidat unique dimanche dernier. Devant quelques centaines de participants, pour la plupart des S.T.O réquisitionnés, son état-major de campagne a tenté de maladroitement défendre un bilan, condensé dans un livre-bilan, forcément et globalement positif, du sixtennat de l’imposture. De l’avis de nombreux participants, la plaidoirie de ces deux piètres avocats fut un flop. Mais que dit au juste ce livre-blanc de couleur verte, imprimé sur papier glacé, d’une centaine de pages, agrémenté de quelques photos et tableaux ? Que la République de Djibouti, après quelques années difficiles, est sur le chemin du développement, grâce au docteur honoris causette ! Le contraire aurait étonné, même si depuis 2000, le niveau de vie de nos concitoyens s’est tellement dégradé que la pauvreté extrême touchait 42% de la population en 2002.

La convocation de ces hauts fonctionnaires doit être rapprochée d’un travers du système, que nous avons dénoncé : la confidentialité des listes électorales. En effet, le seul examen des résultats par bureau de vote suffit à démontrer la nette progression de l’opposition dans cette catégorie socioprofessionnelle. Tout étant ici fiché par le SDS, il est facile d’imaginer la pression, que n’hésite pas à exercer à l’encontre des velléités de changement, un régime dans lequel même le recrutement d’une femme de ménage ou d’un gardien requiert la signature du chef du gouvernement.

Par ailleurs, l’événement se tenait dans la foulée d’une prestation télévisée au cours de laquelle il prétendait que l’opposition ne cherchait qu’à les remplacer, lui et elle. Lui : certainement ! Elle, l’administration dans son ensemble, n’étant que la victime de sa prédation. La présentation ex cathedra du bilan présidentiel, sous la forme d’un livre dont le principal attrait est d’ordre esthétique, renoue avec la vieille tradition du Roi-Savant.

Toutefois, cette posture protectrice, qui rappelle celle du seigneur féodal face à ses féaux, trahit à elle seule la véritable nature du régime. Le candidat est unique parce qu’il s’agit d’un système de parti unique médiatisé par la pensée unique. D’ailleurs, cette publicité rappelle celle d’une célèbre marque de chaussures bon marché : « il faut être fou pour dépenser plus ! ». Car, il y a au moins un domaine dans lequel ce régime fonctionne à l’économie : c’est celui du débat d’idées. Quand les idées sont aussi limitées que creuses, pourquoi les confronter publiquement à celles des autres ? Et quand le système n’a besoin que d’un seul candidat pour tourner dans le vide, pourquoi créer les conditions de transparence rendant possible une pluralité de candidatures, donc une avancée de la démocratie ?

C’est contre cette pathologie du monopole que l’UAD s’est désormais immunisée, par son boycott actif. Car, si l’opposition a peur d’une chose, c’est bien du vide et de l’errance que la fraude institutionnalisée tente d’imposer à nos concitoyens. Parce que la démocratie ne peut pas exister sans le Peuple dont elle est censée incarner la volonté librement exprimée.

Un jour, selon une fable locale, un poisson prétentieux se serait fâché contre la mer et l’aurait quittée en guise de défi. Il se rendit compte, mais un peu tard, que le sable doré de la plage n’irriguait pas ses branchies, pas plus qu’il ne lui fournissait de plancton. Rapporté au contexte local, il conviendrait plutôt de parler de cachalot tant ce régime, qui n’a que trop duré, s’est outrageusement engraissé aux dépens du Peuple.

Que le candidat solitaire devenu naturellement candidat soliloque trouve normal de n’entendre que l’écho de sa litanie montre bien que la situation est anormale : parler tout seul est le propre du fou. S’y complaire en politique relève du despotisme le plus rétrograde : qui cherche à imposer l’immobilisme et la permanence est toujours emporté par ce qu’il croyait avoir étouffé. Bien avant La Baule, Mitterrand l’avait énoncé à Caucun : « Aucun ordre, aussi répressif qu’il soit, ne peut résister au soulèvement de la vie. » L’omniprésence médiatique du candidat qui parle seul n’est donc qu’une vaine gesticulation.


Brèves nationales

Bilan du mandat présidentiel :

Livre blanc ou livre vert solitaire ?

La Palais du Peuple ne désemplit pas ces jours-ci. Ainsi, dimanche dernier, le candidat solitaire a convoqué toute la haute administration et la société civile embrigadée pour le lancement de son livre-bilan, consacré à l’éloge de son mandat présidentiel qu’il espère naïvement être le premier d’une longue série.

Ce qui nous choque, c’est qu’un chapitre entier soit consacré à la paix et à la réconciliation nationale. Ainsi, on peut lire dans ces quelques pages vides de sens et pleines de suffisance que: « le Président de la République a su trouver les mots justes pour obtenir un cessez-le-feu fin 2000. » Bizarre lorsque l’on se souvient que l’accord de réforme et de concorde civile a été signé dix mois plut tôt en février 2000 à Paris. Et de continuer en prétendant qu’il « reste à confirmer cette victoire par la réparation rapide des dommages de la guerre, la participation effective de tous à la vie publique et la réinsertion effective des anciens combattants. »

On remarquera que, contrairement à ce qui est écrit dans les successifs agendas présidentiels de la République de Djibouti depuis quelques années, ce document reconnaît que le conflit civil qui a déchiré notre pays a duré toute une décennie. La réalité est donc tardivement reconnue.

Trop tard pour assurer la reconduction d’un violeur patenté de tous les accords de paix et principal saboteur de la réconciliation nationale.

Cette tardive invocation de l’accord de paix du 12 mai 2001, violation que nous n’avons cessé de dénoncer, n’est pas sans rappeler un épisode relaté dans le Saint Coran dans la Sourate Yuunus Versets 90 et 91. Submergé par les flots alors qu’ils poursuivait les Hébreux avec ses troupes, Pharaon aurait finalement reconnu la suprématie du Dieu vénéré par ses anciens esclaves.

