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Inquiétudes sur le sort de l’intellectuel et opposant Mohamed Daher Robleh en Turquie (10/03/15)

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Après avoir échappé de justesse à une tentative d’enlèvement, dans la nuit du mardi au mercredi 16 février 2016, alors qu’il rentrait à son domicile situé dans un quartier résidentiel d’Istanbul, kidnapping commandité depuis Djibouti par Ismail Omar Guelleh, la situation de l’opposant Mohamed Daher Robleh est alarmante.
Depuis maintenant trois semaines, Mohamed Daher Robleh est entré en clandestinité pour passer incognito et échapper, ainsi, à toute autre tentative d’enlèvement. Les ONG turques de défense des droits Humains (IHD, HRFT, IHGD…) se sont mobilisées pour Mohamed Daher Robleh et ont épinglé le gouvernement d’Ankara sur la gestion « honteuse et liberticide » de ce dossier brûlant.
Son avocat turc met, quant à lui, en avant le statut d’apatride de Mohamed Daher Robleh, et estime que « son client ne peut être extradé vers la République de Djibouti puisqu’il a été déchu de sa nationalité Djiboutienne et que les lois ne peuvent être interprétées arbitrairement en Turquie ».
A suivre de très près.
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Congo Brazzaville, Djibouti, Tchad – Lettre ouverte à l’Union européenne : Politique européenne et processus électoraux sans démocratie en Afrique en 2016

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Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales  et Politiques en Afrique, Paris.

Lire la lettre en version PDF

https://electionsafrique.wordpress.com

Paris, le 8 mars 2016

Mme Federica Mogherini, UE – Service Européen Action Extérieure, 242 rue de la Loi, 1049 Bruxelles, Belgique

Lettre ouverte à l’attention de Mme Federica Mogherini, Haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité‎, vice-présidente,

Objet : Politique européenne et processus électoraux sans démocratie en Afrique en 2016

Madame la Haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité‎,

Depuis 2009, le Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique, à Paris, soutient la démocratie en Afrique. L’année 2016, avec 15 présidentielles et 13 législatives en Afrique[1]déterminera la suite du processus de démocratisation du continent africain, démarré en 1990 et presque bloqué depuis 2005.

Dans certains pays, malgré des difficultés, les populations arrivent à choisir leurs dirigeants librement. Ce premier semestre se dérouleront, au Niger, les 21 février et 20 mars, la présidentielle et les législatives, au Bénin, les 6 et 13 mars, la présidentielle, au Cap-Vert, le 20 mars, les législatives, dans l’Union des Comores, les 21 février et 18 avril, la présidentielle et l’élection des Gouverneurs des Iles. En Centrafrique, l’élection présidentielle et les législatives, pourraient mener « le processus de transition à terme »[2] et à « une sortie de crise durable du pays ».

Dans neuf pays où un président sera élu en 2016, les chefs d’Etat sortants ont enlevé aux processus électoraux leur valeur démocratique. En amont du scrutin, ces présidents et leurs partis, au pouvoir depuis des durées anormales, parfois de manière familiale, et, pour beaucoup, après la suppression imposée des limitations du nombre de mandats présidentiels, ont rendu impossible toute alternance. Ils empêchent par la violence de la répression les populations, la société civile et les partis démocratiques, de s’y opposer.

Date scrutin Pays Président Durée pouvoir Situation
18 février Ouganda Yoweri Museveni 30 ans
20 mars Congo B Denis Sassou Nguesso 32 (2×7+18) Après Coup Etat constitutionnel
8 et 22 avril Djibouti Ismaël Omar Guelleh 17 + oncle 22 Processus détruit le 21.12.15
10 avril+9 mai Tchad Idriss Déby 26 ans
3.7 ? nov ? Guinée Equatoriale Teodoro Obiang 37 ans
Août ? Gabon Ali Bongo 7 + père 42
27 novembre Congo K Joseph Kabila 10 (2x5ans max) Essaye modifier constitution et retarder
1er décembre Gambie Yahya Jammeh 22 ans

L’Union européenne est en relation avec ces Etats à qui elle fournit une aide publique, sauf à la Guinée Equatoriale, dont une partie est destinée à l’amélioration de la gouvernance. Pour ces 7 pays, 1,9 milliards d’Euros est prévu entre 2014 et 2020 dans le 11e Fonds européen de développement (FED)[3].

En 2016, 8 élections de président sur 16, 15 présidentielles et 1 élection par un parlement, s’organiseront en dehors des règles du jeu démocratique. En Ouganda, une mission d’observation électorale vient de constater une fois de plus l’immobilisme politique et son impuissance face à un scrutin marqué par des « manquements au niveau de la neutralité, de la transparence et de l’efficacité de l’administration de l’élection »[4].

Ce premier semestre, les démocrates sont en grande difficulté dans trois pays, la République du Congo, Djibouti et le Tchad. Dans ces trois pays, historiquement, le pouvoir a été acquis puis conservé avec le soutien actif des autorités françaises. Djibouti et le Tchad restent pour l’armée française des zones militaires pour lesquelles s’exerce son influence sur l’exécutif français. En 2013, François Hollande a considéré Idriss Déby comme indispensable dans la guerre au Mali et l’a soutenu internationalement[5]. La République du Congo est un pays de secrets de la Françafrique pétrolière pour lequel François Hollande, pendant le coup d’Etat constitutionnel d’octobre 2015, s’est permis d’affirmer que « Denis Sassou N’Guesso peut consulter son peuple », contredisant son discours de Dakar de novembre 2014 selon une conception mouvante de la démocratie[6]. Dans ces trois pays, le président n’a jamais été réellement élu.

* * *

A Djibouti, après, en 16 ans et 6 scrutins, 3 présidentielles et 3 législatives, fraudés, boycottés ou au résultat inversé, le président Ismaël Omar Guelleh a interrompu le processus de démocratisation. Le 21 décembre, la garde présidentielle et l’armée ont tiré sur les participants d’une réunion privée, faisant au moins 27 morts[7], sans compter les disparus[8]. Le même jour, la police a tiré sur les dirigeants de la coalition de l’opposition, l’Union pour le Salut National (USN) en réunion. Le président de l’USN, Ahmed Youssouf Houmed, 75 ans, blessé, a dû être opéré. L’ancien ministre Hamoud Abdi Souldan et le député Saïd Houssein Robleh ont été blessés par balle. Le secrétaire général de l’USN Abdourahman Mohamed Guelleh, a été arrêté. D’autres membres de l’USN et Omar Ali Ewado de la LDDH ont été faits prisonniers sans charges retenues[9]. Le 8 mars 2016, Abdourahman Mohamed Guelleh et Hamoud Abdi Souldan sont « toujours en mandat de dépôt à prison centrale de Gabode »[10].

