Dernières éditions

Intervention de Hassan Abdillahi Robleh, Président du MJO-Europe, le Mouvement des jeunes de l’opposition à la conférence de commémoration des 40 ans de dictature à Djibouti (Paris, le 2-07-17)

Intervention de Hassan Abdillahi Robleh, Président du MJO-Europe, le Mouvement des jeunes de l’opposition à la conférence de commémoration des 40 ans de dictature à Djibouti

Paris, le 2 juillet 2017

Hassan Abdillahi, président du Mouvement des jeunes de l’opposition (MJO Europe) a remercié les mouvement de l’opposition qui ont fait le déplacement. Il a observé que la fin du joug colonial est en soi le commencement d’une nouvelle ère a malheureusement laissé la place à 40 année de représailles contre la liberté. Le passage sous parti unique puis sous famille unique a profondément marqué les citoyens en orchestrant la division du pays. Il existe heureusement en face des combattants qui ne comptent pas leurs efforts pour mener la lutte contre ce système.

Bonjours Mesdames et Monsieur chers compatriotes,  honorables invités.

C’est pour moi un grand plaisir de participer à cette commémoration pour parler des 40 ans après l’indépendance. D’abord je tiens à remercier les organisateurs de cette journée historique pour avoir les partis et mouvements qui luttent pour la seconde indépendance.

Comme nous le savions tous, la  nuit du 26 au 27 juin marquait le début d’une nouvelle ère pour le peuple djiboutien car elle mettait un terme au joug colonial de plus d’un siècle. Cette nuit était marquée par une foule en liesse descendant dans les grandes artères du pays pour exprimer leurs soulagement et euphorie pour cette indépendance, amèrement acquise et espérant le début de la fin d’un passé  tragique et pathétique.

C’était le commencement d’une nouvelle ère beaucoup plus prospère et beaucoup plus porteuse  d’espoir pour le peuple djiboutien. Cette commémoration est donc d’abord notre recueillement pour toutes les victimes qui sont tombées avant et après juin 1977.

40 ans après beaucoup de questions restent sans réponses.

Peut-on considérer Djibouti comme une république ? Sommes-nous encore indépendants malgré le drapeau ?

Comment expliquer alors ce gâchis d’un prix fortement payé pour l’acquisition de cette indépendance et les conséquences néfastes qui découlent de cette autocratie clientéliste ?

Le 27 juin 1977,  notre pays accède à l’indépendance. L’accession à l’indépendance avait été confirmée par un référendum d’autodétermination organisé le 8 mai 1977.La France accordait la souveraineté  nationale à l’un de ses dernières colonies. 40 ans après, l’occasion est ainsi offerte au peuple djiboutien de dresser un bilan du parcours étant indépendant, de la marche de souveraineté qui se veut une projection sur l’avenir avec des défis qu’on entend relever.

Si Djibouti est né  officiellement le 27 juin 1977, pour les Djiboutiens c’est le début d’une répression qui dure jusqu’à nos jours. Voila jour pour jour que notre pays existe depuis 40 ans, mais 40 années de lutte, 40 années de représailles et d’étouffement

Peu à peu, nous sommes passés sous la gouvernance du parti unique et celle de la famille unique. Le bilan durant les 40 ans est sans appel,  puisque les Djiboutiens eux même disent que l’actuel président a échoué sur tous les plans, Il a seulement réussi à diviser et cela pour mieux régner.

Par ailleurs, la mise en place d’un apartheid social a contraint un nombre important des Djiboutiens à l’exil politique. Certes, le pays n’est pas dans une instabilité institutionnelle mais le régime a mis en place un système qui fonctionne comme une monarchie.

La dictature a pu profiter d’un pays ethniquement divisé.

Enfin, nombreux sont ces gens au caractère extraordinaire qui se soucient pour Djibouti malgré le prix à payer, ils n’ont pas besoin d’une médaille ou un titre mais ils veulent juste que les Djiboutiens suivent l’exemple déjà donné. Face à cette dictature, il n’est pas question d’être neutre par ce que chaque décision que chaque djiboutien prendra engagera le pays sur le long terme. Les futures générations doivent vivre pleinement et justement.

Histoire de la résistance – Histoire du MJO

Dans un contexte politique et social difficile est ainsi né le MJO «  Mouvement des jeunes de l’opposition » le 25 janvier 2011, que je représente aujourd’hui, par son fondateur Moustapha ABDOURAHMAN HOUSSEIN.

Le mouvement a su recueillir l’ensemble de la jeunesse djiboutienne dans Le Mouvement des jeunes de l’opposition (MJO), qui est un regroupement des jeunes de la nation née le 25 janvier 2011 en République de Djibouti, plus particulièrement à Balbala, fief de l’opposition,  lors du soulèvement du 18 février 2011.

Elle rassemble tous les jeunes des partis de l’opposition dans l’ancienne bannière de l’Union pour l’Alternance Démocratique et de Développement (UAD), ceux de l’Union pour la Mouvance Démocratique et de Développement, et dernièrement l’Union pour le Salut National (USN). Cela s’ajoute également toutes les forces vives, les collégiens, lycéens, universitaires, tous les chômeurs et les jeunes opprimés, on dénombre aujourd’hui plusieurs centaines de jeunes militants (es) et des milliers de sympathisants (es), etc.

Cette formation de jeunes fondée par des jeunes activistes de différent partis politiques et communautaires, après plusieurs années de boycott électorale, a permis à l’opposition djiboutienne de s’imposer contre le régime en pouvoir. Le MJO, se sont mobilisés par milliers pour prendre les rues. Plusieurs centaines des jeunes ont été arrêtés, battus, torturés puis emprisonnés dans la sinistre prison centrale de Gabode en 2011.

La jeunesse du MJO, s’adapte et continue la lutte presque 2 ans de suite, des manifestations régulières et sporadiques se déclenchent, les activités de la lutte se développent et font des vocations chez les autres jeunes de la nation. Le MJO prend son ampleur après s’être sacrifié pour la patrie, qu’ils soient sur les réseaux sociaux ou sur le terrain. Mais les arrestations se poursuivent et deviennent monnaie courante pour le MJO, et résister le lot quotidien, pour lequel la jeunesse MJO paye le prix fort.

Hassan Abdillahi Robleh

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *