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« Après 26 ans de démocratisation, dictature et démocratie bientôt à l’équilibre en Afrique », étude du journaliste indépendant Régis MARZIN du 30 mars 2016 (30/03/16)

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Après 26 ans de démocratisation, dictature et démocratie bientôt à l’équilibre en Afrique 

55 pays de 1990 à 2015

Démocratisation de l’Afrique, démocraties et dictatures :

historique, évolution et état des lieux en 60 graphiques

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Régis Marzin

Journaliste indépendant, Paris,

30 mars 2016

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Congo B – Communiqué : 20 mars au Congo Brazzaville : un vote sans espoir ? (Collectif de Solidarité avec les Luttes sociales et politiques en Afrique, Paris, 16 mars 2016)

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20 mars au Congo Brazzaville : un vote sans espoir ?

Communiqué du Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique, Paris, 16 mars 2016

Les élections se succèdent dans une partie des pays africains sans progrès dans leurs processus de démocratisation. A moins d’improbables surprises, au moins 8 dictateurs organiseront en 2016 des scrutins sans valeur démocratique[1]. A ces occasions, de nouveaux faits alourdissent les bilans criminels de chefs d’Etat qui cherchent à échapper à la justice. Le processus électoral de la présidentielle du 20 mars au Congo-Brazzaville se présente comme l’un des plus violents et des plus éloignés d’une qualité normale des processus électoraux.

Denis Sassou Nguesso a pu se maintenir au  pouvoir 32 ans en refusant la vérité des urnes. Après sa guerre de reconquête de pouvoir, mettant fin à la période démocratique, les électeurs congolais n’avaient plus de raisons de se déplacer pour voter. Une opposition désorganisée par le pouvoir était poussée au boycott, appliqué à la présidentielle de 2009 et aux législatives de 2012. En 2015, l’opposition a été renforcée par des personnalités récemment sorties du clan présidentiel. La population a repris espoir en raison des limitations du nombre de mandats présidentiels dans les constitutions en République démocratique du Congo, au Rwanda, au Burundi, comme en République du Congo. En outre, après la révolution au Burkina Faso, une nouvelle génération de congolais ne supporte plus le statu quo.

En octobre 2015, le président a fait sauter le verrou constitutionnel de la limitation du nombre de mandats en bafouant la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance de l’Union africaine[2]. Le référendum a provoqué les premières manifestations depuis la guerre en 1997. Le pouvoir a montré qu’il n’acceptait pas le droit de manifester. Un bilan partiel minimal des victimes des forces de l’ordre pendant la période autour du référendum, en particulier les 20 et 21 octobre, est de 46 personnes décédées dont 43 identifiées, 69 personnes blessées identifiées, entre 4 et 20 personnes disparues[3]. Denis Sassou Nguesso a réprimé les partis politiques et la société civile, a fait couper internet et SMS et exercé une surveillance des communications pour empêcher que ce bilan ne soit dressé. Les arrestations se sont multipliées[4].

En passant en force le 25 octobre 2015 par un référendum anticonstitutionnel massivement boycotté, le président congolais a clairement montré qu’il imposerait pour la présidentielle un processus électoral bâclé, déterminé par la répression. Sa volonté de gagner au premier tour reflète la préparation de la fraude.

A la demande des autorités congolaises, une mission d’évaluation technique avait été envoyée en décembre 2013 par l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), pour proposer des améliorations dans la perspective des élections locales de 2014 et de la présidentielle 2016. Cette mission a constaté que la gestion du processus électoral est essentiellement faite par le Ministère de l’intérieur.  L’OIF a jugé nécessaire « la refondation de l’état civil » comme base de recensement électoral, et une « vérification paritaire du dénombrement » pour les  circonscriptions avec anomalie statistique, et a préconisé, de « maintenir une concertation permanente », de « veiller à l’indépendance de l’audiovisuel public », d’«introduire la biométrie » et de « réformer et transformer la commission nationale d’organisation des élections en une structure indépendante, dotée de pouvoirs réels »[5]. Suite au référendum d’octobre 2015, il n’était plus question de ces recommandations. En République du Congo, depuis le bain de sang des 20 et 21 octobre 2015, les concessions que pourrait accorder le président sur le processus électoral ne pouvaient être que très secondaires.

Sans report pour améliorer le processus électoral, les conditions ne sont pas réunies pour un scrutin aux normes internationales. La Commission nationale électorale indépendante (CNEI) est aux ordres du pouvoir, composée de 20 membres du Parti Congolais du Travail (PCT) et de 3 personnes de la ‘société civile’. L’opposition n’a eu aucune possibilité d’influer sur l’organisation. Les candidats d’opposition Okombi Salissa, Kolélas, Mokoko, Munari et Tsaty Mabiala ont créé une Commission technique électorale (CTE) pour « compiler l’ensemble des procès-verbaux et annoncer ses propres résultats »[6].

