À l’occasion des 49 ans de l’indépendance, une conférence-exposition djiboutienne en Belgique
Djibouti : 49 ans d’indépendance, 49 ans de lutte pour la liberté et la démocratie
Bruxelles – Samedi 27 juin 2026
À l’occasion des 49 ans de l’indépendance, une conférence-exposition djiboutienne en Belgique
Djibouti : 49 ans d’indépendance, 49 ans de lutte pour la liberté et la démocratie
Bruxelles – Samedi 27 juin 2026



| Date | Samedi 27 juin 2026 |
| Horaire | 16h à 23h |
| Lieu | 4, rue d’Anderlecht, 1000 Bruxelles – métro Annessens |
| Organisateurs | BSN (Bloc pour le salut national) et Communauté djiboutienne de Belgique |
| Participation | Participants nombreux |
| Nature | Conférence-exposition commémorative, politique, mémorielle et culturelle |
1. Introduction générale
Samedi 27 juin 2026, de 16h à 23h, s’est tenue au 4, rue d’Anderlecht, 1000 Bruxelles, une conférence-exposition consacrée aux 49 ans de l’indépendance de Djibouti. Organisée par le Bloc pour le salut national (BSN), coalition de l’opposition djiboutienne regroupant les partis ARD, MRD et MODEL ainsi que par la communauté djiboutienne de Belgique, cette rencontre a réuni de nombreux participants.
L’événement avait une double visée : célébrer l’indépendance nationale conquise en juin 1977 après plus de cent ans de colonisation française et dresser le bilan de l’État postcolonial confisqué, particulièrement sous l’angle de la répression tous azimuts des 49 années qui ont suivi, sous Hassan Gouled puis sous Ismaïl Omar Guelleh (IOG).
Le message central de la soirée peut se résumer ainsi : nos aînés ont réussi à libérer le pays du colonisateur ; les générations actuelles doivent réussir à mettre fin à la dictature d’IOG et à conquérir la démocratie, la liberté, l’État de droit, conditions d’un véritable développement national.
2. Objectif politique et mémoriel
La conférence-exposition visait à articuler mémoire historique, exigence de vérité et mobilisation politique pour le changement démocratique. Elle a rappelé que le 27 juin 1977 demeure une date fondatrice dans l’histoire nationale mais que l’indépendance politique n’a pas été suivie d’une pleine souveraineté citoyenne, démocratique, économique et sociale.
L’objectif était donc de fêter l’indépendance, de rendre hommage aux indépendantistes, de commémorer les victimes de la répression des 49 années de dictature, de rendre visibles les prisonniers politiques et les autres martyrs et de renforcer la mobilisation pour le changement.
Lors de son intervention, le représentant de l’ARD en Europe et membre à ce titre de la Représentation extérieure (RE) du BSN en Belgique a notamment rappelé : « Nous devons multiplier ces rencontres pour élargir le périmètre de notre coalition BSN. » Cet appel était aussi celui des deux autres dirigeants de la RE du BSN en Belgique, Moustapha Ahmed Ali et Souleiman Bouh, par ailleurs présidents respectifs de la Fédération du MRD et du Comité du MoDeL dans le pays.

3. Déroulé de la journée
De 16h à 19h : exposition dans l’espace jardin
De 16h à 19h, les participants et les visiteurs ont découvert les affiches et les photos installées sur les murs de l’espace jardin. De grandes affiches au format A3, des textes historiques et politiques, des photos de héros de l’indépendance, des photos de martyrs, de victimes de la répression et de prisonniers politiques toujours détenus composaient le parcours d’exposition.
La salle, très bien située juste à la sortie du métro Annessens, en plein centre-ville de Bruxelles, a facilité la venue des participants et contribué à la visibilité de la rencontre.
Vers 18h30 : interviews vidéo
Vers 18h30, Delphine, vidéaste présente lors de l’événement, a réalisé plusieurs interviews. Elle a notamment recueilli les témoignages filmés de Maki Houmed-Gaba, représentant de l’ARD en Europe, de Mohamed Saïd Omar dit Gennevilliers, président de la Fédération du MRD en France, de Moustapha Ahmed Ali, président de la Fédération du MRD en Belgique, et de Souleiman Bouh, président du Comité du MoDeL en Belgique. Ces entretiens constituent une trace audiovisuelle importante de l’événement.
