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Le crépuscule des tyrans, par Caroline Fourest, journaliste au Monde

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Le crépuscule des tyrans

LEMONDE | 30.12.11 | 14h39

par Caroline Fourest (Sans détour)

Tant de têtes sont tombées en 2011 qu’on est pris de vertige. Ben Ali a dû fuir  son pays. Moubarak passe en procès, allongé sur une civière. Kadhafi a trouvé la mort qu’il redoutait. Bachar Al-Assad a définitivement perdu la tête, même si elle tient encore sur ses épaules grâce à la férocité de la répression. Il devra bien céder . Aucun tyran n’est éternel. Même Kim Jong-il a fini par mourir . Mais sans modestie. Car, dans son cas, son peuple n’a pas trouvé la force de se soulever  ni même de retenir  ses larmes.

La tyrannie mise en place en Corée du Nord n’a rien de commun avec les régimes autoritaires arabes ni même avec les dictatures soviétiques d’antan. Nous sommes devant tout autre chose : une secte de 20 millions de personnes. Les images qui nous parviennent sont irréelles. On croirait assister  à un voyage dans le temps, sur une autre planète, à la découverte d’un laboratoire où un groupe humain se trouve enfermé et soumis à une immense expérience de conditionnement. La façon dont ils pleurent nous rappelle combien l’esprit critique est fragile, combien l’humain peut être  programmé, déprogrammé, manipulé. Toujours avec la même recette : un ennemi, un récit et la peur en guise de chien de garde.

Les tyrans ont leurs nuances et leurs degrés, mais partagent l’essentiel. Qu’ils se revendiquent de la nation, de la religion ou du peuple, d’un livre rouge ou d’un livre vert, ils feront toujours passer  leurs envies de pouvoir  et de domination avant l’intérêt de tous. Le nombre de leurs victimes est si élevé qu’on se demande toujours pourquoi ils durent si longtemps. Et pourtant, avant de tomber , ils durent et sont même « populaires ».

Contrairement à l’effet d’optique entretenu comme un mythe, le « peuple » n’est jamais une masse, mais une métaphore. Le consentement tacite d’une majorité passive envers une minorité active, qui opprime ou libère. Il suffit d’un clan pour s’accaparer  le sommet et terroriser  la base, par une chaîne de dominations et de lâchetés successives. Mais aussi d’une minorité, courageuse, pour défaire  la pyramide et même la renverser . C’est à la fois tragique et réconfortant. Après une année où tant de tyrans sont tombés, 2012 offre un monde en transition, où tous les chemins sont possibles.

Entre une fin des « printemps », le début d’hivers intégristes et la crise économique, la boussole mondiale est sens dessus-dessous. Les frontières entre l’Est et l’Ouest, entre l’Orient et l’Occident, entre le Sud et le Nord ne sont plus si claires. Toutes les nations et tous les grands ensembles, l’Union européenne en tête, doivent lutter  pour tenir  leur place dans le monde, ou céder  au repli et sortir  de la carte. Voire de l’histoire, qui marche si vite.

En chemin, les « peuples » n’ont pas fini d’osciller , entre le désir de croire  aux fables et l’envie de discours de vérité. A chaque tournant, il faudra choisir  entre la moins mauvaise des routes, fût-elle difficile, ou se griser  d’épopées. Toujours douces à écouter , parfois nécessaires pour surmonter  l’adversité, mais parfois aussi destinées à préparer  le lit d’apprentis tyrans. Comment se repérer  ? S’il existait une carte, absolument fiable, de 2012, ce serait trop simple. Et bien moins passionnant.


Essayiste et journaliste, rédactrice en chef de la revue « ProChoix », elle est l’auteure notamment de « La Tentation obscurantiste » (Grasset, 2005) et de « Libres de le dire », avec Taslima Nasreen (Flammarion, 2010).

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Djibouti : le président Sarkozy doit demander au président Ismaël Omar Guelleh l’arrêt des violations des droits de l’Homme

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Djibouti : le président Sarkozy doit demander au président Ismaël Omar Guelleh l’arrêt des violations des droits de l’Homme

  • Djibouti : le président Sarkozy doit demander au président Ismaël Omar Guelleh l'arrêt des violations des droits de l'HommeLa FIDH et ses organisations membres à Djibouti et en France, respectivement la LDDH et la LDH, ainsi que l’UDT, l’OMCT, l’UIDH et RSF appellent le président français Nicolas Sarkozy à demander au président djiboutien, Ismaël Omar Guelleh, l’arrêt des violations des droits de l’Homme et des droits syndicaux à Djibouti ainsi que des actes concrets en faveur d’une transition politique permettant un réel système démocratique à Djibouti.
A l’occasion de la visite d’Ismael Omar Guelleh à Nicolas Sarkozy, la FIDH et d’autres organisations demandent que les droits de l’Homme soient pris en compte

La FIDH et ses organisations membres à Djibouti et en France, respectivement la LDDH et la LDH, ainsi que l’UDT, l’OMCT, l’UIDH et RSF appellent le président français Nicolas Sarkozy à demander au président djiboutien, Ismaël Omar Guelleh, l’arrêt des violations des droits de l’Homme et des droits syndicaux à Djibouti ainsi que des actes concrets en faveur d’une transition politique permettant un réel système démocratique à Djibouti.

« Alors que l’on célèbre le premier anniversaire de la révolution tunisienne, la France doit tirer les leçons du passé et ne plus soutenir jusqu’au bout des dictatures sans avenir » a déclaré Mme Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH.

Le président français, M. Nicolas Sarkozy, doit recevoir ce mercredi 21 décembre 2011 à 17h son homologue djiboutien, M. Ismaël Omar Guelleh, qui a entamé son troisième mandat dans la contestation populaire [1] et étouffe toute contestation par l’emprisonnement et la torture dans son pays. A cette occasion, nos organisations appellent le président Sarkozy à aborder la situation des droits de l’Homme à Djibouti lors de son entretien avec Ismaël Omar Guelleh, de condamner les violations et d’obtenir des engagements du président djiboutien pour démocratiser le pays, notamment des élections réellement libres, une indépendance de la justice, le respect effectif des libertés publiques et individuelles comme la liberté de la presse et la liberté syndicale.

« La situation des droits humains est terrible à Djibouti : il y a eu depuis un an une multiplication des arrestations et détentions arbitraires, la pratique de la torture est toujours aussi rependue, la liberté d’expression des djiboutiens est constamment niée, les défenseurs des droits de l’Homme sont en prison ou sous le coup de procédures judiciaires, la liberté syndicale est foulée aux pieds depuis 10 ans » a déclaré Jean-Paul Noël Abdi, président de la Ligue djiboutienne de défense des droits humains (LDDH) et lui-même sous le coup de deux procédures judiciaires dont une pour « participation à un mouvement insurrectionnel ». [2]

« Le président Sarkozy reçoit un chef d’État dont le régime oppresse ses propres citoyens. Il doit être ferme et condamner ces atteintes graves aux droits de l’Homme tout en exigeant d’Ismaël Omar Guelleh des actes concrets pour libérer les prisonniers politiques, stopper les atteintes aux défenseurs des droits de l’Homme et juger les agents de l’État auteur des tortures » a déclaré M. Pierre Tartakowsky, président de la Ligue des droits de l’Homme et du Citoyen (LDH).

Dernier épisode en date, les convocations le 13 décembre 2011 par la juge d’instruction Rahima Moussa Dawaleh de MM. Farah Abadid et Houssein Robleh, deux journalistes de La Voix de Djibouti, arrêtés le 21 novembre et sévèrement torturés pour obtenir des informations sur leurs activités de journaliste et d’activiste des droits de l’Homme. Leur avocat n’a pas pu avoir accès à l’intégralité du dossier d’où il ressort toutefois que l’incrimination qui évolue sans cesse s’achemine finalement vers une accusation fausse d’« appel à une rébellion armée ».

« MM. Farah Abadid et Houssein Robleh sont inquiétés parce qu’ils collaborent avec un média en exil et sont ainsi susceptibles de ’faire sortir’ de l’information de Djibouti. Leur cas illustre le manque de liberté de la presse dans ce pays et le harcèlement auquel s’exposent les journalistes  », a déclaré Jean-François Julliard, secrétaire général de Reporters sans frontières.

La situation des libertés syndicales est elle aussi préoccupante depuis de longues années. Ainsi le mouvement syndical djiboutien libre, dont l’UDT est depuis 1995 dans le collimateur des autorités : confiscation du siège de l’UDT par décret présidentiel au profit du ministère de la jeunesse et de sport en octobre 2011 [3] ; licenciements de dirigeants et militants syndicaux dont le secrétaire général de l’UDT pour fait de grèves ; non respect des résolutions et les recommandations du Bureau international du travail (BIT) réitérées chaque année et les missions de bons offices de l’OIT et de l’OAT ; harcèlement et répression constante des centrales syndicales libres de l’UDT et de l’UGTD dont les autorités djiboutiennes refusent de reconnaître l’existence légale et la légitimité ; création et soutien de syndicats inféodés au pouvoir et non légitimes afin de mettre en avant ces syndicats pro-pouvoir lors des conférences internationales notamment celle annuelle de l’OIT ; non respect des conventions et recommandations de l’OIT bien que Djibouti ait ratifié des 1978 plus des dizaines de conventions de l’OIT dont celles fondamentales.

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Editions mensuelles – octobre 2011

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Editions mensuelles en Ligne d’Octobre 2011

   « La seule vraie politique est la politique du vrai » EDGAR FAURE

 

 

 Directeur de publication : Mohamed Ali Abdou.   Codirecteur : Mahdi Ibrahim A. God.   Email : realite_djibouti@yahoo.fr


S  o  m  m  a  i  r  e

JE SIGNE la pétition pour la libération des prisonniers politiques de Djibouti

 


20/10/2011 Les dictateurs finissent mal, mon général
05/10/2011 LDDH : manifestation de jeunes étudiants devant la présidence de la république les 4 et 5 octobre
05/10/2011 DDH : grève de la faim des prisonniers politiques à Djibouti



Les dictateurs finissent mal, mon général

La mort de Kadhafi est un exemple de la fin souvent tragique, de tous ceux qui maintiennent leur peuple sous la dictature.


Mouammar Kadhafi couvert de sang, peu avant sa mort, 20 octobre 2011 (images amateur) © Reuters TV/Reuters

Mise à jour du 23 octobre 2011: La Libye entre définitivement dans une ère nouvelle. Le Conseil national de transition (CNT) a proclamé ce dimanche à Benghazi (la ville où a démarré l’insurrection libyenne), une «Libye libre». C’était devant plusieurs milliers de personnes.

A époque troublée, morts troublantes? Après les révolutions relativement policées de Tunisie et d’Egypte, il fallait que le printemps arabe en Afrique du Nord ait sa victime expiatoire. C’est désormais chose faite: le colonelMouammar Kadhafi a payé de sa vie son obstination, et les images de son cadavre ensanglanté et roué de coups ne manqueront pas de devenir les symboles de ces mois de guerre et de violence.

Au-delà des communiqués de victoire et des scènes d’autocongratulation des grands de ce monde, scènes au demeurant dérangeantes (après tout, il n’y a pas si longtemps qu’ils recevaient Kadhafi dans leurs palais), nous ne pouvons nous empêcher de nous dire que la dictature est, en fin de compte, un métier à risque. Une réalité qui n’a pas attendu la bataille de Syrte pour être confirmée.

La loi du Talion

Sans remonter trop loin dans le passé —l’Antiquité et le Moyen-Age ayant eu leur lot de despotes plus ou moins sanglants exécutés par leurs proches ou par une foule en furie— on constate, en survolant rapidement l’histoire récente, que nombreux sont les hommes «à poigne», comme l’a dit Barack Obama dans un discours de menace à peine voilé à l’adresse du président syrien Bachar el-Assad, qui ne sont pas morts paisiblement dans leur lit. Une constante historique qui peut paraître rassurante, dans la logique de «qui a vécu par l’épée périra par l’épée». Comme dans tout scénario hollywoodien qui se respecte, le méchant finit par mordre la poussière, le peuple brimé sort vainqueur de l’affrontement et peut enfin œuvrer à faire chanter les lendemains. Ou presque.

Depuis la chute du communisme, le monde a vu sombrer plus d’un autocrate englouti par l’ire de ses sujets. Le plus célèbre reste peut-être le Roumain Nicolae Ceausescu. Son visage défait, alors qu’il tentait de galvaniser la foule dans un discours et qu’il avait dû s’interrompre sous les huées, est encore dans toutes les mémoires (VIDEO). Le dictateur roumain eut le triste privilège d’être le premier dirigeant à tomber presque en direct sous les caméras. Abandonné, trahi et traqué par le cercle de ses proches, il fut arrêté alors qu’il tentait de fuir. Puis, à l’issue d’une parodie de procès à la va-vite dans une école de province, son épouse et lui furent mitraillés à coups de fusils d’assaut.

Depuis, bien d’autres sont ainsi passés de vie à trépas, le plus souvent sous nos yeux, ou du moins sous ceux des médias. Zviad Gamsakhourdia, premier président de la Géorgie indépendante, despote fantasque pour les uns, héros de la démocratie pour les autres, fut chassé du pouvoir par une guerre civile. Il mourut en 1993 dans des circonstances troubles, pendant une échauffourée avec des partisans de son adversaire, Edouard Chevardnadze. S’est-il suicidé ou est-il mort au combat? Aujourd’hui encore, le doute plane.

De nombreux cas en Afrique

Le continent africain n’a pas été épargnée. Ainsi, en 1990, Samuel Doe, président autoritaire du Liberia, qui se maintint au pouvoir par la violence pendant près de dix ans, fut renversé par les rebelles commandés par Charles Taylor. La chute de Doe fut aussi sanglante que spectaculaire, et il mourut torturé par des rebelles. Son supplice, filmé par ses tortionnaires, fut diffusé ensuite dans toute l’Afrique. Quant à son vainqueur, il est aujourd’hui jugé pour crimes contre l’humanité, s’en tirant ainsi mieux que son prédécesseur.

De tout temps, la chute et la mort d’un chef de guerre impitoyable ont eu valeur de conte moral, même si la moralité n’a rien à voir dans une telle affaire. Dans la vaste tragicomédie qu’est l’histoire de l’humanité, il peut paraître juste qu’un homme qui a gouverné par le fer et par le feu meure sous les coups de son peuple enfin libéré. Toutefois, tous ne succombent pas de la sorte. Si Doe a effectivement été exécuté par des Libériens, et Ceausescu par des Roumains, pour en neutraliser certains autres, il a fallu l’intervention de forces extérieures. C’est d’ailleurs dans cette catégorie qu’il faut sans doute ranger le colonel Kadhafi et les siens.

