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Appel urgent de la FIDH sur Djibouti : Détention et harcèlement judiciaire de M. Omar Ali Ewado (08-01-16)

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DJI 001 / 0116 / OBS 004
Détention arbitraire /
Harcèlement judiciaire

MOUVEMENT MONDIAL DES DROITS HUMAINS

Djibouti
8 janvier 2016

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), vous prie d’intervenir de toute urgence sur la situation suivante à Djibouti.

Description de la situation :

L’Observatoire a été informé de sources fiables de la détention et du harcèlement judiciaire de M. Omar Ali Ewado, membre fondateur de la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH).

Selon les informations reçues, le 3 janvier 2016, M. Omar Ali Ewado a comparu devant la chambre correctionnelle du Tribunal de première instance de Djibouti. Il est poursuivi pour « diffamation publique » (article 425 du Code pénal) et « tentative d’entrave à l’exercice de la justice » (article 420 du Code pénal) par le Procureur de la République de Djibouti M. Maki Omar Abdoulkader, pour avoir publié une liste de victimes et de disparus lors d’un massacre perpétré par les forces de l’ordre le 21 décembre 2015 à Balbala [1].

La chambre correctionnelle a renvoyé l’affaire au dimanche 10 janvier 2016.

M. Omar Ali Ewado a été arrêté le 29 décembre 2015 en début d’après-midi près de l’hôpital militaire français Bouffard, où il était venu rencontrer un jeune député de l’opposition hospitalisé. Peu après son arrestation, M. Ewado a été embarqué à bord d’un véhicule de la Gendarmerie nationale et conduit à la Section de recherche et de documentation (SRD) de la Gendarmerie.

Le 30 décembre au matin, M. Ewado a été conduit par des gendarmes armés à son domicile, où se situe également son bureau, dans le cadre d’une perquisition. Des documents et l’unité centrale de l’ordinateur de M. Ewado ont été saisis.

Le 31 décembre, il a finalement été placé sous mandat de dépôt à la prison centrale de Gabode. Au 4 janvier 2016, sa famille n’aurait toujours pas été autorisée à lui rendre visite.

L’Observatoire exprime sa plus vive préoccupation quant à la détention arbitraire de M. Omar Ali Ewado, en ce qu’elle ne semble viser qu’à sanctionner ses activités de défense des droits de l’Homme. L’Observatoire appelle les autorités djiboutiennes à libérer M. Omar Ali Ewado de manière immédiate et inconditionnelle, et à mettre un terme à toute forme de harcèlement à son encontre.

Actions requises :

L’Observatoire vous prie d’intervenir auprès des autorités de Djibouti et de leur demander de :

i. Garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et psychologique de M. Omar Ali Ewado, ainsi que de tous les défenseurs des droits de l’Homme djiboutiens ;

ii. Libérer M. Omar Ali Ewado de manière immédiate et inconditionnelle en ce que sa détention ne semble viser qu’à sanctionner ses activités de défense des droits de l’Homme ;

iii. Mettre un terme à toute forme de harcèlement, y compris au niveau judiciaire, à l’encontre de M. Omar Ali Ewado, ainsi qu’à celle de tous les défenseurs des droits de l’Homme à Djibouti, afin qu’ils puissent mener leurs activités de défense des droits de l’Homme librement et sans entrave ;

iv. Se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998, et plus particulièrement à :
- son article 1 qui dispose que “chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la protection et la réalisation des droits de l’Homme et des libertés fondamentales aux niveaux national et international” ;
- son article 6(b), qui dispose que “chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres de publier, communiquer à autrui ou diffuser librement des idées, informations et connaissances su tous les droits de l’Homme et toutes les libertés fondamentales” ;
- son article 12.2, qui dispose que “l’État prend toutes les mesures nécessaires pour assurer que les autorités compétentes protègent toute personne, individuellement ou en association avec d’autres, de toute violence, menace, représailles, discrimination de facto ou de jure, pression ou autre action arbitraire dans le cadre de l’exercice légitime des droits visés dans la […] Déclaration” ;

v. Plus généralement, se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par Djibouti.