Ce à quoi Allah lui a répondu : « Maintenant ? Alors qu’auparavant tu as désobéi et que tu as été du nombre des corrupteurs. » Il est trop tard pour que le candidat solitaire reconnaisse la nécessité d’appliquer l’accord de paix du 12 mai 2001 : qu’est-ce qui l’en a empêché jusqu’à présent ? Ce n’est pas pour quelques strapontins dans son gouvernement impopulaire que nous avons combattu. Notre Peuple attend un véritable changement profitable à tous, et surtout inscrit dans la durée, au service du développement et de la réconciliation nationale.

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Soliloque du solitaire :

Quand l’orgueil vide son trop-plein

Invité de l’émission « Gros Plan » la semaine dernière, le candidat solitaire connu pour sa suffisance, s’est montré vraiment insuffisant et même passablement vide. C’est un homme blessé, meurtri et déstabilisé qui s’est prêté au jeu des questions-réponses pourtant largement préparé en avance. Passons sur le style redondant et faussement intellectuel qui a amplement démontré qu’un honoris causa n’est pas nécessairement docteur de quoi que ce soit, si ce n’est peut-être, comme le disait un ancien, de « foukrologie ».

Arrêtons-nous sur un débatteur bafouillant et usant des le, la, heu, ha, en un mot complètement à côté de la plaque : on se serait crû au cours de solfège d’un professeur bègue. La sérénité était plus affichée que réelle. Le langage du corps ne plaidait pas pour lui. Outre son regard vide, son discours complètement hors sujet et son inspiration brisée servie par une voix dont l’intonation furieuse rappelait celle d’un vaincu, ont fini d’achever son mythe.

Citons copieusement quelques-unes des perles ayant émaillé son pathétique soliloque :

« Je respecte la Constitution, je respecte les lois, c’est pour cela que je me présente devant le peuple. Je suis candidat seul ou avec d’autres. Je n’ai pas le droit de me dérober, de refuser le combat. J’aborde ce mandat avec sérénité. L’opposition a peur de perdre. Elle le sait bien. Le peuple est satisfait de moi. Je suis candidat avec le soutien total de mon peuple. Voter est un droit et un devoir. C’est un crime de priver le peuple du droit de vote. L’opposition cherche à mettre de côté le gouvernement et l’administration pour les remplacer.»

Plaidoirie ou délire d’un imposteur laissé seul face à son despotisme. Si le Peuple était satisfait de lui, il n’aurait pas mené campagne sous haute surveillance dans des casernes, au Palais du Peuple ou au siège de l’UNFD. Qu’il ose donc se présenter devant ce Peuple sur le terrain, à cheval ou à pied comme bon lui semble, dans les quartiers, sans imposer sa pléthorique garde rapprochée composée de centaines d’hommes lourdement armés et équipés de véhicules blindés et d’automitrailleuses.

Oui, l’opposition a peur, mais pas d’un verdict libre et transparent. Elle a peur des fraudes généralisée et non du frileux candidat coupé de la réalité. Le boycott est effectivement la seule arme qui nous reste et si crime il y a, c’est un crime de lèse-majesté pour démystifier l’imposture de quelqu’un qui se prend pour le Roi-Soleil.

Que le candidat unique accepte nos conditions pour la transparence et nous sommes prêts à lui administrer une raclée électorale historique.

Qu’il fasse la preuve que son budget de campagne ne provient pas des deniers publics détournés, qu’il fasse la preuve que la Justice restera impartiale, que le Conseil constitutionnel est véritablement indépendant et que la CENI est constituée de membres au-dessus de tout soupçon.

Le véritable peureux est celui qui refuse la transparence.

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Convoi humanitaire pour badauds itinérants :

L’autre façon de faire la politique

Vendredi dernier, le tout nouveau parti politique dénommé Union des Partisans pour la Réforme (UPR) célèbre pour son slogan « l’autre façon de faire la politique », était dans la Ville-Blanche. Il s’agissait officiellement, pour ces admirateurs du candidat solitaire et dissidents du FRUD, d’organiser la cérémonie d’inauguration d’une annexe à Tadjourah. Comble de malheur ou de présomption pour lui, cet événement coïncidait avec le meeting de l’ARD, que cette nouvelle formation devait contrecarrer selon les vœux du régime. Pour ce faire, ce nouveau club de dissidents du FRUD avait convoyé sur place des badauds réquisitionnés depuis la Capitale à bord de minibus, et de la brousse à bord d’une Toyota pick-up.

Libre à nos lecteurs d’imaginer dans quelle mesure la marée humaine se dirigeant vers l’annexe de l’ARD a submergé cette rachitique démonstration en faveur du candidat solitaire sur des bases inavouables. La cérémonie s’est déroulée en présence de quelques invités venus de la Capitale et de badauds: un auditoire ne dépassant pas la cinquantaine, qui a tôt fait de massivement grossir les rangs de la foule massée devant notre annexe.

Le problème n’est pas là. Le drame qui s’est joué ce jour-là pour les badauds itinérants, c’est que la défaite fut telle que la Direction de l’UPR a quitté Tadjourah si précipitamment dans l’après-midi qu’elle en oublia d’organiser leur retour, qui dans la Capitale, qui en brousse. C’est ainsi que, selon des informations recueillies sur place, ce serait le Commissaire de ce district qui aurait, à titre humanitaire bien sûr, assuré la logistique pour permettre à ses déracinés d’un jour de regagner leur domicile.

