Dans un peu plus de huit mois, plus exactement le 27 juin 2026, la proclamation de notre Indépendance nationale aura 49 ans. Soit 7×7 ans. A ce jour, le régime autocratique qui a accaparé l’État postcolonial dès 1977 demeure en place. Son second chef depuis 1977, Ismaïl Omar Guelleh, qui a succédé à son oncle AYR Hassan Gouled Aptidon, tente de le perpétuer contre la volonté du peuple djiboutien qui le rejette massivement. Le peuple a rappelé son rejet massif du pouvoir en place lors des dernières mascarades électorales d’avril 2021 (présidentielle), de mars 2022 (locale) et de février 2023 (législative). Il les a toutes boycottées comme un seul homme !
Nous apprenons que, pour se maintenir au pouvoir, l’autocrate Guelleh, qui dirige le pays comme sa propriété privée depuis 1999, s’active pour faire modifier la constitution par ses ‘’députés’’. Il s’agirait notamment de supprimer la limite d’âge fixée à 75 ans pour les candidats à l’élection présidentielle, limite qu’il a dépassée, et d’introduire à la place de nouvelles conditions restrictives visant à empêcher toute candidature rivale sérieuse. De tels tripatouillages s’ajouteraient à l’absence inacceptable d’une Commission électorale nationale indépendante paritaire (CENI).
Cet homme qui approche les 80 ans, malade et physiquement diminué, entend ainsi s’ouvrir la voie pour un sixième mandat illégitime et une présidence à vie. Il entend continuer de régner sur les ruines d’un pays qu’il a dégradé à tous points de vue et probablement organiser une succession dynastique.
On le sait, le peuple djiboutien n’a jamais été aussi pauvre, les services publics aussi défaillants, la santé publique et l’éducation nationale aussi sinistrées, notre pays et nos villes aussi sales. L’on rapporte un début d’épidémie de choléra à Tadjourah et à Obock. L’on voit la capitale se noyer sous les détritus qui s’accumulent, brûlent et dégagent des fumées toxiques. L’électricité et l’eau restent chères malgré l’interconnexion avec le réseau hydroélectrique éthiopien en 2011 et les centaines de millions de dollars investis dans l’adduction d’eau depuis la région somalie d’Éthiopie. Les salaires tiennent peu compte du coût de la vie et un grand nombre de travailleurs craignent de ne pas être payés à la fin de chaque mois. L’immense majorité des Djiboutiens continuent de s’entasser dans des taudis. Les infrastructures portuaires demeurent mal gérées, parfois sous-exploitées ou à l’arrêt comme les ports de Tadjourah et de Damerjog, en dépit des milliards de dollars investis. Les corridors routiers qui relient nos ports à leur principal usager qu’est l’Éthiopie restent largement abimés au sud du pays et sous-utilisés dans le nord.
Dans le même temps, le pillage de l’argent public et le népotisme atteignent des niveaux jamais égalés. Des milliards d’argent public viennent de disparaître avec le vrai faux Fonds souverain de Djibouti (FSD). La photo montrant Ismaïl Omar Guelleh à l’Assemblée générale des Nations-Unies à New York, en septembre 2025, entouré de sa fille, de son neveu, de sa nièce et d’un autre proche, nous rappelle le degré du népotisme que pratique l’autocrate.
Chacun devine où cette situation sans précédent dans l’histoire étatique djiboutienne nous mènera si nous la subissons encore.
Face à un tel péril, il est plus qu’urgent pour les Djiboutiennes et les Djiboutiens de relever la tête. Relever la tête pour nous sauver collectivement ! Ce message vital, nous autres dirigeants du BSN l’avons délivré au peuple tout au long de nos récentes tournées à travers le pays. Nous le réitérons aujourd’hui avec la plus grande force. Il est plus que jamais vital !
A la très dangereuse fuite en avant d’un régime à bout de souffle, nous devons résister pacifiquement et en ligne avec la constitution du pays. Des voies et moyens constitutionnels d’expression existent bel et bien. Il nous faut en user avec fermeté et responsabilité. Nous n’avons pas le choix si nous voulons éviter que notre pays sombre et nous avec lui.
Toutes les composantes du peuple djiboutien et toutes les forces vives de la Nation doivent dire NON au très dangereux Ismaïl Omar Guelleh ! Toutes les consciences doivent s’unir face à ce personnage en roue libre !
Oui, nous pouvons dire fermement : Assez ! Notre unité et notre capacité de résistance suffisent. Elles suffisent à la reconquête de notre liberté et de notre État.
Pour en finir avec le mépris et le martyre, le peuple souverain (cf la constitution), source et fondement de tout pouvoir (cf la constitution), ne doit pas manquer ce rendez-vous vital avec l’Histoire !
49 ans, Ça suffit !