L’Afghanistan, en 1979, en est un parfait exemple. Hafizullah Amin, président du pays pendant 104 jours, voulut se détacher de l’influence soviétique. Mal lui en prit: il provoqua l’invasion de l’Afghanistan par l’Armée rouge. Le 27 décembre 1979, son palais, défendu par sa garde, fut pris d’assaut par les spetsnaz, les troupes d’élite soviétique. Ce fut un carnage, Hafizullah Amin étant abattu avec quelque deux cents de ses soldats. Depuis, Kaboul a vu passer et repasser des armées et des clans, et en 1996, un autre ancien président afghan, Mohammed Najibullah, fut assassiné dans des conditions atroces par les talibans.

Les signes avant-coureurs

Les périodes de troubles et de révolution sont évidemment propices à ce genre de conclusion sanglante. Il arrive aussi parfois que le dictateur en poste commette l’erreur de se lancer dans une guerre qui finit par lui coûter le pouvoir. On a pu croire que Saddam Hussein avait commis cette erreur en envahissant le Koweït en 1990, et Kadhafi lui-même avait déjà joué avec le feu en intervenant au Tchad dans les années 80. Mais dans les deux cas, les forces adverses avaient préféré ne pas aller jusqu’au bout, pour des raisons tant logistiques que pratiques: mieux valait probablement un mal connu qu’un mal inconnu. Les deux dictateurs restèrent peut-être en place parce que leurs ennemis les préféraient encore à leurs éventuels remplacements du moment. Aujourd’hui, l’un et l’autre sont morts, chacun dans des circonstances peu reluisantes, et chacun après intervention de forces armées étrangères sur son territoire.

Parmi les dictateurs qui virent leur monde s’écrouler sur eux pour avoir voulu semer la terreur chez leurs voisins, Adolf Hitler est évidemment le plus connu. Nous ne reviendrons pas sur sa fin ici. Il mourut dans les conditions que l’on sait, se suicidant dans son bunker tandis que sa capitale en flammes était conquise de haute lutte par les armées ennemies. Une conclusion hautement symbolique, digne du crépuscule des dieux dont rêvait le régime nazi.

Francisco Solano Lopez, deuxième président du Paraguay, est moins célèbre, mais son destin n’en est pas moins édifiant (là encore, les avis divergent: Lopez était un dictateur pour certains, mais un héros pour d’autres). En 1864, il provoqua le Brésil dans une affaire concernant l’Uruguay. Lopez soutenait un camp politique en Uruguay, le Brésil en appuyant un autre. Souhaitant envoyer des troupes à Montevideo, il exigea de l’Argentine qu’elle laisse passer ses forces. Quand Buenos Aires refusa, il lui déclara la guerre, déclenchant du même coup ce qui est resté dans l’histoire sous le nom de guerre de la Triple alliance. Le petit Paraguay se retrouva opposé au Brésil, à l’Argentine et à l’Uruguay. Le conflit dura jusqu’en 1870, et se termina par la mort au combat du président Lopez. Le Paraguay en sortit ruiné, dépeuplé et diminué.

Kadhafi, un cas atypique

La fin de Kadhafi semble un curieux mélange de toutes ces possibilités. Assiégé dans son fief de Syrte, entouré d’un dernier carré de fidèles, il a résisté avec acharnement jusqu’à ce qu’il tente de s’enfuir à bord d’un convoi. Les rebelles étaient en train de lancer leur énième assaut final contre la ville comme le souligne le Telegraph de Londres:

«Il semblerait que des Tornado de la RAF aient été en patrouille au-dessus de Syrte au moment de la tentative d’évasion […]. Kadhafi avait été placé sous surveillance par les forces de l’Otan depuis une semaine, de nouveaux renseignements leur ayant permis de le localiser. Un drone américain et une flottille d’appareils de surveillance de l’Otan se concentraient sur son bastion de Syrte pour veiller à ce qu’il ne puisse s’échapper.»

 Le 20 octobre, vers 8 H 30, la ville étant sur le point de tomber, Kadhafi et son entourage auraient décidé de tenter le tout pour le tout. Leur convoi, repéré par des drones américains et français, aurait été intercepté parce que «les forces de l’ancien dirigeant libyen ont commencé à tirer sur des civils». Jusqu’au bout, il aura fallu accuser Kadhafi d’avoir cherché à massacrer des civils sans défense. Dans une ville en proie aux combats et au désordre, un«convoi de cent véhicules» s’efforce de se faufiler, pendant que le ciel est sillonné de drones et d’appareils de combat. Dans la confusion, bien malin qui sait qui tirait sur qui. Il serait peut-être plus honnête de reconnaître que l’Otan savait que Kadhafi se trouvait à bord du convoi, et qu’il fallait le stopper net pour éviter qu’il ne rejoigne les Touaregs au Sud.

Quoi qu’il en soit, un «drone Predator, décollé de Sicile et piloté par satellite depuis une base près de Las Vegas, a frappé le convoi avec plusieurs missiles antichars Hellfire. Quelques instants plus tard, des avions français, vraisemblablement des Rafales, ont surgi et largué des bombes de 250 kilos […] sur les véhicules».En cela, le sort de Kadhafi rappelle vaguement celui du général paraguayen Lopez, abattu par des forces étrangères (des soldats brésiliens) en 1870. Puis les rebelles ont submergé les vestiges du convoi, et le colonel, semble-t-il blessé, a alors subi le même destin sans gloire que Samuel Doe ou Mohammed Najibullah. Exécuté sans pitié par des soldats rebelles.

«Sic transit», est-on tenté d’ajouter en guise d’épitaphe. Quant à savoir si sa mort signifiera effectivement la fin de la guerre civile en Libye, ce n’était pas le but de notre chronique, mais nous craignons fort que l’actualité ne nous donne l’occasion d’y revenir d’ici peu.

Roman Rijka

 


Le Président

NOTE D’INFORMATION: DU 5 OCTOBRE 2011Une centaine de jeunes étudiants ont manifesté
le 4 octobre
devant la présidence de la République

Hier 4 octobre 2011, manifestation devant la présidence de la République d’une centaines des jeunes étudiants en majorité, ceux qui ont réussi leur licence de la dernière année de l’Université de Djibouti, car le diplôme de la maîtrise et du 3ème cycle n’existe pas à Djibouti et tout le monde n’a pas les moyens (comme la fille d’Ismaël Omar Guelleh) ni des bourses gratuites (comme les enfants des personnalités politiques, administratives ou militaires, bref des personnalités bien placées).

Immédiatement les Forces d’intervention de la Police sont intervenues.

Les étudiants ont tout de suite chanté l’hymne nationale, puis ils ont demandé à la police de les laisser monter dans les camions. Tous en même temps, ils ont crié : « Le dictateur a affamé le peuple et nous préfèront aller en prison car nous n’avons rien à manger à la maison ni à boire avec les pannes d’eau à répétition » 

Huit camions ont embarqués une partie des manifestants vers Nagad. Les autres sont partis à pieds, entourés par les troupes d’intervention armes aux poings. Cela nous rappelle les arrestations par la Gestapo et les soldats SS, qui encadraient les résistants des Forces Françaises Libres, capturés durant la seconde guerre mondiale.

Aujourd’hui 5 octobre 2011, plus d’une centaine d’étudiants manifestent actuellement devant la présidence de la République et d’anciens étudiants toujours au chômage ont rejoint la manifestation en criant : « nous avons faim et nous voulons tout de suite avoir du travail ».

La Police vient juste de tirer des grenades lacrymogènes contre les manifestants pacifiques.

Demain, est-ce que ce sera au tour des parents de manifester ?

Trop de répressions comme à Mogadiscio risquent de nous entraîner dans le cycle infernal «Répressions-Violences ».

Il est temps que nos Forces armées cessent d’apporter un soutien inconditionnel au régime dictatorial qui se considère impuni et qui dévalise, sans vergogne, les Fonds de l’Etat.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) est très préoccupée par la situation explosive qui risque de nous projeter vers le gouffre de l’anarchie comme à Mogadiscio.

NOEL ABDI Jean-Paul 


Le Président

NOTE D’INFORMATION: Les prisonniers politiques et d’opinion
continuent la grève de la faim
et d’autres se joignent à leur protestation

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) a, à plusieurs reprises, par lettre ouverte, saisi l’actuel ministre de la Justice et des Affaires pénitentiaires pour lui exprimer la vive inquiétude des défenseurs des droits de l’Homme sur la situation carcérale en République de Djibouti.

Jusqu’à présent et à notre connaissance le Ministre de la Justice n’a pris aucune décision pour la libération immédiate de tous les détenus politiques, syndicaux ou d’opinion en Détention arbitraire, ou condamnés suite à des procès mascarades sur ordre du Premier Magistrat afin d’entretenir sa politique consistant à régner par la peur et la terreur.

Mais depuis le Coup d’Etat militaro-électoral la mobilisation populaire et la décadence d’un régime moribond encourage la jeunesse djiboutienne à dénoncer les répressions sauvages. Bientôt des plaintes déposées devant les juridictions nationales et internationales contre le régime dictatorial seront une dure réalité pour ceux qui s’estiment protéger par l’impunité.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) lance un Appel pressant à tous les défenseurs des Organisations Internationales, de l’Organisation Mondiale Contre la Torture, et les Médecins Sans Frontières d’envoyer une Mission d’Enquête en République de Djibouti.

NOEL ABDI Jean-Paul

 


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Editions mensueles- septembre 2011

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Editions mensuelles –  Septembre 2011

                                         « La seule vraie politique est la politique du vrai » EDGAR FAURE

 

 Directeur de publication : Mohamed Ali Abdou.   Codirecteur : Mahdi Ibrahim A. God.   Email : realite_djibouti@yahoo.fr


S  o  m  m  a  i  r  e

JE SIGNE la pétition pour la libération des prisonniers politiques de Djibouti

 


15/09/2011 Ottawa: Commémoration des évenements du 27 septembre 1990
13/09/2011 Note d’information de la LDDH: Afflux des réfugiés djiboutiens au Canada
12/09/2011 Corne de l’Afrique : l’Union européenne annonce 100 millions d’euros d’aides supplémentaires
10/09/2011 Le 11 septembre 2001
09/09/2011 Condoléances présentées à Mohamed Chehem pour le décès de sa fille Amina à Bruxelles
11/08/2011 Série d’interviews du président de l’ARD accordée à djiboutii.net
28/07/2011 Lettre ouverte de Jean-Paul Noël Abdi à la communauté djiboutienne du Canada et de remerciements aux organisateurs de son voyage et aux participants qui ont assisté à ses interventions


Ottawa: Commémoration des évenements du 27 septembre 1990

 http://djiboutii.net/wp-content/uploads/2011/09/27-Septembre-19901.jpg Le mardi 27 septembre 2011 prochain marquera le 21ème anniversaire de l’attentat du Café de Paris commis par les services secrets djiboutiens (ou plus exactement, la police politique du régime).Cet acte de barbarie qui a coûté la vie à deux enfants et fait de nombreux blessés avait un objectif et une motivation purement et simplement politiques.

Rappelez-vous, même si ça paraît déjà lointain. Les pays du bloc de l’est commençaient à s’effondrer. Le monde entrait dans une période d’euphorie où le totalitarisme et l’obscurantisme perdaient du terrain face à la démocratie (nous savons depuis, que la nature a repris ses droits!).

Dans ce cadre, le gouvernement de François Mitterrand, imposait des changements politiques et structurels aux pays africains francophones. En d’autres termes, il rendait l’aide “au développement” conditionnelle aux reformes que chaque pays africain de sa zone d’influence mettrait en place, en ce sens. Résultat : l’aide française tarissait et la rue africaine commençait à sortir de sa léthargie.

Chez nous, le gouvernement du parti unique du 4 mars de Hassan Gouled et de ses proches n’a pas apprécié ce qu’il considéraient être la fois comme “une ingratitude” française, «une ingérence» française dans ses affaires d’un état souverain et «un complot gauchisant» français. Ils n’entendaient pas se laisser faire par la “France de gauche”! Il fallait faire quelque chose et vite. Gouled et ses proches décidèrent alors de frapper un grand coup: attenter aux intérêts français et à la vie des ressortissants, à Djibouti même!

Voilà toute la motivation et la raison d’être de cet acte barbare. L’attentat du Café de Paris, c’est ça et rien d’autre. On voulait faire payer les français… Mais ce n’est pas tout. Il fallait faire d’une pierre deux coup. Pour prévenir toute tentative, volonté ou même tout simple désir de changement du système de parti unique par autre chose, il fallait diviser la population et désorienter la rue.

Pour Cela, les «stratèges » du régime ont décidé de désigner d’avance (c’est le terme qu’il faut) un bouc émissaire.La communauté Gadabourci a été choisie d’avance pour jouer le rôle du méchant. Une véritable chasse aux sorcières impliquant l’armée, la police, la gendarmerie et l’infâme SDS a été mis en place dans tout le pays. Entre le 27 septembre 1990 et le début du mois de novembre de 1991, plusieurs milliers de personnes issues de la communauté “gada” ont été séquestrées, emprisonnées sans procès, sauvagement torturées, déportées et certaines assassinées, sans distinction d’âge, de sexe ni de condition de santé physique ou mentale. Les Gadabourci ont tout simplement payé de leur sang les conséquences de ce jeu de poker macabre.

Aujourd’hui, 21 ans après, le problème n’a pas changé d’un iota. Ce régime totalitaire clanique s’en prend aux différentes communautés du pays les unes après les autres. Hier les Gadabourci, aujourd’hui les Afar et certains Issa, demain les Issack et les Arabes… Et tout ça pour s’éterniser au pouvoir.

Nous demandons donc aux djiboutiens de partout, de commémorer ce triste anniversaire, comme ils doivent commémorer tous les autres tristes anniversaires. Nous demandons aussi aux djiboutiens de la région d’Ottawa, aux amis de Djibouti et à toute personne éprise de justice à venir manifester avec nous autour de la célèbre flamme du centenaire de la colline du parlement, le samedi 1er Octobre prochain, entre 11 heures et 13 heures, beau temps, mauvais temps! Il est temps que la barbarie cesse. Il faut envoyer un signal fort pour cela.

En faisant cela, loin de nous le fait d’attiser la haine inter-clanique ou inter-communautaire. Non! Loin de nous, cette idée. Nous pensons que le devoir de souvenir est un devoir citoyen pour rappeler que le totalitarisme et la barbarie doivent cesser et l’état de droit restauré, à Djibouti.

Hassan Aden
(APDDP) Association pour la promotion de la démocratie et du droit de la personne.