Quand on plane si haut en politique, il est somme toute normal de ne pas penser à certaines contingences matérielles. Les badauds mobiles sauront retenir la leçon : après la figuration, plus rien n’est assuré. Pas plus que pour les troupes artistiques qui attendent des mois avant d’être payées pour leur prestation d’un jour.

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Campagne présidentielle à la Place du 27 juin :

Le District ferme certains commerces

La Place du 27 juin abrite quelques populaires restaurants particulièrement fréquentés, surtout en cette période électorale. Depuis l’officialisation du boycott actif de l’UAD, les citoyens affluent dans ce genre d’établissements pour s’informer et échanger des points de vue.

Cette mobilisation trop visible ne semble pas du goût des autorités qui ont, par une décision en date du 13 mars 2005, décidé de fermer deux d’entre eux, situés entre le Café de Paris et l’Office du Tourisme. La mesure, signée par le Commissaire chef du District de Djibouti, est libellée comme suit :

« Pour des questions de sécurité publique, j’ai l’honneur de vous faire connaître que votre établissement fait l’objet d’une fermeture administrative pour compter du 15 mars au 15 avril 2005. Durant cette période, vous êtes tenus de rester fermer et à respecter scrupuleusement la présente décision. Faute de quoi, la décision de fermeture infligée à l’encontre de votre établissement sera étalée sur une période d’une année voir aboutir à une fermeture définitive.»

Qu’un régime soit obligé de restreindre la liberté de commerce et les libertés individuelles en période électorale suffit à montrer que la comédie a peur. Que ces restrictions frappent sélectivement certains n’en est que plus révélateur.

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Djibouti cimetière des banques :

la BCI prochaine victime ?

L’environnement politique djiboutien semble avoir un effet néfaste sur le développement du secteur bancaire. Car, contrairement à la propagande officielle, la liberté d’entreprendre se heurte aux injonctions du népotisme et aux peaux de banane de la corruption généralisée. Ce sont ainsi pas moins de sept banques qui ont ici été obligées de fermer, pour diverses raisons tenant souvent à leurs raisons d’être : Banque Éthiopienne, Banque Somalienne, British Bank, BDMO, BCCI, Gulf Trust Bank et Al Baraka.

Parce que l’État djiboutien détient 33% de son capital, on pensait que la BCI-MR serait à l’abri des caprices gouvernementaux. Surtout que, dans les moments difficiles, cette institution financière n’avait pas hésité à venir au secours du régime, en payant par exemple les traitements des fonctionnaires et agents de l’État, que mauvaise gouvernance et effort de guerre condamnaient à des fins de mois difficiles.

Rien n’y fait. La BCI-MR est depuis quelque temps dans la ligne de mire des autorités djiboutiennes. Après les attaques aussi ciblées qu’incitées d’une prétendue association de consommateurs, l’origine des tirs sont aujourd’hui clairement identifiées. Son Directeur général en est la première victime, qui vient de perdre son poste et le plaisir de vivre à Djibouti.

Motif ? Il se murmure dans les milieux informés que le régime voulait ouvrir un compte bancaire pour financer la campagne électorale. Évidemment sans indiquer l’origine des fonds colossaux mobilisés. Selon toute vraisemblance, il s’agissait de deniers publics détournés de toute nécessité publique. Malheureusement, depuis un certain 11 septembre, une telle traçabilité est devenue obligatoire, pour lutter contre le terrorisme international et l’argent sale qui le finance. Le siège parisien aurait opposé un refus ferme et définitif à cette opacité locale. Sanction immédiate. En attendant que d’autres têtes tombent ? Et qu’à terme, la BCI-MR ferme ?

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L’opposition s’active à l’extérieur :

La diaspora se mobilise pour le boycott

Le représentant de l’ARD en France a rendu une visite aux Djiboutiennes et aux Djiboutiens dans les villes de Poitiers, Lyon et Bruxelles du 1er au 10 mars 2005. Un dialogue constructif avec les Djiboutiens rencontrés a pu s’établir après un échange vif sur les attentes nombreuses placées dans l’opposition nationale et singulièrement dans la représentation de l’opposition en France. L’occasion permit de célébrer la naissance de l’ARD-Poitiers, et la visite éclair à Lyon permit de nouer les premiers contacts avec des Djiboutiens également décidés à ancrer dans l’espace lyonnais la lutte pour la démocratie djiboutienne.

La rencontre du mercredi 9 mars à Bruxelles a été l’occasion de manifester aux côtés des militants du Mouvement pour le Renouveau et la Démocratie (MRD)-Comité de Belgique, du Forum pour la Démocratie et la Paix (FDP), et du FRUD, pour dire non à la mascarade électorale et au viol de l’État de droit. La foule de manifestants étirée le long du Boulevard Régent était déployée face aux ambassades française et étasunienne de 14 h à 17 h.

Reçus trois quatre d’heure dans l’ambassade de France en Belgique, nous avons délivré un message clair sur l’utilisation néfaste de l’aide accordée à Djibouti et remis un mémorandum paraphé de l’Union pour l’Alternance Démocratique (UAD), sur la situation qui y prévaut.

Enfin, Djiboutiens de France et de Belgique ont accueilli avec enthousiasme la « Pétition nationale pour boycotter la mascarade électorale du 8 avril 2005 à Djibouti », parrainée par des célébrités dont l’artiste Mohamed Habib Boko dit Père Robert et l’écrivain Abdourahman A. Waberi.

Appeler les Djiboutiens à boycotter la mascarade d’avril, c’est souvent enfoncer une porte ouverte. Car depuis belle lurette déjà, nos compatriotes ignorent superbement le cirque que le dictateur organise pour s’auto-légitimer.

Le mémorandum remis par l’UAD à l’Union Européenne est reproduit aux pages 6 et 7 de ce numéro de « Réalité ».