De 19h30 à 22h : conférence publique
La conférence publique s’est tenue de 19h30 à 22h. Bilane Mahamoud Robleh, membre de la société civile, et Souleiman Bouh, chef du Comité du MoDeL en Belgique, ont introduit la conférence et souhaité la bienvenue aux participants dans les différentes langues nationales de Djibouti.
Maki Houmed-Gaba, Moustapha Ahmed Ali et Souleiman Bouh ont ensuite présenté l’objectif de la conférence : fêter l’indépendance, rendre hommage aux indépendantistes, commémorer les victimes de la répression des 49 années de dictature, rendre visibles les prisonniers politiques et les autres martyrs et renforcer la mobilisation pour le changement à Djibouti.
Hassan Mohamed, opposant djiboutien exilé en Belgique, a présenté un projet de fédéralisme qu’il verse au débat démocratique sur l’avenir institutionnel de Djibouti. Son intervention, peu ordinaire, n’a pas laissé la salle indifférente.
Cheikh Guirreh Meidal Guelleh, personnalité de la société civile et du parti MoDeL, a présenté la situation délabrée du pays. Il a pris appui sur une vidéo montrant des officiels de la mairie de Djibouti qui constatent eux-mêmes l’état dégradé des rues de la capitale.
Daher Ahmed Farah (DAF), président du MRD, représentait la direction du BSN. Il a brossé un tableau général de la situation politique, économique et sociale de Djibouti et appelé à poursuivre plus intensivement la mobilisation citoyenne.


Pause symbolique : le gâteau de l’indépendance
Une pause symbolique a été observée pour couper le gâteau de l’indépendance. Ce moment convivial a été réalisé à trois mains par Maki Houmed-Gaba, Daher Ahmed Farah (DAF) et Cheikh Guirreh Meidal. Il a symbolisé à la fois la célébration de l’indépendance et l’unité autour de l’exigence de justice et de démocratie qui inclut la mémoire des victimes.


Questions-réponses et projection musicale
À la fin des interventions, une séance de questions-réponses nourrie s’est tenue avec la salle. De nombreux participants ont posé des questions, réagi aux exposés et partagé leurs préoccupations sur l’avenir politique, institutionnel et social de Djibouti.
De 22h à 23h, la soirée s’est poursuivie par une projection musicale composée de chants patriotiques, prolongeant la dimension mémorielle, nationale et conviviale de l’événement.
4. Thèmes abordés dans l’exposition
L’exposition était organisée en deux grandes parties complémentaires : une première partie consacrée à la fierté de la lutte pour l’indépendance et à la conquête de la souveraineté nationale, et une seconde partie consacrée à la répression, aux violations des droits humains et à la confiscation politique qui ont marqué les 49 années ayant suivi l’indépendance.
La fierté de la lutte et de la conquête de l’indépendance
La première partie rappelait la lutte contre la colonisation et la conquête de l’indépendance de Djibouti en juin 1977. Une affiche revenait sur la prise d’otages de Loyada par le mouvement indépendantiste FLCS. Cet épisode était présenté comme l’un des événements marquants du contexte politique tendu ayant précédé l’indépendance.
Une autre affiche présentait la proclamation de l’indépendance par les lois constitutionnelles n° 1 et n° 2 de 1977 consacrant l’accession de Djibouti à l’indépendance et à la souveraineté. Une liste de grandes figures de l’indépendance était également exposée. L’on pouvait notamment voir Mahmoud Harbi, Ahmed Dini mais aussi Hassan Gouled dont le rôle dans la dernière marche vers l’indépendance est à jamais terni par sa dérive dictatoriale et la succession dynastique qu’il a organisée à la tête du pays en faveur de son neveu Ismaïl Omar Guelleh.
49 ans de répression après l’indépendance
La deuxième partie de l’exposition était consacrée à la répression des 49 années postérieures à l’indépendance. Elle visait à montrer comment, après la conquête de la souveraineté nationale, une longue période de violences politiques, d’atteintes aux libertés, de confiscation de l’État et de répression s’est installée.
Une première affiche présentait une cartographie des lieux associés aux tueries et massacres. Une deuxième affiche portait sur le rôle des bases militaires étrangères dans le financement et le maintien du système autour d’Ismaël Omar Guelleh. Elle montrait comment la rente géostratégique a pu contribuer à renforcer l’appareil de pouvoir, l’appareil sécuritaire et les mécanismes de contrôle politique.
Une troisième affiche présentait le regard des institutions internationales sur Djibouti, en rassemblant les appréciations et constats formulés par Freedom House, Human Rights Watch, Amnesty International, le Département d’État des États-Unis et les mécanismes des Nations unies, notamment le Conseil et le Comité des droits de l’homme.
Cette affiche comparative abordait les élections, la liberté de la presse, le pluralisme politique, la liberté d’expression, la liberté d’association, l’indépendance de la justice, les arrestations arbitraires, les prisonniers politiques, la torture et les mauvais traitements, les conditions de détention, la corruption, la transparence et l’État de droit.
À côté des affiches de textes, de nombreuses affiches photographiques présentaient les visages des héros de l’indépendance, des martyrs et des victimes de la dictature sous Hassan Gouled et Ismaïl Omar Guelleh, ainsi que les visages de prisonniers politiques toujours détenus. Ces portraits ont donné à l’exposition une dimension mémorielle.
5. Intervenants et quelques autres participants
| Nom | Qualité / rôle |
| Bilane Mahamoud Robleh | Secrétaire générale du Comité du MoDel en Belgique; introduction et accueil des participants |
| Souleiman Bouh | Président du Comité du MoDeL et dirigeant de la RE du BSN en Belgique ; introduction et intervention |
| Moustapha Ahmed Ali | Président de la Fédération du MRD et dirigeant de la RE du BSN en Belgique ; intervention et interview vidéo |
| Mohamed Saïd Omar dit Gennevilliers | Président de la Fédération du MRD et dirigeant de la RE du BSN en France ; présent et interviewé |
| Maki Houmed-Gaba | Représentant de l’ARD et dirigeant de la RE du BSN en Europe ; intervention et interview vidéo |
| Hassan Mohamed | Initiateur d’un projet de fédéralisme pour Djibouti |
| Cheikh Guirreh Meidal Guelleh | Personnalité de la société civile et du MoDeL qui est intervenu sur la situation délabrée du pays |
| Daher Ahmed Farah | Président du MRD ; vue d’ensemble et conclusion |
| Abakari Aden | Représentant de l’ARD en Belgique |
| Abdallah Dini | Membre de l’ARD en Belgique |
| Delphine Arnould | Vidéaste qui a réalisé plusieurs interviews et vidéos |
6. Messages des interventions
Les interventions ont fait ressortir un message central : les générations précédentes ont réussi à arracher l’indépendance de Djibouti au colonisateur ; les générations actuelles doivent désormais réussir à libérer le pays de la dictature et du système autoritaire incarné par le régime d’Ismaïl Omar Guelleh.
Plusieurs intervenants ont établi un parallèle entre la lutte anticoloniale d’hier et la lutte démocratique d’aujourd’hui. Selon eux, l’indépendance de 1977 a permis de mettre fin à la domination coloniale, mais elle n’a pas débouché sur une souveraineté citoyenne. La tâche historique actuelle consiste donc à poursuivre le combat des anciens pour mettre fin à la confiscation du pouvoir d’État et instaurer la liberté politique, la justice, l’État de droit ainsi que le respect des droits humains.
Les prises de parole ont aussi insisté sur la nécessité d’une mobilisation permanente des Djiboutiens, à l’intérieur du pays comme à l’extérieur. Les participants ont été appelés à s’organiser, à se rassembler davantage, à documenter les violations, à sensibiliser l’opinion publique internationale, à interpeller les institutions et à soutenir les forces démocratiques djiboutiennes.
Un appel final a rappelé que la lutte doit continuer jusqu’à mettre un terme à ce système autoritaire et ouvrir la voie à une Djibouti libre, démocratique, juste et réellement développée.