Note d’information de la LDDH: Afflux des réfugiés djiboutiens au Canada

 

Le Président

NOTE D’INFORMATION :
DU  12 SEPTEMBRE 2011
Afflux des réfugiés djiboutiens au Canada

 

Après le Coup d’Etat militaro électoral du 8 avril 2011, l’espoir de changement étant devenu totalement bloqué, il ne reste plus aux populations opprimées de Djibouti, soit de se révolter, soit à fuir leur patrie.

Les patriotes Djiboutiens ne voient plus d’alternatives aux sens démocratiques du mot, seul un rapport de force comme en Tunisie et en Egypte s’avère plus que nécessaire en République de Djibouti, avant d’être absorbé soit par l’anarchie soit par la lutte armée comme en Somalie, ce qui n’est pas du tout dans l’intérêt de nos populations, car trop longues et trop sanglantes.

Toutes les Chancelleries de la place gardent un silence mortel pour l’avenir de notre pays :

*  face à la peur et à la terreur qui règne en République de Djibouti ;

*  aux arrestations intempestives et illégales ;

*  aux violations des domiciles par les Forces de Police et de Gendarmerie (avant-hier une femme qui allaitait gentiment son bébé a vu sa porte d’entrée fracassée à coups de pieds et un jeune policier se serait rué vers elle pour la tabasser en fracturant son bras droit, ordre lui fut donné à garder le silence) ;

*  la famine n’a eu droit qu’à des Appels éphémères sans suites réelles et tangibles ;

*  le taux de chômage est à son apogée et unique au monde ;

*  l’inflation dépasse le seuil de 300% en deux ans ;

*  le non paiement des alaires des cheminots, des dockers, des infirmiers et infirmières, -le blocage de la grille des salaires depuis 1986 pour les Fonctionnaires et autres agents contractuels de l’Etat se cumulent et s’aggravent de jour en jour ;

*  les détournements des Fonds Publics et des Biens Sociaux continuent en toute Impunité leur vitesse de croisière ;

*  la Mafia transrégionale se balade sans être inquiétée et sous le regard attentif du PNUD et autres Services aux Compétences Internationales qui sont concernés dans la lutte contre les Crimes Organisés ;

*  la Mal gestion de la Monnaie Djiboutienne par un Gouverneur de la Banque Central connu pour son incapacité à gérer et à  éviter les risques latents de la dévaluation du francs Djibouti ;

*  la situation sociopolitique reste plus que critique et les risques d’explosions sont à nos portes.

L’inconscient et irresponsable Dictateur soutenu par les Forces pré positionnées en République de Djibouti se permet d’acheter un immense avion Cargo d’une valeur de plus de 17 milliards de francs Djibouti soit pratiquement un quart (1/4) du Budget de l’Etat de Djibouti pour une année.

Fait-il concurrence aux grands Chefs d’Etats OBAMA et SARKOSY ?
Ou bien tout simplement pour organiser des Banquets somptueux qui lui permettraient à négocier avec la mafia internationale de la Malaisie, de la Chine etc…

Eh bien oui un vaste repas les pieds en l’air peut faciliter à débloquer des fonds nécessaires.
Voilà la triste réalité que le Peuple Djiboutien affronte, jour et nuit, et oblige un bon nombre de nos enseignants et autres intellectuels à fuir leur propre pays.

NOEL ABDI Jean-Paul

Nota Bene
Les mandataires de la LDDH en Amérique Houssein MOHAMED du Canada,  Houssein J. ANDOLEH et de la presse en Amérique Hassan ADEN se sont rapidement investis et ont la situation des réfugiés/immigrés bien en main. Notre mandataire au Canada Houssein J. ANDOLEH nous tient constamment informé.

 

Corne de l’Afrique : l’Union européenne annonce 100 millions d’euros d’aides supplémentaires

LEMONDE.FR avec AFP | 12.09.11

Près de 13,3 millions de personnes ont désormais besoin d’une aide alimentaire dans la Corne de l’Afrique, touchée par la sécheresse et la famine.

L’Union européenne va renforcer son aide aux régions menacées par la famine, en leur allouant 100 millions d’euros supplémentaires. Les gouvernements des vingt-sept pays de l’UE se sont mis d’accord lundi 12 septembre pour fournir 60 millions d’euros en aide humanitaire et alimentaire à la Corne de l’Afrique (Somalie, Kenya, Ethiopie, Erythrée, Djibouti et Ouganda), et 40 millions d’euros supplémentaires au Soudan et au Soudan du Sud. Une décision prise à l’issue d’une rencontre des ministres des affaires européennes à Bruxelles.

Ces aides viennent en plus des 64 millions d’euros provenant du budget de l’UE alloués à la Corne de l’Afrique et des 27,8 millions restant du Fonds européen de développement. Concernant le Soudan et le Soudan du Sud, 100 millions d’euros d’aides ont déjà été fournis, précise le communiqué diffusé à l’issue de la réunion.

Près de 13,3 millions de personnes ont désormais besoin d’une aide alimentaire dans la Corne de l’Afrique, touchée par la sécheresse et la famine, a annoncé vendredi à Genève l’Office des Nations unies chargé des affaires humanitaires (Cocha). L’estimation précédente évoquait 12,4 millions de personnes touchées.

***

Commentaire de la Rédaction

Notre confrère « Le Monde » nous apprend dans son journal en ligne que l’Union Européenne s’apprête à fournir une aide alimentaire de 100 millions d’euros à la corne de l’Afrique dont Djibouti…

La corne de l’Afrique en a bien besoin ! Pas seulement alimentaire et davantage que cela !

Nous tenons à rappeler que l’Union Européenne avait promis une aide du même montant au lendemain de l’Accord de Paix entre nôtre mouvement armé et l’Etat Djiboutien au sortir d’un long et douloureux conflit dont ni les causes ni les conséquences n’ont été traitées et ce, afin de reconstruire un arrière pays ravagé par la guerre civile. L’Etat Djiboutien a délibérément saboté ce programme de reconstruction et maintient jusqu’à ce jour les trois quarts du territoire national dans un état d’abandon. A cette scandaleuse politique publique vient s’ajouter depuis 2010,  la sécheresse et la famine. Si la sécheresse sévit et est combattue partout dans le monde, la famine elle, est surtout causée par les politiques publiques des pays où elle sévit. Nous ne nous étalerons sur la crise Somalienne que les ingérences Djiboutiennes ont contribué à aggraver…

Nous mettons en garde l’Union européenne : présente à Djibouti, elle sait que l’aide alimentaire qu’elle accorde à nôtre pays est détournée par des charançons en cols blancs, tout comme est détournée l’aide publique au développement de nos partenaires !!!

En la remerciant pour sa générosité, nous l’invitons à faire preuve de vigilance et exiger des prédateurs qui nous gouvernent une traçabilité de ses dons ou aides. L’argent du contribuable européen, surtout par ces temps de crise, n’ayant pas vocation à finir dans les comptes en banques déjà fournis d’insatiables prédateurs !!!!

L’Alliance Républicaine pour le Développement travaille d’arrache-pied sur le terrain pour  dénoncer et mettre un terme  aux agissements irresponsables d’un régime survivant de la mendicité internationale aux dépens de son peuple délibérément maintenu dans la misère.

De telles pratiques ont conduit aux chutes des dictatures d’Egypte et de Tunisie et ne perdureront pas ici.

Ces révolutions envoient un signal fort aux régimes qui vont à contre-courant de l’Histoire !

Malheur au pouvoir autiste qui ne voit pas venir le soulèvement de la vie..

La rédaction


Le 11 septembre 2001

Cet article est paru dans le numéro 52 de « Réalité » du mercredi 21 mai 2003

En guise de contribution de « Réalité » à un évènement qui a changé le monde, voici un article de nôtre journal rédigé dans le feu de l’action et qui à nos yeux, garde toute sa pertinence et  actualité dans un contexte surtout national et régional toujours explosif par la faute de dirigeants ( ici  I.O.G. et consorts) décidemment inamendables et que l’A.R.D. se fera combattre inlassablement…

L’autre terrorisme

Aucun pays nulle part au monde n’est à l’abri des actes d’un fou. Que ce soit à Oklahoma-City ou dans les banlieues de Londres, de Washington D.C (serial killers) ou d’ailleurs, il est difficile de prévenir les actions imprévisibles d’un dément. Sans chercher ici à les définir, il nous semble utile de livrer en quelques mots, notre point de vue sur d’autres terrorismes, ceux dont des régimes politiques sont responsables.


New York, 11 Septembre 2001 : 3000 morts au bas mot.

Ryad (Arabie Saoudite) : 2003, 50 morts.

Moscou, 2002 : une centaine de morts.

Grozny, 2003 : une centaine de morts.

Gaza, Jérusalem, Tel Aviv 1999 : chiffres fiables non disponibles.

Casablanca, 2003 : une cinquantaine de morts.

Ce terrorisme-là, ce ne sont pas les actes de fous. Il s’agit d’actions d’un groupe d’individus qui tue consciemment, sciemment, sans discernement. C’est une réponse inadéquate à un problème réel. Parce qu’il tue des innocents, il doit être combattu.

Sur les ondes de la B.B.C et de R.F.I, ainsi que dans « La Nation », le Ministre de l’Intérieur s’est longuement exprimé sur ce sujet. Selon des sources autorisées mais non citées, notre région présenterait des risques potentiels. Une réunion spéciale consacrée au renforcement de la lutte contre le Terrorisme s’est tenue la semaine dernière à Djibouti. Un comité national, placé sous la responsabilité du ministère de la Justice, est même chargé depuis deux ans de cette lutte difficile. Les FAD, la F.N.P et la Gendarmerie sont tous mobilisés à cet effet. Stages de formation, séminaires, cellules interministérielles sont organisés au bénéfice des moins aptes et au frais de la coopération.

Tout ceci précisé, le Ministre de l’Intérieur n’a pas tort de mobiliser son ministère et sensibiliser l’opinion publique nationale sur ce sujet d’une extrême gravité pour la stabilité politique de la région et singulièrement de notre minuscule et fragile pays aux frontières poreuses et à l’attrait certain.

Nous sommes quant à nous, de ceux qui pensent que ( plus dans ce domaine que dans d’autres), « il vaut mieux prévenir que guérir ». Ce terrorisme-là est né et se nourrit de l’injustice. Appelons Orwell à la rescousse pour appuyer notre argumentation : « Que la moindre dégradation de l’Homme, infligée au moindre des hommes à des milliers de kilomètres, rejaillit sur notre vie intime en blessant notre humanité profonde. Accepter la servitude intérieure revient à entériner, et souvent à entraîner, l’esclavage d’autrui. A travers chaque cas particulier se joue l’avenir de tous. La défense de soi est indissociable de la défense de l’humanité en soi. La reconquête de l’homme est à refaire chaque matin… sur soi-même. »

Voilà ce que nous dit l’illustre écrivain britannique dans son «1984».

Vous aurez tous compris que ce qui nous préoccupe au plus haut point à Djibouti, c’est le comportement répressif et irresponsable de nos dirigeants. Au sortir d’un douloureux et ruineux conflit armé, les Djiboutiens paupérisés et meurtris, excepté un petit clan, avaient espéré des lendemains qui chantent suite à l’Accord de Paix du 12 mai 2001.

Bien qu’ayant déchanté (en sanctionnant les députés sortants le 10 janvier 2003) ils ont raison de continuer à placer en nous l’espoir de lendemains meilleurs.

C’est un bon placement car, qu’il soit bien compris que ce terrorisme-là, nous le combattrons autant que faire se peut, avec discernement, pacifiquement, inlassablement. Ces irresponsables qui nous gouvernent, parce qu’ils s’imaginent à tort être les plus forts, les plus rusés, sont en train de mener notre pays et la région vers l’indescriptible chaos que vit aujourd’hui la Somalie (pas le Somaliland). Dans ce chaos, tout le monde sera perdant.

Ces quelques lignes s’adressent principalement à tous nos partenaires politiques et économiques, car tout comme nous, eux aussi seront perdants, ne serait-ce que parce que les contribuables Américains et Européens ne souhaitent pas voir leur argent dilapidé par les choix politiques imprudents de leurs représentants.

Notre Peuple se refuse quant à lui à être le perdant collatéral d’une coopération bilatérale ou multilatérale qui serait préjudiciable à ses intérêts.

 

Condoléances présentées à Mohamed Chehem pour le décès de sa fille Amina à Bruxelles

C’est avec une grande tristesse que nous avons appris la mort de Mademoiselle Amina Mohamed Chehem survenue ce vendredi 9 septembre 2011 vers 4 heures à l’hôpital Saint-Pierre de Bruxelles.

Amina Mohamed Chehem avait 25 ans, elle préparait la quatrième année des études de médecine à l’Université de Cotonou au Benin.

En soin à l’hôpital Saint-Pierre de Bruxelles depuis juin 2011 depuis la révélation d’une tumeur cancéreuse, Amina était la fille de Mohamed Chehem, sage Djiboutien apprécié de tous.

Les remerciements les plus sincères s’adressent aux Djiboutiennes et aux Djiboutiens de Bruxelles qui ont accueilli et entouré Amina d’une présence affectueuse jusqu’à son dernier souffle.

Ina lillahii wa innaa ilayhi rajiuun


Série d’interviews du président de l’ARD accordée à djiboutii.net

Une série d’interviews a été accordée le 9 août 2011 par le Président de l’Alliance républicaine pour le développement (ARD) Ahmed Youssouf Houmed à djiboutii.net en français, somali, afar et arabe.

Consultez les enregistrements complets en somali (lien 1), français (lien 2), afar (lien 3) et arabe (lien 4) en cliquant sur les liens.

Interview en somali : Waxaan waraysi la yeelanay mudane Axmed Yuusuf Xumed oo ah guddoomiyaha xusbiga la yidhaado ARD ama Alliance Républicaine pour le Développement (Isbaahaysiga Jamhuuriga ah ee Horow-marka) :lien 1.

Interview en français : Nous avons eu le rare privilège d’interviewer par téléphone M. Ahmed Youssouf Houmed, président de l’A.R.D. : lien 2.

Interview en afar : M. Youssouf qui parle couramment toutes les langues nationales du pays (afar, arabe, somali) a donné ici le résumé de l’interview dans la langue afar : lien 3.

Interview en arabe : le résumé de l’interview dans la langue arabe : lien 4.

Bonne lecture.


Lettre ouverte de Jean-Paul Noël Abdi à la communauté djiboutienne du Canada et de remerciements aux organisateurs de son voyage et aux participants qui ont assisté à ses interventions

 

Le Président

LETTRE OUVERTE DU 27 JUILLET 2011

A NOS FRERES ET SŒURS DE DJIBOUTI A MOGASISCIO, D’ADDIS ABEBA A ASMARA. DE SANAA A NAIROBI ET A NOS AMIS D’OTTAWA ET DU MONDE ENTIER.