Le 31 décembre 2015, suite à l’exclusion des députés de l’opposition, une loi instaurant l’Etat d’urgence empêchant la vie politique pendant deux mois renouvelables a été adoptée par le parlement[11]. Ismaël Omar Guelleh a mis à mort l’Accord-cadre du 30 décembre 2014 qui était soutenu par les diplomates internationaux[12]. Il impose un processus électoral déterminé par la répression de l’opposition et compte sur la désorganisation de la surveillance des bureaux de vote. Le ministre de l’intérieur refuse la participation au scrutin à plusieurs partis de la coalition USN par le refus de reconnaissance légale, et attribue le statut légal de plusieurs partis de l’USN à des membres corrompus. La stratégie d’Ismaël Omar Guelleh vise par des manœuvres à exclure du scrutin la majorité de la coalition d’opposition.

Le président Ismaël Omar Guelleh s’appuie sur la position stratégique du pays, proche du Moyen-Orient et de la Somalie, et sur les bases militaires étrangères. Il est soutenu par un clan profitant des richesses et en particulier des loyers des bases militaires[13]. Son entêtement à se maintenir au pouvoir risque d’entrainer, comme lors des législatives de 2013, une communauté internationale passive vers le cautionnement d’un arrêt du processus de démocratisation. Déjà, début 2013, l’Ue s’est refusée de mettre en danger son action militaire dans la lutte contre la piraterie maritime sévissant au large des côtes somaliennes, importante dans le démarrage d’une Politique de sécurité et de défense commune (PSDC)[14], et cette position a permis au président de franchir le cap des législatives. L’Ue a corrigé sa position suite à la désapprobation du parlement européen en juillet 2013[15], en réclamant, selon l’USN, à partir de mai 2014, la publication des Procès Verbaux des législatives[16]. En dépit des corrections ultérieures visibles dans l’accompagnement de l’Accord-cadre du 30 décembre 2014, le soutien croisé franco-européen au pouvoir djiboutien suite à l’inversion de résultat des législatives[17], est resté une cause de détérioration de la situation politique, faute d’attention suffisante au processus électoral en 2015.

Une élection présidentielle crédible et transparente n’est plus possible à Djibouti en avril 2016. Au final, le président sortant pourrait même tenter une inversion de résultat à la compilation des Procès Verbaux, puisqu’il ne dispose que d’un électorat réduit. La communauté internationale et africaine se retrouve une nouvelle fois prise à témoin. Les acteurs internationaux, en particulier les pays possédant une base militaire ou les partenaires de développement, sont interpellés sur l’arrêt du processus de démocratisation.

* * *

Au Tchad, Idriss Déby a à son palmarès depuis 1990, 4 présidentielles, 3 législatives, et 1 référendum pour supprimer la limitation à 2 mandats présidentiels de la constitution. Il est reconnu comme un spécialiste de la désorganisation de l’opposition, de la substitution des Procès Verbaux et du vote multiple. Il a maintenu le processus de démocratisation et de construction de l’Etat de droit à son point de départ. Les conditions d’un démarrage de processus électoral, liberté d’expression, liberté de la presse, liberté de s’organiser pour l’opposition, n’ont jamais été accordées. Après la suppression du nombre de mandats en 2005, les rébellions se sont multipliées, compliquant encore la poursuite du processus de démocratisation.

L’Accord politique en vue du renforcement du processus démocratique au Tchad’ du 13 août 2007 portant sur l’organisation des élections, soutenu par Union européenne[18], n’a jamais été appliqué[19]. En éliminant physiquement l’un de ses principaux opposants, Ibni Oumar Mahamat Saleh, alors porte parole de la Coordination des Partis politiques pour la défense de la Constitution (CPDC) en février 2008, Idriss Déby a montré jusqu’à quelles extrémités il pouvait aller.

Après le report des législatives de 2015, pour la présidentielle de 2016, Idriss Déby a accepté une partie de l’accord de 2007, à savoir l’introduction de la biométrie électorale. Le Tchad n’a pas échappé à une entreprise française proche de l’armée française depuis l’élection en Côte d’Ivoire en 2010, Morpho. Cette biométrie a permis d’améliorer le fichier électoral, et devrait permettre les 10 avril et 9 mai de limiter les votes multiples. Des ministres et des dirigeants d’entreprises publiques et privées ont été mobilisés pendant le recensement et ont distribué de l’argent. Selon le chef de file de l’opposition, Saleh Kebzabo, 200 000 mineurs ont dû être ensuite enlevés du fichier, et des fraudes ont été organisées à l’aide de faux certificats de naissance. Des réfugiés soudanais et centrafricains ont été enrôlés, à l’intérieur ou à l’extérieur des camps de réfugiés du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR)[20]. La population de plusieurs régions a été gonflée. Après qu’une une clause du contrat de Morpho n’ait pas été respectée concernant l’authentification biométrique pendant la distribution des cartes biométriques, un conflit persiste au niveau de la biométrie.

La Commission électorale nationale indépendante (CENI) est totalement acquise au président. La presse libre n’existe quasiment pas et les media publics font campagne pour lui. Le parti au pouvoir, le Mouvement patriotique du salut (MPS) et l’armée contrôlent l’administration. De faux petits partis ‘alliés’, plus de cent, sont financés pour communiquer vers l’étranger. Idriss Déby a par ailleurs réussi à se faire adouber comme président de l’Union africaine.

Après 25 ans de pouvoir, la population ne supporte plus Idriss Déby[21]. Il n’a jamais autorisé les manifestations, et a laissé a plusieurs reprises ces derniers mois l’armée tirer sur des manifestants. Le 23 février, la marche organisée par les partis politiques a été interdite et Idriss Déby a sorti dans les rues de Ndjaména la Garde nationale et nomade, alors que des dizaines de milliers de lycéens s’apprêtaient à rejoindre la marche. Le lendemain, la ‘ville morte’, synonyme de grève générale, organisée par le collectif Cà suffit ! a connu un succès visible, inédit. En outre, le président est malade et fait des allers-retours entre l’hôpital américain à Paris (Neuilly) et le Tchad, ce qui accentue le rejet d’un cinquième mandat. Une mascarade électorale de plus sera difficilement supportée. Pour la communauté internationale, le Tchad ne peut plus être considéré comme un réservoir de mercenaires silencieux.