7. Moments forts
• La découverte de l’exposition dans l’espace jardin, avec les affiches sur l’indépendance, la répression, les martyrs, les victimes et les prisonniers politiques.
• Les interviews filmées par Delphine, qui permettront de conserver une trace audiovisuelle de l’événement.
• L’intervention de Hassan Mohamed sur le fédéralisme. Elle a frappé les esprits et fait réagir plus d’un dans la salle. Délibérément radicale, cette prise de parole a rappelé que l’architecture institutionnelle actuelle de Djibouti est à revoir pour une plus grande participation des Djiboutiens à la gouvernance publique.
• La projection par Cheikh Guirreh Meidal d’une vidéo montrant les rues délabrées de Djibouti-ville et les constats faits par des officiels de la mairie.
• La coupure du gâteau de l’indépendance à trois mains par Daher Ahmed Farah, Maki Houmed-Gaba et Cheikh Guirreh Meidal.
• Les nombreux échanges avec la salle en fin de conférence.
• L’appel à l’intensification de la lutte lancé par DAF au nom de la direction du BSN.

L’ambiance générale était marquée par la joie de se retrouver pour commémorer près d’un demi-siècle d’indépendance depuis le 27 juin 1977. Les participants partageaient un sentiment de fierté, de mémoire et d’attachement profond au pays, dans une atmosphère fraternelle et engagée.
Cette joie était toutefois traversée par une forte lucidité politique, Djibouti n’ayant toujours pas atteint les objectifs de démocratie, de liberté, de respect des droits humains et de développement économique au service de la population.
8. Documentation audiovisuelle et photographique
Plusieurs photographies de l’événement sont disponibles et peuvent illustrer le compte-rendu, le communiqué ou les publications sur les réseaux sociaux. Elles couvrent les interventions des conférenciers, le public présent dans la salle, la coupure du gâteau de l’indépendance, ainsi que les images des héros et des martyrs djiboutiens dans l’exposition.
La captation vidéo partielle réalisée par Delphine, avec des interviews des représentants en Europe du BSN, permettra de prolonger l’événement sous forme de montage vidéo et de support de communication destiné à la diaspora et aux partenaires politiques ou associatifs.
9. Suite évoquée pour 2027
À l’issue de la conférence-exposition, la question de sa suite s’est posée. A été évoquée l’idée d’un grand événement pour l’année suivante. Il sera organisé le 27 juin 2027 dans un format à définir. Il sera assorti d’une exposition beaucoup plus détaillée et formelle afin de marquer les 50 ans de l’indépendance de Djibouti.
Cette prochaine échéance revêtira une portée symbolique majeure. Un demi-siècle après le 27 juin 1977, il s’agira non seulement de célébrer l’indépendance conquise mais aussi de dresser un bilan critique de 50 années d’indépendance sans liberté politique, sans respect des droits humains, sans redistribution des richesses ni effort de développement équitable, et toujours sous le poids de la même autocratie incarnée par le système d’Ismaïl Omar Guelleh.
La rencontre du 27 juin 2026 à Bruxelles apparaît ainsi comme une première étape, ou une répétition générale, en vue d’un rendez-vous plus important en 2027. L’année à venir devra être mise à profit pour constituer une équipe d’organisation et construire un programme pertinent.
10. Conclusion
La conférence-exposition du 27 juin 2026 à Bruxelles a permis de faire dialoguer trois dimensions essentielles : la mémoire glorieuse de l’indépendance conquise en 1977, la mémoire douloureuse de 49 années de répression post-indépendance et l’exigence d’un avenir aussi démocratique que fraternel pour Djibouti.
Dans une ambiance fraternelle, les participants ont réaffirmé que l’indépendance nationale ne sera pleinement accomplie que lorsque le peuple djiboutien aura conquis la démocratie, la liberté, la justice et les droits.
L’appel final de la soirée a été clair : la lutte doit continuer plus que jamais pour mettre un terme à ce système désastreux et ouvrir la voie à une Djibouti libre, juste, solidaire.
Bloc pour le salut national (BSN)
Représentation extérieure (RE)
Bruxelles, 29 juin 2026