Le fichier électoral ne permet pas une élection crédible. Selon le recensement à la base du fichier électoral de 2014, les départements du Nord sont devenus plus peuplés que ceux du Sud. Selon la Fédération des Congolais de la Diaspora (en France), « les départements septentrionaux ont vu en 7 ans  leurs populations augmenter de plus de 143 299 et celles des départements méridionaux baisser de plus de 102 279»[7] et « le nombre d’électeurs a baissé dans tous les départements de la partie Sud du Congo et a augmenté dans tous les départements du Nord, fiefs électoraux de Denis Sassou. Dans la même période, le département de la Likouala, l’un des plus enclavés et le moins peuplé est devenu celui qui a le plus grand nombre d’électeurs ». Une révision des listes électorales a eu lieu entre le 25 janvier et le 15 février 2016 n’a pas permis un enrôlement correct et le fichier contient « des électeurs fictifs, décédés, expatriés ou n’ayant pas l’âge de voter»[8].

Les conditions de la campagne sont chaotiques. Le manque d’équité est patent. Le président sortant peut faire campagne avec une débauche de moyen alors qu’une partie des meetings des opposants sont annulés. Les media d’Etat, télévision et radio ne parlent quasiment pas de l’opposition. La population s’attend à une coupure générale d’internet et des SMS comme autour du référendum. Il est peu probable que Denis Sassou Nguesso permette qu’un second tour soit possible alors qu’il se retrouverait face à une opposition qui pourrait s’unir. Il a décrété un calendrier électoral accéléré, avançant la présidentielle de juillet au 20 mars, la date d’un éventuel second tour étant fixé par la constitution au 10 avril[9]. Les législatives de 2017 pourraient aussi être avancées.

Fin 2015, l’Union européenne (Ue), a tenté[10] « un dialogue politique structuré, dans le cadre de l’Accord de Cotonou, … qui aborde les domaines politiques, de la justice et du respect des droits de l’homme … les questions électorales (calendrier, cartes, listes, et prochaines échéances électorales) et la concertation nationale.» Le 19 février 2016, l’Ue a abandonné l’idée d’une mission d’observation électorale car[11] : « les réformes introduites par la loi électorale du 23 janvier … ne prennent pas suffisamment en compte les recommandations de la Mission d’observation électorale de l’Ue de 2002… ne semblent pas de nature à rassurer sur le caractère démocratique, inclusif et transparent de l’élection présidentielle anticipée au 20 mars 2016. … l’anticipation du scrutin de 3 mois ne permettra pas une amélioration substantielle du fichier électoral, dont la qualité insuffisante risque d’affecter la crédibilité des résultats du vote. .. »

Denis Sassou Nguesso n’a tenu compte ni de l’avis des Nations-Unies, ni de celui de l’Ue. François Hollande avait osé, pendant le coup d’Etat constitutionnel d’octobre 2015, un « Denis Sassou N’Guesso peut consulter son peuple »[12], et le Parti Socialiste demande maintenant le report du scrutin[13]. L’OIF envoie comme observateur sur quelques jours, l’ancien président de transition burkinabé, Michel Kafando, qui doit collaborer avec l’envoyé spécial de l’ONU en Afrique Centrale, Abdoulaye Bathily[14]. Le Conseil des droits de l’homme des Nations-Unies n’a pas répondu à la demande d’enquête sur les violations des droits humains lors du processus électoral[15]. L’Ue aura à juger de la qualité du processus électoral si elle souhaite continuer la coopération européenne[16] en respectant l’accord de Cotonou et son article 96.

Laisser la République du Congo sombrer entre les mains de Denis Sassou Nguesso n’aide pas la démocratisation de la RDC voisine. La crise des Grands lacs sur le respect des constitutions reflète la faiblesse de la diplomatie internationale concernant la démocratie en Afrique. La dictature congolaise en profite mais la population, elle, en a « ras-le-bol ».

 

9 signataires : Fédération des Congolais de la Diaspora (FCD, Congo Brazzaville), Union pour le salut national (USN, Djibouti, coalition de l’opposition), Ca suffit comme cà ! (Gabon), Réagir (Gabon), Forces vives tchadiennes en exil, Rassemblement National Républicain (RNR, Tchad), Amicale panafricaine, Parti de Gauche, Europe Ecologie les Verts (EELV).

 

Concernant les huit pays non démocratiques qui, en Afrique, connaîtront une élection présidentielle en 2016, le Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique demande que soient satisfaites les conditions préalables indispensables à un processus électoral :–        absence de répression de l’opposition,

–        état de droit préalable minimum : liberté de la presse, liberté de manifester, liberté de s’organiser pour la société civile et les partis politiques,

–        dialogue inclusif avec l’opposition,

–        consensus sur la composition d’une Commission électorale indépendante neutre,

–        consensus sur la méthode de fabrication du fichier électoral,

–        possibilité de contestation légale auprès d’une Cours indépendante incontestable.