* * *

En République du Congo, le président Denis Sassou Nguesso, a pu se maintenir depuis 31 ans au pouvoir parce qu’il a constamment empêché les élections de se dérouler normalement. La Conférence Nationale Souveraine de 1991 était l’une de celles qui avait réussi, mais, la phase de démarrage démocratique de 1992 à 1997 s’est terminée dans une guerre de reconquête du pouvoir. Cette guerre a enterré les espoirs de démocratisation et de construction d’Etat de droit. Depuis 1999, aucun scrutin n’a eu de valeur démocratique. Fin 2015, le président congolais a rappelé sa nature violente et sa capacité à réduire ses adversaires.

Il restait de la période de guerre, que la Constitution congolaise possédait comme celles de la République démocratique du Congo, du Rwanda et du Burundi, la limitation à deux mandats présidentiels. Denis Sassou Nguesso a supprimé ce verrou malgré la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance de l’Union africaine[22]. En passant en force par un référendum anticonstitutionnel le 25 octobre 2015 boycotté massivement par la population, alors qu’il ne dispose que d’un électorat très réduit, le président congolais a clairement montré qu’il imposerait dans un processus électoral bâclé, déterminé par la répression.

Au 17 décembre 2015, un bilan partiel minimal des victimes des forces de l’ordre pendant la période autour du référendum, en particulier les 20 et 21 octobre, est de 46 personnes décédées dont 43 identifiées, 69 personnes blessées identifiées, entre 4 et 20 personnes disparues[23]. Denis Sassou Nguesso a tout fait pour empêcher que ne soit dressé un bilan. Il a exercé une répression contre les partis politiques et la société civile, a fait couper internet et SMS et exercé une surveillance des communications. Les arrestations ont continué et se sont ensuite multipliées.

La question des limitations du nombre de mandat présidentielle est régionale et implique une intervention de la communauté internationale cohérente sur les 4 pays concernés. Alors que le risque de guerre civile au Burundi et la situation en République démocratique du Congo attirent l’attention de la communauté internationale et africaine, la République du Congo semble pour l’essentiel laissée à son sort.

Le 19 novembre 2015, le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) de l’Ue, a informé[24] « qu’un dialogue politique structuré est en place, dans le cadre de l’Accord de Cotonou, entre la République du Congo et l’Union européenne, qui aborde les domaines politiques, de la justice et du respect des droits de l’homme. Dernièrement, les questions électorales (calendrier, cartes, listes, et prochaines échéances électorales) et la concertation nationale ont été à l’ordre du jour » et a « invité le gouvernement (congolais) et toutes les parties prenantes à mettre en place urgemment les conditions permettant un tel dialogue (inclusif) qui devrait aussi aboutir à une meilleure gouvernance électorale en vue des prochains scrutins. » Pour l’instant, Denis Sassou Nguesso n’a tenu compte ni de l’avis des Nations-Unies, ni de celui de l’Ua, ni de celui de l’Ue.

Le 19 février 2016, le porte-parole du SEAE a déclaré[25] : « L’Ue poursuit son dialogue sur la gouvernance électorale avec tous les interlocuteurs en République du Congo depuis octobre 2015. .. les réformes introduites par la loi électorale du 23 janvier … ne prennent pas suffisamment en compte les recommandations de la Mission d’observation électorale de l’Ue de 2002. Les modifications apportées … ne semblent pas de nature à rassurer sur le caractère démocratique, inclusif et transparent de l’élection présidentielle anticipée au 20 mars 2016. De plus, cette anticipation du scrutin de 3 mois ne permettra pas une amélioration substantielle du fichier électoral, dont la qualité insuffisante risque d’affecter la crédibilité des résultats du vote. .. Le contexte actuel ne permet pas d’envisager la présence d’une mission d’observation électorale de l’UE lors du scrutin du 20 mars. »

En République du Congo, depuis le bain de sang des 20 et 21 octobre 2015, les concessions que pourrait accorder le président sur le processus électoral ne pouvaient être que secondaires. La crise des Grands lacs sur le respect des constitutions reflète aussi la faiblesse de la diplomatie internationale concernant la démocratie en Afrique et l’absence de justice internationale pour juger des crimes contre l’humanité en période électorale.

* * *

Le 24 février 2016, à Bujumbura, le Secrétaire général des Nations-Unies, Ban Ki-moon a déclaré[26] « Nous devons cesser d’accorder la priorité à la gestion des crises et nous tourner vers une culture d’action précoce et de diplomatie préventive ». Eviter de se contenter de gérer les crises électorales a posteriori, éviter de prévenir les conflits électoraux en se laissant diriger par des présidents qui se moquent de la démocratie, ne peut se faire qu’en soutenant encore plus clairement, plus globalement et surtout plus fermement la démocratie.

C’est pourquoi le Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique recommande auService Européen pour l’Action Extérieure (SEAE) de l’Union européenne, concernant particulièrement le Congo-Brazzaville, le Tchad, Djibouti et les cinq autres pays peu démocratiques qui, en Afrique, connaîtront une élection en 2016, de :

Concernant les élections en 2016 et en particulier en République du Congo, à Djibouti et au Tchad,

  • Promouvoir la nécessité de conditions préalables indispensables à un processus électoral :
    • absence de répression de l’opposition,
    • état de droit préalable minimum : liberté de la presse, liberté de manifester, liberté de s’organiser pour la société civile et les partis politiques,
    • dialogue inclusif avec l’opposition,
    • consensus sur la composition d’une Commission électorale indépendante neutre,
    • consensus sur la méthode de fabrication du fichier électoral,
    • possibilité de contestation légale auprès d’une Cours indépendante incontestable,
  • Exiger un strict respect des droits humains pendant les processus électoraux,
  • Soutenir les oppositions politiques face à des propositions de dialogue avec le pouvoir dans des conditions unilatéralement fixées par ce pouvoir alors que celui-ci refuse les règles de la démocratie,
  • Prendre globalement position sur l’absence d’alternance et de qualité des processus électoraux dans les pays sans limitation du nombre de mandats présidentiels, en particulier dans les pays où se préparent des scrutins probablement non-démocratiques en 2016, à savoir, l’Ouganda, la République du Congo, Djibouti, le Tchad, le Gabon, la Guinée Equatoriale, et la Gambie, en plus de la République démocratique du Congo,
  • Face au non-respect des conditions préalables indispensables à un processus électoral et en cas de processus électoral en dehors des règles démocratiques, considérer les possibilités de sanctions selon l’article 96 de l’Accord de Cotonou et définir les modalités de sanctions économiques pour rétablir une conditionnalité partielle de l’aide associée à la qualité des processus électoraux, n’affectant pas directement les populations,
  • Tenir compte des inversions de résultats des scrutins, présidentiels ou législatifs, de l’historique des élections depuis 1990, dans le traitement diplomatique et politique des processus électoraux.