Lettre ouverte de Jean-Paul Noël Abdi à la communauté djiboutienne du Canada et de remerciements aux organisateurs de son voyage et aux participants qui ont assisté à ses interventions.

LETTRE OUVERTE DU 27 JUILLET 2011

Le 25 juillet 2011, j’ai quitté et décollé d’Ottawa la capitale des résistants Djiboutiens contre l’Equipe dictatoriale du sanguinaire et son équipe des mafieux transrégionaux, encore au pouvoir dans notre pays la République de Djibouti.

J’ai quitté et décollé d’Ottawa avec la pluie et le vent en poupe, dans un gros avion de la Transat.

Vraiment je suis encore heureux, car à mon départ le 19 juillet de la France j’avais été accompagné par mon fils sous un pluie battante.

Cette brève lettre se résume en un seul mot, en un seul slogan :

Merci à vous tous pour votre chaleureux accueil, merci pour toutes vos visites et pour tous vos conseils. Ce merci du plus profond de mon cœur s’adresse directement à tous nos résidents Djiboutiens, à vous tous les résidents somalis du port de Zeila à Kismayo, à tous les résidents d’Ogaden ou plus exactement de la Somalie occidentale, à tous les résidents Afar et Oromo encore sous colonisation Ethiopienne, car vous mes chers compatriotes, vous avez, durant mon séjour à Ottawa, éclairé ma chandelle et à mon âge c’est vraiment important, c’est formidable.

Merci à tous nos amis Canadiens toujours et toujours à nos côtés afin de nos débarrasser de ce régime atroce, régime mafieux toujours imposé par les Forces étrangères pré-positionnées.

Avec le Comité Djiboutien d’Ottawa notre rapport final sera publié avant mon départ à Djibouti en pleine période du mois Béni du Ramadan

NOEL ABDI Jean-Paul 



*  *  *

Dernières éditions

Editions mensuelles- Août 2011

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Editions mensuelles – Août 2011

                                               « La seule vraie politique est la politique du vrai » EDGAR FAURE

 

 Directeur de publication : Mohamed Ali Abdou.   Codirecteur : Mahdi Ibrahim A. God.   Email : realite_djibouti@yahoo.fr


S  o  m  m  a  i  r  e

JE SIGNE la pétition pour la libération des prisonniers politiques de Djibouti

 


11/08/2011 Série d’interviews du président de l’ARD accordée à djiboutii.net
28/07/2011 Lettre ouverte de Jean-Paul Noël Abdi à la communauté djiboutienne du Canada et de remerciements aux organisateurs de son voyage et aux participants qui ont assisté à ses interventions

Série d’interviews du président de l’ARD accordée à djiboutii.net

Une série d’interviews a été accordée le 9 août 2011 par le Président de l’Alliance républicaine pour le développement (ARD) Ahmed Youssouf Houmed à djiboutii.net en français, somali, afar et arabe.

Consultez les enregistrements complets en somali (lien 1), français (lien 2), afar (lien 3) et arabe (lien 4) en cliquant sur les liens.

Interview en somali : Waxaan waraysi la yeelanay mudane Axmed Yuusuf Xumed oo ah guddoomiyaha xusbiga la yidhaado ARD ama Alliance Républicaine pour le Développement (Isbaahaysiga Jamhuuriga ah ee Horow-marka) :lien 1.

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Interview en afar : M. Youssouf qui parle couramment toutes les langues nationales du pays (afar, arabe, somali) a donné ici le résumé de l’interview dans la langue afar : lien 3.

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Bonne lecture.

 

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Le Président

LETTRE OUVERTE DU 27 JUILLET 2011

A NOS FRERES ET SŒURS DE DJIBOUTI A MOGASISCIO, D’ADDIS ABEBA A ASMARA. DE SANAA A NAIROBI ET A NOS AMIS D’OTTAWA ET DU MONDE ENTIER.

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LETTRE OUVERTE DU 27 JUILLET 2011

Le 25 juillet 2011, j’ai quitté et décollé d’Ottawa la capitale des résistants Djiboutiens contre l’Equipe dictatoriale du sanguinaire et son équipe des mafieux transrégionaux, encore au pouvoir dans notre pays la République de Djibouti.

J’ai quitté et décollé d’Ottawa avec la pluie et le vent en poupe, dans un gros avion de la Transat.

Vraiment je suis encore heureux, car à mon départ le 19 juillet de la France j’avais été accompagné par mon fils sous un pluie battante.

Cette brève lettre se résume en un seul mot, en un seul slogan :

Merci à vous tous pour votre chaleureux accueil, merci pour toutes vos visites et pour tous vos conseils. Ce merci du plus profond de mon cœur s’adresse directement à tous nos résidents Djiboutiens, à vous tous les résidents somalis du port de Zeila à Kismayo, à tous les résidents d’Ogaden ou plus exactement de la Somalie occidentale, à tous les résidents Afar et Oromo encore sous colonisation Ethiopienne, car vous mes chers compatriotes, vous avez, durant mon séjour à Ottawa, éclairé ma chandelle et à mon âge c’est vraiment important, c’est formidable.

Merci à tous nos amis Canadiens toujours et toujours à nos côtés afin de nos débarrasser de ce régime atroce, régime mafieux toujours imposé par les Forces étrangères pré-positionnées.

Avec le Comité Djiboutien d’Ottawa notre rapport final sera publié avant mon départ à Djibouti en pleine période du mois Béni du Ramadan

NOEL ABDI Jean-Paul 



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 Directeur de publication : Mohamed Ali Abdou.   Codirecteur : Mahdi Ibrahim A. God.   Email : realite_djibouti@yahoo.fr


S  o  m  m  a  i  r  e

JE SIGNE la pétition pour la libération des prisonniers politiques de Djibouti

 


20/06/2011 Rapport de la Conférence internationale du travail concernant Djibouti

Rapport de la Conférence internationale du travail concernant Djibouti

Conférence internationale du Travail

Compte rendu provisoire 5D

100e session, Genève, juin 2011

 

Troisième rapport de la Commission de vérification des pouvoirs

 

Djibouti

 

6. La Conférence, à sa 99e session (2010), a décidé de renouveler et de renforcer les mesures de suivi concernant Djibouti (Compte rendu provisoire no 19, 2010) et a ainsi demandé au gouvernement de:

 

a) soumettre au Directeur général du Bureau international du Travail, à la fin de l’année 2010 au plus tard, un rapport détaillé sur les progrès accomplis à Djibouti en ce qui concerne l’établissement de critères permettant la représentation indépendante des travailleurs du pays et les actions entreprises de manière concrète pour parvenir à un

règlement définitif du problème;

 

et b) soumettre à la présente session de la Conférence, en même temps qu’il déposera les pouvoirs de la délégation de Djibouti, un rapport détaillé étayé de documents pertinents sur la procédure suivie pour désigner le délégué et les conseillers techniques des travailleurs, en précisant les organisations qui ont été consultées à ce sujet et selon quels critères, le pourcentage de la main-d’œuvre que les organisations consultées représentent, la date et le lieu de ces consultations et le nom des personnes désignées par les organisations au cours des consultations ainsi que la fonction qu’elles exercent dans ces organisations. Cette demande a été faite sur la base d’une proposition de la Commission de vérification des pouvoirs qui, à l’unanimité, a estimé que la procédure relative à la composition de la délégation des travailleurs de Djibouti à la Conférence devait faire l’objet d’un nouveau suivi en vertu des dispositions de l’article 26bis, paragraphe 7, du Règlement de la Conférence.

 

7. Le gouvernement n’a pas présenté les rapports demandés par la Conférence.

 

8. Des éclaircissements sollicités par la commission ont été fournis oralement au nom du gouvernement par M. Mohamed Siad Doualeh, Ambassadeur, Représentant permanent et délégué gouvernemental à la Conférence. Il était accompagné de M. Djama Mahamoud Ali, conseiller auprès de la Mission permanente à Genève et conseiller technique à la Conférence. Le représentant permanent a précisé qu’en l’absence de certains membres de la délégation gouvernementale attendue à Genève pour la semaine suivante, il ne pouvait que se limiter à des remarques préliminaires. Il a présenté les excuses du gouvernement pour n’avoir pas fourni les rapports demandés et tenu à rassurer les membres de la commission sur le sérieux avec lequel le gouvernement entendait remplir ses engagements, ce dernier se disant scrupuleusement attaché au respect des recommandations de la mission de contacts directs de 2008.

 

9. Notant que le gouvernement a manqué, une fois de plus, à son obligation de fournir des rapports, la commission déplore son manque de coopération, d’autant plus que, cette année encore, la désignation de la délégation des travailleurs à la Conférence fait l’objet d’une protestation sur le même sujet (voir paragr. 30 à 41). En outre, la seconde audition du gouvernement dans le cadre de la protestation (paragr. 32) ne permet pas de conforter la commission dans le sens que le gouvernement serait prêt à remplir ses obligations.

 

10. Compte tenu de l’examen de la protestation, la commission considère que la situation justifie de renouveler le suivi décidé par la Conférence, dans les mêmes termes qu’à sa dernière session (voir paragr. 41).

 

Protestation concernant la désignation de la délégation des travailleurs de Djibouti

 

30. La commission a été saisie d’une protestation concernant la désignation de la délégation des travailleurs de Djibouti, présentée par MM. Adan Mohamed Abdou, secrétaire général de l’Union djiboutienne du travail (UDT), et Kamil Diraneh Hared, secrétaire général de l’Union générale des travailleurs djiboutiens (UGTD). Les auteurs de la protestation, qui estiment que l’UDT constitue l’organisation la plus représentative de travailleurs du pays, allèguent que le gouvernement a, une fois de plus, refusé de tenir compte de la liste des représentants désignés par leurs organisations respectives en vue de leur participation à la présente session de la Conférence. Selon eux, le gouvernement usurpe le nom de l’UGTD et continue à faire fi de ses engagements pris devant la commission. Se référant à la déclaration du gouvernement adressée à la Commission de vérification des pouvoirs lors de sa 99e session (2010), à propos des élections syndicales de l’UGTD prévues en août 2010 en collaboration avec la Fédération syndicale mondiale (FSM) et la Confédération internationale des syndicats arabes (CISA), les auteurs de la protestation demandent que des informations soient fournies à cet égard par la FSM, comme par le Bureau des activités pour les travailleurs (ACTRAV). Ils demandent à la commission de prendre une décision effective et définitive à l’égard de la délégation de Djibouti. Dans des documents portés tardivement à la connaissance de la commission, l’organisation protestataire fait état d’un procès verbal non signé indiquant que les affiliés de l’UDT ont tenu leur congrès, dans la crainte et la discrétion, au siège de l’UDT, les 17 et 18 janvier 2010.

 

31. Dans une communication écrite adressée à la commission en réponse à sa demande, le gouvernement indique que l’UGTD a organisé son congrès ordinaire les 8 et 9 août 2010 à Djibouti. La tenue de ce congrès a été marquée par la présence d’observateurs nationaux et internationaux. Il souligne que l’UGTD est affiliée à la FSM et que le secrétaire général adjoint de la FSM, M. Adib Miro, a assisté personnellement au congrès. Pour le gouvernement, l’UGTD devient la seule centrale syndicale ayant une représentation légitime. S’agissant de la désignation des représentants des travailleurs à la Conférence, le gouvernement indique avoir saisi par écrit l’UGTD et l’UDT en leur demandant de désigner leurs représentants par courrier daté du 3 mai 2011. L’UGTD a désigné MM. Abdo Dikieh Dirieh et Hassan Ali Doualeh, respectivement secrétaire général et premier secrétaire général adjoint de l’organisation. Quant à l’UDT, le gouvernement indique avoir reçu trois réponses distinctes portant sur la désignation des délégués. M. Mohamed Youssouf et M. Ahmed Djama Egueh ont demandé par courriers séparés à être inclus dans la délégation. M. Mohamed Abdou a quant à lui adressé une liste comprenant un délégué (lui-même) et quatre conseillers techniques, dont trois de l’UDT (M. Hassan Cher Hared, également délégué suppléant; M. Farah Abdillahi Miguil; M. Souleiman Ahmed Mohamed) et M. Kamil Diraneh Hared, secrétaire général de l’UGTD. Il est indiqué que le directeur du travail et des relations avec les partenaires sociaux, en sa qualité de secrétaire de la Commission permanente du Conseil national du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle a adressé un courrier au président de l’UDT, le 25 juillet 2010, l’invitant à prendre des mesures pour déterminer la représentativité de l’organisation. Le gouvernement précise que la lettre est restée sans réponse et que l’UDT n’a toujours pas organisé son congrès. Selon le gouvernement, M. Kamil Diraneh Hared, co-signataire de la protestation, a été officiellement invité à participer au congrès de l’UGTD, mais il ne l’a pas fait. D’après le gouvernement, les auteurs de la protestation ne disposeraient d’aucun mandat syndical, comme les autres représentants des travailleurs proposés par MM. Mohamed Abdou et Kamil Diraneh Hared. Il n’existerait pas non plus d’intersyndicale UDT-UGTD.

 

32. La commission a entendu, au nom du gouvernement, M. Hassan Houmed Ibrahim, directeur de l’emploi et des relations avec les partenaires sociaux et délégué gouvernemental à la Conférence. Il était accompagné de deux conseillers techniques, Mme Koina Omar Dahelo, inspectrice du travail et des lois sociales, et M. Djama Mahamoud Ali, conseiller auprès de la Mission permanente à Genève. Tout en déclarant ne pas être au courant des conclusions formulées l’an dernier par la Commission de vérification des pouvoirs, il a souligné que le gouvernement s’était borné à saisir l’UGTD et l’UDT en leur demandant de désigner leurs représentants; le fait que les lettres sont adressées au président pour une centrale syndicale (UDT) et au secrétaire général pour l’autre (UGTD) relèverait de la structure interne des organisations concernées qui désignent elles-mêmes les destinataires des communications du gouvernement. Il a confirmé que, dans la mesure où l’UDT n’avait pas tenu de congrès, bien qu’il l’ait invitée à le faire, et que le gouvernement était en présence de trois réponses différentes de la part de l’UDT, le délégué et son conseiller technique ont été désignés dans les rangs de l’UGTD, seule centrale ayant une existence légale aux yeux du gouvernement. En ne nommant pas de représentants issus de l’UDT, il entend ainsi ne pas s’immiscer dans un problème de dissensions internes au sein de l’UDT. Selon lui, M. Abdou est secrétaire général d’un parti politique, ce qui serait incompatible avec l’exercice d’un mandat syndical.