L’ARD en tournée dans le Nord

Un ARDent boycott de l’imposture

Poursuivant sa tournée d’explication et de mobilisation, une importante délégation de notre parti, conduite par le Président Ahmed Youssouf, s’est rendue le week-end dernier à Tadjourah et Obock. Lassée de l’imposture du candidat solitaire, spécialiste de promesses non tenues, la population de ces deux districts a manifesté son soutien total au boycott actif de l’UAD. Récit de deux jours qui ébranlèrent un régime qui touche à sa fin.


Après celui de Dikhil, c’était au tout des districts de Tadjourah et d’Obock d’accueillir la délégation de l’ARD et tournée d’explication et de conscientisation face à la démarche prônée par l’ensemble de l’UAD dans le cadre de la prochaine présidentielle qui ne devra pas avoir lieu.

Tadjourah :

L’apothéose dans la rue

« Vous avez certainement remarqué à l’entrée de notre ville le grand portrait d’Ismaël Omar, peint par un artiste d’ici. Mais savez-vous pourquoi ce tableau géant n’a pas été détruit malgré tout l’écœurement que le chef de l’État nous inspire? Premièrement, c’est pour montrer que nous aimons les Arts, même si certains artistes sont pour le moment strictement alimentaires. Deuxièmement, c’est pour démontrer notre tolérance et notre attachement à la démocratie. Troisièmement, c’est surtout pour laisser intacte la preuve que si Ismaël Omar adore à ce point le culte de sa personnalité, c’est parce qu’il est un dictateur inguérissable. »

Le jeune de Tadjourah qui tient ces propos est un chômeur, militant actif de l’ARD, venu accueillir à l’entrée de sa ville la délégation de l’ARD arrivée vendredi matin aux alentours de 9 heures 30. Chaleureusement ovationnée par une foule très nombreuse massée devant notre siège central, la délégation de l’ARD escortée par des militants à dos de chameau, est montée sur le podium sous les vivats. Ils étaient plusieurs milliers, hommes, femmes, jeunes et vieux, à scander à tue-tête « UAD 100% ! A bas l’UMP ! » D’autres criaient également : « Non au candidat solitaire ! Vive le boycott actif ! »

De leur côté, les jeunes filles entonnaient un chant militant dédié à l’opposition et traduisant le ras le bol populaire contre le régime du candidat unique.

C’est donc dans une ambiance de fête et de grande ferveur citoyenne que le meeting a débuté peu avant 10 heures. Tadjourah étant un bastion confirmé de l’opposition, les différents orateurs de l’ARD qui se sont succédé au micro ont tous rappelé l’éclatante victoire de l’UAD lors des dernières législatives dans ce district et le hold-up électoral du 10 janvier 2003. La population de la Ville-Blanche n’a toujours pas digéré cette amère spoliation et a tenu à le manifester massivement en acclamant le mot d’ordre de boycott actif lancé par l’UAD contre cette mascarade.

D’ailleurs, les murs de cette ville étaient couverts de graffitis rappelant le hold-up du 10 janvier 2003, la violation de l’accord de paix du 12 mai 2001 et l’absence de transparence électorale pour la prochaine présidentielle, appelant par conséquent au boycott actif. les jeunes ont été particulièrement sensibles aux arguments de l’ARD en ce qui concerne le chômage que ce régime leur propose en guise d’avenir, lui qui a décrété que, désormais, il n’y aurait plus d’emploi pour les plus de 30 ans!

Les agents de la Police politique présents sur les lieux ne cachaient ni leur nervosité ni leur déception face à la démonstration de force de l’opposition. Nervosité car leurs gesticulations ne font plus peur à personne et déception d’avoir à reconnaître la déroute du candidat solitaire dans cette ville emblématique.

La nouveauté, c’est que certains anciens admirateurs locaux du despote nous ont spontanément félicités après le meeting, suivi d’une grande parade de la jeunesse dans les artères de Tadjourah.

En effet, pour la première fois, cette jeunesse survoltée et déterminée a tenu à manifester son soutien total à l’UAD en traversant la ville au pas de charge, sur plusieurs centaines de mètres, entraînant et escortant le cortège des véhicules de l’ARD.

Du jamais vu, de mémoire de Tadjourien, on n’avait pas assisté à une telle démonstration depuis les heures glorieuses de la lutte pour l’Indépendance. Il a fallu que les dirigeants de l’ARD demandent expressément à ces centaines de jeunes de se disperser pour que la manifestation prenne fin peu avant midi.

Après la grande prière du vendredi, la Direction de l’ARD a été invitée à partager un copieux déjeuner avec les Sages de cette ville. Festin organisé par Fato Omar, figure féminine emblématique de l’ARD à Tadjourah. Cette militante dévouée et influente donne tout son sens à ce que doit être le véritable engagement politique de la femme djiboutienne libre et intègre : tout sauf alimentaire.

Dans l’après-midi, la délégation de l’ARD a fait cap sur Obock, deuxième étape de sa tournée, où elle est arrivée au crépuscule après deux heures passées sur la méchante piste reliant Tadjourah à cette ville, que le candidat solitaire a refusé de bitumer alors qu’un financement avait été obtenu dès 2001.

Obock :

Haro sur les fraudeurs !

Notre délégation est donc arrivée à Obock vendredi soir vers 18h 30. Elle y a été accueillie devant la résidence du Commissaire chef du district par une centaine de jeunes garçons et filles qui chantaient et dansaient en l’honneur de notre parti. Dans la soirée, la Direction de l’ARD s’est réunie à l’annexe situé au centre-ville avec une cinquantaine de militants de cette ville.

