ARD » Blog Archives

Author Archives: ard

Dernières éditions

La diaspora djiboutienne de Belgique appelle à manifester le samedi 12 août 2017 en hommage à Mohamed Ahmed Jabha, victime du régime de Guelleh

Published by:

08/08/2017 La diaspora djiboutienne de Belgique appelle à manifester en hommage à Mohamed Ahmed Jabha, victime du régime de Guelleh.

Pour dénoncer l’assassinat de Mohamed Ahmed Jabha le plus ancien prisonnier politique djiboutien, manifestation devant l’ambassade de Djibouti en Belgique: Avenue Franklin Roosevelt, 204, le samedi 12 août 2017 de 14h à 17h.

Le pouvoir de Guelleh a tué, Mohamed Ahmed Jabha, le plus ancien prisonnier politique djiboutien, membre du FRUD, symbole de la résistance djiboutienne contre le régime barbare de Guelleh, a été assassiné le 1er août 2017 par l’Etat de Djibouti.

Arrêté le 3 mai 2010 à côté de Moussa Ali, alors qu’il tentait d’empêcher le viol d’une femme enceinte par des soldats, il a été torturé par tous les corps armés de l’Etat, en présence des hautes autorités du pouvoir. Mohamed Ahmed Jabha, traité en ennemi, a subi des sévices corporels, de traitements inhumains et dégradants dans l’enceinte de prison de Gabode où il a été empoisonné. Dans l’isolement le plus complet, il a été privé de soins et de médicaments et de la visite du CICR.

Mohamed Ahmed Jabha a été condamné a 15 ans de prison ferme le 18 juin 2017 et a été achevé le 1er août parce qu’il a refusé toute compromission avec ce régime honni et resté debout jusqu’à la fin.

Venez nombreux pour dénoncer cet ignoble assassinat de Jabha, ce crime d’Etat; Pour dénoncer l’impunité des bourreaux de Mohamed Ahmed Jabha et de tant d’autres personnes assassinées par l’Etat de Djibouti;

Pour exiger une enquête indépendante sur l’assassinat de Mohamed Ahmed Jabha.

Contacts :
– +32465948878
– +32499922598
– +32487395044

Dernières éditions

Compte-rendu de la Conférence-débat du dimanche 2 Juillet 2017 à Paris – Intervention de Raymondo Ela, Parti CORED – Document 9 (03/08/17)

Published by:

Compte-rendu de la Conférence-débat du dimanche 2 Juillet 2017 à Paris – Intervention de Raymondo Ela – Document 9

Compte-rendu de la Conférence-débat du dimanche 2 Juillet 2017 à Paris –

Intervention de Raymondo Ela, Parti CORED Guinée Équatoriale – Document 9 (03/08/17)

 Le Parti CORED depuis sa création en 2013 en tant que coalition d’opposition Équato-guinéenne en France a travaillé côte à côte avec le représentant de l’USN en France dans le combat partagé pour la libération de nos différents pays sous la coupole de dictatures depuis près d’un demi-siècle.

La république de Djibouti a une grande similitude avec la Guinée Équatoriale, deux pays aux mêmes dimensions avec un nombre d’habitants réduit également comparable et donc plus facile à contrôler.

Nos deux pays sont pareillement victimes l’un de sa position stratégique dans le cas de Djibouti, l’autre pour ses ressources naturelles comme le pétrole.

Je suis honoré de l’invitation à cette conférence et de pouvoir transmettre ce mot de soutien au nom du parti CORED, lequel, comme nous l’avons mentionné, a réussi à avoir une implantation en Guinée Équatoriale.

Par ailleurs, dans les conditions dans lesquelles se trouvent nos deux peuples, je peux témoigner ici du sentiment du peuple équato-guinéen qui souffre de la dictature et vous apporte son soutien de solidarité.

Nous appelons l’opposition djiboutienne à continuer à saisir la fenêtre qui leur est ouverte à l’extérieur du pays pour pouvoir mener une partie du combat à l’intérieur du pays.

Nous savons que le combat est continuellement mené par le courage et la détermination du peuple djiboutien qui n’a cessé de combattre vaillamment pour sa liberté.