 

33. Mme Osiris Oviedo de la Torre, secrétaire générale adjointe de la FSM, a fourni des éclaircissements à la demande de la commission. Elle a confirmé la tenue du congrès de l’UGTD les 8 et 9 août 2010 à Djibouti. Elle a présenté une déclaration de la FSM datée du 7 juin 2011 confirmant la légitimité de l’élection de MM. Abdo Dikieh Dirieh et Hassan Ali Doualeh à la tête de l’UGTD, pour la période 2010-2013. La FSM, représentée lors du congrès par M. Adib Miro, secrétaire général adjoint, atteste de la régularité de la procédure électorale et des actes adoptés lors du congrès.

 

34. La commission prend note de la déclaration de la FSM concernant la tenue du congrès de l’UGTD et de l’élection de ses dirigeants pour la période 2010-2013. Elle note que MM. Abdo Dikieh Dirieh et Hassan Ali Doualeh ont été respectivement élus secrétaire général et premier secrétaire général adjoint. Elle relève néanmoins que la protestation dont elle est saisie est co-signée par M. Kamil Diraneh Hared, en tant que secrétaire général de l’UGTD. Elle note que trois membres de l’UDT figurent sur la liste des représentants de la CSI à la présente session de la Conférence.

 

35. La commission exprime sa profonde préoccupation devant l’absence de progrès sur plusieurs points, ce qui ne permet pas de lever le doute sur la situation du mouvement syndical djiboutien. La commission regrette profondément l’absence d’engagement du gouvernement vis-à-vis du respect des procédures devant la commission, et plus généralement vis-à-vis de ses obligations en tant que membre de l’Organisation internationale du Travail.

 

36. La commission déplore que le gouvernement ne soumette pas les rapports qui lui sont demandés (voir paragr. 7). L’absence de coopération a pour effet de jeter le doute sur la volonté du gouvernement de mettre un terme aux problèmes récurrents soulevés à chaque session de la Conférence. Le doute est d’autant plus grand au regard de l’absence de coopération du gouvernement, en dépit d’un appel pressant, dans un cas en instance devant le Comité de la liberté syndicale qui concerne des allégations de violations graves de la liberté syndicale à l’encontre de l’UDT et de ses dirigeants (cas no 2753, 359e rapport). La commission note que dans ce cas le comité a exprimé dans les termes les plus forts son attente de voir le gouvernement prendre sans délai des mesures concrètes pour améliorer la situation.

 

37. Les auditions du gouvernement par la commission ne permettent pas non plus de lever les incertitudes qui pèsent notamment sur la situation de l’UDT. Le fait que l’UDT n’ait pu tenir son congrès, pour des raisons qui demeurent obscures, ne saurait préjuger de sa légitimité en tant qu’organisation syndicale. De même, le fait que M. Abdou soit dirigeant d’un parti politique ne l’empêche pas a priori d’exercer un mandat syndical (Compte rendu provisoire no 17, 2001). La commission rappelle qu’il ressort des éléments d’information à sa disposition, notamment des recommandations des organes de contrôle de l’OIT depuis une décennie, des rapports des missions de contacts directs qui se sont rendues à Djibouti, et d’autres sources concordantes, que l’existence de l’UDT, dirigée par M. Abdou, dans le mouvement syndical de Djibouti, est une réalité (voir Compte rendu provisoire no 4C, 2009).

 

38. La commission considère, une fois de plus, que la protestation soulève des questions qui vont au-delà de celles qui concernent exclusivement la désignation de la délégation des travailleurs à la Conférence et, partant, qui échappent au mandat de la commission. La commission attire l’attention des organisations protestataires sur l’intérêt qui est le leur de présenter des allégations précises, étayées de documents pertinents, en lien avec la compétence de la Commission de vérification des pouvoirs.

 

39. Prenant note des élections qui se sont tenues au sein de l’UGTD, la commission veut croire que les mesures nécessaires seront prises pour clarifier rapidement l’ensemble du paysage syndical à Djibouti. La commission exhorte le gouvernement à prendre les mesures qui s’imposent pour que l’UDT puisse tenir son congrès, en toute indépendance. Elle veut croire qu’un tel congrès permettra aux travailleurs de désigner leurs représentants en toute liberté, sans intervention des autorités publiques, que ce soit dans la détermination des conditions d’éligibilité des dirigeants ou dans le déroulement des élections elles-mêmes.

 

40. Dans un cadre qui respecte pleinement la capacité d’agir des organisations de travailleurs, le gouvernement sera ainsi en mesure de déterminer avec ces dernières des critères objectifs et transparents aux fins de la désignation des représentants des travailleurs à la Conférence internationale du Travail (cf. cas no 2450, 359e rapport du Comité de la liberté syndicale). Se référant aux recommandations du comité dans ce cas, la commission prie le gouvernement d’accepter une mission tripartite.

 

41. A la lumière de ce qui précède, la commission considère que la situation justifie de renouveler le suivi décidé par la Conférence à sa dernière session, c’est-à-dire un suivi renforcé. En vertu des dispositions des articles 26quater et 26bis, paragraphe 7, du Règlement de la Conférence, la commission propose à l’unanimité à la Conférence de demander au gouvernement de Djibouti de:

 

a) soumettre au Directeur général du Bureau international du Travail, d’ici à la fin de l’année 2011, un rapport détaillé sur les progrès accomplis à Djibouti en ce qui concerne l’établissement de critères permettant la représentation indépendante des travailleurs du pays et les actions entreprises de manière concrète pour parvenir à un règlement définitif du problème; et

 

b) soumettre à la prochaine session de la Conférence, en même temps qu’il déposera les pouvoirs de la délégation de Djibouti, un rapport détaillé étayé de documents pertinents sur la procédure suivie pour désigner le délégué et les conseillers techniques des travailleurs, en précisant les organisations qui ont été consultées à ce sujet et selon quels critères, le pourcentage de la main-d’œuvre que les organisations consultées représentent, la date et le lieu de ces consultations, et le nom des personnes désignées par les organisations au cours des consultations ainsi que la fonction qu’elles exercent dans ces organisations.



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Dernières éditions

Editions mensuelles- juin 2011

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Editions mensuelles – Juin 2011

                      « La seule vraie politique est la politique du vrai » EDGAR FAURE

 

 Directeur de publication : Mohamed Ali Abdou.   Codirecteur : Mahdi Ibrahim A. God.   Email : realite_djibouti@yahoo.fr


S  o  m  m  a  i  r  e

JE SIGNE la pétition pour la libération des prisonniers politiques de Djibouti

 


20/06/2011 Rapport de la Conférence internationale du travail concernant Djibouti
12/06/2011 Rapport de la LDDH à l’attention de Madame Kadija Abeba, président de la Cour Suprême de la république de Djibouti et aux organisations internationales et régionales de défense des droits de l’homme
07/06/2011 LDDH : École de la Police de Nagad ou École de la Torture ?
04/06/2011 Djibouti, Notre petite dictature
03/06/2011 Communiqué de la LDDH du 2 juin 2011 : le dictature Ismaël Omar Guelleh s’acharne contre le défenseur Farah Abadid Hildid et cinq autres prisonniers politiques et d’opinion
02/06/2011 Rapport de la LDDH du 1er juin 2011 à l’attention de l’OMCT
14/05/2011 Compte rendu de la réunion de concertation de l’ARD le 13 mai 2011 à Balbala

Rapport de la Conférence internationale du travail concernant Djibouti

Conférence internationale du Travail

Compte rendu provisoire 5D

100e session, Genève, juin 2011

 

Troisième rapport de la Commission de vérification des pouvoirs

 

Djibouti

 

6. La Conférence, à sa 99e session (2010), a décidé de renouveler et de renforcer les mesures de suivi concernant Djibouti (Compte rendu provisoire no 19, 2010) et a ainsi demandé au gouvernement de:

 

a) soumettre au Directeur général du Bureau international du Travail, à la fin de l’année 2010 au plus tard, un rapport détaillé sur les progrès accomplis à Djibouti en ce qui concerne l’établissement de critères permettant la représentation indépendante des travailleurs du pays et les actions entreprises de manière concrète pour parvenir à un

règlement définitif du problème;

 

et b) soumettre à la présente session de la Conférence, en même temps qu’il déposera les pouvoirs de la délégation de Djibouti, un rapport détaillé étayé de documents pertinents sur la procédure suivie pour désigner le délégué et les conseillers techniques des travailleurs, en précisant les organisations qui ont été consultées à ce sujet et selon quels critères, le pourcentage de la main-d’œuvre que les organisations consultées représentent, la date et le lieu de ces consultations et le nom des personnes désignées par les organisations au cours des consultations ainsi que la fonction qu’elles exercent dans ces organisations. Cette demande a été faite sur la base d’une proposition de la Commission de vérification des pouvoirs qui, à l’unanimité, a estimé que la procédure relative à la composition de la délégation des travailleurs de Djibouti à la Conférence devait faire l’objet d’un nouveau suivi en vertu des dispositions de l’article 26bis, paragraphe 7, du Règlement de la Conférence.

 

7. Le gouvernement n’a pas présenté les rapports demandés par la Conférence.

 

8. Des éclaircissements sollicités par la commission ont été fournis oralement au nom du gouvernement par M. Mohamed Siad Doualeh, Ambassadeur, Représentant permanent et délégué gouvernemental à la Conférence. Il était accompagné de M. Djama Mahamoud Ali, conseiller auprès de la Mission permanente à Genève et conseiller technique à la Conférence. Le représentant permanent a précisé qu’en l’absence de certains membres de la délégation gouvernementale attendue à Genève pour la semaine suivante, il ne pouvait que se limiter à des remarques préliminaires. Il a présenté les excuses du gouvernement pour n’avoir pas fourni les rapports demandés et tenu à rassurer les membres de la commission sur le sérieux avec lequel le gouvernement entendait remplir ses engagements, ce dernier se disant scrupuleusement attaché au respect des recommandations de la mission de contacts directs de 2008.

 

9. Notant que le gouvernement a manqué, une fois de plus, à son obligation de fournir des rapports, la commission déplore son manque de coopération, d’autant plus que, cette année encore, la désignation de la délégation des travailleurs à la Conférence fait l’objet d’une protestation sur le même sujet (voir paragr. 30 à 41). En outre, la seconde audition du gouvernement dans le cadre de la protestation (paragr. 32) ne permet pas de conforter la commission dans le sens que le gouvernement serait prêt à remplir ses obligations.

 

10. Compte tenu de l’examen de la protestation, la commission considère que la situation justifie de renouveler le suivi décidé par la Conférence, dans les mêmes termes qu’à sa dernière session (voir paragr. 41).

 

Protestation concernant la désignation de la délégation des travailleurs de Djibouti

 

30. La commission a été saisie d’une protestation concernant la désignation de la délégation des travailleurs de Djibouti, présentée par MM. Adan Mohamed Abdou, secrétaire général de l’Union djiboutienne du travail (UDT), et Kamil Diraneh Hared, secrétaire général de l’Union générale des travailleurs djiboutiens (UGTD). Les auteurs de la protestation, qui estiment que l’UDT constitue l’organisation la plus représentative de travailleurs du pays, allèguent que le gouvernement a, une fois de plus, refusé de tenir compte de la liste des représentants désignés par leurs organisations respectives en vue de leur participation à la présente session de la Conférence. Selon eux, le gouvernement usurpe le nom de l’UGTD et continue à faire fi de ses engagements pris devant la commission. Se référant à la déclaration du gouvernement adressée à la Commission de vérification des pouvoirs lors de sa 99e session (2010), à propos des élections syndicales de l’UGTD prévues en août 2010 en collaboration avec la Fédération syndicale mondiale (FSM) et la Confédération internationale des syndicats arabes (CISA), les auteurs de la protestation demandent que des informations soient fournies à cet égard par la FSM, comme par le Bureau des activités pour les travailleurs (ACTRAV). Ils demandent à la commission de prendre une décision effective et définitive à l’égard de la délégation de Djibouti. Dans des documents portés tardivement à la connaissance de la commission, l’organisation protestataire fait état d’un procès verbal non signé indiquant que les affiliés de l’UDT ont tenu leur congrès, dans la crainte et la discrétion, au siège de l’UDT, les 17 et 18 janvier 2010.

 

31. Dans une communication écrite adressée à la commission en réponse à sa demande, le gouvernement indique que l’UGTD a organisé son congrès ordinaire les 8 et 9 août 2010 à Djibouti. La tenue de ce congrès a été marquée par la présence d’observateurs nationaux et internationaux. Il souligne que l’UGTD est affiliée à la FSM et que le secrétaire général adjoint de la FSM, M. Adib Miro, a assisté personnellement au congrès. Pour le gouvernement, l’UGTD devient la seule centrale syndicale ayant une représentation légitime. S’agissant de la désignation des représentants des travailleurs à la Conférence, le gouvernement indique avoir saisi par écrit l’UGTD et l’UDT en leur demandant de désigner leurs représentants par courrier daté du 3 mai 2011. L’UGTD a désigné MM. Abdo Dikieh Dirieh et Hassan Ali Doualeh, respectivement secrétaire général et premier secrétaire général adjoint de l’organisation. Quant à l’UDT, le gouvernement indique avoir reçu trois réponses distinctes portant sur la désignation des délégués. M. Mohamed Youssouf et M. Ahmed Djama Egueh ont demandé par courriers séparés à être inclus dans la délégation. M. Mohamed Abdou a quant à lui adressé une liste comprenant un délégué (lui-même) et quatre conseillers techniques, dont trois de l’UDT (M. Hassan Cher Hared, également délégué suppléant; M. Farah Abdillahi Miguil; M. Souleiman Ahmed Mohamed) et M. Kamil Diraneh Hared, secrétaire général de l’UGTD. Il est indiqué que le directeur du travail et des relations avec les partenaires sociaux, en sa qualité de secrétaire de la Commission permanente du Conseil national du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle a adressé un courrier au président de l’UDT, le 25 juillet 2010, l’invitant à prendre des mesures pour déterminer la représentativité de l’organisation. Le gouvernement précise que la lettre est restée sans réponse et que l’UDT n’a toujours pas organisé son congrès. Selon le gouvernement, M. Kamil Diraneh Hared, co-signataire de la protestation, a été officiellement invité à participer au congrès de l’UGTD, mais il ne l’a pas fait. D’après le gouvernement, les auteurs de la protestation ne disposeraient d’aucun mandat syndical, comme les autres représentants des travailleurs proposés par MM. Mohamed Abdou et Kamil Diraneh Hared. Il n’existerait pas non plus d’intersyndicale UDT-UGTD.