Samedi matin, ce centre-ville était en effervescence. La principale artère de la ville, où trône le tableau de notre parti, était noire de monde. Dès 8 heures du matin, nos militants munis de mégaphones appelaient la population de cette ville martyr à se rassembler devant le siège de l’ARD.

Le meeting a débuté vers 9h 30 dans une ambiance électrique. Deux heures durant, plusieurs orateurs ont harangué une population lassée des fraudes, de la violation de l’accord de paix et de l’absence de toute réhabilitation. Les dirigeants de l’ARD ont particulièrement insisté sur le mépris officiel à l’endroit de cette ville et de sa population, caractérisé par la construction et l’attribution injuste de quelques dizaines de logements cages à poule.

Alors que le candidat solitaire vit dans une résidence ayant coûté plus cher que les 240 habitations devant être construites à Obock sur financement européen. Résidence de Haramous estimé à 500 millions de nos francs, soit 2 millions d’euros, soit enfin 10 ans du budget de chaque région !

En expliquant par le détail les raisons du boycott actif de l’UAD, l’ARD a lancé une fatwa politique contre les hauts fonctionnaires zélés et corrompus, qui abrutissent la population par des distributions de khat financé sur deniers publics, tout en cherchant à la diviser sur des bases claniques.

Des centaines d’Obockois survoltés ont alors publiquement crié : « A ceux-là, nous leur ferons la peau ! A bas le RPP ! A bas les fraudeurs ! ».

Obock attend fermement le mot d’ordre définitif de l’opposition pour passer pacifiquement à l’action. Ce sera pour très bientôt.

Sur le chemin de retour, après avoir quitté Obock peu avant midi, la Direction de l’ARD a fait une courte halte au petit village d’Orobor.

Orobor :

Non à l’amnésie !

Situé à une vingtaine de kilomètres d’Obock, sur la piste menant à Médého, ce village est abandonné depuis l’indépendance : la fermeture de son école dès 1977 avait sonné le glas de son développement.

Dès sa prise de pouvoir, l’actuel chef de l’État avait été saisi au sujet des civils froidement assassinés par les troupes gouvernementales. Ni lui ni son gouvernement n’ont donné suite aux plaintes déposées.

La vie quotidienne d’Orobor n’est guère enviable. Voulant se faire pardonner de ce déni de justice, le régime a construit une nouvelle école sur les lieux. Mais la blancheur de cette bâtisse cache une véritable misère. L’école dispose de deux classes, CI et CP, respectivement d’un effectif de 22 et 18 enfants et occupe trois enseignants et un gardien.

Les enfants d’abord : leur âge oscille entre 6 et huit ans. Ces bambins font au minimum 1 heure de marche par jour pour se rendre à l’école le matin et le même temps le soir, les classes fermant à 17 heures. Contraints donc de se nourrir sur place le midi, ces écoliers ruraux présentent des signes évidents de malnutrition. Sous-alimentés, l’aide alimentaire fournie par le PAM ne contribue guère à l’amélioration de leur condition d’existence. Cette généreuse contribution mondiale n’est composée que de cartons de pâtes et de bidon d’huile, aucun produit laitier. Le stock actuellement détenu sera épuisé dans les dix jours à venir. Pour la sieste de l’après-midi, ils se partagent à quarante trois matelas mousse posés à même le sol en dur dans le magasin de stockage.

Le personnel enseignant ne dispose d’aucun logement et passe la nuit dans les salles de classe. Il partage les repas avec les enfants. Gravement affectée par le problème de l’eau, la population d’Orobor est alimentée par le seul camion citerne de la région d’Obock, une fois par mois pour remplir un réservoir mitoyen au bâtiment de l’école d’une contenance de 6 m3. Le village souffre de la soif, le camion mettant parfois un peu plus d’un mois avant de repasser.

Rappelons qu’aux législatives de janvier 2003, le régime avait conditionné la distribution de l’aide alimentaire au vote en sa faveur. Cette fois-ci, la population martyre est déterminée à ne plus subir l’imposture et attend les fraudeurs de pied ferme. Et, pour bien marquer son soutien au boycott actif de l’UAD, elle installera elle-même une annexe de l’ARD dans son village.

En remerciant l’ARD d’être sensible aux problèmes des ruraux méprisés par le régime du candidat solitaire, la population du secteur d’Orobor, notables en tête, a réaffirmé son engagement total à nos côtés. On le voit, la tournée de l’ARD dans le Nord a durablement réveillé les consciences et déraciné l’imposture. Bientôt, c’est toute l’UAD qui ira en ordre serré à la bataille finale contre les forces de la régression coalisées au sein de l’UMP et soutenant l’imposture.

Prochaine étape de cette mobilisation : le district d’Ali-Sabieh, bastion de l’opposition dans le Sud.


Mémorandum de l’UAD à l’Union Européenne

A l’attention de l’Union Européenne

(Document des partis légalisés d’opposition coalisés sous l’appellation d’Union pour l’Alternance Démocratique -UAD)

PETIT PAYS

MAIS GRANDE VALEUR STRATEGIQUE

La République de Djibouti est un petit pays de la Corne d’Afrique entre l’Érythrée, l’Éthiopie et la Somalie. Cette ancienne colonie française indépendante depuis le 27 juin 1977 couvre 23 000 km2 et compte une population d’environ sept cent mille habitants composée d’Afars, de Somalis et d’Arabes. Sa situation géographique privilégiée la place au carrefour de l’Arabie et de l’Afrique, sur les rives de la Mer Rouge, et lui confère une position de verrou de cette ligne maritime si importante pour la vie économique internationale. Elle en tire une réelle valeur stratégique et géopolitique qui explique qu’elle accueille plusieurs milliers de soldats occidentaux dont deux bases. Les Français y disposent de leur plus importante base d’Outre-mer (près de trois mille hommes) depuis l’Indépendance du pays; et, au titre de la lutte anti-terroriste, les États-Unis d’Amérique y ont installé l’autre base occidentale avec pas moins de 1500 hommes depuis 2002, tandis que Allemands et Espagnols y entretiennent quelques centaines de soldats. Elle en tire une rente conséquente (la France à elle seule lui verse 30 millions d’euros par an et les Américains quelque 15 millions de dollars) à laquelle s’ajoutent les dépenses induites. Sans parler de l’explosion de ses activités portuaires commerciales depuis la guerre entre l’Éthiopie enclavée et l’Érythrée de 1998. Sans parler du reste de son économie de services et de l’aide extérieure.