La dictature de la Guinée Équatoriale est si brutale qu’il n’existe pas la moindre soupape pour permettre à l’opposition d’exister. Cette situation génère une crainte telle en Guinée Équatoriale que s’engager dans le combat politique est un engagement de martyr. Mais malheureusement,  il ne s’agit pas du seul cas de la Guinée Équatoriale, puisque l’engagement dans le combat politique est très ardu dans plusieurs pays africains.

De ce fait, je ne peux que saluer et féliciter la détermination des Djiboutiens qui se battent depuis l’exil pour faire attendre la voix de leur peuple opprimé.

Félicitations à tous les participants.

Le Parti CORED et le peuple Équato-guinéen se solidarise avec vous et souhaite que nous menions à son terme ce combat partagé ensemble.

Raimondo Ela Nsang, Secrétaire Général du Parti CORED

Dernières éditions

Compte-rendu de la Conférence-débat du dimanche 2 Juillet 2017 à Paris – Intervention de Kéchéri Doumbia, Amicale Panafricaine – Document 8 (03/08/17)

Published by:

Compte-rendu de la Conférence-débat du dimanche 2 Juillet 2017 à Paris – Intervention de Kéchéri Doumbia – Document 8

Intervention de Kéchéri Doumbia, Vice-président de l’Amicale panafricaine, Paris, 2/07/2017

Mesdames, Messieurs, Chers frères et sœurs de Djibouti, bonjour,

En cette journée de commémoration, l’Amicale Panafricaine salue la mémoire des combattantes et combattants pour une Afrique souveraine, digne et démocratique, respectueuse de son Peuple et soucieuse de l’avenir de sa Jeunesse.

Notre terre africaine, championne toute catégorie des maux sociaux les uns plus pernicieux que les autres, présente une géopolitique assez invraisemblable. C’est dans notre continent que se concentre la presque totalité des richesses naturelles les plus convoitées au monde, tandis que l’on manque drastiquement des plus petites infrastructures utiles pour leur découverte et encore moins pour leur exploitation au bénéfice de nos populations. C’est également là, où l’on cultive des produits industriels perturbateurs de notre environnement, quand notre économie n’en a nul besoin et ne dispose d’aucune capacité à les exploiter, mais aussi parce que l’on n’a pas pouvoir à fixer pas leur prix de vente en les cédant à tiers.

Dans nos pays, vivent des millions de jeunes gens n’ayant connu, de leur naissance à leur majorité civique, qu’un seul potentat national, souvent relayé ou tenté d’être relayé par un héritier en ligne directe du dirigeant mourant. Ainsi, des millions de jeunes Africains ayant l’âge de Djibouti ne connaissent à la tête de leur État qu’un seul patronyme, une seule et même famille. Ces jeunes subissent l’exclusion du plus grand nombre, la paupérisation de leurs parents et proches, triment à surmonter toutes sortes de difficultés pour accéder à l’éducation et au travail.

C’est également dans notre très chère Afrique que le tripatouillage de la Loi fondamentale a systématiquement cours, aux seules fins de renforcer les pouvoirs claniques d’un président, d’augmenter le nombre de mandats ou d’allonger leur durée au-delà des termes légaux initiaux et en contradiction avec les intérêts du peuple.

Ce fut le cas, au cours de la dernière décennie, dans les pays suivants principalement : Algérie, Bénin, Burkina-Faso, Burundi, Cameroun, Congo, Côte-d’Ivoire, Égypte, Gabon, Guinée Équatoriale, Madagascar, Mali, Niger, Nigeria, République Centrafricaine, République Démocratique du Congo, Rwanda, Sénégal, Tchad, Togo, Zimbabwe, et bien évidemment Djibouti qui nous réunit cet après-midi.

Pourtant, Mesdames, Messieurs, Chers frères et sœurs de Djibouti, c’est seulement à travers un si sombre tableau que l’on pourrait comprendre le sens des luttes panafricaines et mesurer le sacrifice consenti par les Djiboutiennes et Djiboutiens, embastillés sur leur terre, contraints à l’exil ou à la compromission, expatriés d’ici et d’ailleurs.

La vaillance des Djiboutiennes et Djiboutiens, résistants d’hier et d’aujourd’hui, est inversement proportionnelle aux abus de pouvoirs et pratiques tortionnaires, aux sévices infligés aux populations, aux viols perpétrés sur les djiboutiennes, aux silences imposés aux défenseurs des droits et libertés dans la Corne de l’Afrique que toutes les puissances voudraient avoir sur leur énorme tête de prétentieuses. D’où les mille-et-une accointances avec les tenants d’un pouvoir autocratique, familial, crasseux et criminel.

