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« KIFAYA !» Début de la trilogie KIFAYA (acte d’accusation visant une personne pour ce qu’elle est) par Mohamed Ali Abdou (ARD)

KIFAAYA !
Allocution du Président de la République en date du 11 mai 1999 à l’occasion du 1er conseil des ministres du premier de ses mandats :

« Pour honorer une telle confiance entre la Nation et ma personne en qualité de Président de la République, j’ai voulu constituer une équipe gouvernementale, laboratoire d’idées et d’actions, qui regroupe des hommes et des femmes militants du progrès, praticiens de la pensée et de l’innovation et capables de m’aider en dépassant les structures rigides et les intolérances factices, pour réaliser les ambitions que j’ai formulées pour notre Nation afin qu’elle épouse son temps.

…Par conséquent j’exige de chacun de vous, tant dans l’exercice qu’en dehors de vos responsabilités et dans vos relations avec les citoyens, le comportement de dignité que nos concitoyens exigent ds hommes et des femmes qui ont en charge les affaires publiques. Ce comportement doit être irréprochable sur le plan de la rigueur morale et civique…Tout manquement à cette Ethique entrainera immédiatement votre démission du gouvernement. C’est dans cet esprit que je vous demande de vous conformer aux instructions suivantes :

1./ Aucun membre de mon gouvernement ne devra cumuler ses fonctions gouvernementales avec d’autres activités publiques ou privées, directement ou indirectement.

2./ Aucun membre de mon gouvernement ne profitera de ses responsabilités pour promouvoir, aider ou soutenir des projets, à des fins particulières ou personnelles.

3./ Toute corruption, ou soupçon de corruption, tout abus du bien public, toute forfaiture ou concussion, dont un membre de mon gouvernement ou ses collaborateurs seraient l’objet, entraîneront immédiatement son départ et l’engagement des procédures judiciaires en vigueur à Djibouti… »….

Les ambitions présidentielles formulées pour la Nation seront examinées dans une deuxième partie en tirant le bilan de ce que le chef de l’état a détruit au terme de près de quatre mandats.

GABEGIE ET DÉLINQUANCE D’ETAT

On ne sait pas trop de quelle Nation il parlait dans son allocution mais jugeons les actes de « ce laboratoire d’idées et d’action, ces Hommes et Femmes militants du progrès, praticiens de la pensée et de l’innovation » censés réaliser les ambitions Présidentielles pour la Nation, à l’aune de deux rapports.

Le premier rapport est le seul général public de feue la CCDB, paru Nous l’avions déjà largement commenté dans Réalité qui y avait plusieurs numéros.(117 du mercredi 15 décembre 2004 et suivants).

« Défaillance dans la tenue des comptabilités, absence de pièces comptables des ordonnateurs et administrateurs de crédits, imputations budgétaires irrégulières, dépassements de crédits, infractions au code des marchés publics… », Les malheureux magistrats avouant meme avoir été confrontés à l’ « existence de caisses parallèles à celle du Trésorier Payeur Général !!! ».
Sans commentaires sauf pour constater que cette gabegie et délinquance d’Etat n’a entrainé aucun départ immédiat des coupables pas plus qu’il n’y eut « engagement des procédures judiciaires en vigueur à Djibouti » comme s’y était engagé le chef de l’Etat…

Il est inapproprié et surtout fastidieux de faire ici un inventaire de toutes les infractions, détournements de fonds constatées durant ces quatre mandats. A Djibouti où tout le monde connait tout le monde, l’enrichissement aussi fulgurant que sans cause de la bourgeoisie d’état est un très mauvais signal adressé à un peuple paupérisé. Constatons seulement qu’une impunité partiale a systématiquement été assurée en haut lieu à tous ces délinquants d’état et lorsque une enquête internationale est déclenchée, l’impunité locale ne suffisant pas devant la certitude de poursuites judiciaires à l’étranger, le sommet de l’état confère à une partie de son « laboratoire d’idées et d’actions », une immunité diplomatique.. Jusqu’à quand ?

Trois mandats plus tard, La Cour des Comptes nouvelle formule a rendu public un rapport général en quatre parties :La gestion des projets de développement, le contrôle de la gestion des fonds, Une Synthèse du contrôle des Etablissements et Entreprises publics, Synthèse du rapport sur l’exécution de la Loi de Finances pour l’année 2016. . Instructif ! Non pas sur la nature et la prégnance de la délinquance financière et politique car il n’y a rien de nouveau à ce sujet:
(Non respect des textes qui régissent le compte des produits divers, Non respect du cadre des finances publics, anomalies dans la gestion des fonds absence de pièces comptables, organes de supervision inopérants, absence de suivi-évaluation…les magistrats constatant effarés dans la gestion des projets interviennent des chefs de projets et des comptables de projets qui ne sont pas soumis aux régimes de responsabilité des comptables publics et déplorent une incompréhensible immunité de responsabilité ) mais sur l’audit lui- même : combien il a duré, qui il a visé, et surtout n’a pas visé et quand ?
Nous reviendrons sur ce sujet mais afin que chaque lecteur et citoyen puisse faire sa propre analyse, ce rapport sera publié dans quelques heures en document pdf.

Observons pour le moment que :
– Le rapport parait à deux ans de la prochaine Présidentielle et s’inscrit de toute évidence, en plus d’autres audits ad hoc en cours, dans le cadre de l’impitoyable guerre de succession… car sont en effet épinglés par le rapport la gestion des fonds publics, trois des prétendants (déclarés ou pas), en lice.
– Ne sont pas audités tous les Etablissements et Entreprises publics et notamment les plus rentables et qui constituent devenues depuis des décennies des aires de pâturage exclusives…

Mais ce que ni les magistrats de feue la CCDB, ni ceux en exercice à la Cour des Comptes ne nous disent pas et sans doute parce que tout le monde le sait, c’est la plus flagrante et la plus lourde de conséquences anomalie pour le pays et la Région :

L’ESSENTIEL DES RECETTES DE L’ETAT ( LE COMMERCE DES BASES MILITAIRES ET LES RECETTES PORTUAIRES ECHAPPENT A TOUT CONTROLE( PARLEMENTAIRE OU BUDGETAIRE) !!!
Aux protestations des bailleurs de fonds ou locataires des baux militaires qui s’émeuvent de ce que ces recettes ne soient pas versés au trésor public mais à la banque centrale, il est opposé le sacro saint principe de souveraineté….
IL EST GRAND TEMPS QUE LE PEUPLE RECONQUIERT SA SOUVERAINETE EN EXIGEANT UNE REDDITION DES COMPTES ,,,

 

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