LES STIGMATES

DU SOUS-DEVELOPPEMENT

Il n’en reste pas moins que la République de Djibouti connaît un sous-développement criant. Le chômage frappe plus de la moitié de la population active, les systèmes de santé et éducatif sont sinistrés, les infrastructures routières délabrées, la distribution d’eau et d’électricité plus qu’aléatoire. La jeunesse est livrée au désœuvrement et à la détresse, le SIDA fait des ravages (11, 7% en 2000 selon l’ONUSIDA) et la fuite hors du pays est un phénomène désormais réel.

Selon le rapport du PNUD du 14 juillet 2004, les taux de pauvreté ont pratiquement doublé à Djibouti entre 1996 et 2002 où environ 75% de la population perçoit moins de 3 US$ par jour contre 45% en 1996. La pauvreté, l’ignorance, la maladie et la faim persistent. La pauvreté extrême (moins de 1,8 US$ par jour) est passée de 9,6% à 42,2% en 2002.. !

De même, la démocratie comme les libertés publiques qu’elle garantit n’ont pas droit de cité et le respect des droits de l’Homme n’est point enviable.

DES RESSOURCES ACCAPAREES

PAR LE POUVOIR

C’est que le pays est livré à la mal-gouvernance d’une autocratie prédatrice. L’essentiel de l’économie nationale est entre les mains du pouvoir et de ses quelques fidèles. Tous domaines confondus. Tandis que le chef de l’État contrôle le secteur privé via des amis et des membres de sa famille, le Trésor public comme les établissements et sociétés d’État, fonctionnent comme ses véritables caisses privées. Citons, à titre d’exemple, le port et l’aéroport de Djibouti qui forment le poumon de notre économie. Ils ont été confiés pour «gestion», à une équipe dite de Dubaï Ports International (DPI) dans le cadre d’un contrat dont seuls le chef de l’État et un homme d’affaires (ainsi que ses amis signataires de Dubaï) connaissent la teneur. Or, il s’agit d’éléments du patrimoine national constitutionnellement soumis au contrôle public.

SYSTEME

DE PARTI UNIQUE

Il faut dire que Djibouti est dirigé depuis son accession à l’Indépendance en juin 1977 par le même parti, le Rassemblement Populaire pour le Progrès (RPP). Le chef de ce parti est actuellement Monsieur Ismaël Omar Guelleh, ancien chef de Cabinet de la présidence chargé de la sécurité sous son prédécesseur Hassan Gouled Aptidon dont il est le neveu et qui l’a coopté en 1999. Depuis, il est le président de la République, chef de l’État, du gouvernement, de l’administration, de la police, des forces armées, de la sécurité politique, de la justice, des sociétés et autres établissements publics, etc.

L’assemblée nationale a toujours été monocolore à 100 % en ce sens que Djibouti est le seul pays où n’existent que deux élections :

– la présidentielle tous les six ans ;

– et les législatives tous les cinq ans.

Pour ces dernières, le scrutin en vigueur est le scrutin majoritaire à un seul tour ! C’est ainsi que depuis 1977, l’Assemblée nationale djiboutienne comprend toujours soixante cinq députés du seul parti au pouvoir : le RPP (Rassemblement Populaire pour le Progrès). Aux dernières élections législatives du 10 janvier 2003, l’UAD a été crédité de plus de 40% alors qu’en réalité l’opposition dirigée par le regretté Ahmed Dini Ahmed avait largement gagné les suffrages du peuple que le régime s’est encore arrogés. A cet effet, en mars 2004, lors de la visite à Djibouti d’une délégation de l’Assemblée Européenne, l’UAD (Union pour l’Alternance Démocratique) lui avait, à cette occasion, soumis son rapport sur cette consultation de 2003.

A Djibouti, point de décentralisation, c’est-à-dire de collectivités locales, quoique promise depuis l’Indépendance et prescrite par la Constitution du 12 septembre 1992 (qui est au reste la première Loi fondamentale post-coloniale du pays !) et les accords de paix signés avec le FRUD-armé (Front pour la Restauration de l’Unité et de la Démocratie) le 12 mai 2001. A preuve, la promesse officielle du chef de l’Etat pour la tenue au 3 décembre 2004 des élections régionales est restée vaine, sans explication aucune.

Aussi, point non plus d’élections libres et démocratiques, et Ismaël Omar Guelleh entend encore s’auto-reconduire en avril 2005 prochain au mépris de la volonté populaire et des règles élémentaires de la démocratie. Tous les accords d’ouverture démocratique signés par le pouvoir avec l’opposition à travers son aile armée, le FRUD, sont restés lettre morte. Le pouvoir les a tout simplement ignorés. Le dernier en date est l’accord de paix et de concorde civile conclu le 12 mai 2001 entre le régime et le FRUD-armé du regretté Ahmed Dini Ahmed. Malgré l’engagement solennel à le respecter pris devant le peuple djiboutien et la communauté internationale (Union européenne, France, Etats-Unis, etc.), monsieur Ismaël Omar Guelleh y a, en dehors d’un multipartisme entaché d’entraves, tourné le dos et maintient de plus belle son joug.