La lutte des Djiboutiennes et Djiboutiens constitue le creuset de notre espérance, que nous nous devons de mettre en œuvre quotidiennement, difficilement certes, mais avec abnégation et conviction, au sein de l’Amicale Panafricaine, en France et sur le continent.

En 2014, l’Amicale Panafricaine, en association avec le FRUD de Djibouti, Massiwa-Mané des Comores, l’UPC du Cameroun, l’UNDR du Tchad, entre autres, a réalisé une pétition physique et numérique portant sur les retouches intempestives de la Constitution en Afrique. Nous y exprimions notre profonde préoccupation concernant les graves violations des règles de gouvernance et d’alternance démocratiques sur notre continent.

Permettez-nous de terminer par le remerciement des initiateurs de la présente rencontre autour du 40ème anniversaire de la République sœur de Djibouti et du combat de ses militants indestructibles.

Que toutes et tous soient assurés de notre plein engagement à vos côtés et de notre fraternité indéfectible.

Vive le Peuple djiboutien en lutte !

Vive le panafricanisme des Peuples !

Paris, 2 juillet 2017

Dernières éditions

Compte-rendu de la Conférence-débat du dimanche 2 Juillet 2017 à Paris – Intervention de Mahdi Ibrahim God – partie 2 – Document 5-2 (03/08/17)

Published by:

Compte-rendu de la Conférence-débat du dimanche 2 Juillet 2017 à Paris – Intervention de Mahdi Ibrahim God partie 2 – Document 5-2

Intervention de Mahdi Ibrahim God, Vice-président de l’ARD, Paris, le 2 juillet 2017

Partie 2 -Document 5-2

Merci mes amis représentants des différentes organisations Panafricaines, des Droits de l’Homme, de Survie et aux avocats ici présents pour conseiller les jeunes réfugiés issus de mon pays qui est dans l’impasse dans une région totalement soumise aux guerres et autres détresses interminables pour ses populations.

Toutefois, je tiens à rendre un grand hommage à un homme qui est dévoué à la cause Djiboutienne depuis des années et qui restent toujours et encore actif pour soutenir avec cœur et sérieux la recherche de la Démocratie dans mon pays. Je le nomme il s’agit bien de Monsieur Jean-Loup SCHAAL. Merci encore et encore.

Secundo, Je lance un encouragement et apporte mon soutien indéfectible à cette jeunesse organisée ici présente qu’est MJO-Europe. Je vous félicite de votre engagement et votre courage pour la lutte que vous menez avec nous. Je combats depuis longtemps ce régime tueur et corrompu et je me réjouis de constater que la relève est là. Le combat est long il vous faut l’accepter et perdurer pour une vie meilleur dans ce bout  de pays que nous aimons. Je vous dis bravo et bon courage pour une République Une, Libre, Indépendante et Démocratique.

Tercio à notre représentant et organisateur de cette Conférence qui a réussi et à son épouse Monsieur Maki HOUMED-GABA.

Bravo frères et sœurs.

Je vous remercie encore une fois de votre attention.

Mahdi Ibrahim God

 

Dernières éditions

Compte-rendu de la Conférence-débat du dimanche 2 Juillet 2017 à Paris – Intervention de Mahdi Ibrahim God, Vice-président de l’ARD, Partie 1, Document 5-1 (3/08/17)

Published by:

Compte-rendu de la Conférence-débat du dimanche 2 Juillet 2017 à Paris – Intervention de Mahdi Ibrahim God partie 1 – Document 5-1

Compte-rendu de la Conférence-débat du dimanche 2 Juillet 2017 à Paris

Intervention de Mahdi Ibrahim God, Vice-président de l’ARD, Partie 1, Document 5-1

Bonjour Mesdames et Messieurs.

Nous vous remercions d’être venus aussi nombreux pour participer à notre Conférence qui, comme vous l’avez constaté à l’entrée porte sur une question cruciale que certainement beaucoup d’entre vous partagez, notamment nos amis Africains ici présents.

Cette question est « Djibouti 40 ans d’Indépendance ou 40 ans de Dictature ? ».