 

32. La commission a entendu, au nom du gouvernement, M. Hassan Houmed Ibrahim, directeur de l’emploi et des relations avec les partenaires sociaux et délégué gouvernemental à la Conférence. Il était accompagné de deux conseillers techniques, Mme Koina Omar Dahelo, inspectrice du travail et des lois sociales, et M. Djama Mahamoud Ali, conseiller auprès de la Mission permanente à Genève. Tout en déclarant ne pas être au courant des conclusions formulées l’an dernier par la Commission de vérification des pouvoirs, il a souligné que le gouvernement s’était borné à saisir l’UGTD et l’UDT en leur demandant de désigner leurs représentants; le fait que les lettres sont adressées au président pour une centrale syndicale (UDT) et au secrétaire général pour l’autre (UGTD) relèverait de la structure interne des organisations concernées qui désignent elles-mêmes les destinataires des communications du gouvernement. Il a confirmé que, dans la mesure où l’UDT n’avait pas tenu de congrès, bien qu’il l’ait invitée à le faire, et que le gouvernement était en présence de trois réponses différentes de la part de l’UDT, le délégué et son conseiller technique ont été désignés dans les rangs de l’UGTD, seule centrale ayant une existence légale aux yeux du gouvernement. En ne nommant pas de représentants issus de l’UDT, il entend ainsi ne pas s’immiscer dans un problème de dissensions internes au sein de l’UDT. Selon lui, M. Abdou est secrétaire général d’un parti politique, ce qui serait incompatible avec l’exercice d’un mandat syndical.

 

33. Mme Osiris Oviedo de la Torre, secrétaire générale adjointe de la FSM, a fourni des éclaircissements à la demande de la commission. Elle a confirmé la tenue du congrès de l’UGTD les 8 et 9 août 2010 à Djibouti. Elle a présenté une déclaration de la FSM datée du 7 juin 2011 confirmant la légitimité de l’élection de MM. Abdo Dikieh Dirieh et Hassan Ali Doualeh à la tête de l’UGTD, pour la période 2010-2013. La FSM, représentée lors du congrès par M. Adib Miro, secrétaire général adjoint, atteste de la régularité de la procédure électorale et des actes adoptés lors du congrès.

 

34. La commission prend note de la déclaration de la FSM concernant la tenue du congrès de l’UGTD et de l’élection de ses dirigeants pour la période 2010-2013. Elle note que MM. Abdo Dikieh Dirieh et Hassan Ali Doualeh ont été respectivement élus secrétaire général et premier secrétaire général adjoint. Elle relève néanmoins que la protestation dont elle est saisie est co-signée par M. Kamil Diraneh Hared, en tant que secrétaire général de l’UGTD. Elle note que trois membres de l’UDT figurent sur la liste des représentants de la CSI à la présente session de la Conférence.

 

35. La commission exprime sa profonde préoccupation devant l’absence de progrès sur plusieurs points, ce qui ne permet pas de lever le doute sur la situation du mouvement syndical djiboutien. La commission regrette profondément l’absence d’engagement du gouvernement vis-à-vis du respect des procédures devant la commission, et plus généralement vis-à-vis de ses obligations en tant que membre de l’Organisation internationale du Travail.

 

36. La commission déplore que le gouvernement ne soumette pas les rapports qui lui sont demandés (voir paragr. 7). L’absence de coopération a pour effet de jeter le doute sur la volonté du gouvernement de mettre un terme aux problèmes récurrents soulevés à chaque session de la Conférence. Le doute est d’autant plus grand au regard de l’absence de coopération du gouvernement, en dépit d’un appel pressant, dans un cas en instance devant le Comité de la liberté syndicale qui concerne des allégations de violations graves de la liberté syndicale à l’encontre de l’UDT et de ses dirigeants (cas no 2753, 359e rapport). La commission note que dans ce cas le comité a exprimé dans les termes les plus forts son attente de voir le gouvernement prendre sans délai des mesures concrètes pour améliorer la situation.

 

37. Les auditions du gouvernement par la commission ne permettent pas non plus de lever les incertitudes qui pèsent notamment sur la situation de l’UDT. Le fait que l’UDT n’ait pu tenir son congrès, pour des raisons qui demeurent obscures, ne saurait préjuger de sa légitimité en tant qu’organisation syndicale. De même, le fait que M. Abdou soit dirigeant d’un parti politique ne l’empêche pas a priori d’exercer un mandat syndical (Compte rendu provisoire no 17, 2001). La commission rappelle qu’il ressort des éléments d’information à sa disposition, notamment des recommandations des organes de contrôle de l’OIT depuis une décennie, des rapports des missions de contacts directs qui se sont rendues à Djibouti, et d’autres sources concordantes, que l’existence de l’UDT, dirigée par M. Abdou, dans le mouvement syndical de Djibouti, est une réalité (voir Compte rendu provisoire no 4C, 2009).

 

38. La commission considère, une fois de plus, que la protestation soulève des questions qui vont au-delà de celles qui concernent exclusivement la désignation de la délégation des travailleurs à la Conférence et, partant, qui échappent au mandat de la commission. La commission attire l’attention des organisations protestataires sur l’intérêt qui est le leur de présenter des allégations précises, étayées de documents pertinents, en lien avec la compétence de la Commission de vérification des pouvoirs.

 

39. Prenant note des élections qui se sont tenues au sein de l’UGTD, la commission veut croire que les mesures nécessaires seront prises pour clarifier rapidement l’ensemble du paysage syndical à Djibouti. La commission exhorte le gouvernement à prendre les mesures qui s’imposent pour que l’UDT puisse tenir son congrès, en toute indépendance. Elle veut croire qu’un tel congrès permettra aux travailleurs de désigner leurs représentants en toute liberté, sans intervention des autorités publiques, que ce soit dans la détermination des conditions d’éligibilité des dirigeants ou dans le déroulement des élections elles-mêmes.

 

40. Dans un cadre qui respecte pleinement la capacité d’agir des organisations de travailleurs, le gouvernement sera ainsi en mesure de déterminer avec ces dernières des critères objectifs et transparents aux fins de la désignation des représentants des travailleurs à la Conférence internationale du Travail (cf. cas no 2450, 359e rapport du Comité de la liberté syndicale). Se référant aux recommandations du comité dans ce cas, la commission prie le gouvernement d’accepter une mission tripartite.

 

41. A la lumière de ce qui précède, la commission considère que la situation justifie de renouveler le suivi décidé par la Conférence à sa dernière session, c’est-à-dire un suivi renforcé. En vertu des dispositions des articles 26quater et 26bis, paragraphe 7, du Règlement de la Conférence, la commission propose à l’unanimité à la Conférence de demander au gouvernement de Djibouti de:

 

a) soumettre au Directeur général du Bureau international du Travail, d’ici à la fin de l’année 2011, un rapport détaillé sur les progrès accomplis à Djibouti en ce qui concerne l’établissement de critères permettant la représentation indépendante des travailleurs du pays et les actions entreprises de manière concrète pour parvenir à un règlement définitif du problème; et

 

b) soumettre à la prochaine session de la Conférence, en même temps qu’il déposera les pouvoirs de la délégation de Djibouti, un rapport détaillé étayé de documents pertinents sur la procédure suivie pour désigner le délégué et les conseillers techniques des travailleurs, en précisant les organisations qui ont été consultées à ce sujet et selon quels critères, le pourcentage de la main-d’œuvre que les organisations consultées représentent, la date et le lieu de ces consultations, et le nom des personnes désignées par les organisations au cours des consultations ainsi que la fonction qu’elles exercent dans ces organisations.

 


 

Rapport de la LDDH à l’attention de Madame Kadija Abeba, président de la Cour Suprême de la république de Djibouti et aux organisations internationales et régionales de défense des droits de l’homme

http://www.ardhd.org/photos/lddh/lddh01.jpg
Le Président

Djibouti, le 10 juin 2011Rapport de la LDDH
A L’ATTENTION DE
Madame KADIJA ABEBA
Présidente de la Cour Suprême
de la République de Djibouti
et à toutes les Organisations Internationales
et Régionales de Défense des droits de l’Homme.

Rapport présenté par NOEL ABDI Jean-Paul

« L’agréable vent de Tunisie a soufflé à Djibouti le vendredi 18 février 2011 » Parole d’un Djiboutien

Cadre des violations des Droits fondamentaux, politiques et sociaux.

Après la première élection de l’Assemblée nationale en même temps que le Référendum populaire du 8 mai 1977 pour accéder à la Souveraineté nationale, la République de Djibouti n’a plus jamais connu des élections libres, transparentes et équitables.

En effet, dès 1981, en vue de s’acquérir des élections présidentielles, feu Hassan Gouled Aptidon avait pris unilatéralement la décision à faire barrage au multipartisme en prenant une Ordonnance interdisant la constitution des divers Partis, mise à part le RPP, instaurant par là le Parti Unique.

Toutes les élections présidentielles et législatives de 1982 à 1992 ont été des élections organisées uniquement par la Parti Unique, le RPP encore au pouvoir, c’était donc des élections acquises sans des concurrences effectives et démocratiques et sans alternance politique.

Durant cette même période, il a été crée une Police politique surnommée « Sécurité Intérieure et Extérieure, puis SDS) dirigée directement par le Chef de Cabinet neveu de feu Hassan Gouled.

Qu’immédiatement, Monsieur Ismaël Omar Guelleh a commencé à diriger les répressions impitoyables, avec parfois des méthodes sanguinaires contre des hommes politiques et autres civils considérés comme des opposants et taxés de dangereux pour le pays.

Le « rouleau compresseur de la Présidence » commença à s’abattre notamment sur nos populations du Nord et de l’Ouest de la République et à Arhiba.

La « chasse aux Afars » n’a pas cessé de s’amplifier et, hélas, elle perdure avec les répressions sur les Gadabourci depuis l’attentat du Café de Paris dont les principaux commanditaires au pouvoir bénéficient de l’Impunité et des civils qui n’ont rien avoir ont été sauvagement réprimés en majorité Gadabourci.

Qu’aujourd’hui, l’Accord de Paix des armes du 12 mai 2001 n’a jamais été respecté par le Chef du Gouvernement ;

Que depuis cette période les Djiboutiens et les Djiboutiennes n’ont jamais obtenu la Paix sociale.

Que, depuis les années 1980 la gangrène de la corruption n’a pas cessé à s’étendre rendant pourri les hautes sphères de l’Etat, tout en donnant à Djibouti, le surnom de la « République au deux (2) super milliardaires, au quatre (4) milliardaires, au quatre cents (400) millionnaires et aux quatre cent mille (400 000) mendiants ».

Que les détournements des Fonds public et des Biens sociaux intempestifs et le bradage du patrimoine national vont traîner notre pays vers la banqueroute.

Les faits du contexte actuel.

Que, la Constitution Djiboutienne a été adoptée par la voie du Référendum du 4 septembre 1992 puis promulguée par le Chef de l’Etat ;

Que, des dispositions illégales limitant à quatre (4) le nombre des partis politiques ont été jointes à la Constitution, mais ces dispositions illégales, en contradiction au principe du multipartisme intégral, n’ont jamais été promulguées, car effectivement elles étaient contraires aux promesses du Chef de l’Etat lors du Sommet de la Baule sous la Présidence de Mitterrand ;

Que, même si ces dispositions illégales n’avaient jamais été promulguées, le Ministère de l’Intérieur, jusqu’à la signature des Accords de Paix du 12 mai 2001, avec l’aval des Services de la Police Politique et de l’Administration aux ordres du Chef de l’Etat, les différents Ministres de l’Intérieur avaient toujours bafoué le multipartisme prévu par la Constitution et la Loi Organique relative aux élections de 1992 ;

Que, le régime dictatorial, encore au pouvoir, avait constamment refusé d’enregistrer des demandes pour l’ouverture d’un Parti politique légal conforme à la Constitution et à la Loi relative aux Partis Politiques

Que, la tendance à cette période, mais malheureusement, qui continue encore, ne cesse d’imposer une tendance politique dominante par des fractions tribales dites politiquement majoritaires à la direction car depuis 1983 aucun recensement indépendant n’a plus eu lieu;

Que, cette Constitution adoptée directement par les électeurs Djiboutiens et Djiboutiennes a été manipulée le 8 avril 2010 par un groupe d’une soixantaine de mal élus aux ordres d’une mouvance présidentielle ;

Que, cette manipulation est en infraction et doit être considérée comme un crime contre le principe fondamental du respect des Institutions républicaines et en violation de l’Alternance démocratique ;

Que, la République de Djibouti a été parmi les premiers pays africain à signer le 15 juin 2007 la Charte Africaine de la Démocratie, des élections et de la Gouvernance ;

Que, l’article 23 de la Constitution Djiboutienne stipule : « Le président de la République est élu pour six ans au suffrage universel direct et au scrutin majoritaire à deux tours. Il n’est rééligible qu’une seule fois »a été modifiée à l’article 88 de la Constitution du 4septembre 1992, mais aussi, en violation de l’article 23 de la Charte Africaine de la Démocratie, des élections et de la Gouvernance qui stipule en son 5ème alinéa : « Les Etats parties conviennent que l’utilisation, entre autres, des moyens ci-après pour accéder ou se maintenir au pouvoir constitue un changement anticonstitutionnel de gouvernement et est passible de sanctions appropriées de la part de l’Union…

…Tout amendement ou toute révision des Constitutions ou des instruments juridiques qui porte atteinte aux principes de l’alternance démocratique » ;

Qu’il est du devoir de tous les citoyens Djiboutiens à déposer des plaintes auprès des Juridictions aux Compétences Universelles contre cette manipulation de la Constitution et de tous les Crimes contre l’humanité et autres crimes organisés encore et toujours Impunis ;

Que, la population de notre pays qui attendait patiemment la fin des répression après le deuxième mandat électif, s’est vu brusquement devant le fait accompli d’une poignée de personnes au pouvoir qui tiennent par la force et la terreur la République de Djibouti ;

Que, suite aux appels de l’Opposition les citoyens Djiboutiens ont manifesté pacifiquement, l’élan populaire a eu son apogée le vendredi 18 février 2011 ;

Que, cette vaste manifestation de plus de 80 000, composés en majorité de jeunes patriotes, « les SCHABAAB » pratiquement tous des chômeurs ;

Que, cette vaste manifestation populaire a été sauvagement réprimée par les Forces de Sécurité sur les ordres directs du dictateur Ismaël Omar Guelleh passible de Crimes contre l’Humanité et autres Crimes Organisés ;

Que, des centaines de patriotes, en majorité des jeunes, ont été arrêtés, torturés, séquestrés dans des divers centres des Forces de sécurité sous le commandement de la Police politique, d’autres mis en détention Arbitraire et abusive ;

Que, ces répressions dans la capitale se sont amplifiées exponentiellement dans la capitale depuis le 9 février 2011 avec l’incarcération de 7 personnalités dont deux défenseurs des Droits de l’Homme, quatre journalistes du Renouveau et probablement pour d’autres secteurs, ainsi qu’un syndicaliste de la Centrale Syndicale UGTD-UDT ;

Que, cette incarcération s’est effectuée dans un cadre politique afin d’étouffer la campagne populaire contre un troisième mandat illégal et inconstitutionnel

Qu’actuellement, tous les détenus politiques ont été soit libérés directement des Centres de détentions illégales comme Nagad et autres centres des Forces de Sécurité, soit relaxés par le Juge Souleiman Cheick Osman du Tribunal des Flagrants délits, ou soit par la Cour d’Appel.