Adresses :

· Son Excellence Ismail Omar Guelleh, Président de la République, Palais Présidentiel, BP 6, Djibouti Ville, République de Djibouti. Tel / Fax : 00 253 35 50 49 / 00 253 35 02 01.
· Monsieur Ali Farah Assoweh, Ministre de la Justice, des affaires pénitentiaires et musulmanes, chargé des droits de l’Homme, BP 12, Djibouti Ville, République de Djibouti. Tel / Fax : 00 253 35 54 20
· M. Maki Omar Abdoulkader, Procureur de la République, Tel / Fax : 00 253 35 69 90, Email : likmik@caramail.com
· S.E. Mohamed Siad Doualeh, Ambassadeur, Mission permanente de Djibouti auprès de l’Office des Nations unies à Genève, 19 chemin Louis Dunant, 1202 Genève, Suisse, Tel : +41 22 749 10 90, Fax : + 41 22 749 10 91, Email : mission.djibouti@djibouti.ch
· Mr. Omar Abdi Said, Ambassadeur de Djibouti auprès des Pays du Benelux et de l’Union Européenne, 204 avenue F.D. Roosevelt, 1050 Bruxelles, Belgique, Tel : +32 2 347 69 67, Fax : + 32 2 347 69 63 ; Email : ambdjib@yahoo.be

Prière d’écrire également aux représentations diplomatiques de Djibouti dans vos pays respectifs.

Genève-Paris, le 8 janvier 2016

Merci de bien vouloir informer l’Observatoire de toutes actions entreprises en indiquant le code de cet appel.

L’Observatoire, programme de la FIDH et de l’OMCT, a vocation à protéger les défenseurs des droits de l’Homme victimes de violations et à leur apporter une aide aussi concrète que possible.

Pour contacter l’Observatoire, appeler La Ligne d’Urgence :
· E-mail : Appeals@fidh-omct.org
· Tel et fax OMCT : + 41 22 809 49 39 / 41 22 809 49 29
· Tel et fax FIDH : 33 1 43 55 25 18 / 33 1 43 55 18 80

 

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Djibouti : La FIDH réclame une enquête sur le « massacre » du 21 décembre (06-01-16)

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[VOA] : Djibouti : la FIDH réclame une enquête sur le « massacre » du 21 décembre

La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) demande que la lumière soit faite sur les affrontements qui ont, selon elle, fait « au moins 27 morts » lors d’une intervention de la police au dans une cérémonie traditionnelle à Djibouti.
La FIDH a dénoncé mardi un « accroissement de la répression » contre l’opposition à Djibouti et réclamé une commission d’enquête pour éclaircir les circonstances du « massacre » du 21 décembre, qui a fait selon elle « au moins 27 morts ».

De violents affrontements avaient éclaté après l’intervention de la police lors d’une cérémonie traditionnelle organisée à Buldhoqo, près de Balbala, en périphérie de la capitale Djibouti-Ville. Le bilan est contesté. Le gouvernement a évoqué sept personnes tuées ainsi que 23 civils et 50 policiers blessés. La FIDH estime quant à elle que les affrontements ont fait « au moins 27 morts et environ 150 blessés ».

« On réclame une commission d’enquête internationale pour faire la lumière sur le massacre du 21 décembre », a déclaré à l’AFP Florent Geel, responsable Afrique de la FIDH.

A l’approche de l’élection présidentielle prévue en avril, « le dialogue politique est au point mort et on observe un accroissement de la répression à l’encontre des opposants mais aussi contre toutes les voix discordantes: journalistes, défenseurs des Droits de l’Homme, avec des arrestations, des procédures judiciaires abusives », a-t-il dénoncé.

Le 21 décembre, après les affrontements, la police a fait irruption lors d’une réunion de responsables de l’Union pour le salut national (USN), une coalition de sept partis d’opposition.

« Ils ont tiré avec des balles en résine et il y a eu trois blessés hospitalisés » dont le président de l’USN Ahmed Youssouf Houmed, a confirmé Florent Geel. L’un des blessés, l’ancien ministre des Affaires musulmanes Hamoud Abdi Souldan, a été arrêté après avoir été soigné et serait toujours détenu à la prison centrale de Gabode.

Le secrétaire général de l’USN, Abdourhaman Mohamed Guelleh, a lui aussi été interpellé est est écroué depuis le 21 décembre, selon l’USN.