Aussi surprenante qu’elle soit, ma réponse à cette question est toute simple : 40 ans de dictature. Je ne vais pas rentrer dans une démonstration historique pour décrire les horreurs commis par le régime issu de l’indépendance toutes ces années de « Liberté » mais juste faire une démonstration anecdotique.

En vérité, la Dictature a dès sa prise du pouvoir ébouillanté un système de plus en plus élaboré de celui hérité du colon sur la base tant du contrôle de la population par sous-clans, soit trois degrés en dessous de la tribu, et surtout une sophistication de son appareil répressif.

Début 1994 j’étais emprisonné à Gabode avec le regretté Mohamed Ahmed Issa dit Cheiko qui était le président du Fuod. Nous avons eu comme Chef des geôliers un certain Dakafar qui, alors Caporal, avait été un des geôliers de Cheiko et de mon père lors des événements indépendantistes de 1966-1967 face au Général De gaulle.

Ce Monsieur, qui se trouve actuellement en Angleterre était devenu un spécialiste de la question carcérale des hommes politiques sauf qu’il n’a jamais été un réel sous-officier puisque Sergent à cette date (pour raison tribale) mais  tout de même efficace.

Ce geôlier est tout aussi connu par mon ami ici présent le Président du Frud Mohamed Kadamy avec qui j’ai cohabité plusieurs fois dans cette enceinte de désolation et d’horreurs qu’est Gabode.

Le regretté Mohamed Ahmed Issa prédisait l’issue du système en place puisque au Congrès du Rpp de Mars 1991, il interpellait Gouled des dérives désastreuses de sa politique et des dangers. En substance il avait dit que « Djibouti avait 14 ans d’existence et que pour l’Islam l’homme est responsable à cet âge. Donc le pays doit accéder à la Démocratie et à la Liberté pour choisir ses dirigeants ».

Parole d’un homme politique de grandeur nationale

Il ne fut pas écouté et a fini en prison pour avoir fondé un parti PPD avec d’autres hommes de qualité et réels démocrates comme  Moussa Ahmed Idriss, Ahmed Dini Ahmed, Omar Osman Rabeh pour ne pas tous les citer puisque leurs photos se trouvent à l’entrée de notre conférence dans la salle contigüe.

Ma première intervention s’arrête avec cette anecdote qui dit beaucoup je l’espère je suis ici pour vous répondre et éventuellement revenir pour tirer les conclusions de cette conférence.

Je vous remercie de votre attention.

Dernières éditions

Compte-rendu de la Conférence-débat du dimanche 2 Juillet 2017 à Paris – Intervention de Mohamed Kadami – Document 4 (03/08/17)

Published by:

Compte-rendu de la Conférence-débat du dimanche 2 Juillet 2017 à Paris – Intervention de Mohamed Kadami – Document 4

Compte-rendu de la Conférence-débat du dimanche 2 Juillet 2017 à Paris

Intervention Mohamed Kadami, Président du Frud – Document 4

Je remercie les organisateurs d’avoir pensé à marquer le 40e anniversaire de la république de Djibouti. Ce n’est pas à la RTD que l’on attendra ce qui s’est passé pendant ces 40 ans, toute cette répression. Je suis très heureux d’être à côté de Mahdi God.

Non seulement il est resté constant dans ses positions, et qui continue encore malgré les difficultés qu’il a eus. Je pense qu’il faut souligner parce que c’est tellement rare en Afrique de constater une telle constance dans la lutte pour la liberté et la démocratie, parce que, on le sait, en Afrique, à Djibouti aussi, il y a des cimetières d’opposants.

Par le harcèlement pécuniaire ou en les asphyxiant économiquement, les opposants se rendent ou deviennent dépressifs, ou meurent sur le champ d’honneur. Nous ici avons une certaine chance d’avoir échappé à ce rouleau compresseur.

A l’indépendance, comme l’a dit comme camarade Mahdi, des conceptions se sont affrontées au sommet de l’État dès l’indépendance, entre le premier ministre de l’époque et le président de l’époque. Le président de l’époque pensait que toutes les prérogatives de l’État devaient aller aux clans, aux tributs. C’était la thèse soutenue par Hassan Gouled.