Plus de revendications dans la lettre à l’Ue du 8 mars 2016, en particulier sur le Congo Brazzaville :

 

Date scrutin Pays Président Durée pouvoir
18 février Ouganda Yoweri Museveni 30 ans
20 mars + 10 avril Congo B Denis Sassou Nguesso 32 ans
8 et 22 avril Djibouti Ismaël Omar Guelleh 17 ans + oncle 22 = 39
24 avril Guinée Equatoriale Teodoro Obiang 37 ans
10 avril + 9 mai Tchad Idriss Déby 26 ans
24 avril Guinée Equatoriale Teodoro Obiang 37 ans
Août ? Gabon Ali Bongo 7  ans + père 42 = 49
27 novembre Congo K Joseph Kabila 10 ans (2x5ans max)
1er décembre Gambie Yahya Jammeh 22 ans

 

[1] Cf tableau annexe + 8.3.16,https://electionsafrique.wordpress.com/2016/03/08/congo-b-djibouti-tchad-lettre-a-ue-politique-europeenne-et-processus-electoraux-sans-democratie-en-afrique-en-2016/

[2] le Congo Brazzaville est signataire de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance de l’Union africaine :http://www.achpr.org/fr/instruments/au-constitutive-act/ratification/

[3] estimation supplémentaire « 46 à 65 personnes décédées, 69 à 100 blessées, 4 à 20 disparues. » Collectif Solidarité avec Luttes Sociales et Politiques en Afrique,https://electionsafrique.wordpress.com/2015/12/17/congo-b-bilan-du-coup-detat-constitutionnel-doctobre-2015-en-republique-du-congo-et-demande-dune-mission-denquete-internationale/

[4] Certains sont toujours emprisonnés : Paulin Makaya ou Modeste Boukadia, entre autres.

[5] Rapport de la Mission francophone d’information et d’évaluation dans la perspective des élections de 2014 et 2016 au Congo, document non public disponible sur demande auprès de l’OIF.

[6] explications de Charles Zacharie Bowao, coordonnateur de l’IDC-FROCAD, 9.3.16,http://mwinda.org/fr/actualites/actualites-a-la-une/actualites/380-campagne-et-programmes-electoraux-ds-candidats-a-l-election-presidentielle

[7] 1.3.16, http://www.fcd-diaspora.org/spip.php?article586

[8] Général Mokoko, 4 mars 2016,http://mwinda.org/fr/actualites/actualites-a-la-une/actualites/377-general-mokoko-je-lance-un-appel-a-n-accorder-aucun-credit-a-ce-scrutin-deja-pipe

[9] 21 jours après, 2015 : article 27,http://www.ambacongo-us.org/Portals/6/pdfs/Projet_Constitution._10-10-2015.pdf, 2002 : article 59,http://democratie.francophonie.org/IMG/pdf/Congo.pdf

[10] par la voix du Chef de division Afrique Centrale du SEAE,https://electionsafrique.wordpress.com/2015/10/15/congo-brazzaville-coup-detat-constitutionnel-lettre-ouverte-a-lue/

[11] 19/02/2016 http://eeas.europa.eu/statements-eeas/2016/160219_01_fr.htm

[12] http://www.elysee.fr/communiques-de-presse/article/evenements-en-republique-du-congo/,http://tournonslapage.com/republique-du-congo-communique-de-la-campagne-tournons-la-page/

[13] 7.3.16, http://www.parti-socialiste.fr/republique-congo-parti-socialiste-souhaite-report-de-lelection-presidentielle/

[14] 13.3.16 Michaelle Jean,http://www.rfi.fr/emission/20160313-francophonie-michaelle-jean-secretaire-generale-oif

[15] à l’instar de ce qui a été envisagé pour le Burundi le 14 décembre 2015 : 17.12.15,https://electionsafrique.wordpress.com/2015/12/17/congo-b-bilan-du-coup-detat-constitutionnel-doctobre-2015-en-republique-du-congo-et-demande-dune-mission-denquete-internationale/,  http://www.africa1.com/spip.php?article61618,http://www.ohchr.org/FR/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=16878&LangID=F,

[16] 11e FED 105 millions d’Euros sur 5 ans, en priorité pour Eau et assainissement; sécurité alimentaire et nutritionnelle’ : http://lentrepreneuriat.net/business-newslue-va-accorder-46-milliards-deuros-15-pays-africains-entre-2014-et-2020-d-tail-par,http://www.eeas.europa.eu/delegations/djibouti/index_fr.htm

* * *

https://electionsafrique.wordpress.com/

Le Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique s’est particulièrement investi sur certains évènements et crises, en mettant l’accent sur les processus électoraux :