Concernant Djibouti,

  • Condamner le massacre du 21 décembre 2015 et l’arrêt du processus électoral par la répression de l’Union pour le Salut National, et d’exiger la libération des prisonniers politiques, en particulier d’Abdourahman Mohamed Guelleh et Hamoud Abdi Souldan,
  • Condamner les manipulations et usurpations de statut et de titres des partis politiques de la coalition USN par le Ministère de l’intérieur empêchant la coalition de se présenter normalement au scrutin,
  • De demander au Conseil des droits de l’homme des Nations-Unies d’enquêter sur les violations des droits humains lors du processus électoral[27],
  • D’exiger du pouvoir djiboutien le respect de l’Accord-cadre du 30 décembre 2014 et en particulier la mise en place d’une Commission électorale nationale indépendante (CENI) paritaire,
  • Proposer expertise technique, observation et médiation politique pour la période électorale,
  • Se concerter avec les Nations-Unies, les Etats membres de l’Ue, l’Ua pour prévenir une crise électorale et un blocage définitif du processus de démocratisation, et éviter que les stratégies militaires régionales conduisent par défaut à un soutien d’un régime non-démocratique,
  • Adapter la coopération européenne[28] en fonction du respect de la qualité du processus électoral et de l’accord-cadre du 30 décembre 2014, en entamant la procédure de consultation prévue dans l’accord de Cotonou, y compris à l’article 96.

Concernant la République du Congo,

  • Exiger la libération des prisonniers politiques,
  • Demander au Conseil des droits de l’homme des Nations-Unies d’enquêter sur les violations des droits humains lors du processus électoral [29],
  • Demander au gouvernement congolais d’accepter la liberté de manifester,
  • Adapter la coopération européenne en fonction du respect de la qualité du processus électoral, en entamant la procédure de consultation prévue dans l’accord de Cotonou, y compris à l’article 96.

Concernant le Tchad,

  • Demander au gouvernement tchadien d’accepter la liberté de manifester,
  • Intervenir auprès des Nations-Unies pour que le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) permette la comparaison du fichier électoral tchadien et des fichiers biométriques des camps de réfugiés soudanais et centrafricains,
  • Adapter la coopération européenne en fonction de la qualité du processus électoral, en entamant si besoin la procédure de consultation prévue dans l’accord de Cotonou, y compris à l’article 96,
  • Demander au gouvernement français de considérer la lutte contre le terrorisme en évitant le soutien d’un régime non-démocratique et la confusion entre personnalité et fonction présidentielle au Tchad.

Concernant la politique européenne en Afrique et les élections en Afrique,

  • Proposer en amont pour prévenir les crises électorales un accompagnement international du processus électoral mixte politique et technique, en plus des Missions d’Observations électorales,
  • Amorcer un dialogue avec l’Union africaine (UA) sur l’application de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance de l’Union africaine, et sur la qualité technique des processus électoraux, en fonction des principes de subsidiarité et la complémentarité, entre Union africaine (Ua), l’Union européenne (Ue), les Nations-Unies et les Communautés économiques régionales (CER) africaines, en considérant par une méthode inclusive les demandes des partis d’opposition pour accélérer la démocratisation du continent,
  • Mettre au calendrier des négociations internationales sur le respect de la qualité des processus électoraux en Afrique, en particulier sur l’indépendance et le caractère inclusif et technique des Commissions électorales, la qualité des fichiers électoraux, la qualité de la compilation des résultats issus des Procès verbaux, la possibilité de contestation légale auprès de Cours indépendantes incontestables, et la mise en œuvre d’accompagnements internationaux mixte politique et technique,
  • Redéfinir la politique européenne en accord avec les Etats membres, dans le sens d’un soutien accru à la démocratie, en équilibrant les trois grands pôles, politique de défense et sécurité, politique de développement économique et politique de soutien à la démocratie et à l’Etat de droit.

 

Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique,

Paris, 8 mars 2016

14 signataires (13 le 8.3.16 +1 le 9.3.16) : Union pour le Salut National (USN, Djibouti), Mouvement pour le Renouveau démocratique et le Développement (Djibouti), Fédération des Congolais de la Diaspora (FCD, Congo Brazzaville), Forces vives tchadiennes en exil, Rassemblement National Républicain (RNR, Tchad), Alliance Nationale pour le Changement Ile-de-France (ANC-IDF, Togo), Union des Populations du Cameroun (UPC), Réagir (Gabon), Sortir du colonialisme, Afriques en lutte, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), Parti de gauche, Parti communiste français, Europe Ecologie les Verts (EELV).

[1] Avec 2 présidents élus par un parlement, Synthèse agenda des élections en Afrique 54 pays 2015-2016 :https://regardexcentrique.files.wordpress.com/2012/08/151203syntheseagendalectionsafrique2015-2016limitationnombremandats.pdf

[2] 23.2.16, 30 décembre 2015 et 14 février 2016 (2 tours), http://eeas.europa.eu/statements-eeas/2016/160223_02_fr.htm

[3] cf annexe

[4] 20/02/2016, http://eeas.europa.eu/statements-eeas/2016/160220_01_en.htm

[5]https://electionsafrique.wordpress.com/2013/12/16/tchad-2013-la-rehabilitation-impossible-dun-dictateur-notoire-dossier-dinformation/

[6] http://www.elysee.fr/communiques-de-presse/article/evenements-en-republique-du-congo/,http://tournonslapage.com/republique-du-congo-communique-de-la-campagne-tournons-la-page/

[7] 23.12.15, FIDH et LDDH, sous signature Me Zacharia,https://www.fidh.org/fr/regions/afrique/djibouti/l-escalade-dans-la-repression-fait-au-moins-27-morts-a-djibouti

[8] LDDH sous la signature d’Omar Ali Ewado, 26 décembre 2015, http://www.lddh.net/?p=1329

[9] Plainte LDDH http://www.lddh.net/?p=1354, 8.1.16 FIDH : https://www.fidh.org/fr/themes/defenseurs-des-droits-humains/djibouti-detention-et-harcelement-judiciaire-de-m-omar-ali-ewado, ODDH 6.1.16 complétée par Mohamed Ibrahim Waiss, arrêté le 11.1.16 : http://ard-djibouti.org/des-responsables-politiques-des-defenseurs-des-droits-humains-ainsi-que-des-simples-citoyens-toujours-en-mandat-de-depot-a-la-prison-centrale-de-gabode/,https://www.facebook.com/Union-pour-le-Salut-National-USN-160093767475493/?fref=nf

[10] ODDH 25.2.16, https://fr-fr.facebook.com/permalink.php?story_fbid=584660351685497&id=160093767475493&substory_index=0,

http://ard-djibouti.org/communique-usn-lusn-reclame-la-liberation-de-son-secretaire-general-et-de-lancien-ministre-des-affaires-musulmanes-et-des-biens-waqfs-21-02-16/

[11]http://www.hch24.com/actualites/12/2015/djibouti-les-deputes-de-lopposition-exclus-definitivement-de-lassemblee-nationale-lors-de-la-seance-publique-de-ce-mercredi-30-decembre-2015/

Le 24.11.15, un décret avait déjà décidé des « des mesures exceptionnelles de sécurité » :http://www.hch24.com/actualites/11/2015/djibouti-legitimation-du-coup-detat-institutionnel-de-guelleh-de-djibouti-a-la-24eme-seance-du-conseil-des-ministres-de-mardi-24-novembre-2015/

[12] Communiqué USN 30.12.15 : http://ard-djibouti.org/communique-usn-mise-a-mort-de-laccord-cadre-du-30-decembre-2014-et-dune-loi-anti-opposition-par-les-deputes-du-regime-30-12-15/

[13] Base française : 30 Ms€/an, aide publique française : 9Ms€/an, base américaine : 57Ms€/an sur 20 ans à partir de 2014, aide européenne 11e FED : 105Ms/5 ans : 21 Ms/an, base japonaise : 27Ms€/an, Total sans aide américaine, aide Banque Mondiale et aide par coopération militaire française : 144Ms/an pour budget Etat de 655Ms€ en 2015, soit 22% et sans doute environ 25% avec USAID+BM+coopération militaire française. Budget de l’Etat = 36% PIB en 2013.

[14] « Après le 22 février, une vision militaire s’est imposée : dès début mars, le passage à Djibouti deMaciej Popowski, Secrétaire général adjoint du SEAE, directeur  Politique de sécurité et prévention des conflits, venait assurer de son soutien le régime djiboutien en soulignant des progrès secondaires dans les processus électoraux, pour mettre l’accent sur « le rôle clé que Djibouti joue dans la lutte contre la piraterie maritime sévissant au large des côtés somaliennes » ‘Djibouti : l’Ue abandonne-t-elle les démocrates pour considérer Djibouti comme une zone militaire ?’, Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique, 20.1.14,https://electionsafrique.wordpress.com/2014/01/20/communique-djibouti-lunion-europeenne-abandonne-t-elle-les-democrates-pour-considerer-djibouti-comme-une-zone-militaire/

[15] Résolution du Parlement européen du 4 juillet 2013 sur la situation à Djibouti

http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?type=TA&reference=P7-TA-2013-0334&language=FR&ring=P7-RC-2013-0347

[16] 30.5.14, conférence USN à Paris,http://regismarzin.blogspot.fr/2014/06/30-mai-2014-paris-djibouti-dans-limpasse.html

[17] Régis Marzin, 11.5.13,https://regardexcentrique.wordpress.com/2013/05/11/la-mascarade-electorale-des-legislatives-a-djibouti-synthese/

[18]http://eeas.europa.eu/chad/accord_politique_2007_fr.pdf

[19] 24.12.8, Coordination des Partis politiques pour la défense de la Constitution (CPDC)http://ambenatna.over-blog.com/article-26159352.html

[20] Saleh Kebzabo en conférence à Paris le 27.2.16 +http://www.rfi.fr/afrique/20151228-tchad-saleh-kebzabo-appelle-dialogue-idriss-deby-pouvoir-etat-election

[21] En février 2016, l’impunité des proches du pouvoir suite a des viols a particulièrement scandalisé la population.

[22] le Congo Brazzaville est signataire de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance de l’Union africaine :http://www.achpr.org/fr/instruments/au-constitutive-act/ratification/

[23] estimation supplémentaire « 46 à 65 personnes décédées, 69 à 100 blessées, 4 à 20 disparues. » Collectif Solidarité avec Luttes Sociales et Politiques en Afrique,https://electionsafrique.wordpress.com/2015/12/17/congo-b-bilan-du-coup-detat-constitutionnel-doctobre-2015-en-republique-du-congo-et-demande-dune-mission-denquete-internationale/

[24] par la voix de son Chef de division Afrique Centrale,https://electionsafrique.wordpress.com/2015/10/15/congo-brazzaville-coup-detat-constitutionnel-lettre-ouverte-a-lue/

[25] 19/02/2016 http://eeas.europa.eu/statements-eeas/2016/160219_01_fr.htm

[26] http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=36687#.Vs9rQkC9E-g

[27] à l’instar de ce qui a été envisagé pour le Burundi le 14 décembre 2015 :

http://www.ohchr.org/FR/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=16878&LangID=F,http://www.africa1.com/spip.php?article61618

[28] 11e FED 105 millions d’Euros sur 5 ans, en priorité pour Eau et assainissement; sécurité alimentaire et nutritionnelle’ : http://lentrepreneuriat.net/business-newslue-va-accorder-46-milliards-deuros-15-pays-africains-entre-2014-et-2020-d-tail-par,http://www.eeas.europa.eu/delegations/djibouti/index_fr.htm

[29] à l’instar de ce qui a été envisagé pour le Burundi le 14 décembre 2015 : Ibid

* * *

Lettre ouverte à Mme Federica Mogherini,copies courriel à:

  • M. Koen Vervaeke, directeur général pour l’Afrique du SEAE de l’Union européenne,
  • M. Hans-Peter Schadek, directeur Afrique occidentale et centrale
  • Mme Claudia Wiedey-Nippold, chef de la Division Corne de l’Afrique, Afrique orientale et australe, Océan Indien du SEAE de l’UE,
  • M. Erminia Girolama Notarangelo, Chef de division Afrique Centrale du SEAE de l’UE,
  • Mme Lotte Knudsen, directrice exécutive de la direction Droits humains, questions globales et multilatérales du SEAE de l’UE,
  • M. Neven Nimica, commissaire au Développement de l’UE,
  • M. Elmar Brok, président de la commission des Affaires étrangères du Parlement Européen,
  • Mme Elena Valenciano, présidente de la commission Droits humains du Parlement Européen,
  • M. Joseph Silva, ambassadeur de l’Union européenne à Djibouti,
  • Mme Saskia De Lang, ambassadrice de l’Union européenne en République du Congo,
  • Mme Denisa-Elena Ionete, ambassadrice de l’Union européenne au Tchad,
  • M. Ban Ki-Moon, Secrétaire général des Nations unies,
  • M. Zeid Ra’ad Zeid Al-Hussein, Haut-Commissaire aux droits de l’homme des Nations-Unies,
  • M. Jeffrey Feltman, Secrétaire général adjoint aux affaires politiques des Nations-Unies,
  • M. Abdoulaye Bathily, Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique centrale,
  • Mme Valérie Cliff, Coordonnatrice résidente des Nations Unies à Djibouti,
  • M. Thomas Gurtner, Coordonnateur résident des Nations Unies au Tchad
  • Mme Fatou Bensouda,Procureur de la Cour pénale internationale,
  • Mme Nkosazana Dlamini-Zuma, présidente de la Commission de l’Union africaine,
  • Mme Aisha Abdullahi, Commissaire au Département des Affaires Politiques de l’Union Africaine,
  • M. Smail Chergui, Commissaire à la Paix et à la Sécurité de l’Union africaine,
  • Mme Michaëlle Jean, Secrétaire générale de la Francophonie,
  • M. François Hollande, Président de la République française,
  • Mme Hélène le Gall, M. Thomas Mélonio, conseillers Afrique de la présidence française,
  • M. Jean-Yves Le Drian, Ministre de la défense du gouvernement français,
  • M. Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères du gouvernement français,
  • M. Olivier-Gabriel Richard, sous-directeur Afrique Orientale au MAEDI français,
  • M. Sébastien Minot, sous-directeur Afrique Centrale au MAEDI français,
  • M. Christophe Guilhou, ambassadeur de France à Djibouti,
  • M. Jean-Pierre Vidon, ambassadeur de France en République du Congo,
  • Mme Evelyne Decorps, ambassadeur de France au Tchad,
  • M. Günter Nooke, délégué pour l’Afrique auprès de la chancelière allemande,
  • M. Wolfgang Piecha, ambassadeur d’Allemagne à Djibouti,
  • M. Claus Bernard Auer, ambassadeur d’Allemagne au Tchad,
  • Mme Linda Thomas Greenfield, Secrétaire d’Etat adjointe des USA chargée des Affaires africaines,
  • M. Tom Malinowski, Secrétaire d’État américain adjoint pour la démocratie, les droits de l’homme,
  • M. Tom Kelly, ambassadeur des USA à Djibouti,
  • M.Stéphanie S. Sullivan, ambassadrice des USA en République du Congo,
  • M. James Knight, ambassadeur des USA au Tchad.

Annexe : 10 et 11e FED millions d’Euros et utilisation dans 11e FED

Pays Fed 10 Fed 11 Utilisation (11e Fed)
RD Congo 620 620 Santé, environnement, agriculture durable,gouvernance et État de droit, route nationale 1
Ouganda 439 578 Infrastructures de transport, agriculture et sécurité alimentaire,bonne gouvernance
Tchad 368 442 Sécurité alimentaire et nutritionnelle, Etat de droit, gestion durable des ressources
Djibouti 40 105 Eau et assainissement, sécurité alimentaire et nutritionnelle
Congo Brazzaville 85 103 Sécurité, développement socio-économique et conditions de vie; transports, gouvernance, santé, développement rural, énergie, environnement, biodiversité et gestion forestière, infrastructures
Gabon 49 13 Enseignement
Gambie 73 33+ ? 33Ms pour 2015-2016 : développement rural, sécurité alimentaire. (Infrastructure,gouvernance (justice, media et gestion financière publique), changement climatique, Eau et assainissement, coopération technique)
Guinée Equatoriale 0 0 Réserve sur article 11 l’accord de Cotonou (CPI), ce qui en invalide la ratification.
TOTAL 1674 1861

* * *

https://electionsafrique.wordpress.com/

Le Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique s’est particulièrement investi sur certains évènements et crises, en mettant l’accent sur les processus électoraux :

Janvier 2016 : Djibouti : Lettre ouverte à ONU, UA, UE, Elysée : massacre et arrêt du processus électoral
Décembre 2015 : Congo B : Bilan du coup d’Etat constitutionnel – Lettre ouverte à ONU, UE, Elysée
Octobre 2015 : Congo B : Coup d’Etat constitutionnel – Lettre ouverte à l’Union européenne
Juillet 2015, Togo et politique européenne : Lettre à UE sur Togo et démocratisation de l’Afrique (réponse)
Mai 2015, Togo : Lettre à ONU, UE et OIF : présidentielle et soutien à la démocratisation de l’Afrique
Avril 2015, Togo : Election présidentielle, la démocratie et l’alternance sont-elles possibles ?
Février 2015, UE : 9 propositions à l’Union européenne pour soutenir la démocratisation en Afrique
Février 2015, UE : UE et élections en Afrique en 2015 et 2016 et soutien à la démocratisation
Novembre 2014, Tchad : Répression contre des manifestants et coupure des communications internationales
Octobre 2014, Burkina Faso : Afrique : limitation du nombre de mandats présidentiels, aucune exception n’est plus acceptable
Octobre 2014, Tchad : Soutien à la société civile tchadienne suite à la journée ’ville morte’
Mars 2014, Centrafrique et Tchad : Influence et implication d’Idriss Déby en RCA de mi-2012 à janvier 2014
Janvier 2014, Djibouti : Répression, contentieux électoral et politique européenne
Décembre 2013, Tchad : Dossier d’information sur la réhabilitation impossible d’Idriss Déby
Novembre 2013, Togo : Visite de Faure Gnassingbé à l’Elysée
Octobre 2013, Tchad : Tchad et politique française
Septembre 2013, Cameroun : Elections législatives
Juillet 2013, Sortir de l’influence militaire et engager la politique française dans le soutien de la démocratie
Mai 2013, Guinée Equatoriale : Elections législatives et pétrole
Avril 2013, Togo : Lettre à Laurent Fabius sur l’affaire des incendies
Février 2013, Djibouti, Togo, Cameroun, Guinée C. :Elections législatives : lettre à Assemblée Nationale
Février 2013, Djibouti : Elections législatives 
Janvier 2013, Togo : Lettre ouverte à l’Union européenne sur élections législatives
Juillet 2012, Congo Brazzaville : Elections législatives
Décembre 2011, Gabon : Dossier d’information sur les élections législatives
Octobre 2011, Cameroun : Election présidentielle : dossier d’information et meeting
2010 : cinquante ans des indépendances :Manifestation le 14 juillet 2010
Mars 2010, Togo : Election présidentielle

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Communiqué ODDH: La répression pour délits d’opinion continue … Quatre (4) nouveaux citoyens licenciés de leur travail pour leur engagement politique (06-03-16)

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Djibouti, le 06 mars 2016

1. Kadar Abdi Ibrahim, enseignant de mathématiques à l’Université de Djibouti, révoqué de la fonction publique

Kadar Abdi, citoyen engagé politiquement, membre de l’opposition et co-directeur de publication du journal «L’Aurore », a été révoqué de son poste de professeur de mathématiques à l’Université de Djibouti « pour non respect au droit de réserve » (Sic !). C’est après 18 ans de bons et loyaux services en faveur des lycéens et étudiants djiboutiens qu’une décision injuste et arbitraire vient d’être prise à son encontre.