Monsieur Ahmed Dini, premier ministre de l’époque, a dit non ! Qu’il faut asseoir cette république sur la citoyenneté et qu’il faut transcender ce clivage ethnique, comme seule solution.

Mais c’est la première thèse qui a prévalu, c’est à dire, de vouloir donner toutes les prérogatives aux clans, finalement, et  la situation actuelle est la conséquence de cette option qui a prévalu.

Cette thèse dit quoi ? D’abord, qu’il faut éliminer la différence. C’est-à-dire qu’il faut éliminer ceux qui ne parlent pas la langue du clan au pouvoir. Après, une fois cette hypothèque passée, on est revenu au sein des gens qui parlaient somalien, et il fallait éliminer, marginaliser certains clans.

C’était déjà une théorie des colonialistes français lorsqu’il y a eu la guerre d’Algérie, ce qu’ils ont appelé l’ennemi intérieur. Et cette thèse a été reprise par certains nouveaux dirigeants africains.

Ce ne s’est pas seulement passé à Djibouti, cela s’est passé aussi ailleurs. Le cas du Tchad est tellement significatif. Tout ce qui était vu comme ennemi intérieur devait être marginalisé, et ne leur donner aucune occasion économique.

Et en même temps,  cela représente un non sens économique parce qu’il s’agit d’un empêchement pour le pays de développer les ressources disponibles sur l’ensemble du territoire.

A Djibouti, toute une région du pays a été empêchée de se développer. Et quelle perte pour la république de Djibouti, que les 2/3 du pays ne puissent pas se développer !

Tout cela va déboucher sur le massacre de Bouldhouqo en décembre 2015, où 70 personnes seront tuées par les forces de l’ordre, parce qu’ils étaient d’un autre clan, autre que celui du président. Il ne s’agissait même pas d’une manifestation politique mais religieuse et culturelle, parce que, à un moment donné, Ismaël Omar Guelleh pensait que ce groupe allait devenir dangereux.

C’est pourquoi cette notion d’ennemi intérieur est très élastique. Et aujourd’hui on est réduit à ce qu’on appelle un pouvoir familial, comme en Tunisie à une époque récente.

Il y a eu pas mal de tentatives de tourner la page de cette politique. Il y a eu des manifestations, il y a eu des tracts, il y a même eu des élections. En 1999, des dirigeants très connus ont créé le Parti populaire djiboutien. Le candidat de l’opposition démocratique à l’époque est Moussa Ahmed Idriss, une figure de la lutte pour l’indépendance à l’époque coloniale, ainsi que Ahmed Dini qui était une figure emblématique, sans parler de Mohamed Issa cheikho qui était la cheville ouvrière de la lutte qui avait unifié cette lutte pour l’indépendance de Djibouti, aidé par la Somalie.

Ces opposants ont été arrêtés 4 ans après l’indépendance et c’est alors que le parti unique a été imposé.

Ainsi la lutte pacifique était très difficile à Djibouti, et cela a été la dernière tentative pour créer un parti politique pour amorcer la lutte pour la démocratie. A partir de là, il y avait déjà eu une première tentative de lutte armée, dès 1977, avec toutes les difficultés régionales et stratégiques de Djibouti. Les responsables de la lutte politique à cette époque là, j’en fais partie, les créateurs du FDLD, sont revenus dans la capitale, et n’avaient même pas la possibilité de travailler. Si bien que, sept ans après, la lutte armée a été re-déclenchée.

Nous sommes conscients à Djibouti, que nous appartenons à deux mondes. Au monde de la Corne de l’Afrique, où l’Éthiopie est le premier pays en Afrique où la Klashnikov est arrivée, par ceux qui luttaient contre Menguisto à cette époque. On appelle parfois la région de la Corne de l’Afrique, la région des 100 millions des Kalashnikov. Mais on appartient aussi au monde francophone, on lit Jeune Afrique, on écoute RFI, on a donc aussi cette culture de conférence nationale souveraine.

La lutte à Djibouti est une synthèse entre la lutte armée et cette culture de la conférence nationale souveraine, mais en face, le gouvernement, est constitué de gens qui ne croient qu’à la violence. Et il faut savoir que l’intégrisme clanique est pire que l’intégrisme religieux, car l’intégrisme religieux peut accepter que l’on change de religion et être accepté, alors que pour l’intégrisme clanique, on ne peut pas changer son clan d’origine. Aussi l’entourage du président actuel, refuse toute ouverture et tout amendement.

