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Djibouti : un militant de l’opposition meurt en détention (FIDH, 30/08/13)
Source: FIDH
Dans la nuit du 28 au 29 août 2013, Mohamed Elmi Rayale, militant de l’Union pour le salut national (USN – coalition des partis d’opposition djiboutiens) est mort en détention à la prison de Gabode, une prison djiboutienne connue pour sa pratique de la torture.
Le 02 août 2013, un groupe d’hommes et des femmes a été arrêté à la sortie de la prière de vendredi à Balbala. En garde à vue à la brigade de recherches de la Gendarmerie nationale et malgré des multiples demandes, toutes les personnes arrêtées n’ont pu bénéficier, ni de l’assistance d’un avocat, ni du droit de se faire examiner par un médecin et ce, en violation des articles 64 et suivants du code de procédure pénale et l’article 10 de la Constitution de 1992. En effet, l’article 10 de la constitution stipule : « le droit à la défense, y compris celui de se faire assister par l’avocat de son choix, est garanti à tous les stades de la procédure ».

Le 03 août 2013, après des interrogatoires musclés, MM. Mahamoud Elmi Rayaleh, Hassan Ahmed Ali, Abdourahman Moussa Mohamed et Mahad Abdourazack ont été présentés au procureur de la république. Inculpés des prétendus délits de participation à une manifestation illicite, ils ont été incarcérés à la prison civile de Gabode.

Le 20/08/13, après un renvoi de l’affaire, la chambre des flagrants délits du TPI a relaxé MM. Abdourahman Moussa Mohamed et Mahad Abdourazack. En revanche, MM. Mahamoud Elmi Rayaleh et Hassan Ahmed Ali ont été condamnés à la peine de deux mois d’emprisonnement ferme. Appel a été interjeté contre cette décision de condamnation par les prévenus et leur conseil Maitre Zakaria Abdillahi, président de la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH). L’affaire est pendante devant la cour d’appel.

Malheureusement dans la nuit du 29/08/13, Mahamoud Elmi Rayaleh, professeur expérimenté de français au lycée de Balbala, est décédé brutalement en prison. La LDDH adresse ses condoléances les plus attristées à la famille du défunt, mort en martyr.

La LDDH :

  • Demande l’ouverture d’une enquête indépendante pour déterminer les causes exactes du décès de Mahamoud Elmi Rayaleh.
  • Condamne les arrestations et les détentions arbitraires des militants de l’opposition et des journalistes indépendants.
  • Exige le respect scrupuleux des droits élémentaires et reconnus par des textes nationaux et internationaux auxquels Djibouti a librement choisi d’adhérer.
  • Exige la libération immédiate de tous les détenus politiques pour éviter d’autres drames.FID