2. Maryama Houssein Fadoul du CRIPEN (Centre de Recherche, d’Information et de Production de l’Education Nationale), licenciée
Maryama Houssein, militante de premier plan des femmes de l’USN et membre du parti de l’UDJ, a été licenciée le 7 février 2016. D’ailleurs, engagée en tant que chef de bureau d’études au CRIPEN sur un CDI son licenciement ne s’explique que par son engagement citoyen, social et politique.
3. Mohamed Abdi Farah et Chirdon Khaireh Chirdon, révoqués de la fonction publique

Mohamed Abdi Farah, Conseiller du Ministre de l’Intérieur, Chirdon Khaireh Chirdon, haut fonctionnaire du Secrétariat d’Etat à la Jeunesse et aux Sports, Directeur des Sports, ont été révoqués de la fonction « pour non respect au droit de réserve » (Sic !). Mohamed Abdi et Chirdon Khaireh font partie des citoyens Djiboutiens arrêtés arbitrairement puis placés en mandat de dépôt à la prison centrale de Gabode durant plus d’un mois et demi suite aux événements tragiques de Buldhuqo. Ils sont actuellement en liberté provisoire.

Ces nouvelles atteintes sérieuses à la liberté d’opinion accentuent encore l’inquiétude des organisations des défenses des droits humains. Le harcèlement et la répression dont sont victimes les travailleurs djiboutiens cherchant à exercer leurs droits légitimes à la liberté d’expression sont légion depuis 1995, date de la révocation des principaux leaders syndicaux mais ce sont surtout accentués depuis la crise post-électorale du 22 février 2013.

Au vu des sérieuses violations des normes internationales du travail dont se rendent coupables les autorités de Djibouti depuis des nombreuses années, les organisations syndicales à travers leurs affiliations internationales porterons une fois de plus l’affaire devant le Comité de la liberté syndicale de l’Organisation Internationale du Travail (OIT).

Le drame et le paradoxe dans ce pays c’est que les hauts cadres de l’administration et de la fonction publique qui affichent tous les jours leur appartenance politique pour le parti au pouvoir ne sont nullement inquiétés mais souvent récompensés par des promotions.

L’ODDH dénonce les violations répétées des conventions fondamentales de l’OIT et la mise entre parenthèses du respect des droits humains et de la démocratie.

L’ODDH est convaincu que la seule issue possible pour instaurer un État de droit respectueux des principes démocratiques et des droits de l’Homme est le respect des valeurs démocratiques et de la volonté populaire.

L’ODDH recommande au pouvoir de se conformer aux normes internationales ratifiées par Djibouti, aux dispositions constitutionnelles relatives à la protection des citoyens, au respect des libertés fondamentales, à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, au Pacte international relatif aux droits civils et politiques ainsi qu’à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

Agir pour la démocratie, la dignité et la justice
Farah Abdillahi Miguil
Président de l’ODDH

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Communiqué de presse de la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH) du 5 mars 2016

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COMMUNIQUE de PRESSE

5 MARS 2016 

A l’approche de l’anniversaire de la Journée Internationale de la Femme du 8 mars 2016, le sort réservé aux femmes Djiboutiennes est triste car depuis  2 vendredis consécutifs (jour de visite aux prisonniers de la Prison de Gabode) elles vivent les arrestations et les détentions arbitraires.

Le26 février 2016, deux cents femmes proches de Mr Hamoud Abdi Souldan et Abdourahman Mohamed Guelleh, deux détenus politiques incarcérés depuis plus de deux mois à la prison de Gabode, ont été arrêtées puis détenues plusieurs heures à NAGAD.

Le 4 mars 2016, la même histoire se répète à Gabode avec une variante. Deux cents femmes se présentent à la prison de Gabode à l’heure de visite et demandent à voir les 2 détenus. Il leur est  signifié que c’est le Parquet qui délivre les permis de visite et que sans  permis elles ne sont pas autorisées à voir les deux prisonniers.

Elles acceptent et décident de quitter le lieu. Mais après quelques centaines de mètres, elles sont rattrapées par les services de sécurité djiboutienne et sont embarquées à bord des camions puis partagées dans des arrondissements et des brigades de la gendarmerie de la Capitale. Elles ont été gardées plus de 24 heures dans des locaux insalubres et infestés des moustiques puis finalement relâchées après avoir essuyé des menaces.

Quel est leur délit? Avoir demandé leur droit de visite de leurs proches incarcérés a Gabode (Mr Hamoud et Abdourahman TX).

Ces arrestations et détentions démontrent si nécessaires les traitements réservés aux femmes à Djiboui à l’occasion de l’inauguration des nouveaux locaux des ministères de la promotion familiale et à l’approche de 8 MARS 2016, Journée Internationale de la Femme.

La LDDH condamne sans réserve les arrestations et détentions arbitraires et illégales et demande au régime djiboutien de respecter les droits les plus élémentaires des citoyens et citoyennes.

Le Président de la LDDH

Omar Ali Ewado

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Lettre ouverte à Monsieur Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères, au sujet de sa position sur la coopération sécuritaire de la France à l’occasion de la 31ème session du Conseil des droits de l’Homme, le 29 février 2016 (28/02/16)

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Lettre ouverte à Monsieur Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères, au sujet de sa position sur la coopération sécuritaire de la France à l’occasion de la 31ème session du Conseil des droits de l’Homme, le 29 février 2016.

Paris, le 28 février 2016

Source: survie.org

Monsieur le Ministre, Vous participerez ce lundi 29 février à la 31 ème session du Conseil des droits de l’Homme et indiquez qu’à cette occasion vous souhaitez «  renouveler l’engagement déterminé de la France en faveur de l’universalité des droits de l’Homme et apporter notre soutien au conseil des droits de l’Homme. »

Pour notre association, l’engagement de la France en faveur des droits de l’homme est largement mis en cause par la politique menée par la France en Afrique, et son soutien à de nombreuses dictatures en place. Ainsi en est-il du Tchad, de Djibouti et de la République du Congo où des élections présidentielles vont avoir lieu dans les prochaines semaines.