Mars 2016, Congo B, Djibouti Tchad : Lettre ouverte à UE sur 3 présidentielles sans démocratie
Janvier 2016, Djibouti : Lettre ouverte à ONU, UA, UE, Elysée : massacre et arrêt du processus électoral
Décembre 2015 : Congo B : Bilan du coup d’Etat constitutionnel – Lettre ouverte à ONU, UE, Elysée
Octobre 2015 : Congo B : Coup d’Etat constitutionnel – Lettre ouverte à l’Union européenne
Juillet 2015, Togo et politique européenne : Lettre à UE sur Togo et démocratisation de l’Afrique (réponse)
Mai 2015, Togo : Lettre à ONU, UE et OIF : présidentielle et soutien à la démocratisation de l’Afrique
Avril 2015, Togo : Election présidentielle, la démocratie et l’alternance sont-elles possibles ?
Février 2015, UE : 9 propositions à l’Union européenne pour soutenir la démocratisation en Afrique
Février 2015, UE : UE et élections en Afrique en 2015 et 2016 et soutien à la démocratisation
Novembre 2014, Tchad : Répression contre des manifestants et coupure des communications internationales
Octobre 2014, Burkina Faso : Afrique : limitation du nombre de mandats présidentiels, aucune exception n’est plus acceptable
Octobre 2014, Tchad : Soutien à la société civile tchadienne suite à la journée ’ville morte’
Mars 2014, Centrafrique et Tchad : Influence et implication d’Idriss Déby en RCA de mi-2012 à janvier 2014
Janvier 2014, Djibouti : Répression, contentieux électoral et politique européenne
Décembre 2013, Tchad : Dossier d’information sur la réhabilitation impossible d’Idriss Déby
Novembre 2013, Togo : Visite de Faure Gnassingbé à l’Elysée
Octobre 2013, Tchad : Tchad et politique française
Septembre 2013, Cameroun : Elections législatives
Juillet 2013, Sortir de l’influence militaire et engager la politique française dans le soutien de la démocratie
Mai 2013, Guinée Equatoriale : Elections législatives et pétrole
Avril 2013, Togo : Lettre à Laurent Fabius sur l’affaire des incendies
Février 2013, Djibouti, Togo, Cameroun, Guinée C. : Elections législatives : lettre à Assemblée Nationale
Février 2013, Djibouti : Elections législatives 
Janvier 2013, Togo : Lettre ouverte à l’Union européenne sur élections législatives
Juillet 2012, Congo Brazzaville : Elections législatives
Décembre 2011, Gabon : Dossier d’information sur les élections législatives
Octobre 2011, Cameroun : Election présidentielle : dossier d’information et meeting
2010 : cinquante ans des indépendances :Manifestation le 14 juillet 2010
Mars 2010, Togo : Election présidentielle

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Halte à la zizanie ! C’est moi ou le chaos ! l’annonce martiale du candidat au mandat de trop ! (MAA, ARD, 17/03/16)

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HALTE A LA ZIZANIE !

MOI OU LE CHAOS ! C’est l’annonce martiale du candidat au mandat de trop !

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Et pour que ce soit lui, il a savamment et en toute illégalité, établi un inextricable désordre visible à l’œil nu sauf aux malvoyants :

– Djibouti est au terme de trois mandats, un Etat économiquement failli : endettement colossal, chômage de masse, tous indices de développement humain au rouge et surtout constat accablant, alarmant et officiel fait par les magistrats de la défunte CCDB dans son unique et volumineux rapport général public paru dans le Journal Officiel d’avril 2004. Les magistrats effarés constatant pêle-mêle l’ « usage récurrent de crédits contrevenant à l’objet des crédits initiaux, infractions récurrents au code des marchés publics, opérations échappant complètement aux écritures du Trésorier Payeur Général, défaillances dans la tenue des comptabilités, absences de pièces comptables des ordonnateurs et administrateurs de crédits publics, récurrences des imputations budgétaires irrégulières » mais les magistrats ont été affrontés à l « existence de caisses parallèles à celle du Trésorier Payeur Général ». Sans commentaire. La gestion de l’Etat s’étant depuis lors aggravée comme l’attestent les scandales internationaux des litige non résolu opposant l’ONUSIDA au gouvernement Djiboutien et celui opposant le même gouvernement à l’homme d’affaires Djiboutien au sujet de la gestion du port de Doraleh… Mais malheureusement et plus gravement,

– Djibouti est devenu un État anomique :

– Cessions expropriations par décrets de domaines fonciers n’appartenant pas à l’Etat et mettant gravement en danger la paix sociale

– Concessions en toute opacité aux capitaux étrangers de leviers nationaux de développement économique

– Concessions arbitraires aux capitaux privés d’établissements publics, Déni de citoyenneté pendant trente neuf ans à une composante de la communauté nationale

– Déchéances arbitraires, répétées et ciblées par décrets présidentiels de la nationalité Djiboutienne à des citoyens pour délit d’opinion Impunité des Crimes de guerre, Massacre de civils (Arhiba et Buldhqo ) et autres crimes économiques

– Violations systématiques de tous Accords nationaux et internationaux et, à la veille d’élections déjà sujettes à suspicion : recours préélectoraux multiples auprès du Conseil Constitutionnel

Dans un tel contexte de quoi demain sera-t-il fait ?

MAA – ARD

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Communiqué LDDH: Séquestrations des enseignants ou une campagne dans une campagne

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Djibouti, le 16 Mars 2016

Communiqué de presse:

Ces derniers temps, le MENFOP organise des séances de séquestrations des enseignants chez lui.

Sommés de délaisser leurs horaires de cours, des groupes d’enseignants devaient se pointer au portail de la demeure de Monsieur le Ministre de l’éducation nationale à 15h30 précises et son excellence se réveillait ou arrivait à 19h00 devant ces enseignants et enseignantes.

Dès lors commençait le monologue du Ministre qui bombardait son auditoire des avantages dont il a gratifiés les enseignants depuis sa nomination à la tête du département de l’éducation et ce, jusqu’à 22h et plus.

Entre 15h30 et 19h, ces enseignants n’avaient pas le droit de quitter le lieu. Il en était de même pour les enseignantes qui sont mères et allaitaient leurs bébés. Ceci est scandaleux car subir une privation de liberté de 3heures et demie sans aucune raison valable dans la demeure du Ministre ne fait pas partie des programmes auxquels sont astreints les enseignants mais constituent au contraire une violation flagrante de droits des enseignants et un abus caractérisé d‘autorité.

