Re-libérons-nous !
27 Juin 1977-27 Juin 2025. 48 ans. Le drapeau national hissé sur le mat dans la nuit du 26 au 27 juin 1977 flotte toujours dans notre ciel djiboutien. Mais sans les bénéfices que nous en attendions ardemment.
Cette nuit-là, à Djibouti-ville, la capitale du pays, les autorités de la République proclamée se rassemblaient dans les locaux officiels : Assemblée nationale et Palais présidentiel. Le peuple, lui, exprimait sa joie dans les quartiers. À Djibouti-ville, il le faisait sur un vaste terrain situé près du quartier populaire Arhiba. Spontanément, il baptisait ce lieu Place de l’Indépendance ou Horiya. Partout, il fêtait l’événement la tête pleine d’attentes. Il se rêvait souverain, démocrate et prospère. Pourtant, comme en signe annonciateur de ce qui allait advenir, les dirigeants n’ont pas retenu la place Horiya comme telle. Ils ont préféré le petit espace Lagarde du plateau de Djibouti-ville.
De 1977 à 2025, les attentes populaires ont été extrêmement déçues. Le peuple a été spolié de ses prérogatives de souveraineté. Il a été soumis à un joug postcolonial autocratique. Cette dérive a fracassé son rêve de liberté et de démocratie. Elle l’a aussi privé du bien-être matériel qu’il attendait, l’enfonçant dans la pauvreté.
Résultat, le pays se trouve aujourd’hui dans une terrible situation. Il agonise à tous points de vue. L’État est plus que jamais accaparé par le régime autocratique. Les ressources publiques aussi. Le présent scandale du Fonds Souverain de Djibouti en est la dernière illustration en date. L’économie nationale est contrôlée par le même système. Les Djiboutiens sont massivement maintenus dans la misère et bâillonnés. La capitale et les autres villes sont devenues des poubelles à ciel ouvert. Les frontières sont à ce point poreuses que les Djiboutiens sont submergés par l’immigration illégale.
Le constat fait par une note diplomatique des États-Unis d’Amérique en 2004 reste douloureusement vrai ! ‘’Djibouti est moins un pays qu’une Cité-État commerciale contrôlée par un homme, Ismail Omar Guelleh’’, pouvait-on y lire.
En un mot, le peuple a été trahi et sur-trahi. Il a besoin d’être sauvé. Or, il ne peut être sauvé que par lui-même. Tout comme il s’est libéré du joug colonial, il doit se débarrasser de ce pouvoir autocratique, kleptocratique et crépusculaire. C’est le sens de la création et de l’action du Bloc pour le Salut National (BSN).
Re-libérons-nous ! Nous le voulons, nous le pouvons ! Nous vaincrons !