UNE OPPOSITION

MUSELEE

L’opposition est victime des persécutions constantes du régime et ses membres régulièrement jetés en prison. Pas un mouvement dont des membres n’aient connu la sinistre prison centrale de Gabode, dans des conditions de détention qu’un rapport conjoint de la FIDH et de l’Observatoire international des prisons a dénoncé de manière accablante en 1999.

Il n’est pas rare qu’un parti d’opposition, pourtant régulièrement légalisé, se voit purement et simplement décrété illégal et que ses nom, attributs et reconnaissance aillent à quelques agents du pouvoir. Le PRD (Parti du Renouveau Démocratique) en a été victime en 1997, qui a dû changer de nom et se faire re-légaliser sous l’appellation de MRD en 2002 à l’occasion de l’entrée en vigueur du multipartisme intégral. Le PND (Parti National Démocratique) de Monsieur Aden Robleh Awaleh, aujourd’hui rallié au pouvoir, a lui aussi connu cette sorte d’élimination.

NI SYNDICATS LIBRES

NI PRESSE INDEPENDANTE

Comme évoqué plus haut, les libertés publiques n’existent guère, en dehors des textes. Le mouvement syndical libre a été tout simplement éliminé à l’instar des partis d’opposition. Aucune des deux centrales syndicales (Union Djiboutienne du Travail et Union Générale des Travailleurs Djiboutiens), ni aucun syndicat individuel indépendant, n’on été épargnés par le retrait arbitraire de la reconnaissance au profit de structures non représentatives et affidées au gouvernement.

La situation syndicale de Djibouti, avec notamment sa négation de la liberté syndicale et ses persécutions des syndicalistes (licenciements, détentions arbitraires, etc. ), est bien connue de la communauté internationale du travail (O.I.T, B.I.T, Confédération internationale des Syndicats Libres, Internationale de l’Éducation, etc.).

De même, les associations ne sont reconnues que si elles appartiennent à ce que le régime appelle «Réseau national des associations djiboutiennes» qui est son instrument de contrôle du mouvement associatif.

Non plus, la liberté d’expression n’est pas mieux lotie. Pas de radio, ni de télévision libres, et les médias d’État sont bien entendu la voix du maître. La presse indépendante se résume à deux bulletins de l’opposition (Le Renouveau du MRD et Réalité de l’ARD) qui sont constamment harcelés. Le Renouveau est, par exemple, souvent victime d’emprisonnements de son directeur (Daher Ahmed Farah qui préside également le MRD), de suspensions, de saisies, d’amendes et autres dommages et intérêts.

RISQUES

D’EXPLOSION SOCIALE

Cette situation conduit naturellement à bien de frustrations populaires et réunit les conditions d’une réaction désespérée et dangereuse. La résistance, jusqu’ici pacifique, peut tourner à la violence.

Le cas du FRUD (celui-ci n’est d’ailleurs pas sans présence au maquis), qui a éclaté fin 1991, témoigne de la tournure que peuvent prendre les choses.

Avec, cette fois, l’adhésion de la majorité de toutes les composantes nationales. . .

ET POURTANT…

Et pourtant, Djibouti a tous les atouts pour être une vitrine de démocratie et de développement harmonieux pour la région. Sa petite taille, une population gérable liée par de multiples affinités, une culture pastorale qui prédispose au dialogue et au compromis démocratique, une unité nationale retrouvée grâce à la prise de conscience du néfaste «diviser pour régner» cher au pouvoir et grâce à l’unité de l’opposition, des femmes et hommes formés qui ne demandent qu’à être valorisés et servir leur pays, un potentiel économique certain… sont autant de facteurs positifs à même d’en faire un pays qui marche.

Voilà pourquoi nous nous tournons vers le monde démocratique, en particulier vers l’Union Européenne dont nous partageons les valeurs démocratiques et humanistes. Que ce soit à travers son aide à Djibouti, ou par l’intermédiaire de ses pays membres telle que la France qui a de l’influence sur le régime de monsieur Ismaël Omar Guelleh, l’Union Européenne pourrait significativement contribuer à un déblocage de la situation et à la nécessaire ouverture démocratique.

EXIGER L’APPLICATION DE L’ACCORD DE PAIX ET DE CONCORDE CIVILE

DU 12 MAI 2001

Ce que nous souhaitons de la part de l’Union Européenne, c’est d’exiger du régime l’application de l’accord de paix et de concorde civile qu’il a signé le 12 mai 2001 avec le FRUD du regretté Ahmed Dini Ahmed, accord où le pouvoir s’engage solennellement à un certain nombre de réformes démocratiques, notamment:

1 – L’entrée en vigueur du multipartisme intégral (c’est la seule réforme appliquée mais non sans entraves politico-administratives) ;

2 – La décentralisation des régions autre que Djibouti-ville, la capitale (elle fait l’objet d’une loi organique joint à l’accord qui jaunit dans les tiroirs du pouvoir) ;

3 – Une justice indépendante et la réactivation du Tribunal du Contentieux administratif tombé en désuétude, à dessein, depuis 1996 ;

4 – L’élaboration conjointe (Opposition/Gouvernement) du nouveau Statut de la capitale. A présent, Djibouti-ville, qui rassemble près de 80% de la population de la République, est dirigée par un Commissaire et des Adjoints nommés par le gouvernement !

5 – Le réexamen du Conseil constitutionnel dans son statut comme dans sa composition (il est, comme le reste de l’appareil d’État, totalement inféodé au régime) parce que entièrement nommé par le régime;

6 – La mise en place d’une Commission électorale nationale indépendante en charge de l’ensemble du processus électoral depuis la confection des listes jusqu’à la proclamation des résultats et composée à parité de représentants de l’opposition et du régime sous la présidence d’une personnalité indépendante acceptée par les deux parties (c’est la condition sine qua non de la transparence électorale) ;

7 – Le respect des libertés fondamentales (syndicale, d’expression, de presse, etc.) et des Droits de l’Homme ;

8 – L’accès libre et équitable des partis politiques aux médias publiques (radio, TV, journaux, etc.).

Le peuple djiboutien serait très reconnaissant à l’Union Européenne de son soutien.

Fait à Djibouti,

le Vingt sept février deux mille cinq


Syndicat de la Poste contre syndic d’Etat

Salaires impayés, conditions de travail déplorables, absence de consultation paritaire : les postiers ont beaucoup de raisons de se plaindre de leur Direction. Et appellent à la grève pour défendre des acquis sociaux hérités de la période coloniale. A considérer leurs difficultés à négocier, on comprend pourquoi tant de hauts fonctionnaires ont été convoqués au Palais du Peuple : ils sont au service d’un régime qui exige d’eux la plus entière soumission. Sous peine de perdre leur emploi.


Loin d’être une exception, les ingérences sous toutes ses formes dans les affaires syndicales constituent la règle en République de Djibouti. Ce que la centrale UDT (Union Djiboutienne du Travail) n’a de cesse de dénoncer et de condamner avec la plus grande vigueur depuis plus d’une décennie, soutenue en cela par les travailleuses et les travailleurs djiboutiens ; mais aussi par une opinion publique nationale plus éclairée aujourd’hui qu’hier sur la situation sociale du pays.

A cela s’ajoute le fait que le gouvernement, sourd aux appels réitérés à la raison des organisations et institutions internationales comme la CISL ( Confédération Internationale des Syndicats Libres) et l’OIT (Organisation Internationale du Travail) et tant d’autres, a estimé plus judicieux de renforcer son joug pour étouffer les libertés et droits syndicaux pourtant garantis par la Constitution de septembre 1992.

Sur le plan social, il en résulte un véritable désastre qui en alimente un autre : celui d’une pauvreté structurelle, qui s’enracine dans la durée en République de Djibouti. C’est ce que démontrent les rapports des Nations Unies constatant une généralisation de la pauvreté dans notre pays.

Ses exemples quotidiens d’abus et d’ingérences confinent parfois au tragi-comique, dans le contexte suffisamment dramatique d’un pays où 73% des habitants vivent au-dessous du seuil acceptable de la pauvreté et où 4 citoyens sur 5 en âge de travailler sont condamnés à l’inactivité professionnelle, au chômage.

Ainsi, à la Direction générale de la Poste, qui est en situation de faillite administrative, financière et sociale, on est visiblement en manque d’idées et en panne de plan de sauvetage pour remettre l’entreprise à flots. Excédé par l’état plus que piteux de la Poste, et désespéré de ne voir aucune chance d’alternative au naufrage programmé de cette entreprise en dépit de tous les recours intentés tant auprès de sa Direction que de son ministère, de la Primature et même de la Présidence de la République, le syndicat des Postiers de Djibouti (SPD), par une note d’information en date du 2 mars 2005, a menacé de recourir à l’option de la grève générale illimitée si ses doléances et ses réclamations ne sont pas prises en considération. Les neuf points énumérés dans cette note sont :

1) le paiement des cotisations de l’OPS et de la CNR,

2) le paiement des transports et des heures supplémentaires des gardiens,

3) le paiement des sous-caisses des agents des guichets,

4) l’arrêt de la retenue discriminatoire de salaire pour absence,

5) l’arrêt de la prescription arbitraire des cumuls de congés,

6) la consultation du syndicat pour toute réforme sociale ou touchant de près les travailleurs,

7) la constitution des moyens de transport pour les travailleurs,

8) le respect de la législation du travail et l’arrêt des harcèlements,

9) la restitution du siège du syndicat.

Face à la léthargie prononcée de la Direction de la Poste, le SPD a par ailleurs appelé l’Etat à se pencher sur les difficultés de cette entreprise.

Malheureusement, au lieu d’engager l’indispensable dialogue social, base de toute réelle démocratie, la Direction de la Poste a préféré la fuite en avant qui caractérise ce régime dans tant d’autres domaines.

Par un appel solennel aux « Postiers et Postières de la République de Djibouti » en date du 8 mars 2005, le Directeur général de la Poste a contre-attaqué en dénonçant « ce geste stérile que quelques jeunes éléments inconséquents pensent avoir fièrement perpétré à l’encontre du Personnel postal historique dont j’ai la charge publique de la dignité professionnelle et du progrès individuel. » Comprenne qui pourra.

Et il en profite pour mettre ledit personnel au pied du mur, sommé de choisir par une consultation interne entre son Maqam du « personnel historique» dont il est l’officiant en chef et le légalement constitué Syndicat des Postiers de Djibouti.

Mais peu importe. Le Directeur qui se prend un peu pour tous, sauf pour ce qu’il est vraiment de par ses fonctions, sommé par sa hiérarchie de briser un mouvement revendicatif qui pourrait s’étendre à d’autres services, croit faire l’économie d’un conflit social que la situation de la Poste rend inévitable. Cette précipitation qui confine à la confusion illustre le désarroi d’une administration de plus en plus vidée de sa substance et pratiquement astreinte à la dévotion d’un seul homme, d’un seul système de mauvaise gouvernance.

Faire preuve de sang-froid, vouloir démontrer son sens de rationalité ou appeler au bon sens peut constituer une forme d’apostasie passible d’excommunication.

Il ne reste le plus souvent aux hauts responsables de l’administration que de faire appel aux bons remèdes du docteur Coué ou d’imiter Gribouille qui, voyant la pluie arriver, se jette à l’eau.


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