Selon les informations reçues par la LDDH ce Ministre qui est également le gendre du Président candidat à sa propre succession le 08 Avril prochain, prépare la messe de la HONTE au même club hippique où s’est tenue la convention de l’UMP pour designer Mr Ismail Omar Guelleh comme candidat de l’UMP.

Le 17 mars 2016 à partir de 18h tous les enseignants, enseignantes, surveillants, femmes de ménages, gardiens, conseillers, inspecteurs, directeurs, principaux, proviseurs, chefs des services … avec leurs conjointes ou conjoints, sont convoqué à la messe de la HONTE et tout absent ou absente s’expose à des mesures coercitives. Et les techniciens de ce département n’osent même pas murmurer que son comportement est une violation des droits humains et suivent à la lettre les désirs de leur Ministre.

Derrière cette messe, « son Excellence » démontre si besoin est à son beau père IOG qu’il a maitrisé son département ministériel et qu’il faut le laisser lors du prochain remaniement ministériel à son poste après les élections. Voilà pourquoi, le MENFOP organise cela et ceci : Une Campagne dans une Campagne.

La LDDH dénonce et condamne l’instrumentalisation des enseignants à des fins électorales et demande au chef de l’état de faire cesser les séquestrations dont sont victimes les enseignants(es) de la part de son beau-fils.

Pour la LDDH

Le Président

Omar Ali Ewado

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Rapport Annuel 2015 de la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH) (11-03-16)

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Rapport Annuel 2015

Introduction :

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) a l’habitude de dresser un tableau exhaustif des violations perpétrées au cours de l’année écoulée. Les douloureux événements (le massacre de Bouldhouqo, la blessure du Secrétaire général puis l’arrestation et l’emprisonnement du Président de la LDDH) survenus à la fin de l’année 2015 n’ont pas permis l’élaboration du rapport annuel de 2015 et le présent document même tardif répond pour combler ce vide.

1) Politique

L’année 2015 avait commencé sur une note d’optimisme et ce, suite à l’accord-cadre signé entre le gouvernement djiboutien et l’opposition politique USN le 30 Décembre 2016.

L’accalmie a peu duré.

Les régions du Nord qui vivent sous la loi martiale : les populations civiles et nomades sont prises pour cibles par les forces gouvernementales et les arrestations arbitraires et les détentions dans les camps militaires s’enchainent.

Plusieurs dizaines de  nomades sont arrêtés puis sont internés dans des camps militaires à Obock, Tadjourah et Assa Gueyla. Ils ont été torturés par les forces gouvernementales. Ces nomades ont tout perdu suite à leurs arrestations illégales. Les militaires ont bombardé les zones de pâturages causant la perte de leurs cheptels, ils ont  tout perdu. Cela s’est passé fin Avril 2015 jusqu’au 10 Mai 2015.

Une cinquantaine de personnes sont arrêtées dans les régions du Nord (Obock _ Tadjourah) et sont enfermées dans des camps militaires pendant des semaines au mépris des textes et lois régissant la détention car les militaires n’ont pas de légalité en la matière outres les aléas naturels (sécheresses répétitives) ces nomades ont été durement touchés par ces violations.

Les populations nomades des régions Nord et du Sud Ouest sont tantôt terrorisées car accusée de connivence avec la rébellion du FRUD, tantôt déplacées de force par les forces gouvernementales vivent sous une terreur permanente.

Le 24 Mai 2015, Houmed Moussa Hamadou, Mohamed Omar Aden et Osman Ali Dato sont écroués à la prison de Gabode sous prétexte « d’intelligence avec l’ennemi ». Ils ont été sévèrement torturés mais n’auront pas droit à une consultation d’un médecin.

Depuis, ils sont enfermés à la prison de Gabode et ne disposent pas l’assistance d’un avocat. Toujours au mois de mai 2015, plusieurs femmes et le contrôleur adjoint de la LDDH sont arrêtés par le lieutenant KHALIF du 3ème arrondissement alors qu’ils revenaient de l’accueil réservé à la célèbre chanteuse NIMA DJAMA de retour au pays après un long exil au Canada. Ces personnes ont étés torturées puis emprisonnées à la prison de Gabode. Lors du procès, elles ont été condamnées à 8 mois de prison avec sursis.  Il est à noter que ces personnes n’avaient commis aucun délit, elles ont été ramassées dans la rue.

A partir de Septembre 2015, la mobilisation pour un 4ème Mandat du chef de l’état est décrétée et tout les échelons de l’état sont appelés à participer à cette mobilisation sous peine des mesures coercitives.

La RTD relaies et diffuse à longueur des journées cette mobilisation et quand les militants de l’opposition osent se prononcer contre le 4ème MANDAT, ils sont systématiquement arrêtés puis incarcérés à la prison de Gabode et finalement écopent des condamnations en sursis pour les obliger à se taire.

L’opposition de l’USN sommée de se tenir tranquille tente des sorties à l’intérieur du pays.