Qu’actuellement, les six détenus avec le défenseur NOEL ABDI Jean-Paul « coffrés » sous le fallacieux motif « de participation à insurrection » et quatre autres détenus pour le motif d’un soit disant « port d’armes », ces deniers ne sont pas encore entendus

Qu’actuellement, le statut quo des répressions d’ordre politique ou syndical sont toujours là.

Que, dans ce contexte actuel : La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) demande à la Présidente de la Cour Suprême d’ordonner le non lieu pure et simple des inculpés pour insuffisance des charges, avant les vacances judiciaires, aux six Détenus Arbitraires qui vont comparaître le 12 juin 2011 auprès de votre Haute Cour et dont les noms sont :

1) FARAH ABADID HILDID défenseur associé à la LDDH à titre individuel :
2) HOUSSEIN AHMED FARAH le frère de DAF ;
3) HOUSSEIN ROBLEH DABAR ;
4) ABDILLAHI ADEN ALI dit CORBEAU ;
5)MOUSTAPHA ABDOURAHMAN HOUSSEIN;
6) MOHAMED IBRAHIM WAISS.

Ces six détenus arbitraires ont été incarcérés abusivement avec NOEL ABDI Jean-Paul le 9 février 2011 et nos dossiers sont totalement vides, aucune preuve n’est signalée dans nos dossier.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) lance un Appel pressant à la Communauté nationale et internationale pour mettre fin à l’Impunité du régime dictatoriale qui règne par la force, la terreur et la peur en République de Djibouti,

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) demande à l’OMCT, à l’Observatoire des Prisons, à la FIDH, à l’Observatoire des Défenseurs, à Amnesty International, à Human Rights Watch, à Front Line à l’UIDH, aux Réseaux de East and Horn of Africa, à suivre avec une attention particulière la situation désastreuse en matière des droits fondamentaux et d’envoyer une Mission d’Enquête Internationale.

NOEL ABDI Jean-Paul

 


 

 


LDDH : École de la Police de Nagad ou École de la Torture ?

http://www.ardhd.org/photos/lddh/lddh01.jpg


Le Président

Note d’information du 7 juin 2011 de la LDDHÉcole de la Police de Nagad ou École de la Torture ?

Dimanche soir 5 juin une vingtaine d’employés avaient été licenciés récemment par de la société maison Alliance Construction ont été arrêtés et incarcérés depuis jeudi dernier à Nagad pour avoir réclamé le paiement de leurs indemnités de licenciement alors que l’inspection du travail s’était engagé à exiger de leur employeur.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains dénonce avec vigueur ce déni de justice.

L’incarcération de ces travailleurs à l’Ecole de Police qui est aussi un Centre de Rétention et non de Détention, nous font penser au Centre secret de Torture en Amérique latine d’une École de la Marine.

Faut-il rappeler que cet École aurait recruté des tortionnaires de la Police de Mogadiscio formés en Ouganda.

Voici les noms des employés d’Alliance Construction détenus arbitrairement à Nagad depuis le 05 juin 2011 :

1. HOUSSEIN OSMAN ILLEH
2. ABDI GUEDI IYALEH
3. ILLEH GUELLEH GUEDI
4. ABDI MOUSSE ABDILLAHI
5. MOHAMED ABDI HASSAN
6. OMAR MOHAMOUD GUELLEH
7. HOCHE ELMI SOUBAGLEH
8. ADEN SAAD AHMED
9. MOUMINE GUELLEH OMAR
10.ADEN HASSAN ABAR
11.MOUHOUMED YOUSSOUF OMAR;
12.RACHID SOULEYMANE AHMED;
13.AHMED ELMI ADEN
14.DAHER ABDI AHMED
15.YAHYA AHMED YAHYA
16.HASSAN MEGANEH FARAH
17.DJAMA OMAR SOUGUEH
18.MOHAMED DJIBRIL SOUGUEH
19.MOUSSA IBRAHIM OSMAN
20.FARAH DJIBRIL HOUFANEH

La ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) lance un Appel à l’OMCT pour l’envoi d’une Mission d’Enquête Internationale en République de Djibouti afin de mettre fin à l’Impunité.

NOEL ABDI Jean-Paul 

 

 


 

Djibouti, Notre petite dictature

paru dans CQFD n°88 (avril 2011), par Jean-Sébastien Mora
mis en ligne le 3 juin 2011

Pour les Occidentaux, l’ex-côte française des Somalis est une base géostratégique de la mer Rouge, aux portes du Moyen-Orient et du Golfe d’Aden. Le parcours d’Abdil [1], flibustier puis garde républicain, y est un concentré de Françafrique. Rencontre sur place.

À Djbouti, l’élection présidentielle du 8 avril a pris la forme d’une nouvelle mascarade. En 2005, Ismaël Omar Guelleh était le seul candidat à sa succession. Cette fois, celui que l’on surnomme IOG a remporté l’élection présidentielle avec 79,26 % des voix contre un candidat de façade censé donner une illusion de démocratie. Fin janvier, l’ouragan libérateur qui souffle sur le monde arabe n’a pas épargné l’ancienne colonie française.

La révolution semblait en marche, mais la répression du régime a été très vive dans ce petit pays de 800 000 habitants. Djibouti abritant la première implantation militaire française à l’étranger, avec un effectif de près de 3 000 hommes, les principaux médias ont sûrement préféré rendre compte des glorieux bombardements tricolores en Libye.

Dans ce contexte, les six dernières années de la vie d’Abdil [2] sont un concentré éloquent de la transcription djiboutienne de la Françafrique. Originaire de la capitale, Abdil rejoint à 17 ans son cousin dans le golfe d’Aden et devient « flibustier », comme il s’amuse à se décrire lui-même. À cette époque, sur les mers, tout est bon pour faire de l’argent : trafic d’alcool, d’armes et de mercure rouge (un colorant) mais aussi abordage, vol et séquestration de navires occidentaux et chinois. Abdil soutient que, s’il s’en est bien sorti, c’est grâce à la tolérance du régime d’Ismail Omar Guelleh à l’égard du milieu mafieux.

En 20 ans, le président est devenu la sixième fortune évaluée d’Afrique en faisant main basse sur l’important commerce du port de Djibouti City. Il aurait aussi investi dans la piraterie somalienne. Les Français s’en doutent, mais considèrent l’ancienne colonie comme « le complément idéal des implantations en Afrique », permettant de surveiller la voie maritime utilisée par les pétroliers en provenance du Moyen-Orient.

En 2005, Abdil, l’ancien pirate, intègre la garde républicaine djiboutienne, la milice à la solde du dictateur. Si son parcours professionnel paraît insolite, il reste classique en Afrique de l’Est. Et puis, Abdil a déjà bien des atouts : à 23 ans, il maîtrise parfaitement les armes à feu et parle couramment le somali, le français ainsi que l’arabe classique et dialectal. Au fil des missions, Abdil ne s’offusque pas de toutes les tâches qui lui sont confiées, puisque ses formateurs semblent légitimes et démocratiques : ce sont des officiers français.

Rappelons aussi que l’armée et la garde républicaine djiboutiennes reçoivent régulièrement le soutien logistique de l’armée tricolore. De leur côté, les forces hexagonales apprécient le désert djiboutien qui sert à la fois de terrain d’entraînement en conditions extrêmes et de champ de tir grandeur nature pour de nombreuses armes.

Abdil affirme avoir sillonné, en 2006, les rues et les hôtels de la capitale afin de débusquer les journalistes français qui enquêtent sur l’affaire Borrel. Peu après, grâce à sa victoire sur les légionnaires à l’occasion d’une course marathon organisée par l’armée française dans le désert du grand Barra, Abdil devient membre de l’élite de la garde républicaine. Dès lors, il dit avoir assisté à tous les trucages du régime IOG, comme l’assassinat d’un colonel érythréen pendant des pourparlers de paix en 2008. Las !

Grandeur et servitude du métier de sbire, quelques mois plus tard, il plante une mission au Yémen, et sa hiérarchie le lâche. Passeport diplomatique en main, il était censé surveiller un opposant qui venait de faire des déclarations fracassantes contre le régime. Assurant avoir été un temps détenu et torturé par les autorités au Yémen, Abdil est aujourd’hui considéré comme un « bras cassé », c’est-à-dire un homme dont on achète le silence. À Djibouti, ils seraient nombreux comme l’ancien policier-pirate.

Quant à la population, elle est littéralement intoxiquée : le régime d’IOG favoriserait légalement l’importation de khat, cette plante aux effets psychotropes entraînant une accoutumance rapide. Le peuple djiboutien a enduré la colonisation, puis trente longues années d’oppression et d’humiliation. Pour sa prochaine révolte, malheureusement, il risque d’attendre les revirements de Paris en matière de géopolitique. 


Communiqué de la LDDH du 2 juin 2011 : le dictature Ismaël Omar Guelleh s’acharne contre le défenseur Farah Abadid Hildid et cinq autres prisonniers politiques et d’opinion


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Le Président

Communiqué de la LDDH le 2 juin 2011

Le Dictateur Ismaël Omar Guelleh s’acharne contre le défenseur FARAH ABADID HILDID et cinq autres prisonniers politiques et d’opinion

L’individu Ismaël Omar Guelleh passible de crimes contre l’Humanité et autres crimes organisés, règne par la peur et la terreur depuis 1995 après les vastes manifestations organisées par l’UDT et l’UGTD.

Les vagues des répressions sauvages n’ont pas cessé sur toute la République de Djibouti.  Tous les crimes d’extermination à caractère ciblé contre nos populations dans certaines régions du territoire voire même dans notre sous-région de la Corne d’Afrique doivent être répertoriés. Toutefois, tous ses crimes (la liste risque d’être longue) ne resteront pas impunis pour des raisons d’intérêts géostratégiques, qui sont actuellement en perte de vitesse :
* avec les révolutions araboafricaines de Tunisie à l’Ouganda, sans oublier le vaillant Peuple Somali, toutes ces révolutions populaires sont les fondations de la fin dans le monde araboafricain des dictateurs tortionnaires  imposés de l’extérieur encore pour certains ;
* avec la fin de la complicité des anciennes puissances coloniales et néocoloniales, ces dernières vont, elles aussi, être confrontées par d’autres forces régionales émergeantes.

La Justice djiboutienne est périodiquement utilisée par le Premier magistrat du Conseil Supérieur de la Magistrature, usurpateur du pouvoir avec l’appui des Forces armées depuis mai 1999, par des arrestations et mises en détention avec des dossiers vides et des motifs d’inculpation basé sur des faux.

Il faut  aussi garder en mémoire des procès bidon et expéditifs depuis ces deniers années. Depuis 2010, les opérations politico-judiciaires contre les populations civiles dans la capitale ont pris des tournants franchement inacceptables et intolérables.

C’est ainsi qu’actuellement, le Ministère Public (sur ordre du Premier Magistrat) garde en otage dans la sinistre prison de Gabode des personnalités et dirigeants politiques et d’opinion à savoir :

1) FARAH ABADID HILDID défenseur associé à la LDDH à titre individuel :

2) HOUSSEIN AHMED FARAH le frère de DAF ;

3) HOUSSEIN ROBLEH DABAR ;

4) ABDILLAHI ADEN ALI dit CORBEAU ;

5) MOUSTAPHA ABDOURAHMAN HOUSSEIN;

6) MOHAMED IBRAHIM WAISS.

En effet, les détenus dont les noms sont ci-dessus, ont été incarcérés en même temps que le défenseur des Droits de l’Homme NOEL ABDI Jean-Paul le 9 février 2011 sur le faux motif d’inculpation de « participation à insurrection » ;

que, ce dernier a été mis en liberté pour des raisons de santé le 21 février 2011 et qu’il a ensuite obtenu la levée du contrôle Judiciaire ;

que, dans le cadre de son départ du 10 mai 2011, pour lui permettre d’effectuer des analyses médicales, il a été enquêté sur le fond par la juge du Cabinet A ;

que, normalement la Juge du Cabinet A devrait aussi  procéder à l’enquête sur le fond pour les six autres détenus qui ont, à maintes reprises, demandé leur liberté, et permettre à la Juge du Cabinet A de prendre une décision judiciaire de non lieu ou de mise en liberté ;

que, jusqu’à présent et depuis le mercredi 9 févier 2011, les (6) prisonniers politiques et d’opinion en détention arbitraire à Gabode sur le passage qu’emprunte régulière le Premier magistrat, sont maintenus abusivement probablement sur ordre du Ministère Public.

Par conséquent :

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) lance un appel pressant aux Organisations Internationales des Droits de l’Homme, à l’OMCT, à l’Observatoire des prisons, à l’Observatoire des Défenseurs des Droits de l’Homme aux Médecins Sans Frontières d’envoyer une mission d’enquête dans les meilleurs délais pour mettre fin à l’impunité qui sévit en république de Djibouti ;

Demande à toutes les organisations internationales de faire pression pour que la justice djiboutienne puisse agir en toute liberté sans aucune pression du Ministère Public ;

Demande au Premier magistrat de réintégrer rapidement, dans sa fonction de magistrat, le Juge Souleiman Cheick Osman qui avait procédé à la relaxe de plusieurs dizaines de prisonniers politiques arrêtés après la vaste manifestation populaire du Vendredi 18 février 2011 contre le Coup d’Etat électoral du 8 avril 2011 ;

Dénonce que les violations de la Constitution du 4 septembre 1992, notamment l’inamovibilité des magistrats, la violation de l’inamovibilité des Juges est un crime contre les institutions républicaines, tout comme la modification illégale et inconstitutionnelle de l’article 23 fixant à deux mandats électifs pour le Chef de l’Etat.

Demande la libération immédiate et inconditionnelle de tous les détenus politiques arrêtés dans le cadre de l’usurpation du pouvoir pour la 3èmefois.

En  tant que défenseur des droits fondamentaux, il est de mon devoir de dénoncer et d’attirer les crimes d’Etat perpétrés par l’équipe politique, administrative ainsi que des forces dites de sécurité aux ordres et à la solde directe du chef des armées encore au pouvoir par la force et la terreur.