Un membre fondateur de la Ligue djiboutienne des droits de l’Homme (LDDH – affiliée à la FIDH), Omar Ali Ewado, a lui été arrêté le 30 décembre après avoir publié un bilan actualisé des affrontements, selon l’USN et la FIDH.

Regrettant « des protestations de façade mais peu de véritables pressions » de la communauté internationale, la FIDH réclame son implication « dans l’organisation d’un processus électoral qui soit crédible, pluraliste, libre et transparent ».

Au pouvoir depuis 1999, le président Ismaël Omar Guelleh devrait se présenter à l’élection d’avril, pour briguer un quatrième mandat. La Constitution, amendée en 2010, ne limite plus le nombre de mandats présidentiels.

Petit pays de la Corne de l’Afrique, à l’entrée de la mer Rouge et du Golfe d’Aden, Djibouti dispose d’une position stratégique dans la région entre le continent africain et la péninsule arabique.

Il accueille plusieurs bases militaires étrangères, notamment américaine et française, utilisées en particulier dans la lutte contre la piraterie maritime. Il fournit aussi un contingent de soldats à la force africaine en Somalie (Amisom) qui y combat les islamistes shebab.

Avec AFP

Source : VOA

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Djibouti : le PCF demande une enquête internationale sur les massacres (07/01/16)

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Djibouti : le PCF demande une enquête internationale sur les massacres

Source: PCF

Le 21 décembre 2015, les forces du régime du dictateur Ismaël Omar Guelleh ont commis un carnage dans le quartier de Buldhuqo (faubourg de la capitale) lors d’une cérémonie traditionnelle. La FIDH parle de 27 morts et 150 blessés. Dans l’après midi, la police a attaqué une réunion des dirigeants de l’USN, une coalition de sept partis d’opposition, causant de graves blessures à son président Ahmed Youssouf, à l’ancien ministre Hamoud Abdi Souldan et au député Saïd Houssein Robleh.

Cet assaut contre des civils, le pire depuis le massacre d’Arhiba qui avait fait 59 morts en 1991, s’inscrit dans une logique de chaos et de répression. Entre octobre et décembre plus de 300 personnes ont été arrêtées arbitrairement, responsables politiques de l’USN, militants associatifs et citoyens accusés de complicité avec le FRUD (Front pour l’unité et la restauration de la démocratie).

Après le 21 décembre, plusieurs dirigeants de l’USN, ont été arrêtés, parmi lesquels le secrétaire général de l’organisation ainsi que l’ancien ministre Hamoud Abdi Souldan. Le président de la LDDH, Omar Ali Ewado qui a diffusé la liste des personnes tuées, blessées ou disparues, a été à son tour arrêté et écroué pour « diffusion de fausses nouvelles ».

Cette répression que connaît le pays depuis 25 ans est révélateur d’une grave crise que traverse le régime, face à une contestation généralisée. Des populations civiles sont régulièrement prises pour cibles, en les privant d’accès aux points d’eau dans certaines régions pour les punir de leur supposée complicité avec le FRUD ou l’USN. La terreur vise a empêcher toute alternative démocratique, à la veille de l’élection présidentielle prévue en avril. Le dictateur Guelleh est prêt à tout pour s’assurer un 4e mandat. D’où son refus d’appliquer l’accord cadre signé en décembre 2014 avec l’USN.

 Le PCF demande l’arrêt immédiat de la répression et la libération de tous les prisonniers politiques, notamment le plus ancien d’entre eux, Mohamed Ahmed dit Jabha.

Une enquête internationale sur les massacres de Buldhuqo (décembre 2015) et d’Arhiba (décembre 1991) ainsi que sur les autres crimes de masse doit être menée pour qu’une justice impartiale puisse poursuivre les responsables.

 La France qui possède une importante base militaire à Djibouti doit agir et ne pas se contenter d’exprimer de simples « inquiétudes ».

Le gouvernement français et l’UE doivent favoriser un dialogue national entre les différents acteurs politiques et permettre une transition démocratique, avec une élection transparente en avril 2016. Ils doivent tout faire pour aider à trouver une solution au conflit armé et mettre fin aux massacres, arrestations et tortures, et aux viols des femmes Afar par l’armée du régime.