Les responsables de l’USN ont été interdits de se rendre à Ali-Sabieh (il y’a des blessés et des arrestations), parfois ils ont subi le lynchage par des hooligans à la solde du régime à ARTA-WEA. Ainsi le régime en place à Djibouti n’a pas du tout respecté la liberté de circulation pour l’USN.

Les mêmes arrestations sont opérées à Djibouti, Arta, Ali-Sabieh, Dikhil et Obock. Les personnes arrêtées sont fichées, photographiées puis menacées de prison s’ils affirment leur refus de 4ème Mandat.

Octobre 2015

Plusieurs personnes sont arrêtées dans les régions du Nord et au Sud Ouest (Obock, Tadjourah, Lac Assal).

Une centaine de personnes sont arrêtées, torturées puis internées dans de camps militaires. Finalement une vingtaine de personnes sont déférées au Parquet puis écrouées à la prison de Gabode. Quelques femmes arrêtées aux mêmes moments ont été relâchées au niveau du Parquet.

Décembre 2015

Triste anniversaire de la LDDH : le 10 décembre, vers midi, le Directeur Général de la Police a agressé verbalement puis physiquement les responsables de l’USN à la place du 27 JUIN.

Le secrétaire général de la LDDH Mr Said Houssein Robleh également député de l’USN a été passé à tabac puis incarcéré plusieurs heures au centre de détention de NAGAD et ce, en compagnie de son père Houssein Robleh et quelques membres de l’USN.

Malgré son état de santé nécessitant une prise en charge médical, Said est détenu dans un camp insalubre et infesté de moustiques. Il sera jeté dans la rue, il se rend au Centre Médico-chirurgical de Bouffard où il a reçu les premiers soins.

Ainsi s’installe la terreur dans le pays.

Après la mobilisation de l’UMP du 1er Novembre 2015 en faveur du 4ème Mandat présidentielle l’USN appelle ses militants le 20 Novembre 2015 à un meeting à Balbala pour s’opposer au 4me Mandat.

Le 24 Novembre 2015, le Gouvernement Djiboutien adopte des mesures restrictives pour le rassemblement à cause des menaces terroristes selon le Pouvoir et s’inspire des attentats de Paris, de Tunis et de Bamako.

L’on est en droit de se demander la raison réelle qui à poussé le gouvernement djiboutien à adopter des telles mesures juste après les mobilisations des deux camps.

Le 21 Décembre 2015

La tribu YONIS MOUSSA, l’une des composantes de l’ethnie ISSA se réunit à la périphérie de BALBALA dénommée BOULDHOUQO pour une cérémonie culturelle et traditionnelle. Les personnes présentes sur le lieu sont appelées à quitter le lieu de leur rassemblement en pleine cérémonie. Ce qui était impossible.

Devant leur refus d’obtempérer, la police puis l’Armée et la Gendarmerie emploient la force pour les faire quitter la place occupée.

Ce qui devait arriver arriva. Le Bilan s’élève à plusieurs morts, plusieurs personnes sont blessées, des dizaines de personnes sont arrêtées puis incarcérées à la prison de Gabode.

Lors de la tragédie du 21 Décembre 2015 plusieurs familles endeuillées ont subi d’énormes pressions pour  cacher les noms de leurs proches tombés ou blessés par les balles réelles. Les blessés sont gardés par des policiers sur leur lit d’hôpital, certains se voient refuser l’accès aux hôpitaux donc privés des soins. Ils sont contraints de végéter chez eux avec leurs blessures. Quelques uns succombent de leurs blessures non soignées ou mal soignées.

Parfois les membres de cette tribu sont menacés des mesures de dénaturalisation. Cette mesure discriminatoire accentue la peur chez les YONIS MOUSSA.

Dans l’après midi de cette même journée, la police cagoulée mène un raid sanglant chez un membre de l’opposition où le Haut Conseil de l’USN tenait sa réunion hebdomadaire.

Lors de ce raid sont blessés, le Président de l’USN Ahmed Youssouf Houmed, l’ancien ministre Hamoud Abdi Suldan et le Secrétaire Général de la LDDH, Mr Said Houssein Robleh. Ils sont criblés des balles réelles et enfin le secrétaire général de l’USN, Monsieur Abdourahman Mohamed Guelleh est passé à tabac puis emporté par la police. Le jeune Said et l’ancien ministre Hamoud sont admis à l’hôpital Bouffard pour être soignés. Le Pouvoir ayant appris leur admission à l’hôpital envoie la même police à Bouffard afin de récupérer les deux blessés. Ces derniers refusent de sortir de l’hôpital de leur gré et les responsables diplomatiques et militaires français tergiversent ne sachant quoi faire.

La police Djiboutienne installe un siège devant  Bouffard et multiplie la demande de remise des deux blessés djiboutiens. Le siège dure huit jours, finalement le 29 décembre 2015, le Président de la LDDH est appelé par l’Ancien Ambassadeur  Mr SERGE MUCETTI afin de convaincre le Secrétaire Général de la LDDH à quitter Bouffard. Ce qui sera fait par le Président  de la LDDH. Aussitôt sorti de l’hôpital, le Président de la LDDH est arrêté par la gendarmerie et placé en garde à vue, le Secrétaire Général de la LDDH SAID HOUSSEIN ROBLEH est emporté par la police, il sera relâché peu après. Il faut noter que le secrétaire général de la LDDH avait une balle placée sur une zone sensible du cou, nécessitant une évacuation vers une structure médicalisée. Une demande d’asile de SAID sera rejetée par l’Ambassadeur français.