C’était donc en 1991 que la lutte armée a débuté, deux accords de paix ont été signés, mais les dirigeants ont été incapables d’appliquer ces accords. On aurait pu changer de régime en 2003, puis en 2013, puisque chaque fois l’opposition avait gagné les élections législatives. Et déjà en 1999, Ismaël Omar Guelleh a été battu à plates coutures à l’élection présidentielle. C’est pourquoi l’alternance par les urnes est très difficile pour ne pas dire impossible car à chaque fois c’est la magie des fraudes qui l’a emporté.

Je vous remercie.

Dernières éditions

Compte-rendu de la Conférence-débat du dimanche 2 Juillet 2017 à Paris – Intervention Maître Mzamba – Document 3 (02/08/17)

Published by:

Compte-rendu de la Conférence-débat du dimanche 2 Juillet 2017 à Paris – Intervention Maître Mzamba – Document 3

Compte-rendu de la Conférence-débat du dimanche 2 Juillet 2017 à Paris –

Intervention Maître Mzamba – Document 3

Maitre Brice Mzamba, avocat spécialiste du droit d’asile, exerçant en cabinet parisien.

Maître Brice Mzamba introduit le thème du droit des étrangers applicable aux demandeurs d’asile en France. Remerciant le collectif d’organisation de la conférence pour lui permettre de participer à informer sur la sécurité juridique des exilés politiques Djiboutiens ici en France.

La France est signataire avec d’autres États de conventions qui assurent la protection de personnes réfugiées qui craignent des persécutions dans leur pays.

Des structures facilitent d’engager une procédure de demande de statut de réfugié pour un pays comme Djibouti où la liberté est réduite face aux abus. Les intérêts de la France font qu’il est difficile pour un opposant de trouver l’asile en France par crainte de représailles diplomatiques.

Des structures accompagnent ces personnes à leur arrivée en France. Une procédure est mise en place pour éviter les abus pour qu’on puisse juger des récits présentés et selon leur véracité et un statut est offert au demandeur. Djibouti est un pays au système politique répressif où il n’est pas aisé de s’exprimer librement ou d’exercer des libertés telles qu’on les connait ici. La liberté politique est restreinte à Djibouti où pour s’engager politiquement on doit dire ce que le pouvoir veut faire dire.

La France a ses intérêts géostratégiques très importants à Djibouti. Quand on a été un opposant à Djibouti avec un discours pointu, et contre une certaine politique de la France à Djibouti, cela peut être dur quand on arrive ici de pouvoir bénéficier facilement de ces structures. Parce que, il ne faut pas être naïf, il peut arriver que si la France accorde le statut de réfugié à cet opposant, on peut avoir des problèmes diplomatiques avec le régime qui est en place à Djibouti parce que l’octroi du statut politique reconnait que le système politique de ce pays est répressif, n’est pas un pays sûr.

A son arrivée en France, il faut prendre attache avec des associations pour avoir une domiciliation administrative et peut être un endroit où se loger. Ensuite l’OFPRA décide de la demande d’asile. Un avocat est recommandé pour aider à donner un cadre cohérent à son récit et préparer un dossier avec des preuves de la répression subie.

Les allégations qui ne sont étayées d’aucun élément objectif ne permettent pas d’obtenir la reconnaissance par l’OFPRA. Il faut mettre en avant la vraisemblance, il faut rassembler tous les éléments de témoignage d’autrui sur la répression subie. Le récit ne doit pas rester général mais circonstancié. Ainsi on augmente ses chances devant l’OFPRA.

C’est la première étape. Il peut arriver après que l’OFPRA rejette votre demande d’asile. Le raisonnement tenu dans le rejet par l’OFPRA évoque souvent un récit non circonstancié. A partir de là, il faut se rapprocher d’un professionnel pour former un recours devant la CNDA, Cour nationale du droit d’asile, pour contester le rejet de l’OFPRA, en faisant la démonstration que cette décision n’est pas fondée en droit.

Maître Mzamba conseille aux réfugiés et demandeurs d’asile de créer des associations afin d’élaborer et partager un cadre construit pour défendre les dossiers de demande d’asile.

Maître Mzamba

Paris, le 2 juillet 2017