Rappelle que:
1. le Premier magistrat usurpateur du pouvoir, l’individu Ismaël Omar Guelleh a, depuis 1996, par le limogeage de trois magistrat de la Cour d’Appel, créé l’instabilité  dans le Corps de la Magistrature, instabilité accouplée par un fort climat de peur au sein du Corps des magistrats périodiquement, instabilité entretenue par le patron de la Police politique et autres Forces de sécurité chargées des répressions physiques et autres sévices intolérables avant et après le règne de son oncle feu Hassan Gouled Aptidon.
2. plus récemment, les arrestations collectives, les tortures, les disparitions forcées dans des camps militaires (SDS, Garde Présidentielle et Gendarmerie) et en brousse dans les camps reculés de l’AND sont sans précédent dans notre pays.
3. que la LDDH a constamment lancé des appels pressants aux organisations des défenseurs des Droits de l’Homme pour que des missions d’enquêtes sur les tortures et les disparitions forcées en république de Djibouti pour mettre fin à l’impunité et par là aux détournements des fonds et des biens publics, ainsi que le l’usurpation du pouvoir avec la complicité des forces étrangères.

NOEL ABDI Jean-Paul

En annexe les documents suivants :
1. Brève information du 5 mai 2011 : La Cour Suprême a donné lecture de son délibéré ;
2. Le dimanche 17 avril 2011, la Cour d’Appel de Djibouti a confirmé, sur forte recommandation du Procureur Maki, le rejet de la demande d’appel  du Juge d’instruction du 28 mars 2011.

PS.
« Bonsoir Mr Abdi, je tiens à vous informer que l’affaire des 6 détenus est classée sans suite.
Tout d’abord, la juge d’instruction n’a pas donné le jour de jeudi 19 mai (jour du dernier délai)  sa réponse aux demandes de libertés provisoires individuelles déposées par ces derniers et n’a donné aucun argument ni cause.

De ce fait, dépassé ce délai et considérant comme un refus juridiquement, ils ont déposé, Me Foulié et autres avocats-défenseurs le jour de lundi 23 mai une autre demande de liberté provisoire individuelle de tous les détenus arbitraires à la chambre d’accusation comme l’a suggéré la présidente de la cour suprême et nous attendons la réponse le 8 juin 2011.

Je crois à mon avis à une parodie de justice dont il y a l’ingérence du <<Grand Voleur Autorisé>> et que la fin est la victoire pour nous et pour les défenseurs de la dignité humaine, de la liberté et de la justice.

Enfin, vous remerciant à l’avance, je vous adresse mes meilleures salutations chaleureuses et vous souhaite un bon voyage de succès. Wasalamoualaykoum. »


Rapport de la LDDH du 1er juin 2011 à l’attention de l’OMCT

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Le Président

RAPPORT A L’ATTENTION DE L’OMCT DU 1er JUIN 2011SUR LES SITUATIONS CARCERALES EN REPUBLIQUE DE DJIBOUTI

RAPPORT A L’ATTENTION DE L’OMCT DU 1er JUIN 2011

SUR LES SITUATIONS CARCERALES EN REPUBLIQUE DE DJIBOUTI
Présenté par Jean-Paul NOEL ABDI Défenseur des Droits Humains

Ayant passé presque deux semaines dans la sinistre prison de Gabode (du 9 au 21 février 2011), et dans le cadre d’apporter mon témoignage à l’Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT), aux Organisations Internationales des Droits de l’Homme, à l’Observatoire des Prisons et à l’Observatoire des Droits de l’Homme, je vous soumets un Rapport sur les situations carcérales en République de Djibouti.

Tout d’abord, la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) avait à maintes reprises soulevé les cas des Détention Arbitraires, mais aussi les détentions abusives de plusieurs dizaines de prisonniers présumés « criminels, violeurs, trafiquants d’armes, trafiquants de drogues etc ».

Parmi ces dizaines et dizaines de prisonniers en « détention provisoire » certains d’entre eux attendent leur jugement depuis l’usurpation du pouvoir en 1999.

Pourtant une bonne partie des présumés criminels reconnaissent leurs crimes lorsque je les ai rencontrés et passés deux nuits avec eux. En effet, l’ancien tortionnaire de la Gendarmerie, qui m’avait menacé de me torturer alors qu’il était lieutenant, officier de la police judiciaire de la Gendarmerie ce rappel bien de ma réponse après ces menaces, je lui avais répondu poliment en disant : « Vous êtes libre de disposer de ma vie, mais je n’ai rien d’autres à déclarer ».

Après une longue absence le temps de contacter d’après un autre gendarme, le Procureur Djama Souleiman à cette période Procureur de la République.

Après deux heures de détention sans être inquiété, je fus relâché par le Lieutenant Ali Aden, en rigolant, m’a dit : « que c’est ton cousin qui t’a relâché ».

Ce même Lieutenant qui a passé Capitaine après mon arrestation et mis en garde à vue pour quelques heures et devenu le patron de la prison de Gabode. Quelques jours après mon incarcération à Gabode, il est venu en personne dans la cellule Afar pour me transférer dans la grande salle de 102 prisonniers sans  aucune explication de ce transfert.

Je suis resté pendant deux nuits dans cette grande salle, pour encore « être trimballé » à la cellule Afar et cette fois avec tous les six autres détenus arbitraires emprisonnés le 9 février 2011.

C’était sa manière à lui de nous isoler (forme de torture morale), mais ce tortionnaire n’a pas été radin dans ses visites et ses provocations mais aussi et surtout de son refus de transmettre à la Juge d’Instruction du Cabinet A la décision du médecin le cardiologue Ougas pour une urgente analyse cardiovasculaire de la et son attention particulière à mon égard.

D’ailleurs, pour mieux se justifier, il a été franc des instructions qu’il avait reçues, mais il ne comprenait pas qu’un « allogène comme moi puisse se permettre de mettre en cause l’individu Ismaël Omar Guelleh, d’autant plus que cet individu est marié avec ma petite fille, tribalement parlant (awoowo en somali) ».

Cette mentalité de l’époque coloniale ne m’affecte nullement car très jeune,  j’ai combattu pour mon Peuple et j’ai œuvré activement à la mise en place des Institutions Républicaines avec le Regretté AHMED DINI AHMED Premier Président et  ce en tant que Premier Secrétaire du Bureau de l’Assemblée Nationale élu lors du Référendum pour l’Indépendance du 8 mai 1977.

Il n’est donc pas question à mon âge avancé de renier mon passé comme, hélas, certains de mes « amis ».

Conscients que, plusieurs détenus présumés criminels sont souvent mis en détention « provisoire » en général par le Cabinet C, ces présumés criminels croupissent sans être interrogés sur le fondpour une/des Affaire(s) criminelle(s), ces prisonniers passent des années et des années à attendre leur jugement.

Mon passage dans cette grande salle m’a permis de constater que sur les 102 prisonniers 63 attendaient que la Cour Criminelle les convoque. Il est difficile de connaître la liste exacte car c’est un d’après un Membre du Parquet c’est « un Secret Judiciaire ».

Pourtant cette Liste est probablement entre les mains de la Croix Rouge car avant de quitter la grande salle j’avais pris la précaution de leur dire qu’une dame de la Croix venue du Kenya sera avec eux et que c’est le moment idéal de lui présenter vos condoléances sur ces oublis du Ministère Public.

Faut-il rappeler que la dernière Note d’Information du 13 décembre 2010 (en annexe) sur une détention abusive sont des mesures inacceptables et nécessitent une Mission d’Enquête Internationale.

Rien qu’entre 2003 et 2007, j’ai appris en prison, que trente quatre (34) présumés criminels sont abusivement incarcérés sans aucun Jugement de la Cour Criminelle.

Les tortures morales et physiques sont régulières dans cette prison de Gabode. Les tortures physiques sont flagrantes dans les divers centres secrets des forces armées chargés de la sécurité, ou plus exactement des milices à la solde du dictateur au pouvoir depuis plusieurs décennies.

NOEL ABDI Jean-Paul

En Annexe neuf (9) documents sur certains crimes sous l’égide du dictateur Ismaël Omar Guelleh passible de Crimes Organisés et autres Crimes contre l’Humanité :

Liste nominative de mai 2011 sur les Disparitions, les Détentions Abusives, les Crimes de Tortures en République de Djibouti ;

Note d’Information du 29 mai 2011. Un mort dans la Brigade de la Gendarmerie à Cheick Oman à Balbala ;

Note d’Information du 13 décembre 2010. Sept ans de Détention Abusive, çà  suffit !

Communiqué du 11 décembre 2010. L’Ecole de Nagad est un centre de détention arbitraire illimitée.

Réquisitoire ouvert du 10 décembre 2010 sur les Crimes du Dictateur passible de poursuite auprès des Tribunaux aux Compétences Universelles ;

Diffusion d’Information du 28 novembre 2010. Les risques collatéraux de la rencontre dans un stade de foot au Yémen ;

Note d’Information du 14 juin 2010. Crimes de disparitions forcées, crimes de détention abusives et crimes de tortures ;

Note d’Information du 6 mai 2010. Lettre Ouverte au Premier Magistrat.

Note d’Information du 1er mai 2010. Solidarité au Peuple opprimé de la République de Djibouti

 


Compte rendu de la réunion de concertation de l’ARD le 13 mai à Balbala

 epi

ALLIANCE RÉPUBLICAINE POUR LE DÉVELOPPEMENT

ARD

Après la mascarade électorale du 8 avril dernier suivie de l’investiture ubuesque d’un président autoproclamé, l’Alliance Républicaine pour le Développement (ARD) a convoqué une réunion de concertation le vendredi 13 mai à Balbala.

Une centaine de participants venus de toutes les fédérations du parti, ont pris part à cet important évènement.

Quatre points étaient à l’ordre du jour:

– analyse de la situation nationale à la lumière du nouveau contexte régional et international,

– bilan critique des activités du parti depuis le congrès de février 2010,

– perspectives de lutte,

– questions diverses.

Les dirigeants, cadres et militants (jeunes, femmes et sages) ont débattu quatre heures durant des voies et moyens d’insuffler une nouvelle dynamique à la lutte en vue d’imposer le changement démocratique auquel aspire le peuple djiboutien.

I) ANALYSE DE LA SITUATION

Cette réunion de concertation s’inscrivait dans un contexte crucial :

a) au niveau national

– Renforcement du dispositif répressif rendant toute consultation électorale encore plus décorative et toute vie partisane encore plus virtuelle

– Harcèlement de l’UAD accompagné d’une répression sauvage (meurtres, tirs à balles réelles, tortures, emprisonnements, etc.) dont ses cadres et militants ont été victimes ;

b) au niveau régional

– Ingérences des voisins du Sud et de l’Ouest, eux-mêmes déchirés par leurs propres contradictions intercommunautaires, dans les affaires djiboutiennes, avec des incidences prévisibles dans notre pays ;

– Bruits de bottes entre les deux frères ennemis, Ethiopie et Erythrée accentuant une instabilité régionale ayant déjà atteint un seuil dangereux.

c) au niveau international

– Essoufflement des révolutions arabes car résistance des dictateurs, malgré implication multiforme de la communauté internationale. Ce qui réduit leur effet d’entrainement à Djibouti, au moins jusqu’à la chute d’un d’eux ;

– Prise en compte du caractère dictatorial du régime djiboutien par les Etats-Unis d’Amérique suite au sabotage de la mission de Democracy International mais, d’une manière générale, pérennité de la complicité du silence.

A la lumière de ces multiples contraintes, un bilan a été dressé des activités du Parti.

II) BILAN CRITIQUE

a) dans le pays

Après avoir vigoureusement dénoncé le projet de modification constitutionnelle en faveur d’un troisième mandat présidentiel lors de son congrès de février 2010, l’ARD a entrepris dès le mois de mai 2010 une campagne de mobilisation contre cette forfaiture. Le premier meeting populaire contre le troisième mandat a été organisé par notre parti à Balbala. Par la suite avec nos alliés de l’UAD, plusieurs grands rassemblements publics ont été organisés avec succès dans plusieurs quartiers de la capitale et dans tous les districts de l’intérieur. Ebranlé par les manifestations historiques du 1er janvier 2011 et surtout celles du 18 février suivant, le régime a instauré depuis lors un quasi état de siège au cours duquel une campagne de répression sans précédent a été déclenchée contre l’opposition démocratique. La permanence de cette situation d’urgence se traduit par un harcèlement quotidien des forces démocratiques, qui pose avec encore plus d’acuité la question des limites de l’action pacifique et à laquelle une réponse concrète devra rapidement être trouvée. A ce chapitre, la réunion a vigoureusement dénoncé les meurtres, tortures et arrestations des manifestants, réaffirmé la solidarité sans faille des forces démocratiques avec les détenus politiques et exigé leur libération immédiate et inconditionnelle.

b) avec l’extérieur

Les participants à la réunion de concertation ont examiné le rapport d’activités adressé par la Direction du Parti à l’extérieur. Les actions entreprises au sein de la diaspora pour rassembler toutes les composantes de la communauté nationale dans un même combat démocratique ont été encouragées. De même que les difficultés rencontrées dans l’accomplissement de ces actions ont été minutieusement étudiées et des solutions proposées.

c) avec les autres forces démocratiques

Prenant acte de la rupture de l’alliance UAD-UMD, l’effectivité de la coordination des activités dans le cadre de l’UAD a été analysée à l’aune des résultats. De même la contribution des mouvements politiques, qui se sont constitués aussi bien dans le pays qu’à l’extérieur, a été appréciée à sa juste mesure et des modalités de sa dynamisation retenues.

III) RESOLUTIONS

A l’issue des débats il a été décidé de mettre en œuvre les mesures suivantes :

1) Remobiliser la jeunesse et toutes les forces vives de la nation dans l’optique d’une vaste contestation victorieuse,

2) Accroître la représentativité nationale de notre Parti,

3) Renforcer la coordination des activités du parti à l’intérieur et à l’extérieur,

4) Renforcer la visibilité et l’action du parti,

5) Redéfinir et optimiser l’alliance avec les autres forces de l’opposition nationale,

6) Nouer des alliances avec les forces démocratiques au plan régional et international en vue d’isoler la dictature clanique de Djibouti,

7) Réfléchir aux voies et moyens nouveaux afin de hâter la fin de cette dictature crépusculaire qui met en péril l’existence même de la République de Djibouti en tant que Nation pluriethnique et qui constitue un danger pour la stabilité régionale.

IV) QUESTIONS DIVERSES

Cette réunion s’étant tenue, à un jour près, dix ans après l’accord de paix du 12 mai 2001, et au moins à la mémoire du fondateur de notre parti, évocation en a été faite pour en rappeler l’impérieuse nécessité à l’époque comme l’obligation de le renégocier aujourd’hui, la situation à laquelle il était censé remédier s’étant aggravée depuis.

Le Président de l’ARD

Ahmed Youssouf



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