Une chasse aux membres de YONIS MOUSSA est menée sous la houlette du Procureur de la république. Plusieurs personnes de cette tribu sont arrêtées puis mises en détention à Gabode. Au début de JANVIER 2016, l’ancien ministre Hamoud est placé en mandat de dépôt à la prison de Gabode.

 

Le 26 décembre 2015, la LDDH publie un communiqué de presse établissant un bilan provisoire de la tragédie.

Après 48 heures de garde à vue, le Président de la LDDH est déféré au Parquet puis mis en dépôt à la prison de Gabode.

Il est accusé de diffamation publique.

Et le 17 Janvier 2016, il est condamné à 3 mois de prison de prison ferme en vertu d’un article d’une loi relative à la profession d’un rédacteur en chef et la presse écrite Il est soumis à un isolement total et les audiences de son procès se tiennent à huis clos. Même les membres de sa famille n’assistent pas aux audiences. Ils sont refoulés à plusieurs kilomètres du tribunal par la gendarmerie.

Pendant ce temps le Secrétaire Général de la LDDH tente par tous les moyens à quitter le pays pour se faire soigner en Europe.

Le vaillant JEAN-LOUP SCHAAL et sa dynamique équipe de l’ARDHD déclenchent une campagne mondiale :

_  Pour aider Said Houssein Robleh à venir en Europe pour se faire soigner, ce qui sera fait après un long périple.

_ A obtenir la libération du Président de la LDDH, ce qui sera obtenu lors du procès en appel le 14 février 2016.

2) Économie

Un nouveau partenaire économique du pays en l’occurrence, la CHINE multiplie son emprise sur le tissu économique du pays dont le taux d’endettement (sujet tabou) menace l’existence du pays en tant que nation souveraine, le taux de croissance tant vanté par le gouvernement n’a aucun impact sur la vie des citoyens djiboutiens.

La pauvreté et ses corollaires font partie du quotidien des djiboutiens et la vie est tellement chère que les citoyens sont plongés dans les ténèbres et l’espoir de sortie est fort mince.

Les populations ont peu d’accès aux crédits malgré la prolifération des banques et le niveau de vie très peu élevé permet uniquement la survie des populations et celles des régions de l’intérieur sont totalement délaissées par le Pouvoir Central et ne survivent que grâce à l’aide des vivres du PAM. Ceci est inadmissible et le peuple djiboutien a peu d’espoir pour sortir de l’assistanat.

Le Khat est un fléau qui détériore, ruine et sa consommation détruit la majorité des djiboutiens de toutes les tranches d’âges confondus. Le régime en place à Djibouti encourage cette situation.

Le pouvoir d’achat des djiboutiens se rétrécit d’année en année et beaucoup de ménages frôlent l’étranglement à chaque fin de mois. L’électricité et l’eau potable sont devenues des produits de luxe car leurs prix est inaccessible aux citoyens ordinaires. Parallèlement, la classe dirigeante affiche son opulence d’une façon ostentatoire.

La corruption fait rage et la commission anti-corruption récemment instaurée est comparable à un oiseau sans ailes car les abonnés de la corruption et des détournements des deniers publics sont hors de son champs d’action parce qu’il y’a manque de volonté politique à y mettre fin : La commission de lutte anti-corruption fait partie du folklore rien que du folklore.

3) Services Sociaux :

La santé et l’éducation ne sont pas prioritaires dans la politique gouvernementale et leur faillite ne cause aucun souci à nos gouvernants.

La chute de la qualité de l’éducation continue sans qu’aucune mesure pour arrêter l’hémorragie ne soit entamée par les responsables politiques du pays. Les difficultés auxquelles sont confrontés les enseignants sont énormes et l’ingérence politique a fait dérailler le système éducatif. De nouveau les états généraux de l’école Djiboutienne s’imposent si l’on veut sauver l’éducation et laisser les techniciens et les enseignants proposer des solutions durables est un impératif.

Même constat de faillite pour le système de santé : le paludisme fait ravage sur l’ensemble du pays et le ministère n’a aucune politique de prévention pour cette maladie.

Les travailleurs employés dans les bases des armées étrangères sont exposés d’une façon excessive au risque de cancer car les services de sécurité de ces bases utilisent des appareils hautement toxiques lors des sorties et des entrées dans l’enceinte des bases. Il nous a été rapporté qu’une dizaine d’employés djiboutiens du camp Lemonnier (Base Américaine) sont morts de cancer ces derniers temps.

4) Syndicalisme :

Le dialogue est inexistant à Djibouti car les pouvoirs publics ont peu de considération pour les travailleurs et leurs représentants.

Les recommandations de l’OIT ne sont pas appliquées par la partie gouvernementale.

Le syndicalisme est étouffé et l’exercice de la responsabilité syndicale est périlleux, les contrevenants subissent des sanctions allant des suspensions de salaire jusqu’à l’emprisonnement. Oui ! Le syndicalisme libre conduit les travailleurs djiboutiens à la stigmatisation, ce qui explique le peu l’engouement pour postuler à la représentation syndicale.