Dans ces trois pays, la période préélectorale de ces derniers mois a été marquée par de graves violations des droits de l’Homme et répressions de manifestations. Face à cela, loin de condamner ou de se distancier de ces régimes, la France qui entretient une coopération sécuritaire et militaire d’ampleur avec eux a maintenu un silence lourd voire même montré de nouveaux signes de soutien.

Ainsi au Congo, en octobre dernier, l’Élysée a confirmé la légitimité de Sassou Nguesso à organiser un référendum sur la Constitution, a pris note des résultats et n’a à aucun moment condamné les violences à l’encontre des personnes qui manifestaient contre le projet de nouvelle constitution ; à Djibouti, alors qu’une opération policière du régime faisait plus de 60 morts et disparus fin décembre, l’ambassadeur de France a discrètement ordonné la sortie de l’hôpital militaire français d’un député d’opposition blessé par balle, qui a alors été arrêté par les forces djiboutiennes ; au Tchad, nous recensons, rien que depuis novembre 2014, au moins 24 personnes tuées par les forces de l’ordre lors de manifestations – dont des mineurs. A chaque fois, la France n’a émis aucune condamnation publique de ces exactions et n’a pas suspendu sa coopération sécuritaire.

L’engagement de la France pour les droits de l’Homme ne pourra être crédible tant que la France ne cessera pas sa coopération avec ces régimes, qu’elle ne condamnera pas les atteintes aux droits qui y sont perpétrés et qu’elle n’examinera pas sa part de responsabilité dans ces mêmes exactions au vu de la coopération sécuritaire existante.

A l’occasion de votre participation à cette 31ème session du Conseil des droits de l’Homme, nous vous demandons donc de vous exprimer sur les perspectives d’évolution de la coopération sécuritaire française avec ces trois régimes, à l’approche de ces scrutins présidentiels.

Dans l’attente de votre positionnement sur cette question essentielle, je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de notre haute considération.

Fabrice Tarrit,
Président de Survie

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Alerte USN : Près de 300 femmes venues rendre visite au Secrétaire Général de l’USN, Abdourahman Mohamed Guelleh et à l’ex-ministre Hamoud Abdi Souldan arrêtées devant la prison centrale de Gabode (26/02/16)

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Alerte USN : Près de 300 femmes venues rendre visite au Secrétaire Général de l’USN, Abdourahman Mohamed Guelleh et à l’ex-ministre Hamoud Abdi Souldan arrêtées devant la prison centrale de Gabode

Ce vendredi après-midi 26 février 2016, jour de visite pour les détenus de la prison centrale de Gabode, près de 300 mères et filles de la communauté dont sont issus naturellement le Secrétaire Général de l’USN, Abdourahman Mohamed Guelleh (TX) et l’ex-ministre Hamoud Abdi Souldan, se sont vu refuser la visite hebdomadaire par l’administration pénitentiaire.

Ces femmes ont été arrêtées et restent toujours détenues dans le centre de rétention administratif de Nagad.

A suivre de très près.

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Djibouti: Kadar Abdi Ibrahim, licencié et radié de la fonction publique pour engagement politique (25/02/16)

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Djibouti: Kadar Abdi Ibrahim, licencié et radié de la fonction publique pour engagement politique

À quelques semaines de l’élection-mascarade du 8 avril 2016, la répression politique bat son plein à Djibouti.
Arrêté le 14 janvier 2016 puis condamné le 19 janvier 2016 à deux (2) mois de prison avec sursis pou avoir dénoncé les agissements du gouvernement et pour avoir publié la photo de la petite Soumeya (âgée de 7 ans), victime du massacre survenu à Buldhuqo le 21 décembre 2015, lors duquel les policiers ont ouvert le feu sur une cérémonie rituelle privée, faisant au moins 29 morts d’après la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme, Kadar Abdi Ibrahim, co-directeur du journal de l’opposition « L’Aurore », vient d’être licencié par décision présidentielle en date du 22 février 2016, de son poste d’enseignant à l’Université de Djibouti et révoqué de la fonction publique pour son engagement politique dans l’opposition USN.
Selon la notification de sanction à l’encontre de Kadar Abdi Ibrahim mais également de deux autres fonctionnaires (opposants), un seul et unique motif a motivé cette décision présidentielle : le « non respect du devoir de réserve ». Or, cette décision est totalement illégale et va à l’encontre du droit constitutionnel des fonctionnaires. De plus, pourquoi le « non respect du devoir de réserve » ne s’applique t-il pas aux militaires et autres fonctionnaires-militants (voir photo) qui militent pour le parti au pouvoir ?
Prenant en considération les dispositions pertinentes de la Déclaration universelle des droits de l’homme, du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, aussi bien que les dispositions de la constitution de Djibouti, je rappelle au président Guelleh que :
(a) Nul ne doit être inquiété pour ses opinions.
(b) Toute personne a droit à la liberté d’expression ; ce droit comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute sorte, sans considération de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou artistique, ou par tout autre moyen de son choix.
(c) Lorsque l’on peut en démontrer la nécessité, l’exercice des droits prévus au paragraphe
(b) peut être soumis à des restrictions, pour des raisons précises établies par le droit constitutionnel ou international, y compris pour la protection de la réputation d’autrui.
(d) Toute personne affectée directement ou indirectement par une restriction portée à la liberté d’expression, au droit à la vie privée doit pouvoir en contester la validité devant une cour ou un tribunal indépendant, en s’appuyant sur la constitution ou sur la législation relative aux droits de l’homme.
(e) Toute application d’une restriction de la liberté d’expression doit être soumise à des garanties suffisantes contre les abus, y compris le droit d’accès à une cour ou un tribunal indépendant, dans le cadre de la règle de droit.
Par conséquent, votre décision de licenciement est un abus et est une violation manifeste de l’article 15 de notre Constitution, relatif à la liberté d’opinion et d’expression des fonctionnaires, notamment l’article 19 du pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), ratifié par l’état djiboutien et qui défend les droits à la liberté d’expression ainsi que la liberté d’information.
L’ensemble des organisations syndicales, associatives et politiques (force d’intervention sociale), doivent exiger la réintégration de ces trois fonctionnaires. Il s’agit d’une véritable attaque contre nos libertés fondamentales.
Huno Djibouti

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