Les licenciements sont monnaie courante dans le secteur public : 8 professeurs de l’université ont été licenciés de leur fonctions pour appartenance à l’opposition.

La même situation prévaut dans le privé.

Toute idée de dialogue est sévèrement combattue par les Pouvoirs Publics et la peur de licenciement enchaine  tout esprit d’élaboration des doléances des travailleurs djiboutiens.

Toutes les sociétés étrangères (chinoise, libanaise etc.) sont exonérées d’enregistrer leurs employés à la CNSS exposant ces derniers à un déni de justice sociale. Nous ignorons la raison d’être d’une telle politique mais les victimes sont Djiboutiennes pénalisées pour longtemps.

5) Jeunesse :

Les tenants du régime en place à Djibouti sont abonnés à la politique de spectacle et tous les projets vantés à la RTD ne produisent aucun effet sur le chômage des jeunes djiboutiens lequel avoisine les 90%. La jeunesse n’a aucun espoir dans le futur car sous-formée et en chômage, la jeunesse Djiboutienne est en proie de sombrer dans la délinquance. Ces derniers temps, cette jeunesse consomme l’alcool et parfois la drogue dure ce qui constitue un mauvais présage. Face à ce constat négatif, les responsables politiques du pays s’affichent absents et le problème est soulevé aux moments des élections ne débouchant sur aucune solution durable.

La première richesse de Djibouti étant la jeunesse, la négligence à leur endroit condamne l’avenir du pays. Le seul rêve de cette jeunesse se résume à l’exil au péril de leur vie. Même les jeunes diplômés de l’Université de Djibouti ont peu de chance de trouver un emploi. Lorsque ces derniers osent demander un emploi ils sont systématiquement incarcérés à NAGAD durant plusieurs jours. Plusieurs dizaines d’entre eux ont été arrêtés puis détenus à Nagad en Juin 2014 puis en Mai 2015. Donc demander un emploi constitue un délit à Djibouti, Cela est arrivé aux jeunes Damerjog qui ont passé un mois à la Prison de Gabode. Des jeunes Ali-sabiens ont vécu la même mésaventure.

Conclusion :

Au cours de l’année de 2015, les violations des droits humains en République de Djibouti ont été intermittentes et violentes car il y a beaucoup de sangs coulés et des pertes de vies humaines. Les auteurs du massacre du 21 décembre 2015 à Bouldhouqo n’ont jamais été poursuivis en justice et bénéficient de la bienveillance des autorités ce qui renforce l’impunité. D’ailleurs la justice djiboutienne n’a pas diligenté une enquête pour déterminer les causes et les conséquences de ce drame. Les victimes et les proches des victimes demeurent terrorisés et n’osent pas se plaindre à la justice.

A la longue, les soi-disant investissements chinois risquent de coûter cher à Djibouti car ne pouvant rembourser à temps les fonds chinois, ces derniers s’approprieront l’exploitation des chemins de fer, les aéroports, les ports etc.… Et Djibouti n’aura aucun droit de regard.

Les naufrages de l’école djiboutienne et de la santé publique vont affecter d’une manière irréversible l’avenir du pays.

Les dégradations de l’environnement causées par les chinois et les camions éthiopiens dans le sud du pays constituent un véritable désastre écologique et ceci est le cadet des soucis de nos autorités.

L’accord cadre signé à la fin de l’année 2014 n’a pas été appliqué par la partie gouvernementale et l’USN a manqué des moyens pour contraindre le régime à appliquer les clauses du dit accord. Ainsi l’accord-cadre est mort de facto.

La LDDH n’a pas manqué de dénoncer, condamner toutes ces violations et sensibiliser l’opinion publique nationale et internationale sur la dérive répressive du régime et  militer  pour la fin des violences et la levée de l’impunité.

Fait à Djibouti le 11 mars 2016

Le Président de la LDDH

Omar Ali Ewado

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Inquiétudes sur le sort de l’intellectuel et opposant Mohamed Daher Robleh en Turquie (10/03/15)

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Après avoir échappé de justesse à une tentative d’enlèvement, dans la nuit du mardi au mercredi 16 février 2016, alors qu’il rentrait à son domicile situé dans un quartier résidentiel d’Istanbul, kidnapping commandité depuis Djibouti par Ismail Omar Guelleh, la situation de l’opposant Mohamed Daher Robleh est alarmante.
Depuis maintenant trois semaines, Mohamed Daher Robleh est entré en clandestinité pour passer incognito et échapper, ainsi, à toute autre tentative d’enlèvement. Les ONG turques de défense des droits Humains (IHD, HRFT, IHGD…) se sont mobilisées pour Mohamed Daher Robleh et ont épinglé le gouvernement d’Ankara sur la gestion « honteuse et liberticide » de ce dossier brûlant.
Son avocat turc met, quant à lui, en avant le statut d’apatride de Mohamed Daher Robleh, et estime que « son client ne peut être extradé vers la République de Djibouti puisqu’il a été déchu de sa nationalité Djiboutienne et que les lois ne peuvent être interprétées arbitrairement en Turquie ».
A suivre de très près.